Enlèvement
et libération de Giuliana Sgrena -
Sgrena's kidnapping
Au
fil de l'info - Ces dépêches, images ou
retranscriptions proviennent de AP, Reuters, AFP, de journaux
ou de radios.
-
5
mai, AFP à 10h11
Calipari: les soldats américains
ont commis une faute (Berlusconi)
Les militaires américains portent une responsabilité
dans la mort de l'agent italien Nicola Calipari tué le
4 mars à Bagdad, mais cet incident ne doit pas avoir de
conséquences sur les relations entre l'Italie et les Etats-Unis,
a affirmé jeudi Silvio Berlusconi. "L'absence de volonté
n'exclut pas la responsabilité", a soutenu le chef
du gouvernement italien dans une intervention devant la Chambre
des députés.
Le chef du gouvernement italien a souligné les irrégularités
commises par la patrouille américaine, dont "le poste
volant n'était pas signalé" et qui "n'avait
pas d'instructions précises". "Mais l'amitié
entre l'Italie et les Etats-Unis ne peut être remise en
question", a-t-il assuré. "Et je veux dissiper
un possible malentendu: il n'y a aucun lien entre l'homicide de
Calipari et la mission de notre pays en Irak", a-t-il annoncé.
Nicola Calipari, 51 ans, a été tué par des
tirs américains alors qu'il accompagnait à l'aéroport
de Bagdad la journaliste Giuliana Sgrena, à peine libérée
après avoir été prise en otage un mois auparavant.
L'enquête américaine a exonéré les
militaires américains de toute responsabilité et
a mis en cause la vitesse du véhicule italien et le manque
de coordination des autorités de Rome avec les responsables
USA en Irak. Le rapport italien a au contraire souligné
le niveau "d'inexpérience et de stress" des militaires
américains impliqués dans l'incident et la mauvaise
organisation du poste de contrôle dont faisaient partie
les soldats ayant tiré.
4
mai, 16h44
Calipari: Bush et Berlusconi n'ont pas
parlé des désaccords (Maison Blanche)
Le président américain George W. Bush et le Premier
ministre italien Silvio Berlusconi n'ont pas évoqué
les désaccords sur la mort de l'agent secret italien Nicola
Calipari lors de leur conversation téléphonique
mercredi, a affirmé le porte-parole de la présidence
américaine. "Je crois savoir que cela n'a pas été
abordé dans la discussion", a affirmé Scott
McClellan, qui a qualifié la mort le 4 mars à Bagdad
de l'agent secret italien tué par des tirs américains
"d'événement tragique".
M. Bush "a réitéré ses regrets"
pour cet événement et a qualifié Nicola Calipari
de "héros", a indiqué Scott McClellan.
Il a ajouté que la mort de l'agent secret italien "ne
porterait pas tort à la solide amitié entre les
Etats-Unis et l'Italie ni au désir d'aider les Irakiens
à construire un avenir meilleur". (...)
4mai - AFP à 15h02
Calipari : Bush téléphone
à Berlusconi pour exprimer ses condoléances
Le président américain, George W. Bush, a téléphoné
mercredi et a présenté une nouvelle fois ses condoléances
au chef du gouvernement italien, Silvio Berlusconi, après
la mort de l'agent secret Nicola Calipari, tué à
Bagdad par des soldats américains en mars. M. Bush a appelé
M. Berlusconi au téléphone pour un "long et
cordial entretien", indique un communiqué de la Présidence
du Conseil italien. Cet appel téléphonique apparaît
comme un geste de soutien important pour M. Berlusconi qui se
présente jeudi devant les députés et sénateurs
pour s'expliquer sur l'affaire Calipari.
Nicola Calipari était un "serviteur héroïque
de l'Italie" et un "ami estimé" des Etats-Unis,
a affirmé le président Bush dans cet entretien,
réitérant "ses condoléances personnelles,
celles du gouvernement et du peuple américain" pour
la mort de l'agent italien. "Les deux pays restent solidaires
dans leur engagement en faveur du peuple et du gouvernement irakiens,
pour la reconstruction d'un Irak stable, libre et démocratique",
conclut le communiqué. Mardi déjà, le chef
de la diplomatie italienne, Gianfranco Fini, avait eu un entretien
téléphonique "long et cordial" avec le
Secrétaire d'Etat américain, Condoleeza Rice. Tous
deux avaient exprimé leur conviction que cet épisode
ne remettrait pas en cause les bonnes relations entre les Etats-Unis
et l'Italie.
Les deux pays ne sont pas parvenus à se mettre d'accord
sur les circonstances de l'incident ayant coûté la
vie au chef de mission des services secrets italiens en Irak,
le 4 mars dernier à Bagdad. Nicola Calipari, 51 ans, était
mort alors qu'il accompagnait à l'aéroport de Bagdad
la journaliste Giuliana Sgrena, à peine libérée
après une prise d'otage qui avait duré un mois.
L'enquête américaine a exonéré les
militaires américains de toute responsabilité et
a mis en cause la vitesse du véhicule italien. Le rapport
italien a au contraire souligné le niveau "d'inexpérience
et de stress" des militaires américains impliqués
dans l'incident.
2
mai - AFP à 23h26
L'enquête révèle
l'inexistence de règles écrites pour arrêter
une voiture
Les militaires américains qui ont tué en mars l'agent
secret italien Nicola Calipari n'avaient pas de règles
écrites pour intercepter une voiture, seulement des procédures
orales transmises par leurs prédécesseurs, révèle
la version non expurgée du rapport d'enquête sur
sa mort.
Un problème de communications entre Américains a
aussi contribué au drame, selon ce rapport dont l'intégralité
est accessible depuis lundi après une erreur de diffusion
du Pentagone.
Calipari a été tué à un barrage par
des soldats américains le 4 mars alors qu'il ramenait à
l'aéroport de Bagdad l'ex-otage et journaliste Giuliana
Sgrena, libérée après un mois de détention.
Pour le Pentagone, les militaires ont suivi les procédures
et n'ont rien à se reprocher, ce que conteste l'Italie.
Selon le rapport, ces soldats, en Irak depuis novembre, avaient
une solide expérience du contrôle routier, acquise
lors d'une précédente affectation à Taji,
au nord de Bagdad.
Mais un tel contrôle et un barrage n'impliquent pas les
mêmes procédures, relève le rapport. S'il
existe des règles écrites pour les contrôles
routiers, aucune ne vise l'interception d'un véhicule,
ont découvert les enquêteurs.
Les soldats impliqués ont appris et se sont entraînés
à l'interception de véhicules lors de dix jours
de formation en février avec l'unité qu'ils ont
remplacée.
La procédure prévoit que le tireur à bord
d'un véhicule Humvee ou Bradley est aussi celui qui tient
un projecteur, tandis qu'un autre militaire manie un faisceau
laser pour diriger les tirs. "Si le tireur doit utiliser
son arme, une M4 ou une M240B, il lâche le projecteur car
il a besoin de ses deux mains pour tirer", note le rapport.
"Il n'y a pas de formation pour manier le projecteur et le
M240B en même temps", précise le rapport.
Deux véhicules Humvee ont été utilisés
dans la nuit du 4 mars pour barrer la route, un dispositif renforcé
après la mort de deux soldats américains deux jours
plus tôt à un barrage proche.
L'enquête a aussi établi que le barrage avait été
mis en place pour protéger un convoi transportant l'ambassadeur
américain John Negroponte vers l'aéroport.
Inquiet de laisser ses soldats en position statique plus de 15
minutes d'affilée, leur chef s'est enquis plusieurs fois
auprès de sa hiérarchie du passage de l'ambassadeur,
selon le rapport.
Mais l'unité chargée de la coordination des mesures
de sécurité n'a pas répercuté les
heures de départ et d'arrivée du convoi. "La
consigne des militaires était en conséquence de
rester à leur poste", précise le rapport.
Cette absence de communication explique pourquoi le barrage sur
lequel est tombé Calipari était encore en action
à 20h50, soit bien après l'arrivée de l'ambassadeur
Négroponte à l'aéroport.
2
mai - AFP à 22h21
Calipari : nombreuses divergences avec
Washington dans le rapport italien
Le gouvernement italien a publié lundi soir un rapport
contenant de très nombreuses divergences par rapport à
la version américaine des circonstances de la mort d'un
agent italien le 4 mars à Bagdad.
Le rapport italien affirme que "le poste de contrôle
volant américain n'était pas signalé",
que "les soldats de la patrouille américaine ont tiré
par inexpérience et à cause de la tension",
que la vitesse du véhicule dans lequel circulaient les
Italiens "ne peut être mise en cause" et que "la
scène du drame n'a pas été conservée
en l'état après la fusillade".
Le rapport a été réalisé sur la base
d'une enquête menée par le diplomate Cesare Ragaglini
et le général des services secrets Pierluigi Campregher,
tous deux membres de la commission mixte italo-américaine
qui ont refusé de contresigner les conclusions américaines.
Il a été remis à l'ambassadeur des Etats-Unis
à Rome, Mel Sembler, peu après 18H00 locales (16H00
GMT), et rendu public quatre heures après.
30
avril - AFP à 19h03
Affaire Calipari: pas de sanctions contre
les soldats américains
La mort de l'agent secret italien Nicola Calipari, tué
par des GI's en mars à Bagdad, est un "tragique accident"
et "aucune sanction disciplinaire ne sera prise" contre
les soldats responsables des tirs, selon un rapport de l'armée
américaine publié samedi à Bagdad.
La mort de l'agent, tué par des soldats sur la route de
l'aéroport alors qu'il tentait d'exfiltrer l'ancienne otage
italienne, Juliana Sgrena, "est un tragique accident et la
Force multinationale en Irak exprime ses profonds regrets à
la famille Calipari", affirme un communiqué citant
les conclusions de l'enquête de Peter Vangjel, le général
de l'armée qui l'a conduite. "M. Vangjel ne recommande
aucune sanction disciplinaire contre les soldats" responsables
des tirs, ajoute le texte. L'enquête "a conclu que
le véhicule qui a approché du barrage n'a pas réduit
sa vitesse jusqu'à ce que les soldats (...) agissent selon
la procédure", souligne M. Vangjel.
29
avril - AFP à19h34
L'Italie a fait "un choix courageux"
dans l'affaire Calipari (Manifesto)
L'Italie a fait "un choix courageux" en refusant d'approuver
les conclusions américaines dans l'enquête sur les
tirs contre le véhicule transportant la journaliste du
Manifesto Giuliana Sgrena à Bagdad, a déclaré
vendredi le directeur du quotidien Gabriele Polo. "Vu les
prémisses (de l'enquête) et les anticipations sur
la position américaine, cela ne pouvait se terminer que
comme cela", a-t-il commenté.
Un chef de mission des services secrets militaires italiens (Sismi),
Nicola Calipari, a été tué le 4 mars par
les tirs américains en protégeant la journaliste
qu'il venait de faire libérer après un mois de détention.
Le drame avait eu lieu sur la route de l'aéroport de Bagdad
et Giuliana Sgrena ainsi qu'un autre agent secret italien avaient
été blessés par les tirs. "De la part
de l'Italie, c'est un choix courageux, et j'en suis heureux",
a ajouté Gabriele Polo.
Les Etats-Unis et l'Italie ont fait état vendredi de divergences
sur les conclusions de l'enquête sur ces tirs dans une déclaration
conjointe publiée à Washington et Rome.
Le chef du gouvernement italien Silvio Berlusconi avait annoncé
jeudi que l'Italie ne donnerait pas son accord à des conclusions
qui ne convaincraient pas Rome. "On ne pouvait pas demander
au gouvernement italien de signer une reconstitution (des faits)
qui ne correspondait pas à la nôtre", a expliqué
vendredi soir le chef de la diplomatie italienne Gianfranco Fini
après la publication de la déclaration conjointe.
Le ministre italien des Affaires étrangères a précisé
que le rapport américain sur la mort de Nicola Calipari
serait publié dans quelques jours et que cette publication
"rendra encore plus évidentes les raisons pour lesquelles
le gouvernement italien ne pouvait signer". "Pour l'Italie,
ce sera maintenant à la magistrature de faire tout ce qui
est en son pouvoir (pour mener l'enquête), évidemment
avec le soutien du gouvernement", a conclu M. Fini.
Une enquête pour "homicide volontaire" avait été
ouverte dès le soir du 4 mars par la section antiterroriste
du parquet de Rome et le véhicule dans lequel est mort
Nicola Calipari a été transféré mardi
soir de Bagdad à Rome, pour être examiné par
des experts à partir de la semaine prochaine.
Le chef des députés du principal parti d'opposition
(Démocrates de gauche, Luciano Violante a demandé
vendredi au gouvernement italien de "venir s'expliquer devant
le Parlement" sur les "graves discordances existant
entre la version du gouvernement des Etats-Unis et la version
du gouvernement italienne". Certains partis de l'opposition
italienne ont réclamé vendredi soir le retour des
3.000 militaires italiens envoyés en Irak depuis juin 2003
pour protester contre la manière dont les Etats-Unis se
comportent vis-à-vis de l'Italie.
29
avril - AFP à 18h20
Affaire Calipari: Etats-Unis et Italie
admettent leur désaccord
Les Etats-Unis et l'Italie ont achevé leur enquête
conjointe sur la mort le 4 mars en Irak de l'agent secret italien
Nicola Calipari, tué par des soldats américains,
mais sont en désaccord sur ses conclusions, ont annoncé
vendredi les deux pays dans un communiqué conjoint.
Les deux pays restent des alliés solides en dépit
de ce désaccord, souligne le communiqué du département
d'Etat américain et du ministère italien des Affaires
étrangères. "Les enquêteurs ne sont pas
arrivés aux mêmes conclusions finales bien qu'après
avoir examiné ensemble les éléments de preuve,
ils sont en accord sur les faits et les recommandations sur de
nombreuses questions", précise le texte.
28
avril -AFP à 13h54
Berlusconi met en garde Washington sur
l'enquête Calipari
Le gouvernement italien ne donnera jamais son accord aux conclusions
de l'enquête sur la mort de l'agent Nicola Calipari, tué
à Bagdad par des militaires américains, si elles
ne sont pas convaincantes, a affirmé jeudi Silvio Berlusconi.
"Nous ne donnerons jamais notre accord à des conclusions
qui ne nous ont pas convaincus", a affirmé le chef
du gouvernent italien. "Nous avons demandé que la
vérité soit faite. Nos enquêteurs ont fait
des recherches et maintenant nous avons des faits. S'il y a des
divergences, elles vont apparaître", a-t-il souligné.
Nicola Calipari, un agent secret italien, a été
tué par des tirs américains le 4 mars alors qu'il
raccompagnait la journaliste Giuliana Sgrena, à peine libérée
de sa détention, vers l'aéroport de Bagdad. L'annonce
de sa mort, quelques heures après celle de la libération
de l'otage, avait suscité une vive émotion en Italie
et avait brièvement tendu les relations entre Rome et Washington,
dont les versions des faits divergent.
27
avril -AFP à 18h53
Mort Calipari: la justice italienne va
examiner le véhicule
La justice italienne va examiner le véhicule dans lequel
l'agent secret Nicola Calipari a été tué
par des tirs américains le 4 mars près de l'aéroport
de Bagdad après la libération de la journaliste
Giuliana Sgrena, a-t-on appris mercredi de source judiciaire.
"On ne sait pas encore quand commenceront exactement les
expertises balistiques, mais ce pourrait être dans les prochains
jours", a confirmé à l'AFP l'avocat de Giuliana
Sgrena, Alessandro Gamberini.
Les expertises seront réalisées par des techniciens
de la police scientifique italienne et des carabiniers. Elles
pourraient déterminer le nombre de projectiles ayant touché
la voiture et le nombre de soldats ayant tiré.
Les points d'impact permettront aussi de savoir si les soldats
ont visé la carrosserie ou s'ils ont délibérément
tiré dans l'habitacle.
La vitesse du véhicule pourrait aussi être déterminée
par les expertises. Un éclaircissement sur ce point s'avérerait
fondamental, au vu des divergences existant entre les versions
de Washington et de Rome. Les Américains estiment que le
véhicule roulait à grande allure et n'a pas ralenti
malgré les sommations des militaires, tandis que les Italiens
considèrent que la voiture roulait lentement et s'est arrêtée
avant les tirs.
Le parquet de Rome avait ouvert une enquête pour "homicide"
dès le soir du drame, le 4 mars.
Une commission rogatoire internationale avait été
déposée par les magistrats du parquet pour ramener
la Toyota Corolla à Rome. Mais la voiture n'a été
ramenée dans la capitale italienne que mardi soir, pour
permettre à la commission américaine chargée
de l'enquête de l'examiner à Bagdad.
Mardi, l'avocat de Giuliana Sgrena avait exprimé ses craintes
que les expertises déjà menées par les enquêteurs
à Bagdad aient endommagé la voiture au point qu'il
ne soit plus possible de l'examiner correctement. Les magistrats
italiens, qui n'exclueraient pas d'organiser un procès
par contumace (en l'absence des accusés) si les Etats-Unis
refusaient de livrer leurs soldats, pourraient aussi éprouver
des difficultés à obtenir le nom des militaires
visés par l'enquête.
Deux représentants italiens, un diplomate et un général
des services secrets, font partie de la commission d'enquête
américaine et les enquêteurs du parquet ont l'intention
de les interroger. "Mais ces deux hommes pourraient avoir
promis aux autorités américaines de garder le secret
sur l'identité des soldats qui ont tiré", a
indiqué mardi l'avocat de Giuliana Sgrena.
26 avril - AFP
à 18h34
Berlusconi:
l'enquête sur la mort de Calipari à Bagdad pas close
L'enquête
sur la mort de l'agent des services secrets italien Nicola Calipari
tué à Bagdad par des tirs américains "n'est
pas close", a affirmé mardi le chef du gouvernement
italien Silvio Berlusconi.
"L'enquête n'est pas close", a affirmé
M. Berlusconi lors d'une intervention devant la Chambre des députés.
"Je déplore que des indiscrétions malheureuses
aient annoncé que l'enquête était close",
a-t-il ajouté.
Nicola Calipari a été tué le 4 mars par des
tirs américains contre le véhicule à bord
duquel il avait pris place avec la journaliste italienne Giuliana
Sgrena, libérée quelques heures auparavant après
avoir été retenue en otage pendant un mois. Giuliana
Sgrena avait été blessée à l'épaule
et Nicola Calipari était mort en la protégeant.
Un second agent secret qui se trouvait au volant avait été
blessé. Le drame avait suscité une forte émotion
en Italie et tendu les relations entre Rome et Washington, deux
proches alliés dans la campagne militaire lancée
contre le régime irakien en mars 2003.
26 avril - Le Figaro
Sgrena conteste un rapport qui blanchit
les soldats américains
La décision de l'armée américaine de blanchir
ses soldats responsables de la mort d'un agent italien à
Bagdad pendant la libération de la journaliste Giuliana
Sgrena en mars est une «gifle» pour Rome, selon l'ancienne
otage qui maintient une version très différente
des faits. L'enquête «n'est pas close», a affirmé
le chef du gouvernement italien Silvio Berlusconi. «Le gouvernement
viendra devant le Parlement quand l'enquête sera définitivement
close», a-t-il précisé. «Des contacts
sont en cours en ce moment.» «Nous devons la vérité
à M. Calipari pour lui rendre justice», a conclu
le chef du gouvernement, très applaudi après cette
déclaration.
Pour la journaliste du quotidien indépendant de gauche
«Il Manifesto», les conclusions de la commission américaine
selon lesquelles «les procédures ont été
suivies à la lettre» par les soldats sont une «gifle
inacceptable pour l'Italie». Lundi, un responsable militaire
américain a déclaré, sous couvert de l'anonymat,
que les soldats avaient «respecté toutes les procédures
pour des opérations de contrôle et, de ce fait, n'étaient
pas coupables de manquement au règlement».
Ces déclarations laissent entendre qu'aucun militaire américain
ne sera sanctionné pour la mort de Nicola Calipari, l'agent
secret de 51 ans qui avait oeuvré à la libération
de Giuliana Sgrena. «Nous n'avons reçu aucun signal
d'avertissement. Il n'y a eu aucun tir de sommation et le faisceau
de lumière a été projeté après
les tirs», a réaffirmé la journaliste italienne
dans un entretien au quotidien de centre-gauche la Repubblica
publié mardi matin. «Dans la meilleure des hypothèses,
la commission (chargée de l'enquête) n'a servi à
rien, et dans la pire, elle représente un net pas en arrière»,
a-t-elle écrit dans un éditorial pour Il Manifesto.
«La déception serait énorme si nos autorités
subissaient l'affront sans réagir», a-t-elle ajouté.
Giuliana Sgrena avait été enlevée
le 4 février à Bagdad alors qu'elle réalisait
un reportage sur des réfugiés intérieurs
irakiens. Elle avait été libérée un
mois plus tard, mais le véhicule qui la ramenait vers l'aéroport
de Bagdad avait été mitraillé par des soldats
américains. Giuliana Sgrena avait été blessée
à l'épaule et Nicola Calipari était mort
en tentant de la protéger. Un second agent secret qui se
trouvait au volant avait été blessé.
