Les articles de journaux et dépêches
d'agence par ordre chronologique inverse:
Libération du mardi 31 mai : témoignage des journalistes roumains
"Je pensais que quelqu'un allait venir nous sauver tout de suite" par Luca Niculescu
Ils sont installés tous les trois dans une petite chambre surchauffée et enfumée de Prima TV. «C'est pour ne pas perdre l'habitude», lance avec un sourire le cameraman, Sorin Miscoci. «L'habitude», ce sont les 51 jours passés dans un sous-sol de 10 mètres carrés lorsqu'ils étaient otages en Irak. "On nous a emmenés dans cet endroit le quatrième jour de notre détention, explique Ovidiu Ohanesian, le plafond n'était pas plus haut que 1,60 mètre. L'endroit était mal éclairé, il y avait seulement une petite fente d'où l'on pouvait voir une ampoule."
Même si dix jours se sont écoulés depuis leur libération, Marie-Jeanne Ion, Sorin Miscoci et Ovidiu Ohanesian qui, pour la première fois décrivent prudemment leurs deux mois d'enfermement, portent encore les traces de leur détention. Tous les trois sont amaigris et pâles. Le 28 mars, les trois journalistes roumains et leur guide irakien, Mohamed Munaf, ont été enlevés dans une banlieue de Bagdad. Ils ont été libérés le 22 mai. Leur guide est resté à Bagdad, sous la «protection» des forces américaines, qui estiment que celui-ci «connaîtrait des détails sur une menace imminente d'attentat contre la coalition internationale». Pendant ce temps, le parquet de Bucarest a lancé un mandat d'arrêt soupçonnant Munaf d'être l'un des maîtres de l'enlèvement (Libération du 28 mai). «Je suis choquée d'apprendre cela !», s'exclame Marie-Jeanne. «Mohamed a été enlevé en même temps que nous, il a supporté les mêmes conditions de détention, il a été menacé de mort comme nous et on l'avait même habillé en orange, la couleur de la mort...» Les trois journalistes espèrent que la justice roumaine fera au plus vite la lumière sur cette affaire.
«Gardiens peu bavards». «Il y avait deux types, intervient Marie-Jeanne, nos gardiens, peu bavards, et puis les autres, qui nous faisaient subir les interrogatoires.» «De temps en temps, on nous sortait un par un, ou tous les quatre, témoigne Sorin. On nous posait les mêmes questions : pourquoi nous sommes venus en Irak, sommes-nous des espions ou non ?»
Ovidiu revient sur les conditions de l'enlèvement. «On rentrait du reportage, en voiture, avec notre guide. Une voiture nous a doublés et nous a bloqués la route. Trois hommes armés sont descendus et nous font signe d'entrer dans la voiture. Sorin et moi dans le coffre, Marie-Jeanne sur la banquette arrière.» La journaliste intervient : «J'avais le portable dans ma main. Alors qu'ils nous enlevaient, j'ai rappelé le dernier numéro formé. C'était celui de mon rédacteur en chef. Il a pu entendre en direct notre rapt.» Pourquoi a-t-elle appelé ? «Je pensais que quelqu'un allait venir pour nous sauver tout de suite...»
Ce portable aurait pu leur poser de grands problèmes. «Ils se sont fâchés lorsqu'ils l'ont aperçu. D'ailleurs, c'est moi qui ai été menacée de mort en premier, lors de l'enregistrement de la première cassette. J'ai eu très peur», se rappelle Marie-Jeanne, avant que les larmes lui viennent aux yeux.
«Premier abattu». «Moi, j'étais plus calme et on me traitait d'espion», témoigne Ovidiu. «Quant à moi, je pensais que j'allais être le premier abattu», se rappelle Sorin. «J'ai eu très peur lorsqu'on m'a forcé à porter une chemise orange (ndlr ressemblant aux uniformes portés par les prisonniers des Américains à Guantanamo), sur une vidéo annonçant l'ultimatum lancé aux autorités de Bucarest pour retirer les militaires roumains en Irak. Notre guide, Mohamed Munaf et moi avons été obligés de porter cette couleur», insiste Sorin. Selon Ohanesian, «les ravisseurs donnaient l'impression d'un groupe bien organisé, qui savait très bien quoi faire. Je crois qu'ils avaient des relations dans toutes les directions. Je pense que nous avons été tout ce temps séquestrés par le même groupe. Nous n'avons pas été revendus», ajoute-t-il. Marie-Jeanne est moins sûre : «On ne sait pas si c'était les mêmes ou non, car on avait presque tout le temps les yeux bandés.»
Elle tient à préciser que malgré le «bunker» ou ils ont vécu pendant 51 jours, les ravisseurs les ont plutôt bien traités. «On nous donnait à manger... des légumes, des fruits, un peu de viande... On buvait du thé le matin. C'était d'ailleurs la seule façon de se rendre compte que c'était le matin, car on a passé la plupart du temps dans l'obscurité.» La journaliste de Prima TV estime que le fait d'être une femme a été un avantage. «Moi, par exemple, j'allais deux fois par jour aux toilettes, alors que les garçons n'avaient droit qu'à une seule fois. On me laissait sortir de temps en temps de notre geôle pour me dégourdir les jambes. Je ne faisais pas de grandes promenades, mais c'était toujours quelque chose.» «Quelques jours avant notre libération, ils ont visiblement changé d'attitude», affirme Ovidiu. «Ils nous ont donné une nourriture bien meilleure. Et puis le jour de la libération, ils nous ont même donné des cadeaux : un stylo, un demi-flacon de parfum...»
«Garder le silence». Débriefés à leur arrivée par les services secrets roumains, les trois journalistes ne peuvent pas évoquer tous les détails de leur détention. «On nous a dit que c'est mieux de garder le silence. Cela pourrait aider ceux qui sont encore détenus en Irak...», confie Ovidiu. Au fur et à mesure que les journées passaient, les conditions de détention se sont améliorées. «On nous a même apporté une petite radio, mais on ne comprenait pas grande chose, car c'était en arabe», affirme Sorin.
