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Abdelkarim Al-Khaiwani, journaliste yéménite, gracié
article de l'AFP du 23 mars 2005.
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Le président yéménite gracie un journaliste d'opposition

Le président yéménite Ali Abdallah Saleh a décidé de gracier le rédacteur en chef d'un hebdomadaire d'opposition, Abdelkarim Al-Khaiwani, qui purge une peine d'un an de prison pour des écrits ayant déplu au pouvoir, a déclaré mercredi un membre d'une commission gouvernementale.
Cette décision survient au lendemain de la confirmation par la cour d'appel de Sanaa de la condamnation début septembre de M. Khaiwani pour une série d'infractions à la loi sur la presse de 1990, notamment incitation à la violence, diffamation du chef de l'Etat et publication de fausses nouvelles.
Son hebdomadaire, Al-Choura ("le Conseil", en arabe), avait également été interdit de publication pour six mois.
Cette période est aujourd'hui terminée, mais l'hebdomadaire n'est toujours pas reparu. Un autre hebdomadaire, Saout Al-Choura, ("La voix du Conseil"), l'a suppléé.
Emprisonné le jour même du jugement, bien que son avocat ait immédiatement fait appel et que l'appel soit théoriquement suspensif, M. Khaiwani était devenu le symbole de la détérioration de la liberté de la presse au Yémen au cours des dernières années, selon les journalistes yéménites.
Cinq autres journalistes ont ainsi été condamnés le 26 décembre 2004 à des peines de prison avec sursis allant de trois à six mois, dont quatre pour des articles considérés comme préjudiciables aux relations entre le Yémen et l'Arabie saoudite.
Le cas de M. Khaiwani avait été soulevé par plusieurs gouvernements alliés du Yémen, notamment par celui des Etats-Unis à l'occasion d'une visite de deux jours à Sanaa à la fin du mois dernier de la sous-secrétaire américaine aux Affaires internationales, Paula J. Dobriansky.
La décision soudaine de M. Saleh semble donc avoir pour but de mettre fin à une situation qui portait de plus en plus atteinte à l'image du Yémen à l'étranger, notamment dans les pays occidentaux, qui constituent le principal soutien du régime de Sanaa.
L'affaire Khaiwani est inséparable de la rébellion armée menée à l'été 2004 par un prédicateur extrémiste, Hussein Badr Eddine Al-Houti, contre le régime de Sanaa. Tué le 10 septembre par l'armée, Houti était un dignitaire zaïdite, une secte chiite modérée minoritaire au Yémen, pays à majorité sunnite, mais majoritaire dans le nord du pays. Durant ce conflit sanglant, qui se solda par des centaines de morts, M. Khaiwani, lui-même zaïdite, défendit avec ardeur le prédicateur, critiquant très sévèrement le régime et son attitude face à la rébellion, mais s'en prenant aussi en termes très violents à la propre famille du chef de l'Etat.
Après la confirmation en appel de la condamnation, le dossier de M. Khaiwani devait être automatiquement transmis à la Cour suprême, la plus haute instance du système judiciaire yéménite.
En cas de nouvelle confirmation de sa peine par la cour suprême, M. Khaiwani aurait alors eu la possibilité d'être gracié par le président Saleh, mais celui-ci a décidé d'agir sans attendre.

Copyright : AFP, du 23 mars2005. Haut de page