Le drame avait suscité une forte émotion en Italie
et tendu les relations entre Rome et Washington, deux proches
alliés dans la campagne militaire lancée contre
le régime irakien en mars 2003. Les autorités américaines
avaient accepté que deux représentants italiens,
un diplomate et un général des services secrets,
participent à l'enquête. Rome n'avait pas encore
réagi officiellement mardi en milieu de journée
mais, selon le responsable américain qui s'est exprimé
lundi, les Italiens ont «davantage de questions à
soulever», ce qui empêche la publication du rapport
d'enquête.
Selon cette source, des divergences demeurent entre les versions
des deux pays, notamment sur la vitesse du véhicule qui
se dirigeait vers l'aéroport de Bagdad et sur les communications
passées entre les agents secrets italiens et les autorités
américaines juste après la libération. La
plupart des médias italiens estimaient mardi que le chef
du gouvernement Silvio Berlusconi ne pourrait faire autrement
que d'affirmer son désaccord avec les conclusions américaines.
«Côté italien, on n'est pas prêt à
sacrifier la vérité sur l'autel des relations politiques
et diplomatiques avec l'allié américain»,
a assuré la Stampa.
Les magistrats romains chargés de l'instruction sur la
mort de l'agent secret italien pourraient également parvenir
à des conclusions différentes. Le véhicule
qui conduisait Giuliana Sgrena à l'aéroport de Bagdad
était attendu mardi à Rome pour être examiné.
Les juges d'instruction ont l'intention d'entendre les deux membres
italiens de la commission d'enquête pour obtenir les noms
des soldats américains qui ont tiré sur la voiture.
26 avril - AFP
à 10h37 - Giuliana Sgrena qualifie de "gifle"
les conclusions de l'enquête américaine
La journaliste italienne et ex-otage en Irak
Giuliana Sgrena a qualifié mardi de "gifle" les
conclusions de la commission d'enquête américaine
qui blanchit les soldats ayant tué l'agent de renseignement
italien Nicola Calipari et blessé la journaliste le 4 mars
près de l'aéroport de Bagdad.
"Dans la meilleure des hypothèses, la commission n'a
servi à rien et dans la pire elle représente un
net pas en arrière", estime-t-elle dans un article
publié en Une de son journal Il Manifesto. "En fait,
après une enquête longue de plus d'un mois, l'hypothèse
d'une tragique erreur qui avait conduit Bush à présenter
des excuses à Berlusconi a disparu de l'horizon",
poursuit-elle. "Après les excuses, voilà une
gifle pour le président du Conseil (Berlusconi), déjà
assommé par la crise de gouvernement", ajoute-t-elle.
Cette enquête, qui a blanchi les militaires américains,
avait été ouverte au lendemain de ce drame qui avait
suscité une forte émotion en Italie et brièvement
tendu les relations entre Rome et Washington. Le 4 mars, quelques
heures après la libération de la journaliste italienne
après un mois de captivité, la voiture dans laquelle
elle se trouvait pour se rendre à l'aéroport de
Bagdad, avait été prise pour cible par des soldats
américains à un barrage routier.
Giuliana Sgrena, envoyée spéciale du quotidien indépendant
de gauche Il Manifesto, était blessée à l'épaule
par les tirs tandis que Nicola Calipari, 51 ans, l'un des deux
agents chargés de la rapatrier, était tué
en la protégeant de son corps. Les enquêteurs américains
estiment que les soldats "ont respecté toutes les
procédures pour des opérations de contrôle
et, de ce fait, n'étaient pas coupables de manquement au
règlement", a expliqué un responsable militaire.
De son côté, Mme Sgrena écrit: "les faits
disent le contraire: aucune sommation, le faisceau de lumière
est arrivé en même temps que les tirs de mitraillettes
(...) tuant Nicola Calipari par derrière".
Le gouvernement italien n'avait pas officiellement réagi
mardi matin aux conclusions de l'enquête américaine.
Les Italiens qui étaient associés à la commission
d'enquête militaire américaine ne sont pas d'accord
sur les conclusions, a toutefois précisé un responsable
militaire américain. Ces différences de vue empêchent
la publication du rapport d'enquête parce que les Italiens
"ont davantage de questions" à soulever, a-t-il
expliqué.
24 mars -12h00
- Nouvel Observateur
Giuliana Sgrena quitte l'hôpital où
elle était soignée depuis son retour en Italie.
12 mars - 21h57
- Associated Press
La journaliste et ex-otage italienne Giuliana
Sgrena a adressé un courrier au pape Jean Paul II pour
le remercier de ses appels répétés à
la libération des personnes captives en Irak, a fait savoir
samedi son journal, «Il Manifesto».
Giuliana Sgrena, dont la libération le 4 mars a été
ternie par les tirs américains essuyés par le convoi
qui l'accompagnait à l'aéroport de Bagdad, a écrit
au souverain pontife depuis son lit d'hôpital à Rome,
où elle se remet de sa blessure par balle à l'épaule,
a précisé «Il Manifesto», sans dévoiler
le contenu de cette lettre.
La missive de la journaliste a été portée
à l'attention du pape, qui reste hospitalisé à
la polyclinique Gemelli de Rome après la trachéotomie
qu'il a subie le 24 février dernier. Jean Paul II avait
notamment appelé à la libération des otages
en Irak lors de son message dominical du 13 février. Giuliana
Sgrena, qui doit être opérée lundi, a par
ailleurs lancé sur la chaîne de télévision
française TF1 un appel aux ravisseurs de Florence Aubenas
pour qu'ils libèrent la journaliste française et
son accompagnateur irakien Hussein Hanoun.
«Je m'adresse aux ravisseurs de Florence Aubenas»,
a déclaré en français la journaliste italienne.
«Je vous en prie, utilisez la même clémence
qu'ils ont utilisée avec moi. Libérez-la»,
a-t-elle lancé au cours du journal de 13h de la chaîne.
«Mes ravisseurs ont toujours fait appel au Coran qui impose
le respect de la femme. Je vous prie de respecter l'islam et de
libérer Florence Aubenas.»
Un message écrit par Giuliana Sgrena a aussi été
lu au Parc de la Villette à Paris, à l'occasion
de la journée de solidarité "1.000 fanfares
pour Florence et Hussein", qui a donné lieu à
des concerts samedi dans toute la France.
12 mars, 12h30
- AFP
Libération de Giuliana Sgrena:
les Américains tenus dans l'ignorance (presse)
L'opération pour libérer la journaliste italienne
otage en Irak Giuliana Sgrena, au cours de laquelle un agent du
renseignement a été tué, devait se dérouler
à l'insu des Américains, selon un général
italien cité dans l'enquête, a rapporté samedi
La Repubblica.
Le général, Mario Marioli, commandant adjoint du
corps multinational en Irak, a déclaré avoir reçu
à deux reprises l'ordre de ne pas avertir l'allié
américain, dans un rapport aux magistrats romains enquêtant
sur la mort de l'agent Nicola Calipari, tué par des tirs
américains le 4 mars près de Bagdad. Les autorités
italiennes ne pouvaient de toute façon pas faire autrement
car avertir les Américains aurait risqué de faire
capoter l'opération, ont estimé par ailleurs plusieurs
commentateurs samedi. "Le choix de maintenir un profil bas
et de rester discret durant la mission était l'unique voie
possible", a souligné un collègue de Giuliana
Sgrena dans les colonnes de son journal Il Manifesto, en rappelant
l'opposition des Etats-Unis à toute négociation
avec les preneurs d'otages. "La vérité est
que ni Bush, et encore moins Berlusconi ne pourront jamais reconnaître
ouvertement que les agents italiens ont dû libérer
l'otage à l'insu des Américains", a jugé
pour sa part La Repubblica dans un éditorial.
Selon ce journal, le général Marioli a déclaré
aux juges s'être entretenu à deux reprises avec Nicola
Calipari pour lui demander s'il convenait d'avertir l'allié
américain de l'opération, mais à chaque fois
la réponse a été négative. Une première
fois, entre 16 heures et 17 heures, "je demande à
Calipari si je dois informer l'allié américain de
l'opération de libération de l'otage, mais la réponse
est que l'allié ne devait être informé en
aucune manière", a-t-il déclaré.
Une deuxième fois dans la soirée, alors que l'otage
était déjà libre mais l'opération
encore inachevée, le général Marioli a demandé
s'il devait avertir l'allié de leur retour à l'aéroport
avec Giuliana Sgrena à bord de la voiture. "On m'a
répondu "non" bien que je leur ai signalé
que cela puisse entraîner une attente d'un quart d'heure
au check-point à l'entrée de l'aéroport",
a-t-il dit, selon ses déclarations aux juges citées
par Repubblica.
L'épilogue tragique de la prise d'otage de Giuliana Sgrena
avec la mort de Nicola Calipari a profondément choqué
l'Italie, car l'agent, âgé de 51 ans, a été
pris sous les tirs d'une patrouille américaine et la journaliste
blessée. Il raccompagnait en voiture l'ex-otage, dont il
avait négocié la libération et il l'a protégée
durant la fusillade.
10 mars, 10h57
- AFP
Les militaires qui ont tué Calipari
devaient protéger Negroponte (presse)
Les militaires américains qui ont tué vendredi à
Bagdad l'agent italien Nicola Calipari étaient chargés
d'assurer la protection de John Negroponte, directeur du renseignement
national américain, ce qui expliquerait leur réaction,
écrit jeudi le quotidien La Repubblica. "La vie de
l'ambassadeur Negroponte vaut autant que celle du président"
américain, assure une source anonyme, citée par
le journal.
L'ex-ambassadeur américain en Irak, John Negroponte, nommé
en février directeur du renseignement national (DNI), un
poste où il aura autorité sur les 15 agences de
renseignement américaines, devait emprunter vendredi soir
la route menant à l'aéroport de Bagdad. "Oui,
c'est vrai, le poste de contrôle mobile qui a fait feu sur
les Italiens avait pour mission de contribuer au dispositif de
sécurité de l'ambassadeur Negroponte", a déclaré
Robert Callahan, porte-parole de l'ambassade américaine
à Bagdad, au quotidien. Les sources anonymes citées
par La Repubblica affirment que "la sécurité
de M. Negroponte est une +priorité absolue+ et que les
unités qui s'en occupent doivent s'assurer que sa route
est dégagée aussi bien devant que derrière".
Ces unités "n'ont aucune autre obligation, opèrent
de manière autonome et doivent être en mesure de
répondre rapidement aux possibles changements de programme
ou d'itinéraire", selon les mêmes sources.
"Quand une voiture avec une plaque d'immatriculation arabe
(celle à bord de laquelle se trouvait Nicola Calipari,
ndlr) se rapproche de nuit, sous la pluie, à une vitesse
jugée inadaptée et dont la patrouille ne sait rien,
alors on va droit vers le pire", affirme une de ces sources.
"Le soldat qui a tiré avait une chose en tête:
+la vie de l'ambassadeur Negroponte vaut autant que celle du président+",
conclut cette source de La Repubblica. Le journal, proche de l'opposition
de centre-gauche, a également interviewé un ex-marine,
Jimmy Massey, qui commandait un poste de contrôle en Irak
en avril 2003 et a affirmé qu'en 48 heures "une trentaine
de civils ont été tués". "Nous
avons mis deux jours à comprendre que notre bras levé
donnant l'ordre de s'arrêter était interprété
comme un salut dans ce pays", dit-il, affirmant que les services
de renseignement militaire nourrissaient leur "anxiété"
en les invitant "à suspecter les femmes, les enfants,
les ambulances". "Tous les Irakiens était décrits
comme des terroristes: dans ces conditions, les doigts appuient
plus rapidement sur la gâchette", conclut l'ex-marine.
Nicola Calipari, 51 ans, a été tué alors
qu'il évacuait vers l'aéroport de Bagdad la journaliste
italienne Giuliana Sgrena. Les versions américaine et italienne
sur les circonstances de sa mort sont divergentes sur plusieurs
points, chaque partie assurant avoir accompli avec professionnalisme
son propre devoir.
9 mars, 20h00 -
AFP
Fini: l'Italie n'a pas versé
d'argent pour libérer Sgrena
Le chef de la diplomatie italienne Gianfranco Fini a affirmé
mercredi que le gouvernement italien n'avait payé aucune
rançon en argent pour obtenir la libération de la
journaliste Giuliana Sgrena.
"Je démens que le gouvernement italien ait autorisé
des paiements en argent", a déclaré Gianfranco
Fini, selon l'agence italienne Ansa qui cite un entretien à
diffuser mercredi soir sur la chaîne RaiUno. Le ministre
italien des affaires étrangères a ajouté
que le gouvernement avait ouvert "toute une série
de canaux politiques, diplomatiques et de renseignement"
pour faire libérer la journaliste du quotidien de gauche
Il Manifesto.
Giuliana Sgrena a été libérée vendredi
à Bagdad après un mois de captivité mais
son véhicule a ensuite été mitraillé
par des tirs américains sur la route de l'aéroport
de Bagdad. Dans l'incident, un agent des services spéciaux
de 51 ans, Nicola Calipari, est mort et Giuliana Sgrena ainsi
qu'un autre fonctionnaire italien, ont été blessés.
Lundi soir, dans une interview télévisée,
le ministre italien aux Affaires européennes, Rocco Buttiglione,
avait lui aussi nié catégoriquement qu'une rançon
ait été payée par Rome. Mais, avait-il ajouté,
"il est possible qu'une aide humanitaire ait été
donnée à des groupes religieux sunnites qui étaient
en contact avec les ravisseurs de Giuliana Sgrena".
Les ravisseurs présumés de la journaliste avaient
pour leur part affirmé dans une vidéo diffusée
mardi qu'une rançon leur avait été proposée
mais qu'ils l'avaient refusée. La question d'une remise
d'argent s'était déjà posée au moment
de la libération de Simona Torretta et Simona Pari, en
septembre dernier. Le député d'Alliance nationale
(AN, droite) Gustavo Selva avait alors déclaré qu'une
rançon avait été payée par le gouvernement,
ce que celui-ci avait formellement démenti.
Mercredi
9 mars, 9h08 - AFP
L'armée américaine en Irak a annoncé
la constitution d'une commission d'enquête sur les tirs
de soldats américains qui ont tué vendredi un agent
italien et blessé l'ex-otage italienne Giuliana Sgrena
après sa libération à Bagdad. Une enquête
a également été ouverte sur les tirs ayant
tué un soldat bulgare.
Le chef du gouvernement italien Silvio Berlusconi va s'expliquer
mercredi après-midi devant le Sénat sur l'alliance
de l'Italie avec Washington, au lendemain d'un discours du ministre
des Affaires étrangères Gianfranco Fini, exigeant
que les coupables de cette bavure soient identifiés et
punis.
Mme Sgrena travaille pour un quotidien de gauche, Il Manifesto,
opposant à la guerre en Irak. Depuis son retour en Italie,
elle a alimenté la critique sur le comportement des troupes
américaines en Irak.
"Je n'ai jamais dit qu'on voulait me tuer, mais la mécanique
de ce qui s'est passé était celle d'une embuscade",
a-t-elle déclaré mardi soir. L'hypothèse
que les tirs étaient délibérés a été
rejetée par les autorités américaines. Elle
l'a également été mardi par le chef de la
diplomatie italienne, Gianfranco Fini. Il a jugé cette
hypothèse "totalement infondée" et parlé
d'un "accident".
"Je pense qu'il est absurde de suggérer que nos soldats
aient délibérément pris pour cible des civils
innocents. C'est simplement absurde", avait affirmé
de son côté lundi le porte-parole de la Maison Blanche
Scott McClellan.
8
mars, 18h08 - AFP
Calipari: Trois à quatre semaines
nécessaires pour l'enquête (Casey)
Trois ou quatre semaines sont nécessaires pour mener l'enquête
sur les circonstances de la mort de l'agent italien Nicola Calipari,
tué vendredi par des tirs américains à Bagdad,
a affirmé mardi le général américain
George Casey, commandant de la force multinationale en Irak. Les
Italiens vont être associés à l'enquête
dirigée par un général américain,
a-t-il précisé lors d'une conférence de presse
au Pentagone.
Interrogé à plusieurs reprises pour savoir si les
Américains avaient été prévenus par
les Italiens de l'arrivée de la voiture transportant la
journaliste italienne Giuliana Sgrena et l'agent italien, le général
Casey a indiqué qu'il était dans l'impossibilité
de répondre à cette question à ce stade de
l'enquête. "Je n'ai pas d'informations", a-t-il
dit.
Rome a haussé le ton mardi en exigeant que les coupables
de la mort de l'agent italien Nicola Calipari, soient identifiés
et punis mais a voulu éviter d'aggraver la tension avec
Washington en qualifiant ce décès d'"accident".
L'Italie, dont l'opinion est majoritairement opposée à
l'intervention occidentale en Irak, a été très
choquée par la mort de Calipari, qui a mis dans l'embarras
le chef du gouvernement Silvio Berlusconi.
L'Italie a déployé un contingent de 3.000 soldats
au sud de Bagdad.
8 mars - publié
dans Le Monde
Trois questions à Giuliana Sgrena propos recueillis par Salvatore Aloise
Vous avez été blessée,
à peine libérée, par des tirs américains
près de l'aéroport de Bagdad. Est-il vrai que les
ravisseurs vous avaient dit que vous alliez courir certains «
risques »?
Oui, c'est vrai. Quand les ravisseurs m'ont annoncé
qu'ils allaient me libérer, ils m'ont dit qu'il y avait
un accord pour me remettre saine et sauve aux émissaires
italiens. Mais ils m'ont dit également : « Les Américains
ne voudront pas vous laisser sortir vivante d'Irak. » J'ai
pris cela pour une boutade ou une tirade idéologique, même
si je savais bien que les Américains sont contre la politique
italienne de négocier avec les ravisseurs. J'étais
donc inquiète en partant, car je savais que le moment de
la libération est toujours délicat.
Les Américains disent qu'en roulant
trop vite vous avez franchi un poste de contrôle. Quelle
est votre version?
Tout était normal, mes accompagnateurs
disaient avoir eu toutes les assurances nécessaires pour
gagner l'aéroport, tenu par les Américains. Nous
ne roulions pas vite, mais au contraire tranquillement, à
bord d'un véhicule de l'ambassade italienne. Nicola Calipari
parlait sans arrêt. Il me racontait ce qui s'était
passé en Italie durant mon absence, il était détendu,
on plaisantait. Puis, tout ce que je sais, c'est qu'à l'improviste
tout a basculé : une pluie de feu s'est abattue sur nous.
En quelques instants, je suis passée de l'euphorie de la
libération à ce drame qui m'a frappé psychologiquement
et qui me marquera pour toujours : la mort de Nicola Calipari
en essayant de me protéger. Sentir mourir à côté
de moi quelqu'un qui avait bravé tous les dangers pour
me libérer a été le moment le plus atroce.
Plus atroce que le fait de me sentir touchée. Plus atroce
que ma propre détention durant laquelle j'ai traversé
de durs moments de désespoir mêlés à
d'autres où j'étais plus confiante.
Les journalistes peuvent-ils encore travailler
en Irak?
Avant cette expérience, j'étais
convaincue que, malgré les difficultés, les restrictions
de mouvement, il fallait y aller pour pouvoir témoigner,
raconter ce qui se passe. Maintenant, je me rends compte que ce
n'est pas possible, on ne peut pas travailler sérieusement
: c'est cela le pire effet de la guerre, rompre la communication.
Les ravisseurs me l'ont répété clairement,
ils ne veulent personne, ni militaires, ni travailleurs, ni journalistes.
Je crois que, dans ces conditions, on ne peut rien faire. Moi,
je n'y retournerai pas. Laissez-moi ajouter que j'espère
que ma libération sera de bon augure pour celle de Florence
Aubenas. Je la connais bien, j'espère vraiment que pour
elle aussi arrivera vite le jour de la libération.
8 mars,
15h11 - AFP
Aucune rançon n'a été
payée, selon une nouvelle vidéo des ravisseurs
Les ravisseurs présumés de Giuliana Sgrena ont affirmé
dans une vidéo diffusée mardi par des médias
italiens qu'aucune rançon n'avait été payée
pour mettre fin à sa captivité.
"La résistance refuse d'être payée",
déclare une voix d'homme ajoutée sur des images
de la journaliste d'Il Manifesto, selon la video diffusée
notamment par la chaîne de télévision Rai
Uno et celle d'information continue Sky24. La voix ajoute toutefois,
sans autres précisions, qu'une rançon a été
offerte. Les ravisseurs présumés ont d'autre part
accusé les Etats-Unis d'avoir voulu tuer Giuliana Sgrena.
"La résistance a su que la CIA voulait tuer Giuliana,
la journaliste", indique la traduction italienne donnée
par la chaîne Sky24. "Le responsable des services secrets
de la résistance a averti la journaliste", ajoute
la vidéo, qui précise: "vous pouvez vérifier
tout ce que nous disons."
Giuliana Sgrena, envoyée spéciale en Irak, a été
libérée vendredi après un mois de détention.
Mais au cours de son transport vers l'aéroport de Bagdad,
son véhicule a été touché par des
tirs américains. Un agent des services secrets italiens
a été tué et la journaliste ainsi qu'un autre
fonctionnaire des renseignements ont été blessés.