«Nous pensons à Florence». Ovidiu, pour sa part, est convaincu que la mobilisation internationale a aidé : «De temps à autre, les gardiens nous disaient que l'on avait encore parlé de nous sur Al-Arabia ou Al-Jezira. Ils étaient très contents d'être médiatisés. Maintenant, nous pensons énormément à Florence Aubenas et à sa famille, dit Ovidiu. Nous lançons un appel aux autorités françaises et aux associations de journalistes afin qu'elles restent mobilisées. Vous ne savez pas à quel point ça peut aider !»
AFP du 23 mai,
11h34
Les trois journalistes roumains ont
quitté l'Irak (ambassade)
Les trois journalistes roumains, libérés dimanche
par leurs ravisseurs après environ deux mois de captivité
en Irak, ont quitté Bagdad lundi matin pour rejoindre
la Roumanie à bord d'un avion militaire, a affirmé
à l'AFP un diplomate roumain dans la capitale.
"Ils sont partis ce matin à 10h00 (06h00 GMT) à
bord d'un avion militaire et ils devraient bientôt être
accueillis en Roumanie par leurs familles et les autorités
roumaines", a affirmé Octavian Harseu, premier conseiller
à l'ambassade roumaine à Bagdad. "Nous tenons
à remercier les autorités irakiennes et les personnalités
musulmanes pour leur participation à cette libération",
a ajouté M. Harseu. "Cette libération est
l'heureux résultat de l'appel des autorités islamiques
de Roumanie qui ont déployé des efforts extraordinaires
pour se faire entendre", a-t-il ajouté.
Les trois journalistes, Marie Jeanne Ion, de Prima TV, son cameraman
Sorin Miscoci et Eduard Ohanesian, correspondant du journal
Romania Libera, seront placés en quarantaine aussitôt
après leur arrivée, a indiqué à
Bucarest la présidence roumaine. En revanche, leur guide
américain d'origine irakienne, Mohamed Munaf, qui avait
été libéré en même temps qu'eux,
a été "retenu par les autorités américaines",
malgré son souhait de gagner la Roumanie, a indiqué
la présidence. "Il n'y a eu aucun échange
de rançon avec les ravisseurs qui ont simplement répondu
à notre appel", a souligné le diplomate à
Bagdad, confirmant les déclarations à ce sujet
faites dimanche par le président roumain Traian Basescu.
Les trois journalistes ont été enlevés
le 28 mars dans une banlieue de Bagdad, en même temps
que leur guide. Les ravisseurs avaient fixé un ultimatum
au 27 avril pour que la Roumanie annonce le retrait de ses 860
militaires déployés en Irak, menaçant dans
le cas contraire d'exécuter leurs otages.
AFP du 22 mai
à 19h12
Barnier : la libération des
journalistes est encourageante
La libération des trois journalistes roumains qui étaient
retenus comme otages en Irak est encourageante pour les efforts
déployés par la France pour obtenir que soient
à leur tour libérés Florence Aubenas et
son guide Hussein Hanoun, a déclaré dimanche à
Bruxelles le ministre française des Affaires étrangères
Michel Barnier.
"Très sincèrement, nous sommes heureux de
la libération des trois journalistes roumains et de leur
accompagnateur irakien. En effet, nous sommes encouragés
par cette libération à poursuivre nos efforts
pour obtenir la libération de Florence Aubenas et Hussein
Hanoun" al-Saadi, a indiqué M. Barnier à
son arrivée à Bruxelles, où il participe
au conclave des ministres des Affaires étrangères
européens sur le futur budget de l'Union européenne.
"Nous poursuivrons nos efforts jusqu'à leur libération.
Nous sommes totalement mobilisés pour cela depuis le
premier jour de leur enlèvement, et à Bagdad,
et à Paris", a ajouté le ministre.
Bucarest a annoncé dimanche la libération des
trois journalistes et de leur accompagnateur qui étaient
détenus depuis le 28 mars par un groupe qui exigeait
le retrait des troupes roumaines d'Irak.
AFP du 22 mai
à 14h12
Libération des otages roumains
en Irak (présidence)
Les trois journalistes roumains otages en Irak et leur guide
d'origine irakienne ont été libérés
et sont sous la protection des autorités roumaines, a
annoncé dimanche à Bucarest la présidence
roumaine.
"Les trois journalistes et leur guide sont sains et saufs
et se trouvent sous la protection des autorités roumaines",
a déclaré la porte-parole de la présidence,
Adriana Saftoiu.
AFP du 2 mai
à 14h55
Le président Basescu "certain"
que les journalistes otages sont vivants
Le président Traian Basescu a affirmé lundi à
la presse savoir "avec certitude" que les trois journalistes
roumains otages en Irak "sont vivants et les autorités
font tout leur possible pour les ramener sains et saufs à
la maison".
En visite dans le port de Constanta, sur la Mer Noire, le président
roumain n'a donné aucune autre précision sur des
négociations ou contacts avec les ravisseurs de Marie-Jeanne
Ion, Sorin Miscoci et Eduard Ohanesian, enlevés le 28
mars près de Bagdad avec leur guide, l'homme d'affaires
américano-irakien, Mohamed Munaf.
C'est la deuxième fois, en moins d'une semaine, que la
présidence roumaine indique que les otages roumains en
Irak sont vivants. Dans un communiqué mercredi dernier,
elle avait affirmé qu'ils étaient en vie et demandait
aux ravisseurs de libérer Marie-Jeanne Ion pour des raisons
"humanitaires et religieuses".
Jeudi, le ministre roumain des Affaires étrangères,
Razvan Ungureanu avait effectué une visite éclair
en Syrie, pour rencontrer son homologue Farouk al-Chareh au
sujet des trois journalistes roumains pris en otages en Irak.
AFP du 27 avril,
22h06
Otages vivants, Bucarest demande la
libération de Marie-Jeanne Ion
Les trois otages roumains en Irak sont vivants et Bucarest demande
aux ravisseurs de libérer la journaliste Marie-Jeanne
Ion pour des raisons "humanitaires et religieuses",
a indiqué mercredi soir une source proche de la présidence
roumaine, ayant requis l'anonymat.
Selon cette source, les autorités de Bucarest auraient
transmis un nouveau message aux ravisseurs, affirmant que "le
peuple roumain n'accepte pas qu'une femme qui porte le nom de
la Vierge Marie soit menacée de mort" à la
veille de la célébration de la Pâque orthodoxe
en Roumanie. Pour la première fois, la présidence
roumaine s'est adressée mercredi publiquement aux ravisseurs
de Marie-Jeanne Ion, journaliste de Prima TV, de son cameraman
Sorin Miscoci et du correspondant du journal Romania Libera,
Eduard Ohanesian, enlevés le 28 mars dans une banlieue
de Bagdad. Les autorités roumaines leur ont demandé
une prolongation de leur nouvel ultimatum qui a expiré
ce mercredi à 16h00 locales (13h00 GMT). Bucarest a par
ailleurs sollicité le Comité des oulémas
d'Irak, la principale association religieuse sunnite du pays,
pour qu'il s'implique "dans les démarches de libération
des trois otages". Dans le centre de Bucarest, près
de 150 personnes veillaient et priaient mercredi soir pour la
libération des otages roumains.
Dans une vidéo diffusée mardi soir par la chaîne
qatarie Al-Jazira, les ravisseurs qui se font appeler "la
Brigade de Mouadh Ibn Jabal", ont donné à
la Roumanie 24 heures de plus pour retirer ses troupes d'Irak,
sous peine d'exécution des trois otages.
AFP du 27 avril,
17h59, par Yves-Claude Llorca
Journalistes otages: les pressions
s'accentuent sur le président roumain
Les pressions se sont accrues mercredi sur le président
roumain Traian Basescu, qui a demandé une prolongation
du nouvel ultimatum, expirant mercredi soir, aux ravisseurs
des trois journalistes à Bagdad, qui exigent le retrait
des troupes roumaines d'Irak.
Pour la première fois mercredi, la présidence
roumaine s'est adressée publiquement aux ravisseurs de
Marie Jeanne Ion, journaliste de Prima TV, de son cameraman
Sorin Miscoci et du correspondant du journal Romania Libera,
Eduard Ohanesian, enlevés le 28 mars près de Bagdad.
Bucarest leur a demandé un prolongement de leur nouvel
ultimatum devant expirer ce mercredi à 16h00 locales
(13h00 GMT). Elle a aussi demandé au Conseil des oulémas
d'Irak de s'impliquer "dans les démarches de libération
des trois otages".
Dans une vidéo diffusée mardi soir par la chaîne
qatariote Al-Jazira, les ravisseurs, qui se font appeler "la
Brigade de Mouadh Ibn Jabal", ont lancé un nouvel
ultimatum, donnant à Bucarest 24 heures de plus pour
retirer ses troupes d'Irak, sous peine d'exécuter les
trois journalistes otages. "Retirez les troupes",
"Ne laissez pas mourir" les otages, ont proclamé
mercredi les centaines de manifestants arborant les portraits
des trois journalistes, place de l'Université, dans le
centre de Bucarest, où des rassemblements spontanés
ont lieu depuis samedi, au lendemain du premier ultimatum des
ravisseurs.
Les familles des otages, reçues la veille au palais présidentiel
par un conseiller de M. Basescu, réclament aussi ce retrait
des 860 soldats roumains d'Irak. L'opposition social-démocrate
(PSD), plus prudente, semblait aller dans le même sens.
Le nouveau président du PSD, Mircea Geoana, a ainsi demandé
"un calendrier de retrait" du contingent roumain d'Irak,
mais en coordination avec la coalition dirigée par les
Etats-Unis. Ancien ambassadeur à Washington et considéré
comme très pro-américain, M. Geoana était
jusqu'en décembre dernier ministre des Affaires étrangères
du gouvernement d'Adrian Nastase, qui avait décidé
cette implication en Irak. A la demande du Parlement, le président
Basescu a dû convoquer dans l'après-midi de mercredi
le Conseil suprême de défense de la Roumaniepour
une réunion d'urgence qu'il a présidée.
Dans une déclaration adoptée le matin par 225
voix pour et 5 contre, le Parlement a exhorté le président
Basescu à présenter au CSAT l'état des
négociations avec les ravisseurs.
Les parents des trois otages, dont le sénateur social-démocrate
Vasile Ion, père de la journaliste Marie-Jeanne Ion,
ont réaffirmé mercredi ne plus avoir aucune information
officielle sur ces négociations. M. Ion a par ailleurs
réclamé une intervention du Parlement en faveur
de la libération des trois otages. Toutefois, les autorités
de Bucarest entendaient résister à ces pressions
pour le retrait de leurs troupes d'Irak. Ainsi, le Premier ministre
Calin Tariceanu a lancé un appel à la population,
lui demandant de "ne pas faire le jeu des ravisseurs"
et affirmant que "les autorités font de grands efforts"
pour la libération des otages.
AFP du 27 avril,
14h29
Bucarest demande aux ravisseurs un
prolongement de l'ultimatum
La Roumanie a demandé aux ravisseurs des trois journalistes
enlevés le 28 mars en Irak un prolongement de leur nouvel
ultimatum devant expirer ce mercredi à 16H00 heure locale
(13H00 GMT), selon un communiqué de la présidence.
Les autorités roumaines demandent en outre au Conseil
des Oulémas d'Irak de "s'impliquer dans les démarches"
en vue de la libération des trois otages roumains, de
"prendre l'initiative de négociations", précise
en outre ce communiqué présidentiel.
La présidence a par ailleurs renouvelé son appel
aux ressortissants roumains à "éviter de
se rendre en Irak vu les risques qu'ils peuvent courir dans
ce pays".
Dans une vidéo diffusée mardi soir par la chaîne
de télévision qatariote Al-Jazira, les ravisseurs,
qui se font appeler "la Brigade de Mouadh Ibn Jabal",
ont lancé un nouvel ultimatum, donnant à Bucarest
24 heures de plus pour retirer ses soldats d'Irak, sous peine
d'exécuter les trois journalistes otages.
Marie Jeanne Ion, journaliste de Prima TV, son cameraman Sorin
Miscoci et le correspondant du journal Romania Libera, Eduard
Ohanesian, avaient été enlevés près
de Bagdad.