Giuliana Sgrena a elle-même évoqué la possibilité
que la fusillade dont elle a été victime de la part
de soldats américains ait été délibérée.
Cette hypothèse rejetée par les autorités
américaines l'a également été mardi
par le chef de la diplomatie italienne Gianfranco Fini. Il a jugé
cette hypothèse "totalement infondée",
affirmant qu'il s'était agi d'un "accident".
Le ministre italien aux Affaires européennes, Rocco Buttiglione,
avait nié catégoriquement dans une interview télévisée
lundi soir qu'une rançon ait été payée
par le gouvernement italien pour la libération de Giuliana
Sgrena. Mais, avait-il ajouté, "il est possible qu'une
aide humanitaire ait été donnée à
des groupes religieux sunnites qui étaient en contact avec
les ravisseurs de Giuliana Sgrena".
Lundi 7
mars - 19h15 - France-Inter. Chronique de Dominique Bromberger.
"Tous les éléments étaient
en place vendredi dernier à Bagdad pour qu’un drame
se produise quand la voiture transportant Giuliana Sgrena et Nicola
Calipari s’est approchée de l’aéroport
de Bagdad. Cette autoroute est aujourd’hui la plus dangereuse
au monde. Plusieurs soldats américains y ont été
tués dans des embuscades ou par des bombes enfouies au
bord de la route au cours des mois précédents. Les
militaires de la troisième division d’infanterie
avaient en outre reçu l’ordre d’établir
un barrage pour protéger une haute personnalité
de l’ambassade, de façon inopinée, une heure
et demie plus tôt. Ils étaient donc particulièrement
nerveux puisqu’ils avaient de bonnes raisons de se sentir
menacés. De surcroît, selon la version officielle
américaine, les Italiens n’avaient pas prévenu
de leur passage. Leur voiture n’était donc pas plus
protégée que celles des Irakiens qui, chaque jour,
risquent l’incident mortel aux points de contrôle.
La presse américaine de la côte est, notamment le
Washington Post et le New York Times, pose aujourd’hui la
question de savoir dans quelles conditions les GI’s sont
autorisés à ouvrir le feu. Cette question reste
sans réponse, car les responsables ne veulent pas donner
d’indications à la guérilla. Et du point de
vue américain, il est certain que face à une voiture-suicide,
on n’a pas beaucoup de temps pour s’interroger.
Mais puisque les règles d’engagement ne sont pas
rendues publiques, cela laisse dans l’ignorance de la conduite
à adopter les civils irakiens. Et comme ceux-ci se trouvent
parfois aussi sous le feu de la guérilla ou de criminels
de droit commun, ils choisissent souvent la fuite, ce qui, pour
les soldats américains, est un signe de culpabilité.
Comme de surcroît, ces soldats ne peuvent être traînés
devant les tribunaux civils, qu’ils ne doivent répondre
qu’à leur supérieur hiérarchique, celui-là
même qui énonce les règles d’engagement,
l’ouverture du feu est extraordinairement fréquente
et meurtrière. Le Washington Post révèle
qu’en 2004, plusieurs militaires de cette même troisième
division d’infanterie mise en cause vendredi ont fait l’objet
d’investigations pour crime de guerre, à la suite
de tirs sur des femmes et des enfants, mais que les enquêteurs
ont clos cette affaire pour « preuves insuffisantes ».
Les organisations de droit de l’homme, Amnesty International,
Human Rights Watch et American Civil Liberties Union, estiment
que ce sont les dirigeants du Pentagone qui sont coupables en
dernier ressort car, de leur propre aveu, les militaires américains
ne sont pas suffisamment entraînés à ces tâches
de police dangereuses et bénéficient d’une
impunité presque totale en cas de faute.
Mille cinq cent soldats américains ont trouvé la
mort en Irak depuis le début de la guerre ordonnée
par George W. Bush. Mais, selon une étude du très
sérieux journal médical britannique, The Lancet,
cette même guerre a fait environ 100.000 morts dans la population
irakienne, dont une immense majorité de civils innocents."
Lundi 7
mars - 13h00 - Journal de France-Inter - Interview de Massimo
Nava, correspondant à Paris du quotidien italien Corriere
de la Serra. NDT : M. Nava étant
italien et s’exprimant en français, la retranscription
s’est faite en rétablissant les négations
en «bon» français.
France-Inter: Qu’est ce
que vous pensez de ce que dit Giuliana Sgrena qui laisse entendre
que les Américains lui ont peut-être tendu un véritable
guet-apens notamment parce qu’ils seraient mécontents
–les Américains- que l’on paye des rançons
pour libérer des otages ? M. Nava: Personnellement, je pense qu’il
y a beaucoup d’arrière-pensées de toutes parts
dans cette affaire parce que c’est évident qu’il
y a un peu la préoccupation du gouvernement et de certaines
parties de l’opinion publique de ne pas faire monter l’antiaméricanisme.
De l’autre côté, il y a un peu d’instrumentalisation
: on parle de «complot américain», comme si
les Américains ont la volonté de tuer quelqu’un… France-Inter: Vous n’avez pas l’impression
quand même que Giuliana Sgrena, là, se laisse emporter
par, disons, un fort antiaméricanisme, parce qu’il
ne faut quand même rappeler que son journal, Il Manifesto,
se revendique comme étant un journal communiste, donc très
opposé aux Américains en général et
notamment à l’intervention américaine en Irak
? M. Nava: Si, il y a un peu de tout ça.
Mais, à mon avis, le…, le…, c’est que
le seul problème qui n’est pas évoqué
pour l’émergence de la vérité, c’est
que l’on ne réfléchit pas suffisant sur le..
climat de guerre qui se déroule là-bas et c’est
ça la vraie vérité dans le contexte. Parce
qu’on ne peut pas imaginer qu’il y a un ordre supérieur
de tuer un otage. Mais il y a sûrement un politique pour
empêcher certaines situations, notamment par exemple le
paiement de rançons. On ne peut pas, par exemple quand
on parle des prisons, de la torture, on ne peut pas imaginer que
le président Bush ait donné l’ordre de torturer
les prisonniers mais on a certainement une attitude, un politique,
un attachement de l’appareil de l’organisation face
à ces prisonniers… France-Inter: Mais alors pour vous, ce qui s’est
passé l’autre jour lors de la libération de
Giuliana Sgrena, c’est une bavure ou un guet-apens ? Quelle
est l’opinion du journaliste que vous êtes ? M. Nava: Personnellement, j’étais
aussi envoyé spécial à Bagdad. Je connais
bien le terrain. Je pense que la vérité, c’est
dans la guerre, c’est dans le climat de violence du terrorisme
que… que quelque fois on cherche à nier au nom de
la démocratie qui avance, mais c’est là le
problème et alors c’est… c’est presque
impossible. Je dis que… il peut y avoir des incidents comme
ça mais incident entre guillemets, parce que si on ne peut
pas avoir les preuves aujourd’hui de quelque chose de délibéré,
on ne peut pas même parler d’incident… en général,
comme un incident de roue, c’est vraiment la conséquence
d’une politique, d’un climat de guerre ce qui s’est
passé là-bas et… France-Inter: C’est plutôt pour vous
une bavure des soldats qui peut-être… apeurés,…
manquants d’expérience ont peut-être…
tué trop vite? M. Nava: Manque d’expérience, mais
peut-être avec… avec l’ordre d’empêcher
par exemple que quelques voitures ou toutes les voitures s’approchent
de leur porte, j’imagine… France-Inter: Pour vous, Massima Nava, pour…
obtenir la libération de Giuliana Sgrena, les Italiens
ont payé beaucoup d’argent ? M. Nava: Bien,.. je n’ai aucune preuve
pour dire ça. J’imagine que peut-être il s’est
passé quelque chose, mais encore une fois il y a encore
un problème dans cette question parce que le gouvernement
italien ne tient pas compte que toute l’opinion publique
est contre la guerre. En même temps, on continue à
dire que nous sommes là-bas pour une entreprise de paix,
pour une mission de paix et en même temps on est en guerre.
Et ça, ce sont les règles de la guerre. Et alors,
la règle c’est aussi que quelqu’un peut-être
tué. C’est ça qui… que… Il n’y
a pas la volonté de… de prise de conscience de ce
problème et c’est cela qui va dérouler toutes
les spéculations, les arrière-pensées et
tout ça… le problème c’est de contrôler,
qu’est ce que c’est la mission italienne aujourd’hui
à côté des Américains ?
7 mars
- La Tribune de Genève / Jean-Noël Cuénod
Bavure ou guet-apens?
Après la mort de l'agent de renseignements italien Nicola
Calipari, la question n'est pas encore résolue, même
si la thèse d'une embuscade tendue par l'armée américaine
paraît peu crédible.
Cet événement risque fort d'être pour les
Américains la bavure de trop et de léser gravement
son image après l'apparente réussite des élections
irakiennes.
Rappel des faits: retenue depuis un mois en otage,
Giuliana Sgrena - envoyée spéciale du journal italien
Il Manifesto - est libérée vendredi dernier. L'agent
de renseignements Nicola Calipari l'a prise en charge à
Bagdad, alors qu'elle venait d'être relâchée.L'ex-otage
est aussitôt emmenée dans un véhicule. Direction:
l'aéroport de Bagdad. En chemin, des soldats américains
tirent à feu nourri sur la voiture. «Nicola Calipari
a plongé sur moi pour me protéger et, à l'instant
même, j'ai senti son dernier souffle», écrit
Giuliana Sgrena dans Il Manifesto d'hier. La journaliste, elle,
est blessée à l'épaule.
L'armée américaine livre cette explication: le véhicule
italien roulait à vive allure vers l'un de ses barrages
routiers. Après sommation, les soldats ont donc tiré,
de crainte d'avoir affaire à un kamikaze. L'armée
précise que ses hommes ignoraient, à ce moment-là,
que la journaliste avait été libérée.
Ces allégations sont peu vraisemblables,
pour deux raisons principales:
Le témoignage de Giuliana Sgrena. Devant les magistrats
italiens chargés de l'enquête, la journaliste est
formelle: il n'y a pas eu de sommation, pas plus que de barrage.
C'est une patrouille volante qui a fait feu, alors que le véhicule
roulait lentement.
Le niveau de compétence de l'agent. Nicola Calipari n'était
pas n'importe quel agent. Homme d'expérience, âgé
de 51 ans, il occupait le poste de chef de mission du Sismi (Service
du Renseignement militaire italien) en Irak. C'est lui qui a œuvré
pour la libération de deux autres otages italiennes, Simona
Toretta et Simona Pari. On ne l'imagine donc pas rouler sur les
routes irakiennes sans crier gare ni avertir les Américains.
D'ailleurs, aucun contact par téléphone ou modem
n'échappe aux «grandes oreilles» de la quinzaine
d'agences de renseignements américaines en activité
à Bagdad.
Cela dit, la thèse de l'embuscade préméditée
n'est pas plausible non plus. Même si la journaliste du
Manifesto dispose d'informations qui seront peu appréciées
à Washington, vouloir la supprimer et attenter à
la vie d'un agent allié, cela créerait plus d'inconvénients
que d'avantages. Mais que l'armée américaine puisse
commettre une bavure aussi énorme dénote le grand
désordre qui règne dans ses services de renseignements.
Les récentes élections irakiennes n'ont pas eu d'effet
magique. Et les Etats-Unis prouvent qu'ils sont très loin
de tenir la situation en main.
6 mars,
17h30 - Reuters
Italian hostage Giuliana Sgrena, shot and wounded
after being freed in Iraq said Sunday U.S. forces may have deliberately
targeted her because Washington opposed Italy's policy of dealing
with kidnappers. She offered no evidence for the claim that reflected
growing anger in Italy over the conduct of the war, which has
claimed more than 20 Italian lives, including secret agent Nicola
Calipari who rescued her moments before being killed.
The shooting Friday evening has sparked tension with Italy's U.S.
allies and put pressure on Prime Minister Silvio Berlusconi to
take a hard line with President Bush. Speaking from the Rome hospital
where she is being treated, Sgrena said the troops may have targeted
her because Washington opposes Italy's reported readiness to pay
ransoms to kidnappers. "The United States doesn't approve
of this (ransom) policy and so they try to stop it in any way
possible," the veteran war reporter, 57, told Sky Italia
TV.
In later comments to Reuters, Sgrena was less strident:
"You could characterise as an ambush what happens when you
are showered with gunfire. If this happened because of a lack
of information or deliberately, I don't know, but even if it was
due to a lack of information it is unacceptable."
Bush promised a full probe into why troops shot at the Italian
car nearing Baghdad airport Friday evening. Calipari died instantly
of a single bullet to the head, doctors said. The U.S. military
says the car was speeding toward a checkpoint and ignored warning
shots, an explanation rejected by Italian government ministers
and the driver of the car. A senior U.S. official, White House
counselor Dan Bartlett, said the shooting was a "horrific
accident."
"As you know, in a situation where there is a live combat
zone, particularly this road to the airport ... people are making
split-second decisions, and it's critically important that we
get the facts before we make judgments," he told CNN. Rome
prosecutors have opened a second degree murder investigation into
Calipari's death and Italy's justice minister has signed documents
requesting information from witnesses.
According to Italy's leading daily Corriere della
Sera, the driver, an unidentified Italian agent, said: "We
were driving slowly, about 40-50 km/h (25-30 mph)."
In a harrowing account of the ordeal, Sgrena wrote in Sunday's
issue of her communist newspaper Il Manifesto that Calipari saved
her life by shielding her with his body. "Nicola threw himself
on to protect me and then suddenly I heard his last breath as
he died on top of me," she wrote.
Although Italy has denied paying kidnappers in past hostage releases,
Agriculture Minister Gianni Alemanno told the Corriere that "very
probably" a large ransom had been paid in this case. Newspapers
spoke of sums of up to 8 million euros ($10 million).
"We need to get the guilty punished and an apology from the
Americans," Alemanno said. "We are trustworthy allies
but we must not give the impression of being subordinates."
Parliamentary relations minister Carlo Giovanardi also said he
did not believe the U.S. version of events.
Italy is one of Europe's closest U.S. allies and Washington is
keen to show it is taking the matter seriously. Bush telephoned
Berlusconi Friday night. Secretary of State Condoleeza Rice and
Defense Secretary Donald Rumsfeld called their Italian counterparts
over the weekend.
Thousands of people queued up outside Rome's
huge marble Victor Emmanuel monument to pay respects to Calipari
where his body is lying in state before a funeral Monday.
The national outpouring of grief and anger has put pressure on
Berlusconi, an ardent supporter of Bush and his war on terror,
to get answers from Washington on what went wrong before he addresses
parliament on the matter Wednesday.
"All 57 million Italians who were united in the anticipation
of Giuliana Sgrena's liberation have the right to know what happened"
said Romano Prodi, the former prime minister and leader of Italy's
center-left opposition.
Berlusconi has sent some 3,000 Italian soldiers to Iraq, a decision
opposed by a majority of Italians and the opposition which is
seeking to unseat him at a general election next year and weaken
him at regional polls next month.
6 mars,
10h09 - AFP
"Ma vérité" :
Giuliana Sgrena raconte sa libération
La journaliste Giuliana Sgrena, retenue en otage durant un mois
en Irak, raconte dimanche dans son journal Il Manifesto sa libération
vendredi par ses ravisseurs, "le jour le plus dramatique
de ma vie".
"Ma vérité", sous ce titre qui barre la
Une du quotidien de gauche, Mme Sgrena révèle que
ses ravisseurs l'ont accompagnée dans une zone de Bagdad
en la prévenant "de ne pas se faire remarquer avec
eux sinon les Américains pourraient intervenir". Ils
l'ont alors laissée seule, les yeux couverts, en lui disant
: "Sois tranquille, maintenant ils viendront te chercher
dans dix minutes". "Je suis restée dans ces conditions
d'immobilité et de cécité. J'avais les yeux
remplis de coton, couverts par les lunettes de soleil", poursuit-elle.
"Une voix amie m'est alors parvenue aux oreilles", ajoute-t-elle.
"Giuliana, je suis Nicola, ne t'inquiète pas, tu es
libre", lui a dit cette voix qui était celle de Nicola
Calipari, l'agent des services secrets italiens, venu la chercher
et qui devait mourir un peu plus tard dans ses bras frappé
par des tirs américains.
"J'ai éprouvé du soulagement, non pas pour
ce qui se passait et que je ne comprenais pas, mais pour les paroles
de ce "Nicola". J'ai éprouvé finalement
une consolation quasi physique, chaleureuse, que j'avais oubliée
depuis longtemps".
Sur le trajet en voiture, Mme Sgrena raconte que le chauffeur
"a communiqué deux fois à l'ambassade et en
Italie" qu'ils étaient en route vers l'aéroport.
"Il manquait moins d'un kilomètre. A ce point, je
me rappelle seulement du feu, une pluie de feu et de projectiles
s'est abattue sur nous", poursuit-elle. "Le chauffeur
a crié +Nous sommes italiens, nous sommes italiens+. Nicola
Calipari s'est jeté sur moi pour me protéger, et
aussitôt, je répète aussitôt, j'ai senti
sa dernière respiration alors qu'il mourrait contre moi",
ajoute Giuliana Sgrena.
"Je dois avoir éprouvé une douleur physique...
Mes pensées sont allées aussitôt à
mes ravisseurs qui m'avaient dit de faire attention +parce que
ce sont les Américains qui ne veulent pas que tu retournes+,
des paroles que j'avais jugées superflues et idéologiques",
assure-t-elle, ajoutant : "Le reste, je ne peux pas encore
le raconter".
Si vendredi a été "le jour le plus dramatique
de (sa) vie", le mois qu'elle a passé en captivité
"a probablement changé pour toujours (son) existence",
souligne la journaliste avant de raconter sa détention.
"Les premiers jours, je n'ai pas versé une seule larme.
J'étais simplement furieuse. Je disais en face à
mes ravisseurs : +mais comment, vous m'enlevez moi qui suis contre
la guerre ?!+"
Ce à quoi ils répondaient : "Oui, parce que
tu vas parler avec les gens. Nous n'enlèverons jamais un
journaliste qui reste enfermé dans son hôtel. Et
puis le fait que tu dises être contre la guerre pourrait
être une couverture".
"Ce fut un mois d'alternance entre espérances fortes
et moments de grande dépression", poursuit Giuliana
Sgrena.
5 mars,
21h06 - AFP
Sgrena libérée contre rançon par
des "saddamistes" (député irakien)
La journaliste italienne Giuliana Sgrena, libérée
après un mois de captivité en Irak, aurait été
enlevée par d'ex-fidèles de Saddam Hussein et libérée
contre rançon, selon un député irakien dont
des proches auraient mis en contact les ravisseurs et les autorités
italiennes.
"Ils se font appeler les +Moudjahidines sans frontières+.
C'est un faux nom, en fait, c'est un groupe de saddamistes, des
anciens du régime de Saddam", a déclaré
à propos des ravisseurs ce député chrétien,
Yonadam Kanna, dans une interview diffusée samedi soir
par la télévision publique belge RTBF. "On
le sait puisqu'ils ont demandé de l'argent. D'après
nos informations, non officielles, ils ont exigé un million
de dollars", a-t-il ajouté. "Les négociations
ont eu lieu à Bagdad et dans les environs de Bagdad. La
fin du processus a été négocié directement
par l'ambassade (italienne), le personnel de l'ambassade",
a poursuivi M. Kanna, secrétaire général
du Mouvement démocratique assyrien d'Irak, de passage à
Bruxelles.
Selon ce dernier, c'est l'"Institut irakien pour la paix",
une association dont il est le vice-président, qui aurait
établi les premiers contacts. "Nous avons commencé
par récolter des renseignements. Ensuite, nous avons coopéré
avec l'ambassade italienne. Ensuite apparemment, les ravisseurs
ont préféré continuer à négocier
directement avec l'ambassade, soit parce qu'ils voulaient de l'argent,
soit pour être plus en confiance", a-t-il dit.
"Ils ont peur de nous parce que nous sommes Irakiens, donc
ils préfèrent négocier avec les étrangers
pour ne pas risquer d'avoir des fuites vers les forces de sécurité
irakiennes ou les force multinationales. C'est pourquoi ils s'adressent
directement à l'ambassade, aux négociateurs officiels",
a-t-il expliqué. "Nous, nous faisons les deux tiers
du chemin et le dernier tiers est réalisé par l'ambassade",
a conclu M. Kanna. Le ministre irakien des Droits de l'homme Bakhtiar
Amin, également à Bruxelles ces derniers jours,
a refusé de se prononcer sur les affirmations du député.
"Tout est possible. Je n'exclus pas, mais je n'ai pas eu
d'information sur une rançon payée par qui que ce
soit", a-t-il déclaré à la RTBF.
Journaliste au quotidien de gauche Il Manifesto, Giuliana Sgrena
a regagné Rome samedi après un mois de captivité
en Irak, où son départ a été endeuillé
par la mort d'un agent de sécurité italien tué
par des soldats américains.