Le Monde - 23
avril
Les ravisseurs des trois journalistes roumains fixent
un ultimatum à Bucarest 
Article publié dans l'édition du Monde datée
du 23 avril 2005
Les ravisseurs de trois journalistes roumains
enlevés le 28 mars en Irak ont menacé de les tuer
si Bucarest ne retire pas ses troupes de ce pays dans un délai
de quatre jours, a rapporté vendredi 22 avril la télévision
qatarie Al-Jazira, qui a diffusé une nouvelle vidéo
des trois otages. Pour la première fois, les ravisseurs
se sont identifiés, affirmant s'appeler "la Brigade
de Mouadh Ibn Jabal".
Les trois journalistes roumains sont Marie-Jeanne Ion, journaliste
de la chaîne Prima TV, son caméraman, Sorin Miscoci,
ainsi que le correspondant du quotidien Romania Libera, Eduard
Ohanesian. Sur cette vidéo en noir et blanc, diffusée
par la chaîne de télévision arabe, les trois
otages, assis à même le sol, apparaissent les mains
ligotées et entourés de deux hommes debout qui
pointent en leur direction un révolver et un fusil automatique.
Marie-Jeanne Ion, qui s'exprime dans la vidéo, mais dont
la voix reste inaudible, a rapporté l'ultimatum des ravisseurs
et exhorté ses compatriotes à "manifester
pour faire pression sur le gouvernement (roumain), afin de l'amener
à accéder aux demandes des ravisseurs", a
indiqué le présentateur d'Al-Jazira.
Les trois journalistes avaient été enlevés
en même temps qu'un homme d'affaires américano-irakien,
Mohamed Munaf, qui aurait financé le voyage des trois
Roumains et leur aurait servi de guide à Bagdad. Ce dernier
apparaît sur d'autres images diffusées par Al-Jazira.
Flanqué de deux hommes armés, il implore le président
américain George W. Bush pour qu'il "intervienne
afin d'obtenir sa libération", selon la chaîne
qatariote, qui rapporte ses propos.
Les images vidéo montrant les trois journalistes qu'Al-Jazira
a diffusées "représentent la preuve qu'ils
sont sains et saufs", a déclaré la porte-parole
de la présidence roumaine."Dans la série
de contacts qui ont eu lieu ces derniers jours, on a sollicité
une nouvelle preuve qui confirme que les trois ressortissants
roumains sont sains et saufs et que la personne de contact représente
le groupe qui les détient", a indiqué Adriana
Saftoiu, à l'issue d'une réunion de la cellule
de crise présidée par le chef de l'Etat Traian
Basescu. En fin de journée, le conseiller politique de
la présidence a indiqué que les autorités
roumaines avaient "souhaité transmettre un message
aux ravisseurs avant l'expiration de l'ultimatum et réussi
à le faire". Il s'est toutefois refusé à
dévoiler la teneur de ce message.
L'organisation Reporters sans frontières (RSF) s'est
déclarée samedi "extrêmement inquiète"
après la diffusion de ces images. "Nous exprimons
notre angoisse devant les images des trois otages menottés,
amaigris et pieds nus, une arme pointée sur la tête.
Nous partageons les affres dans lesquelles se trouvent leurs
familles, leurs amis et leurs rédactions", écrivent
RSF et sa partenaire roumaine, Media Monitoring Agency (MMA).
"En exigeant le retrait des troupes roumaines d'Irak, les
ravisseurs plongent, une fois de plus, les journalistes au cœur
d'un chantage intolérable", ajoutent les deux organisations,
en souhaitant que les autorités roumaines "mettent
tout en oeuvre pour trouver une issue favorable", à
cette prise d'otages. Elles soulignent que les trois journalistes
"ne sont pas des espions et n'ont pas à assumer
les conséquences d'un choix gouvernemental".
Suivant l'appel de leur consoeur détenue en Irak, une
cinquantaine de journalistes roumains se sont rassemblés
samedi après-midi place de l'Université, dans
le centre de Bucarest. "Nous sommes ici pour lancer un
message de solidarité avec nos collègues et nous
attendons que tous les Bucarestois, et pas seulement eux, nous
rejoignent", a déclaré Adrian Bucur, de la
chaîne Prima TV, pour laquelle travaillent deux des journalistes
pris en otages, Marie-Jeanne Ion et Sorin Miscoci.
AFP - 22 avril,
17h23
Otages roumains: les ravisseurs lancent à Bucarest
un ultimatum de 4 jours
Les ravisseurs de trois journalistes roumains
enlevés le 28 mars en Irak ont menacé de les tuer
si Bucarest ne retire pas ses troupes de ce pays dans un délai
de quatre jours, a rapporté vendredi la télévision
qatariote Al-Jazira, qui a diffusé une nouvelle vidéo
des trois otages.
Les ravisseurs ont appelé le gouvernement roumain à
"retirer ses troupes d'Irak" et averti que les ravisseurs
avaient "fixé au gouvernement roumain un ultimatum
de quatre jours à partir de la diffusion de la vidéo,
sinon il va les tuer", a affirmé Al-Jazira. Ces
trois journalistes roumains sont Marie-Jeanne Ion, journaliste
de la chaîne Prima TV, et son caméraman, Sorin
Miscoci, ainsi que le correspondant du quotidien Romania Libera,
Eduard Ohanesian.
AFP - 5 avril,
23h40
La présidence roumaine dément la libération
des trois journalistes 
La présidence roumaine a démenti
auprès de l'AFP, dans la nuit de mardi à mercredi,
la libération des trois journalistes pris en otages en
Irak le 28 mars dernier, annoncée peu auparavant par
deux chaînes de télévision, affirmant qu'il
s'agissait d'une simple "rumeur". "Nous n'aurions
aucune raison de garder secrète une telle information
si elle était vraie", a déclaré à
l'AFP la porte-parole de la présidence Adriana Saftoiu.
"La Roumanie est pour la première fois confrontée
à une situation de ce type, c'est pourquoi les médias
ont tendance à donner crédit à des rumeurs",
a-t-elle ajouté. Mme Saftoiu a une nouvelle fois assuré
qu'une "libération des journalistes sera annoncée
dès qu'elle se produira". "Cela serait fantastique
de pouvoir annoncer ça demain (mercredi), pourtant rien
n'est certain", a-t-elle dit.
AFP - 5 avril,
21h00
Libération des trois journalistes roumains otages
en Irak (télévisions)
Les trois journalistes roumains, pris en otages
en Irak le 28 mars dernier, ont été libérés
mardi soir, selon deux chaînes de télévision
roumaines. Cette information n'a pas pu être confirmée
officiellement dans l'immédiat.
Peu auparavant, la présidence roumaine avait annoncé
mardi soir l'interpellation de l'homme d'affaires roumano-syrien
qui prétendait avoir été contacté
par les auteurs de la prise d'otages.
AFP - 5 avril,
19h18
Interpellation du Roumano-syrien disant avoir été
contacté par les ravisseurs 
L'homme d'affaires roumano-syrien qui prétendait
avoir été contacté par les auteurs de la
prise d'otages des trois journalistes roumains le 28 mars en
Irak a été interpellé mardi à Bucarest
à la demande du Parquet, a annoncé la porte-parole
de la présidence, Adriana Saftoiu.
"Le Roumano-syrien Omar Hayssam a été interpellé
cet après-midi (mardi) à la demande du Parquet
auprès de la Cour de Cassation. D'autres informations
sur la situation des trois journalistes otages les mettraient
en danger", a-t-elle ajouté. Marie-Jeanne Ion, journaliste
de la chaîne Prima TV, son caméraman Sorin Miscoci
et le correspondant du quotidien Romania Libera Eduard Ohanesian,
de même que leur guide, l'homme d'affaires américano-irakien
Mohamed Munaf, ont été portés disparus
le 28 mars dans une banlieue de Bagdad.
Deux jours plus tard, la télévision qatariote
Al-Jazira diffusait une vidéo montrant les quatre personnes
assises au sol, encadrées par deux hommes encagoulés
et armés de kalachnikov, avec en arrière-fond
une couverture fleurie. Sur cet enregistrement, Mme Ion niait
notamment qu'une rançon ait été exigéee
en échange de leur libération. Omar Hayssam avait
déclaré le 29 mars sur plusieurs chaînes
de télévision avoir été "contacté
par des ravisseurs" qui, selon lui, auraient exigé
une rançon, dont il a refusé de dévoiler
le montant.
M. Hayssam est un proche de l'homme d'affaires américano-irakien
Mohamed Munaf, pris en otage lundi en même temps que les
trois Roumains. M. Munaf aurait financé le voyage des
trois journalistes et leur aurait servi de guide à Bagdad.
La crédibilité d'Omar Hayssam a été
toutefois mise en doute par une partie des médias, selon
lesquels cet homme, qui a également la nationalité
roumaine, était poursuivi pour son implication dans plusieurs
affaires douteuses.
D'après
l'AFP, le 1 avril à 13h03
Nouvelle photo des trois otages roumains en Irak 
Une nouvelle photo des trois journalistes roumains
pris en otages lundi en Irak a été montrée
vendredi par la chaîné privée Realitatea
TV, quelque 36 heures après une vidéo diffusée
par la télévision Al-Jazira du Qatar.
Sur cette photo, les trois journalistes --Eduard Ohanesian du
quotidien Romania Libera, Marie-Jeanne Ion, journaliste de la
chaîne Prima TV et son caméraman Sorin Miscoci--
étaient debout, encadrés par deux ravisseurs armés,
et montraient à la caméra leurs cartes de presse
et leurs passeports. Une quatrième personne enlevée
en même temps que les trois journalistes, un homme d'affaires
américano-irakien, Mohamed Munaf, qui avait financé
leur déplacement en Irak, ne figurait pas sur cette photo.
Les trois Roumains, de même que les ravisseurs, portaient
les mêmes vêtements que sur la vidéo transmise
mercredi soir par Al-Jazira.
Sur cette première vidéo, les trois journalistes
et l'homme d'affaires étaient assis au sol, en chaussettes,
avec en arrière-fond une couverture fleurie accrochée
au mur. Les ravisseurs, le visage camouflé par le keffieh
traditionnel et vêtus l'un d'un T-shirt rouge et l'autre
d'une chemise blanche, apparaissaient pour leur part les pieds
nus.
Bucarest se refusait toujours vendredi à donner des détails
sur les démarches en cours pour obtenir la libération
des journalistes, soulignant l'importance de la discrétion.
"Nous sommes en train de faire un énorme effort,
sans précédent pour l'Etat roumain", a déclaré
aux journalistes le ministre des Affaires étrangères
Razvan Ungureanu, en appelant les Roumains à la "patience".
"Le moment venu vous aurez des nouvelles", a-t-il
assuré.
Les familles des otages ont été reçues
dans la matinée au palais de Cotroceni par le président
Traian Basescu.
Reporters sans
Frontières du 1 avril 2005 - 09h30
Enlèvement des trois journalistes roumains: conférence
de presse de RSF 
Alors qu'Al-Jazira a diffusé, le 30
mars dans la soirée, une vidéo montrant les trois
journalistes roumains en vie, Reporters sans frontières
et son organisation partenaire roumaine, Media Monitoring Agency
(MMA),
ont organisé une conférence de presse, le 1er
avril, à 9h30, au Centre d'accueil de la presse étrangère
(CAPE
- Maison de Radio-France - 116, avenue du Président-Kennedy
- Paris 16e), pour faire le point sur la situation de Marie-Jeanne
Ion, Sorin Dumitru Miscoci, et Eduard Ovidiu Ohanesian, trois
journalistes roumains enlevés à Bagdad le 28 mars.
Robert Ménard, secrétaire général
de Reporters
sans frontières, et Razvan Martin, chargé
de programmes au sein de la MMA, ont annoncé plusieurs
opérations destinées à créer une
mobilisation internationale en faveur du retour immédiat
des trois journalistes. Serge July, directeur de la publication
du quotidien Libération, était également
présent pour exprimer sa solidarité avec ses confrères
roumains.