5 mars,
17h35 - AFP
Giuliana Sgrena déclare aux magistrats que les
tirs n'étaient pas justifiés
Giuliana Sgrena, la journaliste ex-otage blessée à
son départ d'Irak vendredi, a déclaré samedi
aux magistrats chargés de l'enquête que les tirs
des soldats américains sur la voiture qui la transportait
à l'aéroport de Bagdad n'étaient pas justifiés
par l'allure du véhicule. "L'action de feu n'était
pas justifiée par l'allure de notre véhicule",
a dit Giuliana Sgrena, selon l'agence italienne Ansa.
La journaliste italienne de 56 ans a été blessée
à l'épaule par des tirs américains lors de
son transport vers l'aéroport de Bagdad. Un agent des services
secrets italiens a été tué en cherchant à
la protéger et deux autres ont été blessés,
dont un grièvement. "Notre véhicule roulait
à une allure normale et non susceptible de malentendus",
a expliqué la journaliste du quotidien de gauche Il Manifesto,
infirmant la thèse de l'armée américaine
selon laquelle la voiture roulait à grande vitesse et pouvait
faire craindre un attentat suicide. "Ce n'était pas
un point de contrôle, mais une patrouille qui nous a tiré
dessus juste après nous avoir illuminés avec un
phare", ont précisé aux enquêteurs Giuliana
Sgrena et l'agent des services secrets italiens blessé
rentré à Rome en sa compagnie.
Vendredi soir, en confirmant l'incident, l'armée américaine
avait déclaré que ses soldats avaient d'abord agité
les bras, fait clignoter des lumières blanches et procédé
à des tirs de sommation pour stopper le véhicule.
Le directeur du Manifesto, Gabriele Polo, a déclaré
samedi à des médias italiens qu'il ne savait pas
si les soldats américains avaient tendu une embuscade au
véhicule dans lequel se trouvait son envoyée spéciale
en Irak, mais que "de toute façon, les Américains
parlaient toujours d'incidents". Un peu plus tôt, le
compagnon de Giuliana Sgrena, Pier Scolari, avait accusé
l'armée américaine de vouloir éliminer son
amie, devenue selon lui encombrante pour Washington. "Giuliana
avait des informations et les militaires américains ne
voulaient pas qu'elle s'en sorte vivante", avait-il affirmé,
évoquant "une embuscade". La journaliste italienne
a également donné aux enquêteurs des précisions
sur les conditions de sa détention. "J'ai toujours
été dans la même maison et détenue
par le même groupe de ravisseurs (...) Parmi eux, il y avait
une femme. Certains avaient le visage découvert, d'autres
non. Ils m'ont bien traitée, je n'ai jamais manqué
d'assistance", a-t-elle expliqué.
5 mars,
14h31 - AFP
Giuliana Sgrena : une "pluie de feu" s'est abattue
sur la voiture
Une "pluie de feu" s'est abattue sur la voiture transportant
Giuliana Sgrena, 56 ans, vers l'aéroport de Bagdad après
sa libération après un mois de captivité,
a raconté samedi la journaliste italienne à la chaîne
de télévision RaiNews24.
Une "pluie de feu" s'est abattue sur la voiture "au
moment même où je parlais avec Nicola Calipari",
51 ans, l'agent des services spéciaux italiens mort en
faisant bouclier de son corps, a-t-elle dit par téléphone
depuis l'hôpital militaire Celio où elle a été
transportée après son retour à Rome en fin
de matinée. "On n'allait pas très vite étant
donné les circonstances (...) Le feu continuait. Le chauffeur
n'arrivait même pas à expliquer que nous étions
italiens", a ajouté Giuliana Sgrena. "Giuliana
avait des informations et les militaires américains ne
voulaient pas qu'elle s'en sorte vivante", a affirmé
par ailleurs le compagnon de la journaliste Pier Scolari en évoquant
"une embuscade" américaine.
Au moment où elle a été prise en otage, le
4 février dernier, la journaliste préparait un reportage
sur des fugitifs de Falloujah venus s'abriter dans une mosquée
de Bagdad après les bombardements américains sur
le bastion sunnite. "Nicola Calipari est mort sur le coup,
il a été touché à la tête",
a déclaré Pier Scolari à sa sortie de l'hôpital
Celio, en précisant que Giuliana avait été
avertie dimanche dernier de sa libération prochaine. M.
Scolari était parti vendredi soir à bord d'un Falcon
900 mis à disposition par la présidence du Conseil
pour aller chercher sa compagne à Bagdad.
Le drame est survenu en début de soirée lorsque
des soldats américains ont tiré sur le véhicule
amenant la journaliste et ses accompagnateurs à l'aéroport
de Bagdad. Le corps du chef de mission italien devait être
rapatrié en Italie un peu plus tard dans la journée
de samedi tandis qu'un des deux autres agents, légèrement
blessé, est rentré dans le même avion que
la journaliste. Il a été transporté à
l'hôpital Celio pour des examens.
"Les Américains et les Italiens avaient été
avisés du passage de la voiture. Ils étaient à
700 mètres de l'aéroport, ce qui veut dire qu'ils
avaient passé tous les contrôles", a précisé
Pier Scolari. "Toute la fusillade a été suivie
en direct par la présidence du Conseil qui était
au téléphone avec un des membres des services spéciaux.
Puis les militaires américains ont confisqué et
éteint les téléphones portables", a
ajouté M. Scolari qui à ce moment là était
présent au Palazzo Chigi, siège de la Présidence
du Conseil.
Les Etats-Unis se sont engagés à mener "une
enquête complète" sur les tirs contre le convoi
de l'ex-otage. Selon l'armée américaine, ses soldats
ont d'abord fait des signes et allumé des lampes torche,
puis effectué des tirs de sommation pour obliger le véhicule,
qui roulait à grande vitesse, à s'arrêter.
5 mars,
13h05 - AFP
Giuliana Sgrena dit ne pas avoir été maltraitée
La journaliste italienne Giuliana Sgrena a déclaré
ne pas avoir été maltraitée pendant sa captivité
d'un mois en Irak, à son arrivée samedi matin à
Rome.
"Ils ne m'ont jamais maltraitée", a-t-elle dit
à ses collègues du journal Il Manifesto, qui sont
montés dans l'avion l'ayant ramenée en Italie, à
son arrivée sur l'aéroport de Ciampino. Elle s'est
dite navrée de la mort de Nicola Calipari. Responsable
des service spéciaux italiens, ce dernier a été
tué en lui faisant un bouclier de son corps, lorsque des
soldats américains ont tiré, vendredi soir, sur
le véhicule amenant la journaliste et ses accompagnateurs
à l'aéroport de Bagdad. "Finalement nous l'avons
vue. Elle est éprouvée, mais vivante", a déclaré
son père Franco Sgrena.
"Giuliana n'est pas trop mal. Elle a pu marcher de l'avion
à l'ambulance avec un peu d'aide", a dit son compagnon
Pier Scolari. "Le moment le plus difficile a été
lorsque j'ai vu mourir dans mes bras la personne qui m'avait sauvée",
a-t-elle dit à M. Scolari qui avait été la
chercher à Bagdad dans l'avion envoyé par les autorités
italiennes, a rapporté ce dernier. "Elle est très
fatiguée et sous le choc", a-t-il ajouté, précisant
que Giuliana et lui avaient parlé pendant toute la durée
du vol. "Elle est calme, même si elle est fatiguée
et triste de la mort de Calipari", a-t-il dit.
"Giuliana ne sera pas opérée aujourd'hui. Les
médecins donneront leur diagnostic dans l'après-midi.
Elle a un poumon légèrement rétracté,
mais les médecins m'ont dit que c'est une chose normale
lorsqu'il y a traumatisme", à l'épaule dans
son cas, a encore déclaré Pier Scolari. Le directeur
du Manifesto Gabriele Polo a indiqué de son côté
que Giuliana Sgrena devait à nouveau être hospitalisée
car elle a une fracture à la clavicule. "Hier soir
il y a eu une première intervention pour extraire le projectile.
C'est peut-être le même projectile qui a tué
Nicola Calipari", a-t-il ajouté. "Je l'ai trouvée
bien, mais c'est un peu comme si elle était toute contusionnée.
Je ne sais pas si elle retournera en Irak. C'est à elle
de décider. Mais elle n'est pas en état de faire
de longs discours", a déclaré à la presse
le Président du Manifesto, Valentino Parlato, après
lui avoir rendu visite à l'hôpital.
Une délégation du journal se rendra de nouveau à
l'aéroport samedi, cette fois pour accueillir le cercueil
de Nicola Calipari, afin de lui rendre hommage. Selon la presse
italienne, Giuliana Sgrena a été libérée
vendredi à la périphérie de Bagdad et a été
immédiatement emmenée en voiture vers l'aéroport.
C'est lors de ce parcours que le véhicule a été
pris sous le feu de soldats américains.
5mars, 10h01 -AFP
L'Italie attend l'ex-otage Juliana Sgrena
après sa libération tragique
La journaliste italienne Giuliana Sgrena, libérée
après un mois de captivité en Irak, était
attendue samedi en Italie, mais la joie suscitée par son
retour a été endeuillée par la mort de son
libérateur tué par des tirs américains près
de Bagdad. Les Etats-Unis se sont engagés à mener
"une enquête complète" sur les circonstances
de cette fusillade dans laquelle Mme Sgrena a été
blessée vendredi à l'épaule par les tirs
contre son convoi en route pour l'aéroport de Bagdad, peu
après sa libération.
Envoyée spéciale du quotidien Il Manifesto enlevée
le 4 février à Bagdad, Mme Sgrena a été
libérée vendredi. Le convoi la conduisant à
l'aéroport a essuyé des tirs à un point de
contrôle américain et un agent des services spéciaux
italiens, Nicola Calipari, a été tué en la
protégeant. Selon l'agence italienne Ansa, Mme Sgrena,
56 ans, qui a été soignée dans un hôpital
militaire américain, devrait arriver à l'aéroport
de Rome-Ciampino vers 09h30 GMT.
Le chef du gouvernement italien Silvio Berlusconi, allié
important du président américain George W. Bush
dans la guerre en Irak, a demandé des éclaircissements
aux Etats-Unis et a convoqué d'urgence leur ambassadeur.
Le département d'Etat a indiqué qu'"une enquête
complète (serait) menée". L'armée américaine
a indiqué de son côté que les soldats américains
qui ont tiré sur le convoi de la journaliste ont d'abord
agité les bras, fait clignoter des lumières blanches
et procédé à des tirs de sommation pour faire
arrêter le véhicule qui roulait à grande vitesse.
Selon Ansa, M. Bush a exprimé sa profonde douleur à
M. Berlusconi après ce drame. Tout en se réjouissant
de la libération de Mme Sgrena, la presse italienne pleurait
l'agent secret tué la veille, le qualifiant de "héros"
pour avoir fait bouclier de son corps pour protéger la
journaliste.
Après cette libération, une autre journaliste occidentale,
la Française Florence Aubenas, travaillant pour le quotidien
libération, est toujours retenue en otage en Irak. Florence
Aubenas, qui a disparu le 5 janvier à Bagdad avec son guide
irakien Hussein Hanoun Al-Saadi, est apparu cette semaine, visiblement
éprouvée, dans une bande vidéo dans laquelle
elle appelait à l'aide.
5 mars,06h07 - AFP
La libération de Mme Sgrena endeuillée
par la mort de son libérateur, par Nicole
Martiche
La joie de la libération de la journaliste italienne Giuliana
Sgrena, retenue en otage durant un mois en Irak, a été
endeuillée par la mort de son libérateur traité
en "héros" samedi par la presse de la péninsule.
"Libre, puis la tragédie" (La Repubblica), "L'homme
qui s'est sacrifié pour la sauver" (Il Giornale),
"La vie et la mort" (Il Manifesto), "Un héros
mort pour sauver Giuliana" (Il Messaggero) : les journaux
rendent hommage à l'agent des services secrets italiens,
Nicola Capilari, qui a fait bouclier de son corps pour protéger
la journaliste lorsque leur convoi a essuyé des tirs à
un barrage américain. Ils soulignent que ce fonctionnaire
de 51 ans a sauvé Giuliana Sgrena deux fois, d'abord en
obtenant sa libération puis en la protégeant des
balles.
Gabriele Polo, le directeur d'Il Manifesto, le quotidien de gauche
pour lequel Mme Sgrena était envoyée spéciale
en Irak, a souligné, dans son éditorial, que la
joie de la rédaction avait été de courte
durée. "Quinze minutes, vingt au maximum entre un
coup de téléphone nous annonçant la libération
de Giuliana et un autre qui nous a appris l'assassinat de la personne
qui, plus que tout autre, a travaillé, pour la libérer",
écrit M. Polo. "Le temps de récupérer
une vie et d'en perdre une autre. Dans l'absurde d'une guerre
où nous risquons de nous perdre tous", ajoute-t-il.
Le dessin humoristique du journal montre un homme tendant les
bras pour accueillir une colombe de la paix en lui disant "Tu
nous l'a rapportée" mais l'oiseau est ensanglanté.
La famille de Giuliana Sgrena a fait part de sa douleur après
la mort de l'agent Nicola Calipari, marié et père
de deux enfants. "C'est grâce à son geste héroïque
que Giuliana a eu la vie sauve. Sa mort nous plonge dans le désespoir",
a déclaré Franco Sgrena, le père de la journaliste.
"Cette tragédie gâche ma joie", a renchéri
Pier Scolari, le compagnon de la journaliste, avant de prendre
un avion pour Bagdad pour aller la chercher. "Cette guerre
est une folie, la voilà votre guerre, nos troupes doivent
partir de là-bas", a hurlé M. Scolari au chef
de gouvernement Silvio Berlusconi. Lui et les dirigeants d'Il
Manifesto étaient en effet reçus par M Berlusconi
qui leur confirmait la libération de Mme Sgrena quand ils
ont appris le drame.
Blessée à l'épaule gauche, Giuliana Sgrena
a indiqué à ses proches : "Je vais bien, je
suis pleine de fils et de tubes".
Le grand tirage de la presse italienne, le Corriere della Sera,
craint que cet incident ne dégénère dans
un nouvel affrontement entre la gauche et la droite sur la présence
militaire italienne en Irak. "Les deux Italies qui ont accompagné
la séquestration de Giuliana Sgrena sans se toucher ni
dialoguer risquent maintenant de se heurter", écrit
le Corriere, estimant qu'il faut s'attendre "à une
pression croissante sur le gouvernement pour qu'il retire ses
troupes" d'Irak, soit 3.000 hommes dans le sud du pays. Piero
Fassino, secrétaire général des Démocrates
de gauche, a jugé "incroyable qu'un homme (M. Calipari)
engagé dans la difficile mission de sauver une vie, ait
été tué par ceux qui affirment être
en Irak pour protéger la vie des citoyens".
Pour sa part, le chef de la diplomatie italienne, Gianfranco Fini,
a espéré "fermement" que cet incident
n'engendrerait pas une réaction antiaméricaine.
"C'est la fatalité. C'est un moment de grande douleur
sur lequel personne ne doit spéculer", a-t-il estimé,
affichant sa satisfaction que le commandement américain
ait annoncé "une enquête rapide et complète".
5 mars,02h43 - AFP
Incident à Badgad: Bush a appelé
Berlusconi pour exprimer ses regrets
Le président américain George W. Bush a appelé
vendredi le chef du gouvernement italien Silvio Berlusconi pour
exprimer ses regrets après la mort d'un agent des services
spéciaux italiens tué par des tirs américains
près de Bagdad, a indiqué la Maison Blanche. M.
Bush, qui était en déplacement vendredi, a appelé
M. Berlusconi depuis l'avion présidentiel Air Force One
pour "exprimer ses regrets à propos de l'incident
survenu plus tôt aujourd'hui (vendredi)", a indiqué
le porte-parole de la Maison Blanche Scott McClellan.
Vendredi, juste après sa libération une journaliste
italienne Giuliana Sgrena a été blessée et
un de ses accompagnateurs tué par des tirs américains
sur leur convoi qui les menait à l'aéroport de Bagdad.
"Le président a assuré le Premier ministre
Berlusconi que cet incident fera l'objet d'une enquête complète",
a-t-on ajouté de même source. Le porte-parole de
la présidence américaine a indiqué que Giuliana
Sgrena, 56 ans, qui venait d'être libérée
après avoir été enlevée le 4 février
à Bagdad et qui se trouvait dans un convoi "a essuyé
des tirs des forces de la coalition. Apparemment, il y a un tué,
un citoyen italien et elle a aussi été blessée
dans l'incident". "Nous regrettons toute perte en vie
humaine, celle de l'Italien qui a été tué
et nous prions et pensons à elle également",
a souligné M. McClellan, en précisant que la conversation
téléphonique entre MM. Bush et Berlusconi avait
duré environ cinq minutes.
5 mars,01h32 - AFP
Ex-otage italienne en Irak: Washington
promet "une enquête complète"
Les Etats-Unis se sont engagés vendredi à mener
"une enquête complète" sur les circonstances
de l'incident ayant blessé, à la suite de tirs américains,
une ex-otage italienne et tué un agent secret italien à
Bagdad, a annoncé vendredi le département d'Etat.
"Une enquête complète sera menée sur
cet incident", a indiqué le porte-parole Darla Jordan.
La journaliste italienne Giuliana Sgrena, 56 ans, qui venait d'être
libérée vendredi après un mois de captivité
a été blessée à l'épaule et
un de ses accompagnateurs tué, par des tirs américains
sur le convoi qui la transportait à l'aéroport.
L'armée américaine a confirmé l'incident
indiquant que les soldats américains qui ont tiré
sur le convoi de la journaliste ont d'abord agité les bras,
fait clignoter des lumières blanches et procédé
à des tirs de sommation pour faire arrêter le véhicule
qui roulait à grande vitesse. Le département d'Etat
n'a pas d'information supplémentaire, a dit son porte-parole,
en ajoutant que l'administration américaine a adressé
ses condoléances au gouvernement italien. Le chef du gouvernement
italien Silvio Berlusconi, un important allié du président
américain George W. Bush dans la guerre en Irak, a demandé
vendredi soir des éclaircissements aux Etats-Unis et a
convoqué d'urgence l'ambassadeur américain pour
lui demander que soient clarifiées dans les plus brefs
délais et de la manière la plus complète
les circonstances de cet incident.
Mme Sgrena, envoyée spéciale du journal de gauche
Il Manifesto en Irak, avait été enlevée le
4 février dernier à Bagdad.
5 mars,
01h13 - AFP
M. Berlusconi demande des éclaircissements
aux Etats-Unis
Le chef du gouvernement italien Silvio Berlusconi a demandé
vendredi soir des éclaircissements aux Etats-Unis sur les
circonstances de la mort d'un responsable des services spéciaux
italiens lors de la libération de la journaliste italienne
Giuliana Sgrena à Bagdad.
L'agence Ansa a pour sa part indiqué que le président
américain George W Bush avait téléphoné,
tôt samedi, à M. Berlusconi mais n'a pas donné
pour l'instant de précision sur le contenu de la conversation.
M. Berlusconi "a convoqué d'urgence l'ambassadeur
américain Mel Sembler pour lui demander que soient clarifiées
dans les plus brefs délais et de la manière la plus
complète les circonstances qui ont conduit à la
mort de Nicola Calipari et aux blessures de Mme Sgrena et d'une
autre personne", a indiqué un communiqué officiel.
"Le président du Conseil attend que, dans l'esprit
d'amitié qui caractérise les relations entre l'Italie
et les Etats-Unis, le gouvernement des Etats-Unis fasse tout pour
faire l'entière lumière sur ce qui s'est passé
et sur les éventuelles responsabilités", poursuit
le communiqué. L'ambassadeur Sembler a assuré que
"tous les efforts seront faits pour faire la lumière
ce qui est arrivé", en faisant part de ses condoléances
au gouvernement, au peuple italien et à la famille de M.
Calipari.
Mme Sgrena, envoyée spéciale du journal de gauche
Il Manifesto, avait été enlevée le 4 février
dernier à Bagdad. Libérée vendredi, elle
était en train d'être conduite vers l'aéroport
de Bagdad quand des militaires ont tiré sur son convoi
et l'agent des services de sécurité Nicola Calipari
a été tué en faisant bouclier pour la protéger.
Le journal Il Manifesto a pour sa part indiqué que les
conditions de santé de Mme Sgrena sont bonnes. Elle a été
touchée au poumon sans gravité et elle pourrait
regagner l'Italie dès samedi.
Le directeur du Manifesto Gabrielo Polo a déclaré
que la mort de Nicola Calipari était "une douleur
supérieure à la joie de la libération de
Giuliana". Tous les journaux italiens de samedi rendent hommage
au "libérateur" de Mme Sgrena, "le héros
le plus vrai, le plus humain" de cette tragédie, a
déclaré le ministre de l'Intérieur, Giuseppe
Pisanu. M. Calipari avait déjà joué un rôle
déterminant dans la libération de Simone Torretta
et Simone Pari, les deux humanitaires enlevées en Irak
en septembre dernier.
4mars, 21h47 - AFP
Berlusconi confirme: Sgrena blessée,
un agent italien tué par tirs américains
Le chef du gouvernement italien Silvio Berlusconi a confirmé
vendredi au cours d'une conférence de presse la mort à
Bagdad d'un agent secret italien par des tirs américains
contre le convoi transportant la journaliste Giuliana Sgrena,
qui a été elle-même blessée. De son
côté, l'armée américaine en Irak a
reconnu que ses soldats avaient bien tiré vendredi soir
sur le convoi, confirmant que l'ex-otage avait été
blessée et un de ses accompagnateurs tué.