Cette conférence de presse s'est déroulée
en marge du conseil international de Reporters sans frontières,
auquel participent toutes les représentations étrangères
de l'organisation de défense de la liberté de
la presse.
Media Monitoring Agency est une organisation roumaine de défense
de droits de l'homme fondée en 1994. Spécialisée
dans l'expertise des médias, elle se donne comme objectifs
principaux de promouvoir des médias de qualité
tout en protégeant le droit à la liberté
d'expression et le libre accès à l'information,
de développer des programmes anti-corruption et de défendre
l'accès des minorités à la presse.
Rappel des faits : Marie-Jeanne Ion, Sorin Dumitru Miscoci,
respectivement journaliste et cameraman de la chaîne de
télévision roumaine Prima
TV, ainsi que Eduard Ovidiu Ohanesian, du quotidien
privé Romania
Libera, ont été enlevés le
28 mars 2005, alors qu'ils étaient en reportage en Irak
depuis cinq jours.

Selon Prima TV, au moment de l'enlèvement,
Marie-Jeanne Ion a réussi à appeler les responsables
de la chaîne. "Nous avons compris qu'elle tentait
d'expliquer aux ravisseurs qu'il était inutile d'agir
de la sorte car ils n'étaient que des journalistes roumains
et ne possédaient pas d'argent pour une éventuelle
rançon. Le dialogue entre l'équipe de Prima TV
et les rebelles se tenait à la fois en anglais et en
arabe", a expliqué la chaîne dans un communiqué.
"Marie-Jeanne a aussi essayé de nous faire comprendre
en roumain qu'ils avaient été kidnappés
et que nous devions immédiatement prévenir l'ambassade
de Roumanie à Bagdad." Plusieurs médias roumains
ont rapporté que la journaliste avait également
envoyé un SMS à sa mère, quelques minutes
plus tard, dans lequel était écrit : "Nous
avons été enlevés. Ce n'est pas une blague.
Aidez-nous."
Le 30 mars dans la soirée, la chaîne qatarie Al-Jazira,
a diffusé une vidéo montrant les trois journalistes
roumains en compagnie d'un homme d'affaires américano-irakien
enlevé au même moment. Marie-Jeanne Ion a nié,
en anglais, qu'une rançon avait été demandée
par les ravisseurs. Les trois journalistes apparaissent en compagnie
de deux hommes, la tête recouverte d'un keffieh, qui pointent
leurs armes en direction des otages. Le directeur de Prima TV,
Dan Dumitru, a exprimé sa satisfaction de voir ses collègues
en vie.
D'après
l'AFP, le 31 mars à 00h07
Le directeur de Prima TV: "Nous sommes contents
qu'ils soient vivants" 
Le directeur de la télévision
Prima TV, Dan Dumitru s'est déclaré "content"
que les trois journalistes roumains soient "vivants",
après la diffusion par Al-Jazira d'une vidéo montrant
des images des journalistes et d'un homme d'affaires américano-irakien
pris en otages par un groupe armé en Irak qui ne s'est
pas identifié.
"Nous sommes contents de les voir sans et saufs. C'est
tout ce que je peux dire. Pour l'instant nous n'avons pas d'autres
informations sur de possibles négociations pour leur
libération", a déclaré M. Dumitru
à l'AFP. Selon lui, "les ravisseurs des journalistes
ne sont pas des amateurs". "A mon avis il s'agit d'un
groupe armé expérimenté, car ils ont vite
trouvé les moyens pour diffuser cette vidéo",
a-t-il précisé.
Des responsables du ministère roumain des Affaires étrangères,
cités par des médias roumains ont précisé
"surveiller la situation" sans faire d'autres précisions.
La télévision Al-Jazira du Qatar a diffusé
mercredi soir une vidéo montrant les trois journalistes
roumains et une quatrième personne, identifié
à Bucarest comme l'homme d'affaires Mohamed Munaf, pris
en otages en Irak par un groupe armé qui n'a pas formulé
de demandes pour leur éventuelle libération.
Deux hommes, la tête recouverte d'un keffieh, pointaient
leurs armes en direction des quatre otages, assis au sol, avec
en arrière-fond une couverture fleurie accrochée
au mur, selon les séquences de la vidéo diffusées
par Al-Jazira. La chaîne indique que les trois journalistes,
Marie-Jeanne Ion et Sorin Miscoci de la chaîne privée
Prima TV et Eduard Ohanesian du quotidien Romania Libera, se
sont présentés tour à tour, ajoutant que
les ravisseurs ne se sont pas identifiés et n'ont pas
formulé de revendications pour une éventuelle
libération de leurs otages.
Paru dans Le
Monde du 31 mars 2005
Al-Jazira diffuse une vidéo de trois journalistes
roumains enlevés en Irak 
La télévision Al-Jazira du Qatar
a diffusé, mercredi 30 mars au soir, une vidéo
montrant trois journalistes roumains et un homme d'affaires
américano-irakien, pris en otage en Irak par un groupe
armé qui n'a pas formulé de demandes pour leur
éventuelle libération. Deux hommes, la tête
recouverte d'un keffieh, pointaient leurs armes en direction
des quatre otages, assis au sol, avec en arrière-fond
une couverture fleurie accrochée au mur, selon les séquences
de la vidéo diffusées par Al-Jazira.
La chaîne indique que les trois journalistes, deux hommes,
Sorin Miscoci, caméraman de la chaîne privée
Prima
TV et Eduard Ohanesian du quotidien Romania
Libera et une femme, Marie-Jeanne Ion, journaliste
de Prima TV, dont la tête était couverte d'une
écharpe, se sont présentés tour à
tour. Dans une copie de cette vidéo, diffusée
en boucle dans la nuit de mercredi à jeudi par les télévisions
roumaines, Marie-Jeanne Ion a nié la demande d'une rançon
en échange de leur libération. "J'ai entendu
qu'une somme d'argent avait été demandée
en échange de notre libération. Cela n'est pas
vrai", a-t-elle déclaré en anglais. La chaîne
Al-Jazira a par ailleurs ajouté que les ravisseurs ne
se sont pas identifiés et n'ont pas formulé de
revendications pour une éventuelle libération
de leurs otages.
Le directeur de la télévision
Prima TV, Dan Dumitru, a exprimé sa satisfaction après
la diffusion de la vidéo : "Nous sommes contents
de les voir sains et saufs. C'est tout ce que je peux dire.
Pour l'instant nous n'avons pas d'autres informations sur de
possibles négociations pour leur libération".
Pour lui, "les ravisseurs des journalistes ne sont pas
des amateurs". "A mon avis, il s'agit d'un groupe
armé expérimenté car ils ont vite trouvé
les moyens pour diffuser cette vidéo", a-t-il précisé.
Après sa diffusion en Roumanie, des responsables du ministère
des affaires étrangères cités par des médias
roumains, ont déclaré "surveiller la situation"
sans plus de précisions. Mercredi soir, les parents des
trois journalistes disparus lundi dans une banlieue de Bagdad,
ont lancé un appel à leur libération, selon
Prima TV.
"Je vous supplie de faire tous les efforts afin de libérer
ma sœur", a lancé aux autorités roumaines
la sœur de Marie-Jeanne Ion, Ana-Maria, dans une vidéo
diffusée par Prima TV. Le premier ministre roumain, Calin
Tariceanu, a affirmé plus tôt que les autorités
n'avaient reçu "aucune demande" de rançon
et s'est gardé d'évoquer officiellement la thèse
d'un enlèvement.
Pour sa part, le président roumain, Traian Basescu, a
assuré que les institutions de l'Etat étaient
"à pied d'œuvre en Roumanie et à l'étranger".
"Nous espérons aboutir bientôt à un
résultat favorable pour obtenir le retour des trois journalistes
roumains portés disparus en Irak". "Je vous
garantis que les autorités font leur travail avec intelligence
et discrétion, afin de maximiser les chances" de
succès de ces démarches, a-t-il ajouté.
![Les images diffusées par Al-Jazira montraient les 4 otages en compagnie des preneurs d'oatges armés de fusils automatiques. [image de Reuters]](../Images/ion.jpg)
En visite à Bucarest, le secrétaire
d'Etat américain adjoint, Robert Zoellick, a déclaré
que Washington souhaitait aider les autorités roumaines
à obtenir la libération des journalistes. Il a
confirmé qu'une quatrième personne, portée
disparue en même temps que les trois Roumains, était
un ressortissant américain, selon l'agence Mediafax.
Un peu plus tard, Steven Spike, un porte-parole du département
d'Etat, a bien indiqué : "Il y avait un Américain
avec les trois Roumains." "Nous supposons qu'ils sont
en vie", a-t-il simplement dit, en précisant que
Washington appelait à "la libération immédiate
de tous les otages en Irak".
A Bucarest, plusieurs personnes, ainsi que des journalistes
de la rédaction de Prima TV et du journal Romania Libera
ont confirmé qu'il s'agit bien d'un homme d'affaires
américano-irakien, Mohamed Munaf, qui aurait financé
le voyage des trois Roumains et leur aurait servi de guide à
Bagdad. La chaîne privée Realitatea TV a annoncé
qu'un "négociateur", dénommé
Ayman Asha, avait quitté dans la matinée Bucarest
pour Bagdad, afin de tenter de récupérer les Roumains.
Cette information n'a pas été confirmée
officiellement.
Un homme d'affaires syrien, Omar Hayssam, a affirmé sur
plusieurs chaînes de télévision avoir été
"contacté à deux reprises mardi matin par
des ravisseurs". Selon lui, ces derniers auraient exigé
une rançon, dont il a refusé de dévoiler
le montant, en échange de leur libération.
L'enregistrement de l'une de ces conversations a été
examiné par la cellule de crise mise sur pied au palais
présidentiel de Cotroceni, selon Mediafax. La crédibilité
de M. Hayssam, un proche de Mohamed Munaf, a été
toutefois mise en doute par une partie des médias, selon
lesquels l'homme d'affaires, qui a également la nationalité
roumaine, était poursuivi pour son implication dans plusieurs
affaires douteuses.
Lire l'article original ici.
Image de Reuters/HO
D'après
l'AFP, le 30 mars à 22h39
Al-Jazira diffuse une vidéo des
journalistes roumains enlevés en Irak 
Al-Jazira a diffusé mercredi une vidéo
montrant les trois journalistes roumains et une quatrième
personne, pris en otages par un groupe armé en Irak qui
ne s'est pas identifié selon la chaîne de télévision
du Qatar. Deux hommes encagoulés pointent leurs armes
en direction des quatre otages, apeurés et assis au sol,
selon les séquences de la vidéo diffusés
par Al-Jazira.
Paru dans Libération
du 30 mars 2005
Trois journalistes roumains enlevés en Irak,
par Luca Nicolescu
Les photos des trois journalistes, Marie-Jeanne
Ion, 32 ans, reporter de Prima TV, son cameraman Sorin Miscoci,
30 ans, et Edouard Ohanesian, 37 ans du quotidien Romania Libera,
passent en boucle sur les télévisions roumaines,
de même que les témoignages de leurs parents en
larmes.
Leurs collègues ont appris leur enlèvement lors
de la conférence de rédaction. «Le téléphone
du rédacteur en chef a sonné, raconte une journaliste,
on a tous pu clairement entendre la voix de Marie-Jeanne en
pleurs. Elle parlait anglais et suppliait quelqu’un :
"Ne nous tuez pas, nous sommes des journalistes et nous
n’avons pas d’argent".» La communication
a été coupée puis le rédacteur en
chef a reçu un texto sur son portable : «Nous avons
été enlevés et ce n’est pas une blague».
«Nous sommes extrêmement inquiets et nous ferons
tout ce qui dépend de nous pour que les trois journalistes
reviennent sains et saufs» a déclaré hier
le Premier ministre libéral Calin Tarineacu, alors que
le président Traian Basescu assurait que «toutes
les structures de l’état ont été
alertées», de même que «les services
secrets des pays alliés». Mais les autorités
se gardent encore de parler officiellement d’un enlèvement.