Le visage grave, M. Berlusconi s'est dit "abasourdi"
par ce dénouement tragique et a annoncé avoir convoqué
l'ambassadeur des Etats-Unis à Rome, Mel Sambler, pour
demander des explications. Le convoi transportant la journaliste
italienne qui venait d'être libérée après
un mois de détention a été bloqué
à un barrage américain près de l'aéroport
et le véhicule dans lequel se trouvait la journaliste italienne
et son escorte a été pris dans une fusillade, a
indiqué M. Berlusconi. Le chef de l'équipe des services
secrets italiens, Nicola Calipari, 50 ans, a été
tué en protégeant de son corps la journaliste italienne.
Deux autres membres de son équipe ont été
blessés au cours de la fusillade, a précisé
le chef du gouvernement. M. Berlusconi n'a pas précisé
dans quelles conditions avait été obtenue la libération
de Giuliana Sgrena par l'équipe dirigée par Nicola
Calipari.
La journaliste a été blessée à l'épaule
gauche par un éclat et a été transportée
dans un hôpital militaire américain où elle
a été opérée, a-t-il indiqué.
"Comme les coups de feu sont venus de forces américaines,
j'ai décidé de convoquer immédiatement l'ambassadeur
américain, avec qui nous avons déja parlé",
a annoncé M. Berlusconi.
"Je réagirai de la manière qui me semble la
plus adéquate pour une affaire aussi grave, dont quelqu'un
devra assumer la responsabilité", a ajouté
M. Berlusconi. Le chef de l'Etat italien Carlo Azeglio Ciampi
a exprimé sa "profonde douleur pour la mort tragique"
de Nicola Calipari, marié et père de deux enfants.
M. Berlusconi a annoncé que la famille recevrait "un
soutien moral et économique" de la nation. Le parquet
de Rome a pour sa part ouvert une enquête sur les conditions
de sa mort.
Collaboratrice du quotidien de gauche Il Manifesto, Giuliana Sgrena
avait été enlevée à Bagdad le 4 février.
Elle devrait être rapatriée samedi en Italie à
bord d'un avion envoyé par la présidence du conseil
des ministres. L'annonce de sa libération avait été
accueillie avec joie et soulagement dans toute l'Italie avant
que n'arrive l'annonce de la fusillade dans laquelle elle a été
blessée et son sauveteur tué.
Peu avant, la chaîne de télévision satellitaire
du Qatar Al-Jazira avait diffusé une vidéo la montrant
au moment de sa libération, remerciant ses ravisseurs "pour
le bon traitement" qu'ils lui avaient réservé.
En robe noire, l'ex-otage, qui se tenait derrière une table
sur laquelle se trouvait un panier de fruits, a expliqué
que ses ravisseurs "l'avaient enlevée car ils sont
déterminés à libérer leur terre de
l'occupation", selon ses propos rapportés en arabe
par Al-Jazira. Dans une première cassette diffusée
par ses ravisseurs le 16 février, elle était apparue
en pleurs, réclamant le retrait des troupes étrangères
d'Irak.
Le gouvernement italien de centre-droit dirigé par Silvio
Berlusconi a soutenu l'intervention américaine en Irak
et a envoyé un contingent de 3.000 hommes déployé
à Nassiriyah (sud) en juin 2003. Le pape et le chef de
l'Etat italien Carlo Azeglio Ciampi avaient réclamé
sa libération et près de 500.000 personnes avaient
défilé à Rome pour demander son retour.
4 mars,
21h36 - AFP
L'armée US confirme avoir blessé
la journaliste italienne à Bagdad
L'armée américaine en Irak a confirmé que
ses soldats avaient tiré vendredi soir sur le convoi de
la journaliste italienne Giuliana Sgrena à Bagdad, indiquant
que l'ex-otage avait été blessée et un de
ses accompagnateurs tué.
"A environ 20h55 (17h55 GMT), les forces de la coalition
(...) ont ouvert le feu sur un véhicule approchant à
grande vitesse d'un barrage à Bagdad. La journaliste Giuliana
Sgrena récemment libérée se trouvait dans
le véhicule", a indiqué le lieutenant-colonel
américain Mike Caldwell, un porte-parole de la Force multinationale,
qui lisait un communiqué officiel. "Les circonstances
ne sont pas claires à ce moment. Une deuxième personne
à bord de l'automobile a été tuée.
Mme Sgrena est soignée par le personnel médical
de la coalition. Une enquête a été ouverte
sur cet événement", selon lui.
4 mars,
21h23 - AFP
L'ambassadeur américain convoqué,
annonce Berlusconi
Le chef du gouvernement italien Silvio Berlusconi a annoncé
avoir convoqué l'ambassadeur américain à
Rome après un incident au cours duquel la journaliste italienne
Giuliana Sgrena a été blessée et un membre
des services secrets italiens tué. "Comme les coups
de feu sont venus de forces américaines, j'ai décidé
de convoquer immédiatement l'ambassadeur américain,
avec qui nous avons déja parlé", a déclaré
M. Berlusconi, au cours d'une conférence de presse.
"Je réagirai de la manière qui me semble la
plus adéquate pour une affaire aussi grave, dont quelqu'un
devra assumer la responsabilité", a ajouté
M. Berlusconi. "Ce soir j'aurai ici l'ambassadeur américain
(M. Mel Sembler) qui devra clarifier le comportement des militaires
américains", a poursuivi le chef du gouvernement italien,
précisant que l'ambassadeur italien à Bagdad s'était
aussitôt rendu sur les lieux de la tragédie.
4 mars, 20h16 - AFP
Sgrena blessée par des tirs américains,
un Italien tué
La journaliste italienne Giuliana Sgrena a été blessée
vendredi peu après sa libération par des tirs américains
contre le convoi qui la conduisait à l'aéroport
de Bagdad, et un membre des services secrets italiens a été
tué, a annoncé le quotidien Il Manifesto.
La journaliste italienne a été blessée à
l'épaule et transportée dans un hôpital américain,
a précisé le journal.
Le chef de l'équipe des services spéciaux italiens
en Irak, Nicola Calibari, a été tué par les
tirs, selon la même source.
4 mars,
19h32 - AFP
Giuliana Sgrena, une journaliste engagée
contre la guerre et pour les femmes, par Andrea Bambino
Giuliana Sgrena, 56 ans, reporter du quotidien de gauche indépendant
italien Il Manifesto, libérée vendredi un mois après
avoir été enlevée à Bagdad, est une
journaliste expérimentée dans les zones de conflit
et engagée dans la défense des femmes.
Spécialiste de l'Irak depuis la première guerre
du Golfe, Giuliana Sgrena s'est opposée avec vigueur à
la campagne militaire menée par les Etats-Unis depuis mars
2003. Elle a décrit les conséquences de cette guerre
pour le peuple irakien dans un livre, "Il fronte Iraq, diario
di una guerra permanente" (Le front Irak, journal d'une guerre
permanente, 2004).
Au moment où elle a été prise en otage, le
4 février dernier, la journaliste préparait un reportage
sur des fugitifs de Falloujah venus s'abriter dans une mosquée
de Bagdad après les bombardements américains sur
le bastion sunnite. "C'est une des rares journalistes de
guerre d'aujourd'hui", raconte à l'AFP Maurizio Matteuzzi,
éditorialiste de longue date au Manifesto. "C'est
une grande spécialiste du monde arabo-islamique et elle
est très engagée dans la condition des femmes de
ce monde-là", ajoute-t-il.
"Elle est tout sauf +embedded+ (embarquée avec les
militaires), faisant des récits très personnels
et documentés", souligne pour sa part Loris Campetti,
chef des pages reportage du quotidien. Dans ses derniers reportages,
cette native du Piémont (nord), fille d'un ancien résistant
italien, racontait notamment le calvaire vécu par une Irakienne
détenue dans la prison d'Abou Ghraib ou l'attente des élections
de fin janvier à Sadr City, une banlieue défavorisée
de Bagdad. Et quelques jours après la disparition de la
journaliste française Florence Aubenas et de son guide
irakien à Bagdad, le 5 janvier, Giuliana Sgrena défendait
dans une chronique le droit des journalistes à travailler
dans un pays en guerre. "Pour faire connaître une réalité
qui ne s'inscrirait autrement que dans les bulletins de guerre
ou les pamphlets de propagande", insistait-elle. Giuliana
Sgrena était apparue, le 16 février, dans une vidéo
poignante, implorant notamment l'Italie de retirer ses troupes
d'Irak.
Une forte mobilisation en faveur de sa libération et de
celle de sa consoeur Florence Aubenas a eu lieu en Italie et en
France et avait poussé 500.000 personnes à descendre
dans les rues de Rome, le 19 février.
Membre de Controparola, une association d'écrivains et
de journalistes féministes, ancienne militante d'extrême
gauche, Giuliana Sgrena a fait ses débuts en 1988 au Manifesto.
Envoyée spéciale dans plusieurs pays d'Afrique et
du Moyen-Orient, dont l'Algérie, le Mozambique, la Somalie,
l'Iran et l'Afghanistan, elle a écrit plusieurs ouvrages,
parmi lesquels "Kahina contro i califfi" (Kahina contre
les califes, 1997) sur la crise algérienne dans les années
90 et la question islamique dans ce pays.
Tous ses confrères et ses amis soulignent qu'elle n'avait
rien du stéréotype du journaliste de guerre. Elle
est "modeste et discrète", poursuit Loris Campetti.
Le compagnon de Mme Sgrena, Pier Scolari, explique que celle-ci
allait "au contact de gens et de classes sociales dont on
parle peu, dans des pays souvent oubliés, pour décrire
leur réalité quotidienne".
4 mars,19h08 - AFP
Le président Ciampi confirme la
libération de Giuliana Sgrena
Le chef de l'Etat italien Carlo Azeglio Ciampi a confirmé
vendredi la libération de la journaliste Giuliana Sgrena,
56 ans, enlevée à Bagdad le 4 février, et
a remercié tous ceux qui ont contribué à
cette libération.
Le chef de l'Etat a été informé de cette
libération par un des proches collaborateurs du chef du
gouvernement.
Le quotidien italien Il Manifesto a également confirmé
la libération de sa journaliste. Le directeur de la rédaction
du quotidien, Gabriele Polo, a été informé
par les services secrets italiens de la libération de Giuliana
Sgrena, a précisé à l'AFP le chef du service
étranger, Maurizio Mateuzzi. Le président Ciampi
avait appelé mercredi les ravisseurs de Mme Sgrena à
la libérer. Envoyée spéciale du journal de
gauche Il Manifesto en Irak, la journaliste avait été
enlevée alors qu'elle préparait un reportage sur
des réfugiés de Falloujah.
Une cassette-vidéo avait été diffusée
le 16 février dans laquelle, en pleurs, elle demandait
au peuple italien de faire pression sur le gouvernement de Silvio
Berlusconi pour que les troupes étrangères se retirent
d'Irak. Une manifestation, organisée par le quotidien,
avait rassemblé 500.000 personnes le 19 février
dans la capitale italienne. Les manifestants avaient également
demandé la libération de la journaliste française
du quotidien Libération Florence Aubenas, enlevée
à Bagdad le 5 janvier avec son guide irakien Hussein Hanoun
al-Saadi.
L'Italie a soutenu l'intervention américaine dans ce pays
et a envoyé un contingent de 3.000 hommes à Nassiriyah
(sud) en juin 2003.
4 mars,
18h57 - AFP
Il Manifesto confirme la libération
de Giuliana Sgrena
Le quotidien italien Il Manifesto a confirmé vendredi la
libération de sa journaliste Giuliana Sgrena, enlevée
le 4 février à Bagdad en citant des sources des
services secrets italiens.
Le directeur de la rédaction du quotidien, Gabriele Polo,
a été informé par les services secrets italiens
de la libération de Giuliana Sgrena, 56 ans, a précisé
à l'AFP le chef du service étranger, Maurizio Mateuzzi.
4 mars,
18h42 - AFP
La journaliste italienne enlevée
en Irak a été libérée, selon
Al-Jazira
La journaliste italienne, Giuliana Sgrena, retenue en otage en
Irak, a été libérée à Bagdad,
a annoncé vendredi la chaîne de télévision
du Qatar Al-Jazira, en citant des "sources" non identifiées.
La chaîne du Qatar a diffusé sur un bandeau au bas
de l'écran "Libération de la journaliste italienne
enlevée, Giuliana Sgrena, à Bagdad", sans autre
précision.
Mme Sgrena, 56 ans, a été enlevée il y a
exactement un mois, le 4 février, à Bagdad. Dans
une cassette diffusée par ses ravisseurs le 16 février,
elle est apparue en pleurs, réclamant le retrait des troupes
étrangères d'Irak.
3 mars,
16h03 - AFP
Le PE appelle à la libération
immédiate des otages en Irak
Le Parlement européen (PE) a appelé jeudi à
la libération des journalistes enlevés en Irak,
demandant aux institutions européennes de se mobiliser
en faveur de la Française Florence Aubenas, de son guide
Hussein Hanoun al-Saadi et de l'Italienne Giuliana Sgrena.
Dans une déclaration écrite, les présidents
des groupes politiques au PE ont appelé à "la
libération immédiate de tous les journalistes enlevés
en Irak ainsi qu'à celle de tous les otages". Ils
demandent en outre "à toutes les institutions européennes,
à tous les gouvernements et à toutes les collectivités
territoriales de se mobiliser en faveur de Giuliana Sgrena, de
Florence Aubenas et de son guide interprète Hussen Hanoun
al-Saadi". "Tous les moyens doivent être mis en
oeuvre pour que les médias puissent remplir leurs tâches
partout dans le monde", poursuivent les présidents
de groupe, qui ont décidé d'apposer les portraits
des deux journalistes et du guide interprète dans les locaux
du PE.
De son côté, le président du PE, Josep Borrell,
a estimé "fondamental de poursuivre sans relâche
la mobilisation autour des otages afin de faire pression sur les
auteurs de ces rapts odieux". Florence Aubenas, du quotidien
Libération, a disparu le 5 janvier à Bagdad avec
son guide. Giuliana Sgrena, envoyée spéciale du
journal Il Manifesto en Irak, a de son côté été
enlevée le 4 février.
La Commission européenne "partage l'émotion
de tout le monde face à l'enlèvement des journalistes
quels qu'ils soient. C'est bien sûr une douleur pour les
familles et pour la personne en question que nous partageons totalement",
avait un peu plus tôt indiqué la porte-parole de
l'exécutif européen devant la presse. Interrogée
sur l'absence de réaction de Bruxelles jusqu'ici dans cette
affaire, la porte-parole, Françoise Le Bail, a simplement
expliqué que "la pratique de la Commission n'est pas
de réagir chaque fois qu'il y a des enlèvements".
En soutien aux otages, un rassemblement est par ailleurs organisé
mardi soir à l'Atomium de Bruxelles par l'association qui
gère l'édifice construit pour l'exposition universelle
de 1958, en collaboration avec Libération, Il Manifesto,
l'association Reporters sans Frontières et le Comité
de soutien pour Florence Aubenas et Hussein Hanoun.
2 mars,
18h36 - AFP
Le président italien appelle à
la libération de Florence et Giuliana
Le président de la République italienne, Carlo Azeglio
Ciampi, a appelé mercredi à la libération
de la journaliste italienne Giuliana Sgrena et de sa consoeur
française Florence Aubenas enlevées en Irak.
"Nous demandons avec force que Giuliana Sgrena et Florence
Aubenas soient libérées. Leur libération
serait une bonne chose pour tous et plus particulièrement
pour l'avenir de l'Irak", a-t-il dit au cours d'une cérémonie
à Rome en présence de nombreux journalistes. "Quand
des journalistes perdent la vie pour avoir voulu faire leur travail
ou qu'ils sont l'objet de violence, je pense naturellement à
Giuliana Sgrena et Florence Aubenas, choisies par leurs ravisseurs
pour avoir exercé avec passion leur métier de chroniqueur,
alors nous nous sentons tous blessés", a poursuivi
le chef de l'Etat.
M. Ciampi s'exprimait en présence des organisateurs et
des participants à un concours italien de journalisme,
le "Prix du chroniqueur - Piero Passetti
La journaliste française Florence Aubenas, disparue à
Bagdad le 5 janvier, a lancé un appel à l'aide urgent
dans une cassette-vidéo diffusée mardi. Son homologue
Giuliana Sgrena a été enlevée le 4 février
et une cassette vidéo de la journaliste italienne a été
diffusée le 16 février. Mme Sgrena demande elle
aussi de l'aide et réclame le retrait des troupes italiennes
d'Irak.
En Italie, des responsables religieux, politiques et associatifs
observent à tour de rôle une grève de la faim
pour demander la libération des journalistes pris en otage
en Irak et s'opposer à la guerre dans ce pays. L'initiative,
baptisée "Combien de jours avant l'aube?", est
destinée à obtenir la "libération de
Giuliana Sgrena, Florence Aubenas et Hussein Hanoun al-Saadi (le
guide de Mme Aubenas) ainsi que des autres personnes enlevées
et de tout le peuple irakien", a indiqué l'un des
participants.
22 février,
08h33 - AFP
L'Italie, dont une journaliste, Giuliana Sgrena,
est retenue en otage depuis le 4 février, a une nouvelle
fois invité ses journalistes à quitter l'Irak "par
précaution" en raison de "risques réels
d'enlèvements", a annoncé le chef de la diplomatie
italienne, Gianfranco Fini.
21 février,
18h31 - AFP
"Risques d'enlèvements"
: l'Italie invite ses journalistes à quitter l'Irak
Les journalistes italiens ont été invités
à quitter le pays "par précaution" en
raison de "risques réels d'enlèvements",
a annoncé lundi le chef de la diplomatie italienne, Gianfranco
Fini.
"Il s'agit d'une mesure de prudence", a expliqué
M. Fini. "Nous avions déjà demandé aux
journalistes de ne pas se rendre en Irak il y a quelques semaines
et nous appelons à nouveau les journalistes opérant
en Irak à se montrer responsables à cause de risques
réels d'enlèvement par des organisations criminelles".
"En raison de la détérioration des conditions
de travail et de sécurité, l'ambassade d'Italie
à Bagdad a suggéré une nouvelle fois aux
journalistes de quitter le pays", a précisé
à l'AFP un des porte-parole du ministère des Affaires
étrangères.
La journaliste italienne Giuliana Sgrena, envoyée spéciale
du quotidien de gauche Il Manifesto, a été enlevée
le 4 février à Bagdad. Les autorités italiennes
avaient dès le 10 janvier déconseillé aux
journalistes de se rendre dans ce pays en raison des conditions
de sécurité "très critiques et graves".
Interrogé par l'AFP, le principal quotidien italien, Corriere
della Sera, a confirmé qu'il retirait son envoyé
spécial de Bagdad, Lorenzo Cremonesi, mais maintenait celui
basé à Nassiriyah, dans le sud du pays, où
le gouvernement italien a déployé un contingent
de 3.000 soldats.
L'agence de presse Ansa a affirmé lundi que les services
de renseignement italiens ont demandé le départ
des journalistes nationaux d'Irak dans un délai de 48 heures.
Ansa n'a pas précisé quelles sont ses sources ni
quelle menace spécifique visait les journalistes italiens.
20 février
Le 20 février, tous les footballeurs de
la première division italienne portent sur leurs maillots
cette inscription: "Libérez Giuliana".
19 février,
18h29 - AFP
Rome retrouve les couleurs arc-en-ciel
de la paix pour Giuliana Sgrena, par Nicole Martiche
Rome a retrouvé samedi les couleurs arc-en-ciel du drapeau
de la paix, symbole des manifestations contre la guerre en Irak,
le temps d'un cortège de 500.000 personnes venues réclamer
la libération de la journaliste Giuliana Sgrena enlevée
à Bagdad.
"La participation a atteint 500.000 personnes", a déclaré
à l'AFP le maire de Rome, Walter Veltroni, en se basant
sur les chiffres de ses services. "La population est pour
la libération de Giuliana. Nous allons continuer à
nous mobiliser", a ajouté M. Veltroni (démocrates
de gauche, opposition), présent dans le cortège.
A l'issue d'un parcours d'environ 6 km et d'un défilé
de plus de trois heures, les manifestants se sont rassemblés
sur l'immense espace du Circo Massimo. Sur une scène avaient
été installés des portraits de Mme Sgrena,
de sa consoeur française du quotidien Libération,
Florence Aubenas, et de son guide Hussein Hanoun, tous les deux
disparus depuis le 5 janvier également à Bagdad.
"La participation va au delà de toutes nos espérances",
a déclaré Valentino Parlato, un des fondateurs du
Manifesto, journal créé par des intellectuels ayant
pris leurs distances avec le parti communiste. Le quotidien, dont
la capacité de mobilisation a toujours été
forte et qui pouvait compter sur l'appui logistique de la CGIL
(gauche), premier syndicat de la péninsule, tablait sur
un rassemblement de 200.000 personnes.
Les soutiens reçus ces derniers jours avaient été
nombreux : de la part d'associations pacifistes, féministes
- dans lesquelles Mme Sgrena a milité - et religieuses,
des syndicats de toutes tendances, des partis de gauche et d'organisations
humanitaires, sans oublier plus de 2.000 journalistes ayant appelé
à manifester pour leur consoeur.
Lors de son itinéraire classique pour la gauche, entre
la Piazza della Repubblica, les forums impériaux et Piazza
Venezia, le défilé a été silencieux,
digne, applaudi par de nombreux passants. Il comptait dans ses
rangs toutes les générations, des personnes âgées,
le drapeau arc-en-ciel avec le mot Pace en châle sur les
épaules, des parents poussant des enfants dans leurs poussettes,
des jeunes à vélo. Beaucoup portaient, en bandoulière,
la première page du Manifesto de samedi au titre orange
vif : "Ensemble". La rédaction du journal a défilé
en tête du cortège derrière le mot d'ordre
"Libérons la paix", réclamant la liberté
pour les otages et la population irakienne.
Bien qu'âgés, les parents de la journaliste, Franco
et Antonietta Sgrena, étaient venus de leur village du
Piémont, dans le nord-ouest de l'Italie, pour marcher aux
côtés de Pier Scolari, le compagnon de leur fille.
"Je n'ai pas entendu un seul slogan hostile au gouvernement
Berlusconi", a déclaré M. Scolari. "Certes,
beaucoup de personnes ici sont contre la politique de Berlusconi
mais ils étaient là pour la libération de
Giuliana. Même si nombre d'entre eux ne la connaissaient
pas il y a quinze jours." Franco Sgrena a lancé un
nouvel appel en faveur de la libération de sa fille, rappelant
qu'elle avait toujours été contre la guerre.
Simona Torretta, une des deux volontaires italiennes retenues
en otages durant trois semaines en septembre dernier en Irak,
a souligné que la journaliste avait toujours décrit
la réalité de ce pays. "Nous continuons à
demander la liberté pour le peuple italien", a-t-elle
dit.
Antoine de Gaudemar, directeur de la rédaction de Libération,
s'est dit impressionné "par la dignité et l'ampleur"
du cortège. "Il était très important
pour Libération d'être présent dans la foule
romaine. C'est un signe de la solidarité et du soutien
mutuel entre les deux journaux dans l'épreuve qu'ils traversent",
a-t-il ajouté.
L'Italie a soutenu l'intervention américaine en Irak et
a envoyé un contingent de 3.000 hommes dans le sud de ce
pays en juin 2003.
19 février,
15h10 - AFP
Forte participation à la manifestation
pour libérer Giuliana Sgrena
Cent mille personnes se sont rassemblées samedi à
Rome pour manifester, à l'appel du quotidien de gauche
Il Manifesto, en faveur de la paix en Irak et pour la libération
de la journaliste italienne Giuliana Sgrena et de toutes les personnes
retenues en otage dans ce pays.
Les manifestants ont commencé à se rassembler en
début d'après-midi Piazza della Repubblica. "Le
cortège est en train de s'organiser et partira avec un
petit peu de retard sur l'horaire prévu" de 13h00
GMT, a déclaré à l'AFP le rédacteur
en chef des pages reportage, Loris Campetti, en raison de l'affluence.
"La foule des manifestants est importante, les gens sont
regroupés de la gare centrale de Termini jusqu'à
la Piazza della Repubblica, point de ralliement", a-t-il
ajouté. Les associations pacifistes, religieuses ou féministes
attendent sur le parcours, via Cavour, pour prendre leur place
dans le cortège où elles précéderont
les syndicats et formations politiques de gauche.
Toute la rédaction d'Il Manifesto, journal créé
par des intellectuels de gauche ayant pris leur distance avec
le parti communiste, est en tête du défilé
derrière le slogan "Libérons la paix".
Il Manifesto a titré samedi sa une du mot "Ensemble"
à côté d'une photo de sa journaliste Giuliana
Sgrena, 56 ans, enlevée le 4 février à Bagdad
Bien qu'âgés, les parents de Mme Sgrena, Franco et
Antonietta, sont venus de leur village du Piémont (nord-ouest)
pour être en tête de la manifestation avec Pier Scolari,
le compagnon de la journaliste. "Aujourd'hui, nous sommes
optimistes", a déclaré M. Sgrena face à
l'ampleur de la mobilisation. "Nous voulons dire à
notre fille: sois forte", a-t-il ajouté. Pour sa part,
Pier Scolari a réalisé une cassette sur le travail
de sa compagne en Irak, en particulier ses reportages et ses photos
sur les enfants souffrant de la guerre, dont des extraits seront
diffusés par la télévision arabe Al-Jazira.
Sur le plan politique, la manifestation a reçu l'appui
de l'opposition de centre-gauche. Son chef Romano Prodi s'est
fait "un devoir" d'être présent à
un rassemblement qu'il juge être "un témoignage
de la solidarité de tout le peuple italien" avec la
journaliste.
La manifestation est également en faveur de Florence Aubenas,
journaliste du quotidien français Libération, et
de son guide-interprête, Hussein Hanoun, disparus depuis
le 5 janvier. Le journal parisien est représenté
à ce défilé par son chef de rédaction
Antoine de Gaudemar.
Les partis au pouvoir dans la coalition de Silvio Berlusconi ne
se sont pas associés à la protestation. Ignazio
La Russa, dirigeant d'Alliance nationale (AN, droite) a jugé
qu'il serait "hypocrite" pour lui d'aller à une
manifestation "contre les Etats-Unis et pour Saddam Hussein".
Le gouvernement de M. Berlusconi a soutenu l'intervention américaine
en Irak et envoyé un contingent de 3.000 hommes pour une
mission de "maintien de la paix" dans le sud du pays,
à Nassiriyah, depuis juin 2003.
Après avoir longé le Colisée et parcouru
les forums impériaux, la manifestation devait s'achever
par un concert au Circo Massimo, le cirque où avaient lieu
des courses de chars dans la Rome antique. Il Manifesto tablait
samedi sur une participation de 200.000 personnes et une estimation
globale des manifestants était attendue à l'issue
du parcours.
NDA: A noter qu'au même moment (16h30)
le site russe Iraq
War affichait une dépêche d'AFP Rome qui parlait
de 500.000 manifestants (dépêche -en anglais- ici).
16 février,
13h54 - AFP
Rome vote sur sa mission en Irak, Giuliana
Sgrena supplie pour son retraitpar Ljubomir Milsain.
La journaliste italienne Giuliana Sgrena, enlevée il y
a deux semaines à Bagdad, a demandé en larmes le
retrait des troupes italiennes dans une vidéo transmise
mercredi, jour d'un vote au Parlement sur la poursuite de la mission
militaire italienne en Irak.
"Retirez-vous d'Irak, ce peuple ne doit plus souffrir. Personne
ne doit plus venir en Irak. Faites quelque chose pour moi, faites
pression sur le gouvernement pour qu'il retire les troupes. Ma
vie dépend de vous", a-t-elle lancé dans cette
vidéo de plusieurs minutes retransmises par toutes les
télévisions italiennes.
Giuliana Sgrena, 56 ans, a été enlevée le
4 février à Bagdad. Elle est apparue très
éprouvée et a parlé d'une voix brisée
par les larmes, le visage amaigri et les mains jointes en une
sorte de prière. Cette vidéo, remise par un inconnu
au bureau de l'agence américaine Associated Press Television
Network (APTN) à Bagdad, représente les premières
images de la journaliste depuis son enlèvement. Son compagnon,
Pierre Scolari, auquel Giuliana Sgrena s'adresse dans ce message,
a aussitôt lancé "un appel au peuple italien
à sauver le peuple irakien". "J'ai peur que cela
se termine mal", a cependant confié, très inquiet,
le père de la journaliste, Franco Sgrena. "Nous sommes
contents de voir que Giuliana est en vie, mais il ne faut pas
rêver sur le retrait des troupes. Nous avons les mains liées",
a pour sa part commenté son frère Ivan.
L'appel de la journaliste intervient alors que le Sénat
italien doit se prononcer dans le courant de la journée
sur le financement de la poursuite de la mission militaire en
Irak jusqu'au 30 juin. Le gouvernement de centre droit de Silvio
Berlusconi, un des alliés les plus fidèles du président
américain George W. Bush, a déployé quelque
3.000 soldats en Irak, une décision que l'opposition de
centre gauche à toujours dénoncé.
"La mission en Irak continue", a affirmé mardi
soir Silvio Berlusconi lors du débat au Sénat. "Abandonner
maintenant l'Irak serait une trahison des espoirs de démocratie
des Irakiens", a-t-il expliqué. "Face à
la vidéo dramatique de la pauvre journaliste enlevée
et au chantage lancé de cette manière par les terroristes,
il est encore plus évident que le vote d'aujourd'hui sur
le refinancement de la mission de paix en Irak acquiert une valeur,
non seulement pour garantir la démocratisation de l'Irak,
mais aussi pour lutter contre le terrorisme islamiste", a
jugé mercredi Roberto Calderoli, ministre des Réformes.
L'opposition de centre gauche, guidée par l'ancien président
de la Commission européenne Romano Prodi, a décidé
mardi, après des débats houleux, de voter mercredi
contre le prolongement de la mission militaire en Irak. M. Berlusconi,
conscient des divisions au sein de l'opposition, a lancé
mardi soir un appel aux députés modérés
de l'opposition afin qu'ils "aient le courage de voter oui
au prolongement de la mission".
La coalition au pouvoir en Italie est largement majoritaire au
Sénat et à la Chambre des députés.
Il Manifesto, journal indépendant de gauche où travaille
Giuliana Sgrena, a toujours été résolument
opposé à l'intervention militaire en Irak et à
la présence des troupes italiennes dans ce pays.
Les dirigeants des communistes italiens de PDCI et du PRC, Oliviero
Diliberto et Fausto Bertinotti, ont immédiatement réagi
à l'appel de Giuliana Sgrena, réclamant avec force
l'exigence du retrait militaire d'Irak.
Une grande manifestation nationale pour la libération de
Giuliana Sgrena est prévue à Rome le samedi 19 février.
Les manifestants réclameront également celle de
Florence Aubenas, la journaliste du quotidien français
Libération, disparue en Irak depuis le 5 janvier.
16 février,
12h16 - AFP
L'otage italienne demande en larmes
le retrait des troupes
La journaliste italienne Giuliana Sgrena, enlevée il y
a deux semaines en Irak, a demandé en larmes le retrait
des troupes italiennes d'Irak dans une vidéo transmise
mercredi par les chaînes de télévision italiennes.
"Retirez-vous d'Irak, ce peuple ne doit plus souffrir",
a-t-elle lancé dans une supplique adressée à
son compagnon Pierre Scolari. "Aidez-moi, faites quelque
chose pour moi, Pierre fait quelque chose", a-t-elle ajouté
au cours de cette séquence vidéo poignante qui dure
plusieurs minutes.
Giuliana Sgrena, 56 ans, a été enlevé le
4 février à Bagdad.
15 février, 08h59 - AFP
A Paris, la chanson française, francophone
ou arabe s'est réunie lundi soir à l'Olympia, pour
un concert de soutien à la journaliste Florence Aubenas
et à son guide Hussein Hanoun disparus le 5 janvier à
Bagdad.
Le concert, avec la participation de Charles Aznavour, Patrick
Bruel, Bernard Lavilliers, Alain Souchon et Cheb Mami, était
également dédié à la journaliste italienne
Giuliana Sgrena, envoyée spéciale du journal Il
Manifesto en Irak, enlevée le 4 février.
13 février, 17h45 - AFP
Au Vatican, le pape Jean Paul II a lancé
dimanche un appel pour la libération de la journaliste
italienne Giuliana Sgrena et pour toutes les personnes enlevées
en Irak.
Giuliana Sgrena, envoyée spéciale du quotidien italien
Il Manifesto, a été enlevée le 4 février
dernier à Bagdad.
11 février, 20h21 - AFP
(...) De son côté, l'imam de la
grande mosquée de Rome, Mahmoud Ahmed Shewmita, a lancé
vendredi un appel pour la libération de Giuliana Sgrena,
l'envoyée spéciale du quotidien italien Il Manifesto
enlevée le 4 février à Bagdad.
10 février,
20h48 - AFP
Otage italienne: un groupe donne 48h à
Rome pour annoncer un retrait d'Irak
Un groupe extrémiste qui avait menacé de tuer une
Italienne enlevée en Irak a conditionné toute information
sur le sort de l'otage à une annonce dans les "48
heures" par Rome d'un retrait de ses troupes d'Irak. "Nous
donnons au gouvernement italien 48 heures pour annoncer un retrait
d'Irak, c'est notre condition pour informer sur le sort de la
journaliste italienne nommée Giuliana Sgrena", affirme
l'Organisation du Jihad dans un communiqué publié
par un site islamiste.
Des communiqués publiés au nom de plusieurs groupes
ont revendiqué l'enlèvement le 4 février
de la journaliste italienne en plein Bagdad, l'un des mouvements
affirmant même l'avoir exécuté. "Les
moujahidine (combattants) adressent un nouveau message au gouvernement
italien pour lui dire que garder des forces italiennes sur la
Terre des deux rivières mènera à une guerre
sanglante", ajoute le communiqué dont l'authenticité
ne peut être vérifiée. "Le criminel (Premier
ministre italien Silvio) Berlusconi et son gouvernement ne seront
pas rassurés tant qu'un seul soldat italien restera sur
la Terre des deux rivières", indique le texte.
Ce même groupe avait annoncé le 7 février
qu'il relâcherait l'otage italienne "dans les prochains
jours", après avoir menacé de la tuer si Rome
ne retirait pas ses troupes d'Irak avant le 7 février.
9 février, 17h10 - AFP
(...), un "optimisme prudent" a accueilli
mercredi l'annonce que la journaliste italienne Giuliana Sgrena,
56 ans, enlevée vendredi dernier en Irak, "a été
vue et se porte bien" après la fausse annonce la veille
de son assassinat.
"Une personne a pu voir Giuliana par deux fois, d'abord lundi,
puis mardi matin, et a indiqué qu'elle se porte bien",
a écrit son journal, Il Manifesto.
9 février, 13h02 - AFP
Optimisme
prudent sur le sort de la journaliste italienne enlevée
en Irak, par Ljubomir Milasin.
Un "optimisme prudent" a accueilli mercredi l'annonce
que la journaliste italienne Giuliana Sgrena, 56 ans, enlevée
en Irak il y a cinq jours, "a été vue et se
porte bien" après l'annonce la veille de son exécution.
"Nous nourrissons à l'heure actuelle un optimisme
prudent", a déclaré Francesco Paterno, directeur
éditorial du journal Il Manifesto dont elle est l'envoyée
spéciale. "Il semble que le lieu où elle est
détenue ait été identifié et maintenant
il ne nous reste qu'à patienter", a-t-il ajouté
sur la chaîne de télévision Sky 24.
Le responsable du journal d'opposition a par ailleurs rendu hommage
au gouvernement de Silvio Berlusconi, affirmant que les autorités
ont fait leur possible dès l'annonce de l'enlèvement
de la journaliste.
Il Manifesto, un journal de gauche indépendant, a systématiquement
attaqué la politique de M. Berlusconi en Irak où
le gouvernement italien, un des plus fidèles alliés
de l'administration américaine, a déployé
3.000 soldats.
"Nous sommes certains qu'elle est en vie. Piero, le compagnon
de Giuliana nous l'a confirmé", a déclaré
mercredi à la presse Franco Sgrena, le père de la
journaliste. "Il nous a dit que, selon des sources crédibles,
Giuliana est en vie et va bien. Ce sont des informations qui doivent
être vérifiées mais qui nous encouragent.
Nous savons qu'il faudra du temps, mais nous savons attendre et
nous sommes optimistes", a ajouté M. Sgrena. "Une
personne a pu voir Giuliana par deux fois, d'abord lundi, puis
mardi matin, et a indiqué qu'elle se porte bien",
a pour sa part annoncé Il Manifesto dans son édition
de mercredi. "Rien n'autorise à parler de négociations
ni de médiation déjà en cours", a insisté
le quotidien. Toutefois, "un canal de médiation est
expérimenté", selon une source anonyme proche
des services de renseignements italiens citée par le journal.
"Heures cruciales pour la libération de la journaliste
italienne", écrit pour sa part La Stampa, le journal
du groupe Fiat. "Elle a été vue en vie et ses
amis n'attendront pas longtemps", poursuit le journal citant
des "sources crédibles". "L'attente se poursuit
au milieu de rumeurs incontrôlées (...) mais les
prochaines heures pourraient être vraiment décisives
pour la fin de l'enlèvement de Giuliana Sgrena", assure
le journal.
Des revendications contradictoires sont apparues sur des sites
internet islamistes depuis l'enlèvement de Giuliana Sgrena.
L'avant-dernière lundi annonçait une libération
prochaine. La dernière, mardi, émanait d'un groupe
se baptisant "Les Brigades des Moujahidine en Irak"
et annonçait l'éxécution de la journaliste.
Elle a été jugée "peu fiable" par
Il Manifesto.
Le ministère des Affaires étrangères refuse
de commenter les divers messages transmis via des sites internet
ces derniers jours, car ils ne sont pas jugés crédibles.
L'Italie avait adopté la même position, ne faire
aucun commentaire, quand elle avait mené les négociations
en septembre dernier pour obtenir la libération des deux
volontaires d'une organisation humanitaire, Simona Torretta et
Simona Pari, enlevées à Bagdad et relâchées
après trois semaines de détention.
9 février,
13h02 - AFP
Optimisme prudent sur le sort de la journaliste
italienne enlevée en Irak, par Ljubomir Milasin.
Un "optimisme prudent" a accueilli mercredi l'annonce
que la journaliste italienne Giuliana Sgrena, 56 ans, enlevée
en Irak il y a cinq jours, "a été vue et se
porte bien" après l'annonce la veille de son exécution.
"Nous nourrissons à l'heure actuelle un optimisme
prudent", a déclaré Francesco Paterno, directeur
éditorial du journal Il Manifesto dont elle est l'envoyée
spéciale.
"Il semble que le lieu où elle est détenue
ait été identifié et maintenant il ne nous
reste qu'à patienter", a-t-il ajouté sur la
chaîne de télévision Sky 24.
Le responsable du journal d'opposition a par ailleurs rendu hommage
au gouvernement de Silvio Berlusconi, affirmant que les autorités
ont fait leur possible dès l'annonce de l'enlèvement
de la journaliste. Il Manifesto, un journal de gauche indépendant,
a systématiquement attaqué la politique de M. Berlusconi
en Irak où le gouvernement italien, un des plus fidèles
alliés de l'administration américaine, a déployé
3.000 soldats. "Nous sommes certains qu'elle est en vie.
Piero, le compagnon de Giuliana nous l'a confirmé",
a déclaré mercredi à la presse Franco Sgrena,
le père de la journaliste.
"Il nous a dit que, selon des sources crédibles, Giuliana
est en vie et va bien. Ce sont des informations qui doivent être
vérifiées mais qui nous encouragent. Nous savons
qu'il faudra du temps, mais nous savons attendre et nous sommes
optimistes", a ajouté M. Sgrena.
"Une personne a pu voir Giuliana par deux fois, d'abord lundi,
puis mardi matin, et a indiqué qu'elle se porte bien",
a pour sa part annoncé Il Manifesto dans son édition
de mercredi. "Rien n'autorise à parler de négociations
ni de médiation déjà en cours", a insisté
le quotidien. Toutefois, "un canal de médiation est
expérimenté", selon une source anonyme proche
des services de renseignements italiens citée par le journal.
"Heures cruciales pour la libération de la journaliste
italienne", écrit pour sa part La Stampa, le journal
du groupe Fiat. "Elle a été vue en vie et ses
amis n'attendront pas longtemps", poursuit le journal citant
des "sources crédibles". "L'attente se poursuit
au milieu de rumeurs incontrôlées (...) mais les
prochaines heures pourraient être vraiment décisives
pour la fin de l'enlèvement de Giuliana Sgrena", assure
le journal.
Des revendications contradictoires sont apparues sur des sites
internet islamistes depuis l'enlèvement de Giuliana Sgrena.
L'avant-dernière lundi annonçait une libération
prochaine. La dernière, mardi, émanait d'un groupe
se baptisant "Les Brigades des Moujahidine en Irak"
et annonçait l'éxécution de la journaliste.
Elle a été jugée "peu fiable" par
Il Manifesto.
Le ministère des Affaires étrangères refuse
de commenter les divers messages transmis via des sites internet
ces derniers jours, car ils ne sont pas jugés crédibles.
L'Italie avait adopté la même position, ne faire
aucun commentaire, quand elle avait mené les négociations
en septembre dernier pour obtenir la libération des deux
volontaires d'une organisation humanitaire, Simona Torretta et
Simona Pari, enlevées à Bagdad et relâchées
après trois semaines de détention.