Les deux journalistes de Prima TV et leur collègue de
Romania Libera se trouvaient en Irak depuis cinq jours pour
une série de reportages. «C’est un homme
d’affaires américain d’origine irakienne
qui a payé le déplacement et c’est lui également
qui a organisé les rendez-vous et les interviews à
Bagdad», affirme Petre Mihe Bacanu, directeur de Romania
Libera.
Selon des sources gouvernementales, l’entreprise menée
par les trois reporters a été «hasardeuse».
«Ils ont fait beaucoup de choses qu’ils n’auraient
pas dû faire» s’insurge un diplomate sous
couvert de l’anonymat : ils ont prévenu tard l’ambassade
de Roumanie de leur présence sur place et ont circulé
à bord de taxis privés, ce qui est fortement déconseillé.
Ironie de l’histoire: les trois journalistes ont disparu
le lendemain d’une visite du président Traian Basescu
où il a rencontré les quelques 800 militaires
roumains déployés dans le cadre de la force multinationale.
Environ 55% des Roumains sont hostiles à cette présence
en Irak, mais Traian Basescu, proaméricain convaincu,
a récemment annoncé sa décision d’envoyer
100 militaires supplémentaires dans ce pays.
S’il est peu probable que ce drame conduise à un
changement de la politique roumaine en Irak, il pourrait, selon
le politologue Cornel Codita, «marquer l’ouverture
d’un débat public en Roumanie sur la question,
ce qui n’a pas été fait jusqu’à
présent.»
D'après
l'AFP, le 30 mars à 12h33:
Journalistes disparus: un "négociateur"
en route vers Bagdad 
Un "négociateur", dénommé
Ayman Asha, a quitté mercredi matin Bucarest pour Bagdad,
afin de tenter de récupérer les trois journalistes
roumains disparus lundi soir en Irak, a affirmé la chaîne
privée Realitatea TV sans identifier ses sources.
Selon Realitatea TV, ce "négociateur" se serait
envolé vers Amman, avant de gagner Bagdad. Cette information,
qui n'a pas pu être confirmée dans l'immédiat
de source officielle, intervient au lendemain des propos d'un
homme d'affaires syrien, Omar Hayssam, affirmant sur plusieurs
chaînes de télévision avoir été
"contacté à deux reprises mardi matin par
des ravisseurs". Selon lui, ces derniers auraient exigé
une rançon, dont il a refusé de dévoiler
le montant, en échange de la libération des trois
journalistes.
La crédibilité de ce dernier était toutefois
mise en doute mercredi par une partie des médias, selon
lesquels l'homme d'affaires, qui a également la nationalité
roumaine, était poursuivi pour son implication dans plusieurs
affaires douteuses. Une interdiction de sortie de Roumanie avait
notamment été délivrée à
son encontre.
Près de 48 heures après la disparition des trois
journalistes, les autorités roumaines se gardaient toujours
mercredi d'évoquer officiellement la thèse d'un
enlèvement.
D'après
l'AFP, le 29 mars à 23h26:
Journalistes: un homme d'affaires syrien "contacté
par des ravisseurs" 
Un homme d'affaires syrien, Omar Hayssam,
a déclaré mardi sur plusieurs chaînes roumaines
avoir été "contacté par des ravisseurs"
exigeant une rançon en échange de la libération
des trois journalistes roumains disparus en Irak et d'un ressortissant
américano-irakien qui les accompagnait.
"J'ai été contacté deux fois mardi
matin par des ravisseurs, qui ont déclaré avoir
enlevé l'homme d'affaires américano-irakien Mohamed
Monah ainsi que les trois journalistes roumains dont il avait
financé le voyage de presse en Irak", a affirmé
M. Hayssam, parlant à Bucarest où il est basé.
L'homme d'affaires américano-irakien qui aurait financé
le voyage avait auparavant été identifié
comme "M. Manuf" par le directeur de l'information
du quotidien roumain Romania Libera, Petre Mihai Bacanu, dont
un correspondant fait partie des trois journalistes disparus
lundi soir en Irak. M. Hayssam s'est abstenu, "pour des
raisons de sécurité", de préciser
le montant de la rançon réclamée selon
lui par les ravisseurs.
Plus de 24 heures après la disparition en Irak des deux
journalistes de la chaîne de télévision
privée Prima TV et du correspondant de Romania Libera,
les autorités de Bucarest n'ont toujours pas parlé
d'enlèvement. Elles n'ont pas commenté les déclarations
de M. Hayssam. Les directeurs de l'information de Romania Libera
et de Prima TV et du quotidien ont eux aussi affirmé
que le voyage des trois journalistes en Irak avait été
financé par l'homme d'affaires américain d'origine
irakienne.
Le directeur de l'information de Prima TV, Dan Dumitru, a ajouté
que M. Monah "serait actuellement disparu" en même
temps que les journalistes roumains. "Je n'ai pas de confirmation
officielle mais je crois qu'il est également disparu",
a-t-il déclaré. L'ambassade des Etats-Unis à
Bucarest n'a pas pu confirmer mardi qu'un ressortissant américain
ait été enlevé en même temps que
les journalistes roumains. "Nous travaillons avec le gouvernement
roumain afin de vérifier cette information de presse",
a indiqué l'ambassade dans une déclaration remise
à l'AFP.
D'après
l'AFP, le 28 mars à 23h47:
Le ministère roumain des Affaires étrangères
a annoncé dans la nuit de lundi à mardi qu'il
analysait des "informations portant sur la possible disparition"
en Irak de trois journalistes roumains travaillant pour la chaîne
privée de télévision Prima TV. "Saisi
par la direction de Prima TV de la possible disparition en Irak
de trois de ses journalistes, le ministère et les principaux
services d'informations du pays ont mis sur pied une équipe
de gestion de cette situation", indique un communiqué
transmis à l'AFP. "Le ministère en a informé
le président Traian Basescu et le Premier ministre Calin
Tariceanu, qui ont demandé que les mesures qui s'imposent
soient prises", a-t-on ajouté de même source.
Cet incident intervient au lendemain d'une visite surprise de
M. Basescu en Irak pour rencontrer les quelque 800 militaires
roumains déployés dans ce pays.
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