9 février,
10h08 - AFP
La journaliste Giuliana Sgrena "a
été vue et se porte bien" (Manifesto)
La journaliste italienne Giuliana Sgrena, enlevée vendredi
dernier à Bagdad, "a été vue et se porte
bien", affirme mercredi le quotidien Il Manifesto dont elle
est l'envoyée spéciale en Irak. "Une personne
a pu voir Giuliana par deux fois, d'abord lundi, puis mardi matin,
et a indiqué qu'elle se porte bien", écrit
le journal indépendant de gauche sous la plume d'Alessandro
Mantovani sans plus de précision sur la nature de ce contact
non identifié. "Rien n'autorise à parler de
négociations ni de médiation déjà
en cours", poursuit Il Manifesto. Toutefois, "un canal
de médiation est expérimenté", selon
une source anonyme proche des services de renseignements italiens
citée par le journal.
La "prison" de l'envoyée spéciale du Manifesto
"a été localisée depuis trois jours
dans une zone, hors de Bagdad, aux mains de la résistance
sunnite", précise encore le quotidien.
Des revendications contradictoires sont apparues sur des sites
internet islamistes depuis l'enlèvement de Giuliana Sgrena,
56 ans. L'avant dernière en date annoncait une libération
prochaine. La dernière mardi, émanait d'un groupe
se baptisant "Les Brigades des Moujahidine en Irak",
qui annonçait l'éxécution de la journaliste.
Elle a été jugée "peu fiable" par
Il Manifesto.
Le ministère des Affaires étrangères refuse
quant à lui de commenter les messages de types divers transmis
via des sites internet ces derniers jours car ils ne sont pas
jugés crédibles. L'Italie avait adopté exactement
la même position, ne faire aucun commentaire, quand elle
avait mené les négociations en septembre dernier
pour obtenir la libération des deux volontaires d'une organisation
humanitaire, Simona Torretta et Simona Pari, enlevées à
Bagdad et relâchées après trois semaines de
détention en septembre dernier.
Enfin, le Manifesto fait diffuser depuis mardi sur des chaînes
de télévision arabes une vidéo expliquant
le travail de sa journaliste ses articles, ses livres, les pays
où elle a été, notamment en Afghanistan,
en Irak et en Algérie, et parle de l'engagement du Manifesto,
hostile à la guerre en Irak.
8 février, 08h34 - AFP
(...) Un groupe extrémiste qui avait menacé
de tuer l'envoyée spéciale du quotidien indépendant
de gauche italien Il Manifesto retenue en otages si Rome ne retirait
pas ses troupes de ce pays avant lundi soir a indiqué dans
un nouveau communiqué publié sur internet qu'il
la relâcherait "dans les prochains jours". "Après
que le comité religieux de l'Organisation du jihad eut
enquêté sur Giuliana Sgrena, il a été
établi de façon certaine que la captive italienne
n'espionnait pas pour le compte des infidèles du pays du
Rafidaïn (Mésopotamie)", indique le communiqué.
"En réponse à l'appel du Comité des
oulémas (plus important organisme religieux sunnite d'Irak),
nous, membres de l'Organisation du jihad, allons relâcher
la captive italienne dans les prochains jours", ajoute le
communiqué, dont l'authenticité ne peut cependant
être vérifiée.
La France a demandé la libération "immédiate"
de la journaliste italienne. Le Quai d'Orsay a rappelé
que "la France reste naturellement mobilisée pour
retrouver Florence Aubenas (journaliste du quotidien de gauche
Libération) et son accompagnateur (irakien), Hussein Hannoun",
disparus le 5 janvier.
7 février,
20h12 - AFP
L'otage italienne en Irak sera libérée
"dans les prochains jours" (site)
Un groupe extrémiste qui avait menacé de tuer une
journaliste italienne retenue en otage en Irak si Rome ne retirait
pas ses troupes de ce pays avant lundi soir a indiqué dans
un nouveau communiqué publié sur internet qu'il
la relâcherait "dans les prochains jours".
"Après que le comité religieux de l'Organisation
du jihad eut enquêté sur Giuliana Sgrena, il a été
établi de façon certaine que la captive italienne
n'espionnait pas pour le compte des infidèles du pays du
Rafidaïn (Mésopotamie)", indique le communiqué,
publié lundi soir, en référence à
la Force multinationale de la coalition emmenée par les
Etats-Unis en Irak. "Et en réponse à l'appel
du Comité des oulémas (plus important organisme
religieux sunnite d'Irak), nous, membres de l'Organisation du
jihad, allons relâcher la captive italienne dans les prochains
jours", indique le communiqué, dont l'authenticité
ne peut cependant être vérifiée.
Ce communiqué a été publié à
la suite d'un autre texte également publié sur internet
et attribué au même groupe. Ce communiqué
indiquait que le sort de l'otage devait être fixé
de façon imminente.
7 février, 17h18 - AFP
(...) Parallèlement aux attentats, les
groupes islamistes font monter la tension avec les enlèvements.
Un groupe, qui se présente comme l'auteur du rapt de la
journaliste italienne Giuliana Sgrena, a proféré
des menaces à son encontre si l'Italie ne retirait pas
ses troupes d'Irak avant lundi soir. "Nous poursuivons l'interrogatoire
de l'otage et notre commission de la charia (loi islamique) rendra
son verdict prochainement", lit-on dans le communiqué
signé de "l'Organisation du jihad", présenté
comme le dernier message de ce groupe au gouvernement italien.
Un autre texte daté du 5 février menaçait
de tuer l'otage si Rome n'annnonçait pas le retrait de
ses 3.000 soldats d'ici à lundi soir.
Aucun groupe n'a revendiqué l'enlèvement dimanche
de quatre ingénieurs égyptiens à Bagdad.
La Ligue arabe et la chaîne de télévision
Al-Jazira ont appelé lundi à la libération
des journalistes italienne Giuliana Sgrena, et française
Florence Aubenas, dont on est sans nouvelles depuis sa disparition
le 5 janvier.
La France a demandé la libération "immédiate"
de la journaliste italienne. Le Quai d'Orsay rappelle que "la
France reste naturellement mobilisée pour retrouver Florence
Aubenas et son accompagnateur (irakien), Hussein Hannoun".
7 février, 09h56 - AFP
Effrayés et paralysés,
les journalistes étrangers déterminés à
rester, par Salwan Binni.
L'enlèvement de la journaliste italienne Giuliana Sgrena
a créé un nouveau choc parmi les journalistes étrangers
en Irak qui demeurent pourtant déterminés à
rester malgré leur appréhension et les restrictions
drastiques sur leurs mouvements.
"Nous avons peur de sortir, non par crainte des bombes mais
parce que nous ne savons plus à qui nous fier", explique
Luc Walpot, chef du bureau de la chaîne allemande ZDF à
Bagdad. Près de deux ans après la chute du régime
de Saddam Hussein, il est impossible de connaître les quartiers
sûrs. "Sous l'ancien régime, nous pouvions circuler
presque partout. Maintenant, nous sommes confinés au bureau
et dans quelques endroits de Bagdad. Le reste nous est interdit",
ajoute ce journaliste qui doit quitter le pays dans deux semaines.
Certains correspondants, envoyés pour les élections
du 30 janvier, comptent les jours pour partir. "Bien que
je sois reçue chaleureusement quand les gens savent que
je suis Allemande, je suis effrayée et ne quitte plus l'hôtel",
confie Christine Buck du quotidien allemand Die Welt. Mais ce
sentiment n'est pas partagé.
"J'ai l'impression de ne pas être la bienvenue",
estime Barbara Schiavulli, journaliste italienne indépendante
qui partageait la chambre de Mme Sgrena. Face à ce qu'elle
considère comme une xénophobie ambiante, elle espère
que les Irakiens comprendront que la réelle raison de la
présence de journalistes étrangers est de décrire
la vie quotidienne des habitants et non de glorifier les troupes
étrangères. "Notre boulot c'est de couvrir
les évènements heureux ou tristes. Nous sommes ici
pour raconter la souffrance des Irakiens, pour écrire des
histoires et non pour être un acteur de l'histoire",
explique Mme Schiavulli.
Vendredi, Giuliana Sgrena, envoyée spéciale du quotidien
de gauche Il Manifesto a été enlevée après
un reportage sur les réfugiés de Falloujah, installés
sous des tentes près d'une mosquée dans l'université
de Bagdad.
Un groupe armé islamiste a revendiqué le rapt et
menacé de la tuer si les 3.000 soldats italiens ne se retiraient
pas d'Irak. Les collègues de la journaliste doutent que
leur pays cède aux menaces. "Je ne crois pas que le
rapt de Giuliana modifiera la politique de Rome. Même la
gauche, mouvance à laquelle appartient le quotidien de
Giulana, refuse l'intimidation", explique Roberto DiCaro,
de l'hebdomadaire Espresso. Pour lui, les ravisseurs ont voulu
se venger du camouflet subi avec la forte participation des Irakiens
aux élections. "Les élections ont été
une défaite politique pour l'insurrection et ils ont kidnappé
Giuliana pour se venger des médias qui ont montré
ce qui s'était passé", ajoute M. DiCaro.
Certains journalistes changent leur apparence. "Tant que
je suis ici, je garde ma moustache et me cache le visage avec
une keffieh quand je sors avec un chauffeur", confie Luciano
Gulli, d'Il Giornale. Pour réduire les risques, d'autres
médias s'appuient sur leur personnel local. "Depuis
avril, quand les terroristes ont commencé la chasse aux
journalistes, nous nous remettons entièrement aux cameramen
locaux", reconnaît Fabio Chivcconi, de la RAI2 TV.
Le camp abritant les réfugiés de Falloujah est devenu
une "zone rouge". Il y a deux semaines, un reporter
occidental a échappé miraculeusement à un
rapt après un reportage à cet endroit et, le 5 janvier,
la journaliste française Florence Aubenas a disparu avec
son traducteur Hussein Hannoun, après s'y être rendue.
Franco Pagetti, photographe italien travaillant pour l'hebdomdaire
américain Time magazine, était vendredi avec Mme
Sgrena mais il a décliné le déjeuner offert
sur place car ses gardes irakiens lui ont conseillé de
quitter les lieux. "Chacun était gentil avec moi.
J'ai été ici plusieurs fois et je connais le cheikh
qui est très hospitalier. Je ne sais pas ce qui est arrivé
à Giuliana", dit-il.
7 février, 08h52 - AFP
Le sort de l'otage italienne sera décidé
"dans un avenir imminent" (ravisseurs)
Les ravisseurs de la journaliste italienne Giuliana Sgrena, qu'ils
ont menacée de tuer si Rome ne retire pas ses troupes d'Irak
avant lundi soir, ont indiqué que le sort de leur otage
serait décidé dans "un avenir imminent",
dans un communiqué mis en ligne lundi. "Nous poursuivons
l'interrogatoire de l'otage et notre commission de la Charia (loi
islamique) rendra son verdict prochainement", lit-on dans
le communiqué signé de "l'Organisation du Jihad"
et présenté comme le dernier message de ce groupe
au gouvernement italien.
"Nous ferons savoir son sort dans un avenir imminent",
ajoute le texte, dont l'authenticité ne peut être
établie.
L'auteur du texte, "l'Organisation du Jihad", s'est
attribué de précédents communiqués
relatifs au rapt de la journaliste italienne et mis en ligne vendredi
et dimanche au nom respectivement de "l'Organisation du jihad
islamique" et de "l'Organisation du Jihad au Pays du
Rafidaïn (Mésopotamie)".
Le groupe affirme que le nouveau texte "est un dernier message
adressé au gouvernement italien et à sa tête
le Premier ministre italien (pour leur signifier) qu'il n'y aura
point de sécurité ou de stabilité tant qu'un
seul soldat italien reste sur le sol d'Irak". Il invite le
Comité des oulémas d'Irak, principale organisation
religieuse sunnite du pays, qui avait offert dans le passé
ses bons offices pour la libération d'otages en Irak, "à
la prudence dans ses appels à la libération de l'otage
italienne".
Un communiqué daté du samedi 5 février, et
mis en ligne dimanche au nom de "l'Organisation du Jihad
au Pays du Rafidaïn (Mésopotamie)", a revendiqué
le rapt et menacé d'exécuter la journaliste si Rome
n'annnonce pas le retrait de ses troupes d'Irak d'ici lundi soir.
"Nous, à l'Organisation du Jihad au pays du Rafidaïn,
annonçons que l'application du verdict divin contre l'otage
italienne Giuliana Sgrena interviendra dans 48 heures si le gouvernement
italien, avec à sa tête le criminel (Silvio) Berlusconi
n'annonce pas son retrait d'Irak", selon ce dernier communiqué.
Un premier communiqué mis sur l'internet vendredi, quelques
heures après l'enlèvement de Giuliana Sgrena, a
revendiqué au nom de "l'Organisation du jihad islamique"
le rapt de la journaliste. Il avait sommé Rome de retirer
ses quelque 3.000 soldats d'Irak dans un délai de 72 heures,
expirant également lundi, mais sans formuler de menace
précise concernant l'otage.
6 février, 12h55 - AFP
Journaliste enlevée: bataille
entre interventionnistes et pacifistes, par Christian
Spillmann.
L'enlèvement à Bagdad de Giuliana Sgrena, 56 ans,
journaliste du quotidien de gauche Il Manifesto, a rallumé
en Italie la bataille entre la droite interventionniste et les
pacifistes, divisés sur l'opération militaire en
Irak et sur l'opposition irakienne.
Un groupe islamiste se présentant comme "l'Organisation
du Jihad au Pays du Rafidaïn (Mésopotamie)",
inconnu jusqu'ici, a revendiqué le rapt de la journaliste
et menacé de l'exécuter si Rome n'annonce pas le
retrait de ses troupes d'Irak d'ici lundi soir. "Il faut
le dire clairement. Ceux qui l'ont prise sont des terroristes,
des criminels", a affirmé samedi soir Gianni De Michelis,
dirigeant du Nouveau Parti Socialiste, allié politique
du gouvernement de Silvio Berlusconi. "Arrêtez de dire
que ce sont des résistants, des partisans, parce que c'est
faux", a-t-il lancé à l'adresse de l'opposition.
Le gouvernement italien a envoyé un contingent de 3.000
militaires en Irak pour "une mission de paix". L'opposition
a organisé plusieurs manifestations pour réclamer
au contraire le retour des troupes en Italie.
Dès le début de l'intervention militaire américaine,
le débat a fait rage en Italie sur la qualification de
l'opposition irakienne. La journaliste vedette de la RAI, Lilli
Gruber, élue ensuite au Parlement européen, s'est
ainsi faite durement reprendre par Franco Frattini, alors chef
de la diplomatie, pour avoir parlé de "résistance".
Pour le gouvernement, tous les Irakiens qui ont pris les armes
contre les troupes de la coalition, dont fait partie l'Italie,
sont des "terroristes". "Ils en ont donné
la preuve en enlevant Mme Sgrena, une journaliste d'un titre qui
montre une sympathie pour certaines de leurs positions",
a souligné M. De Michelis, ancien ministre des Affaires
étrangères écouté par M. Berlusconi
sur le Proche Orient.
De l'autre côté de l'échiquier politique,
de graves accusations sont portées par les représentants
des mouvements pacifistes contre le gouvernement irakien et ses
tuteurs américains. Giuliana Sgrena, comme la journaliste
française de Libération, Florence Aubenas, "ont
décrit les violences et les tortures pratiquées
par les forces d'occupation et cherchaient à enquêter
sur ce qui s'est passé à Fallujah", a affirmé
samedi soir Vittorio Agnoletto, député européen
du groupe de la Gauche unie. "On peut donc se demander si
l'enlèvement de Giuliana est une coïncidence",
a-t-il conclu. Un responsable de la gauche anarchiste et pacifiste,
Francesco Caruso, lui, accuse. "Giuliana Sgrena avait rendez-vous
avec les déplacés de Fallujah hébergés
dans une mosquée sunnite de Bagdad. Maintenant c'est clair:
qui veut parler du siège et du massacre de Fallujah a des
problèmes", a-t-il déclaré.
Le patron de Refondation communiste, Fausto Bertinotti, a demandé
dimanche au gouvernement de "créer un climat politique
qui permette de faire passer un langage différent de celui
favorable à la guerre", dans une interview au "Corriere
della Sera". Mais il a annoncé la volonté de
l'opposition de voter au Parlement contre de nouveaux crédits
pour la poursuite de la présence militaire italienne en
Irak. "Nous ne changeons pas d'opinion sur la guerre, que
nous continuons à juger illégitime", a confirmé
dimanche Francesco Rutelli, un des dirigeants du centre-gauche,
au quotidien pro-gouvernemental "Il Giornale".
9 février, 10h08 - AFP
La journaliste Giuliana Sgrena "a
été vue et se porte bien" (Manifesto) La journaliste italienne Giuliana Sgrena, enlevée
vendredi dernier à Bagdad, "a été vue
et se porte bien", affirme mercredi le quotidien Il Manifesto
dont elle est l'envoyée spéciale en Irak.
"Une personne a pu voir Giuliana par deux fois, d'abord lundi,
puis mardi matin, et a indiqué qu'elle se porte bien",
écrit le journal indépendant de gauche sous la plume
d'Alessandro Mantovani sans plus de précision sur la nature
de ce contact non identifié. "Rien n'autorise à
parler de négociations ni de médiation déjà
en cours", poursuit Il Manifesto. Toutefois, "un canal
de médiation est expérimenté", selon
une source anonyme proche des services de renseignements italiens
citée par le journal. La "prison" de l'envoyée
spéciale du Manifesto "a été localisée
depuis trois jours dans une zone, hors de Bagdad, aux mains de
la résistance sunnite", précise encore le quotidien.
Des revendications contradictoires sont apparues sur des sites
internet islamistes depuis l'enlèvement de Giuliana Sgrena,
56 ans. L'avant dernière en date annoncait une libération
prochaine. La dernière mardi, émanait d'un groupe
se baptisant "Les Brigades des Moujahidine en Irak",
qui annonçait l'éxécution de la journaliste.
Elle a été jugée "peu fiable" par
Il Manifesto.
Le ministère des Affaires étrangères refuse
quant à lui de commenter les messages de types divers transmis
via des sites internet ces derniers jours car ils ne sont pas
jugés crédibles.
L'Italie avait adopté exactement la même position,
ne faire aucun commentaire, quand elle avait mené les négociations
en septembre dernier pour obtenir la libération des deux
volontaires d'une organisation humanitaire, Simona Torretta et
Simona Pari, enlevées à Bagdad et relâchées
après trois semaines de détention en septembre dernier.
Enfin, le Manifesto fait diffuser depuis mardi sur des chaînes
de télévision arabes une vidéo expliquant
le travail de sa journaliste ses articles, ses livres, les pays
où elle a été, notamment en Afghanistan,
en Irak et en Algérie, et parle de l'engagement du Manifesto,
hostile à la guerre en Irak.
6 février, 09h12 - AFP
Un second groupe inconnu revendique le
rapt de l'Italienne, Rome se mobilise
Un second groupe islamiste a revendiqué sur internet l'enlèvement
de la journaliste italienne Giuliana Sgrena et menacé de
l'exécuter si Rome n'annonce pas le retrait des ses troupes
d'Irak d'ici lundi soir, alors que l'Italie se mobilisait dimanche
pour la faire libérer.
Inconnue jusqu'ici, "l'Organisation du jihad au pays du Rafidaïn
(Mésopotamie)" a revendiqué le rapt de la reporter
du Manifesto dans un communiqué daté du 5 février
et publié sur internet, indiquant que "l'application
du verdict divin contre l'otage (...) interviendra dans 48 heures
si le gouvernement italien, avec à sa tête le criminel
(Silvio) Berlusconi, n'annonce pas son retrait d'Irak". "Le
maintien de votre armée au pays du Rafidaïn aura de
sérieuses conséquences. Vous ne bénéficierez
pas de la sécurité tant que les musulmans d'Irak
n'auront pas vécu dans la sécurité",
ajoute le groupe à l'adresse des Italiens.
Un premier groupe armé, "l'Organisation du jihad islamique",
avait revendiqué vendredi dans un communiqué sur
internet le rapt de la journaliste. Il avait sommé Rome
de retirer ses quelque 3.000 soldats d'Irak dans un délai
de 72 heures, expirant également lundi, mais sans formuler
de menace précise concernant l'otage.
Sans se prononcer sur la nature politique ou crapuleuse de l'enlèvement,
des membres des services italiens cités samedi par la presse
avaient jugé "peu crédible" cette première
revendication.
Le chef de la diplomatie italienne Gianfranco Fini a appelé
à la libération de Mme Sgrena, la qualifiant "d'amie
du peuple irakien", dans une interview samedi à la
chaîne de télévision satellitaire qatariote
Al-Jazira. "Le peuple italien dans son ensemble et pas seulement
le gouvernement est uni" dans sa volonté de voir libérer
la journaliste, a déclaré le ministre. M. Fini,
qui est également vice-Premier ministre, a fait appel aux
amis de Rome dans le monde arabe afin qu'ils aident à la
libération de la journaliste. "Nous pensons que le
peuple irakien et les pays arabes doivent aider le gouvernement
irakien à mettre fin à la séquestration de
Giuliana", a-t-il ajouté.
Al-Jazira doit diffuser dimanche un appel en faveur de la libération
de Giuliana Sgrena, a annoncé le directeur du Manifesto.
"La vidéo expliquera ce qu'est Il Manifesto, quelle
est sa position sur la guerre, ainsi que le travail de la journaliste
italienne et ses idées sur le conflit", a indiqué
l'agence italienn Ansa, citant Gabriele Polo. Le message sera
signé conjointement par la chaîne satellitaire d'information
en langue arabe et le quotidien italien, dont la ligne est hostile
à l'intervention américaine en Irak et à
la présence de troupes italiennes dans ce pays. "Une
autre vidéo préparée par Il Manifesto apparaîtra
(sur Al-Jazira) pour expliquer plus en détail les positions
du journal et de Giuliana Sgrena", selon Ansa.
A Rome, plusieurs centaines de personnes se sont réunies
samedi soir, à la lueur de flambeaux et en portant des
drapeaux arc-en-ciel de la paix, pour demander sa libération.
6 février, 06h54 - AFP
Un deuxième groupe revendique
le rapt de Giuliana Sgrena et menace de la tuer (site)
Un groupe islamiste, se présentant comme "l'Organisation
du Jihad au Pays du Rafidaïn (Mésopotamie)",
inconnu jusqu'ici, a revendiqué le rapt de la journaliste
italienne Giuliana Sgrena et menacé de l'exécuter
si Rome n'annnonce pas le retrait de ses troupes d'Irak d'ici
lundi soir, dans un communiqué mis en ligne sur l'internet.
"Nous, à l'Organisation du Jihad au pays du Rafidaïn,
annonçons que l'application du verdict divin contre l'otage
italienne Giuliana Sgrena interviendra dans 48 heures si le gouvernement
italien, avec à sa tête le criminel (Silvio) Berlusconi
n'annonce pas son retrait d'Irak", lit-on dans le communiqué,
daté de samedi 5 février.
Le texte, dont l'authenticité ne peut être établie,
a été mis en ligne samedi soir à l'adresse
suivante: (http://www.alm2sda.net/vb/showthread.php?t=7964post28221).
(NDE: si ce lien ne fonctionne plus
-les revendications des terroristes ne restant que peu de temps
en ligne, vous pouvez afficher la revendication en cliquant ici
-revendication en arabe).
S'adressant "au peuple italien", le groupe s'élève
contre le "gouvernement criminel" de Rome "qui
continue à sévir en Irak". "Berlusconi
et sa clique, des ennemis de l'islam, sont responsables de (l'effusion
du) sang de vos enfants", dit-il. "Le maintien de votre
armée au pays du Rafidaïn aura de sérieuses
conséquences. Vous ne bénéficierez pas de
la sécurité tant que les musulmans d'Irak n'auront
pas vécu dans la sécurité", ajoute le
groupe à l'adresse des Italiens.
Un premier groupe armé, se faisant appeler "l'Organisation
du jihad islamique", avait revendiqué vendredi dans
un communiqué qui lui est attribué sur internet
le rapt de la journaliste. Il avait sommé Rome de retirer
ses quelque 3.000 soldats d'Irak dans un délai de 72 heures,
expirant également lundi, mais sans formuler de menace
précise concernant l'otage.
Sans se prononcer sur la nature politique ou crapuleuse de l'enlèvement,
des membres des services italiens cités samedi par la presse
ont jugé "peu crédible" cette première
revendication. L'association humanitaire romaine "Un ponte
per", dont deux bénévoles avaient été
prises en otages en Irak en septembre 2004 et libérées
au bout de trois semaines, s'est également montrée
sceptique sur cette revendication.
"Il n'y a aucun élément qui puisse faire penser
que ce soit vrai et dans notre cas, la revendication (formulée
par le même groupe, ndlr) s'était révélée
fausse", a déclaré à l'AFP Fabio Alberti,
porte-parole de l'association.
Deux communiqués, l'un portant la signature du "Jihad
islamique en Irak", l'autre celle de "l'Organisation
du jihad", étaient apparus sur internet lors de l'enlèvement
des deux Italiennes. Ils avaient été jugés
peu crédibles par le gouvernement italien.
5 février, 21h44 - AFP
(...) une mobilisation se poursuivait samedi
au lendemain de l'enlèvement d'une journaliste d'Il Manifesto
pour laquelle des efforts multiples sont déployés,
la chaîne Al-Jazira devant notamment lancer un appel dimanche
en faveur de sa libération. "La vidéo (diffusée
par Al-Jazira) expliquera ce qu'est Il Manifesto, quelle est sa
position sur la guerre, ainsi que le travail de la journaliste
italienne et ses idées sur le conflit", a annoncé
le directeur du quotidien, Gabriele Polo.
Le secrétaire d'Etat italien aux Affaires étrangères
Alfredo Mantica a sollicité samedi l'aide du Koweit pour
obtenir la libération de la journaliste enlevée,
Giuliana Sgrena. A Rome plusieurs centaines de personnes se sont
réunies samedi soir, à la lueur de flambeaux et
en portant des drapeaux arc-en-ciel de la paix, pour demander
sa libération.
5 février, 17h13 - AFP
(...) L'Organisation du jihad islamique, qui
a revendiqué sur internet le rapt vendredi de la journaliste
italienne Giuliana Sgrena à Bagdad, a sommé l'Italie
de retirer ses quelque 3.000 soldats de ce pays sous 72 heures.
"Nous donnons au gouvernement italien 72 heures pour retirer
ses soldats d'Irak, sinon nous aurons d'autres messages à
vous communiquer dans les prochains jours", dit sans plus
de précisions un communiqué du groupe. Mais l'association
humanitaire italienne "Un pont pour Bagdad", dont deux
bénévoles avaient été kidnappées
en septembre 2004, a jugé cette revendication "très
peu crédible".
Deux communiqués, l'un du "Jihad islamique en Irak"
et l'autre de "l'Organisation du jihad", étaient
apparus sur internet lors du rapt des deux Italiennes et avaient
été jugés peu crédibles par Rome.
Le secrétaire d'Etat italien aux Affaires étrangères
Alfredo Mantica, actuellement au Koweït, a sollicité
l'aide de ce pays pour obtenir la libération de Mme Sgrena,
56 ans, qui travaille pour le quotidien Il Manifesto, dont la
ligne est hostile à l'intervention américaine en
Irak et à la présence de troupes italiennes dans
ce pays. (...)
5 février, 16h23 - AFP
Otage italienne: précisions sur
l'enlèvement, prudence sur la revendication, par
Cécile Feuillatre.
Les circonstances de l'enlèvement à Bagdad de la
journaliste italienne Giuliana Sgrena se précisaient samedi,
grâce aux témoignages de son interprète et
d'une consoeur, mais la revendication de "l'Organisation
du Jihad islamique" était prise avec prudence à
Rome. Deux témoins, dont l'un direct, ont vécu l'enlèvement
de la journaliste du quotidien indépendant de gauche Il
Manifesto.
Giuliana Sgrena, 56 ans, a été enlevée vendredi
peu après 13H30 locales, alors qu'elle venait de terminer
un reportage sur des réfugiés de Falloujah dans
une mosquée située dans l'université de Bagdad.
"Il est évident que les ravisseurs nous attendaient",
a témoigné l'interprète de Mme Sgrena, Wael,
interrogé par Il Manifesto. "Nous sommes restés
trop longtemps sur place (quatre heures) et nous nous sommes sûrement
fait remarquer", a-t-il poursuivi. Les ravisseurs étaient
au nombre de huit, dans deux véhicules qui attendaient
à la sortie de l'université, selon lui. Habillés
en civil, à visage découvert, "ils étaient
sans aucun doute irakiens", a déclaré le traducteur,
qui, immobilisé par les ravisseurs, n'a rien pu faire lorsqu'ils
se sont emparés de la journaliste.
Selon Il Manifesto, il est probable que la présence de
Giuliana Sgrena avec les réfugiés de Falloujah a
été signalée aux ravisseurs par une "taupe"
présente sur place alors qu'elle faisait son reportage.
Autre témoin, la journaliste indépendante Barbara
Schiavulli, qui partageait la chambre d'hôtel de Mme Sgrena.
Samedi matin, Barbara Schiavulli a reçu un bref appel anonyme
provenant du téléphone portable de l'otage. Personne
n'a parlé, mais on entendait "une musique de fond
arabe", a-t-elle raconté à la chaîne
d'information continue Sky Italie. La veille, Mme Schiavulli avait
entendu l'enlèvement en direct, Giuliana Sgrena l'ayant
appelée à ce moment précis. "J'ai seulement
entendu des tirs et le bruit d'un objet qui tombait dans l'eau
puis la ligne s'est coupée", avait-elle précisé.
Sans se prononcer sur la nature politique ou crapuleuse de l'enlèvement,
des membres des services italiens cités samedi par la presse
jugeaient en revanche "peu crédible" la revendication
formulée vendredi sur l'internet par l'"Organisation
du jihad islamique". Ce groupe a sommé Rome de retirer
ses quelque 3 000 soldats d'Irak sous 72 heures, sans formuler
de menace précise concernant l'otage.
L'association humanitaire romaine "Un ponte per", dont
deux bénévoles avaient été prises
en otages en Irak en septembre 2004 et libérées
au bout de trois semaines, s'est également montrée
sceptique sur cette revendication.
"Il n'y a aucun élément qui puisse faire penser
que ce soit vrai et dans notre cas, la revendication (formulée
par le même groupe, ndlr) s'était révélée
fausse", a déclaré à l'AFP Fabio Alberti,
porte-parole de l'association. En tout état de cause, la
mobilisation pour obtenir la libération de la journaliste
a commencé immédiatement après le rapt. Dès
vendredi, le chef du gouvernement Silvio Berlusconi a indiqué
que "la machine des tractations était lancée"
et a réuni plusieurs ministres.
Rome a également sollicité, par l'intermédiaire
de son secrétaire d'Etat Alfredo Mantica, l'aide des autorités
koweïtiennes.
Par ailleurs, la chaîne de télévision qatariote
Al-Jazira doit diffuser dimanche une vidéo expliquant "ce
qu'est Il Manifesto, quelle est sa position sur la guerre, ainsi
que le travail de la journaliste italienne et ses idées
sur le conflit", a annoncé le directeur du journal,
Gabriele Polo.
Enfin, le père de Giuliana, Franco Sgrena, a lancé
un appel samedi aux ravisseurs. "Ma fille a toujours été
contre la guerre et pour la paix. Je fais un appel pour qu'ils
la libèrent", a-t-il dit à la presse.
4 février, 20h27 - AFP
Un groupe armé revendique le rapt
de la journaliste italienne (site)
Un groupe armé, se faisant appeler "l'Organisation
du jihad islamique", a revendiqué dans un communiqué
qui lui est attribué sur internet le rapt en Irak vendredi
de la journaliste italienne Giuliana Sgrena et sommé l'Italie
de retirer ses forces de ce pays sous 72 heures.
"Le rapt de la journaliste n'est rien d'autre qu'un message
adressé au gouvernement italien, qui a à sa tête
le Premier ministre (Silvio) Berlusconi, pour lui dire: "Vous
ne connaîtrez pas la sécurité tant que vous
aurez un soldat en Irak", affirme le communiqué signé
du groupe, mais dont l'authenticité ne peut être
vérifiée.
"Nous donnons au gouvernement italien 72 heures pour retirer
ses soldats d'Irak, sinon nous aurons d'autres messages à
vous communiquer dans les prochains jours", ajoute le texte,
sans donner plus de précisions.
4 février, 18h07 - AFP
Florence et Giuliana, deux journalistes
dans le piège de Bagdad, par Sammy Ketz
La Française Florence Aubenas et sa consoeur italienne
Giuliana Sgrena, qui sont tombées dans la trappe de Bagdad,
étaient des journalistes de terrain n'hésitant pas
à prendre des risques pour aller chercher une histoire
en zone de conflit.
Toutes les deux ont eu la même idée à un mois
d'intervalle. La première, travaillant depuis 1986 pour
le quotidien français de gauche Libération, avait
affirmé à ses confrères peu avant sa disparition
qu'elle voulait faire un reportage sur les déplacés
du bastion sunnite de Falloujah ayant trouvé refuge près
d'une mosquée dans l'université de Bagdad.
La seconde, employée depuis 1988 pour le quotidien italien
de gauche indépendant Il Manifesto, a été
enlevée vendredi peu après avoir rencontré
les mêmes personnes. Fuyant l'offensive américaine
en novembre 2004 contre leur ville devenue une place forte de
l'insurrection, 17 familles, soit 1.033 personnes, vivent depuis
trois mois sous des tentes autour de la mosquée sunnite
al-Moustafa de cette université du centre de Bagdad.
Toutes les deux célibataires, elles s'étaient rendues
dans des zones difficiles. Agée de 43 ans, Florence Aubenas,
qui est née en Belgique, a ainsi travaillé en Algérie,
au Rwanda, au Kosovo, en Bosnie, en Afghanistan et bien sûr
en Irak. "Elle est une grande professionnelle, habituée
des zones à risques", commente le directeur de la
rédaction de Libération Antoine de Gaudemar.
Spécialiste du Moyen-Orient, Giuliana Sgrena, 56 ans, originaire
du Piémont dans le nord-ouest de l'Italie, était
venue plusieurs fois en Irak, a travaillé en Afghanistan
et avait étudié l'arabe.
"Elle a des rapports très solides à Bagdad,
a des bons rapports avec les oulémas, est engagée
contre la guerre, comme c'est la ligne d'Il Manifesto. Elle est
tout sauf "embedded", faisant des reportages très
personnels et documentés", a indiqué à
l'AFP, le chef des pages reportage, Loris Campetti.
Brunes, les cheveux châtains et mi-courts, elles étaient
de caractères différents. Giuliana était
petite et réservée alors que Florence était
plutôt grande et avait le rire facile.
Leur point commun est qu'elles circulaient sans peur dans cette
ville, livrée à l'anarchie, aux enlèvements
politiques et crapuleux et aux meurtres. "Cela nous fait
avoir quelques doutes sur le fait qu'il puisse s'agir d'un enlèvement
politique", a ajouté M. Campetti. C'est exactement
le même sentiment qu'ont les autorités françaises
concernant la disparition de Florence Aubenas.
4 février, 17h09 - AFP
(...) La colocataire de Mme Sgrena dans un hôtel
de Bagdad, Barbara Schiavulli, journaliste italienne indépendante,
a affirmé que sa consoeur avait "décidé
d'écrire une histoire sur les réfugiés de
la ville de Falloujah" qui ont fui la ville lors de l'offensive
militaire de novembre 2004.
4 février, 14h15 - AFP
Une journaliste italienne enlevée
à Bagdad
Une journaliste italienne, Giuliana Sgrena, a été
enlevée vendredi en début d'après-midi dans
le centre de Bagdad par des hommes armés, selon le ministère
irakien de l'Intérieur et son employeur. La journaliste,
envoyée spéciale en Irak du quotidien indépendant
de gauche Il Manifesto, "a été kidnappée
aujourd'hui vers 14h00 (11h00 GMT) dans le quartier d'al-Jadriya,
près de l'université de Bagdad", a indiqué
une source du ministère.
"Des hommes circulant à bord d'un minibus ont bloqué
sa voiture. Ils ont laissé en liberté un journaliste
et le chauffeur irakiens qui se trouvaient dans sa voiture et
l'ont conduite vers un lieu inconnu", a-t-elle ajouté.
Selon un confrère de la RAI à Bagdad, Fabio Chiucconi,
la journaliste s'était rendue à la mosquée
Al-Moustafa qui se trouve dans l'enceinte de l'université
pour y interroger des réfugiés de la ville sunnite
de Falloujah contre laquelle les troupes américaines et
irakiennes ont lancé l'assaut en novembre 2004. Depuis,
117 familles, soit 1.033 personnes, vivent sous des tentes autour
de cette mosquée.
"En sortant, sa voiture a été bloquée
par un minibus et une Opel, et les ravisseurs se sont emparés
d'elle en laissant en liberté son traducteur et son chauffeur",
selon le journaliste de la RAI. "Le traducteur est actuellement
interrogé par l'armée américaine".
Il y a dix jours, un journaliste occidental, qui s'était
rendu dans le secteur pour faire le même sujet, a échappé
à un enlèvement. Une voiture a voulu l'intercepter
mais son chauffeur a réussi une manoeuvre et s'est échappé.
La journaliste française Florence Aubenas, enlevée
il y a un mois, préparait également un sujet sur
les réfugiés de Falloujah (ouest).
Le quotidien Il Manifesto a fait part du rapt de la journaliste
peu auparavant. "Giuliana nous a appelés il y a un
quart d'heure pour dire qu'elle allait bien mais cinq minutes
plus tard son interprète nous a rappelés pour dire
qu'elle a été enlevée à proximité
d'une mosquée à Bagdad", a déclaré
à l'AFP un des deux directeurs du quotidien, Gabriele Polo.
Selon des éléments fournis par le journal, des inconnus
ont tiré en direction du véhicule dans lequel se
trouvait Giuliana Sgrena pour l'obliger à s'arrêter.
Une fois la voiture arrêtée, la journaliste a été
saisie et entraînée dans une direction inconnue.
"Je partageais la chambre avec Giuliana. Elle m'a appelé
pendant que les ravisseurs l'emmenaient. J'ai entendu des tirs
et j'ai crié "Giuliana, Giuliana", mais elle
ne m'a pas répondu", a déclaré Barbara
Schiavulli, une journaliste de la radio Grt, dans un témoignage
de Bagdad rapporté par l'agence italienne Ansa.
Le ministre italien de l'Intérieur Giuseppe Pisanu a déclaré
que Giuliana Sgrena avait "probablement été
enlevée par une bande sunnite" et affirmé "l'engagement
(du gouvernement) de faire tout son possible pour obtenir sa libération".
Les forces de sécurité irakiennes et américaines
à Bagdad, ainsi que l'ambassade d'Italie ont été
informées du rapt.
4
février, 13h27 - AFP
Une journaliste italienne enlevée
en Irak
Une journaliste italienne travaillant en Irak, Giuliana Sgrena,
a été enlevée vendredi en début d'après-midi
dans le centre de Bagdad par des hommes armés qui circulaient
à bord d'un minibus, a confirmé une source du ministère
irakien de l'Intérieur. "La journaliste italienne
a été kidnappée aujourd'hui vers 14H00dans
le quartier d'al-Jadriya, près de l'université de
Bagdad", a affirmé cette source. "Des hommes
circulant à bord d'un minibus ont bloqué sa voiture.
Ils ont laissé en liberté un journaliste et le chauffeur
irakiens qui se trouvaient dans sa voiture et l'ont conduite vers
un lieu inconnu", a ajouté cette source.
Le quotidien indépendant de gauche Il Manifesto, pour lequel
Giuliana Sgrena travaille, avait fait part de son rapt peu avant.
"Giuliana nous a appelés il y a un quart d'heure pour
dire qu'elle allait bien mais cinq minutes plus tard son interprète
nous a rappelés pour dire qu'elle a été enlevée
à proximité d'une mosquée, à Bagdad",
a déclaré à l'AFP un des deux directeurs
du quotidien, Gabriele Polo, confirmant l'information donnée
quelques instants plus tôt par l'agence italienne Ansa.
Selon une première reconstitution, un groupe de personnes
armées a tiré en direction du véhicule dans
lequel se trouvait Giuliana Sgrena, envoyée spéciale
du journal en Irak, pour obliger celui-ci à s'arrêter.
Une fois la voiture arrêtée, la journaliste a été
saisie et conduite vers une direction inconnue. Les forces de
sécurité irakiennes et américaines à
Bagdad, ainsi que l'ambassade italienne dans ce pays ont été
informées de l'enlèvement.
Plusieurs Italiens ont été enlevés en Irak
depuis le début du conflit, dont un journaliste, Enzo Baldoni,
assassiné par l'Armée islamique. Enzo Baldoni, 56
ans, avait été enlevé le 20 août sur
la route entre Bagdad et Najaf. Son exécution a été
filmée et revendiquée le 26 août par l'Armée
islamique en Irak. Deux Italiennes, travaillant pour des organisations
humanitaires en Irak, avaient également été
prises en otage pendant trois semaines en septembre, mais ont
été relâchées saines et sauves. Simona
Torretta et Simona Pari, les deux humanitaires enlevées,
appartenaient à la mouvance italienne opposés à
l'intervention militaire américaine en Irak, dont l'une
des voix qui se font le plus entendre est celle du quotidien Il
Manifesto.
Une tentative d'enlèvement avait visé un journaliste
occidental dans le même quartier il y a une dizaine de jours.
4
février, 12h43 - AFP
Une
journaliste italienne enlevée en Irak (quotidien)
Une journaliste italienne travaillant en Irak, Giuliana Sgrena,
a été enlevée, a indiqué vendredi
le quotidien indépendant de gauche Il Manifesto pour lequel
elle travaillait.
"Giuliana nous a appelés il y a un quart d'heure pour
dire qu'elle allait bien mais cinq minutes plus tard son interprète
nous a rappelés pour dire qu'elle a été enlevée
à proximité d'une mosquée, à Bagdad",
a déclaré à l'AFP un des deux directeurs
du quotidien, Gabriele Polo, confirmant l'information donnée
quelques instants plus tôt par l'agence Ansa.
Plusieurs Italiens ont été enlevés en Irak
depuis le début du conflit, dont un journaliste, Enzo Baldoni,
assassiné par l'Armée islamique.
Enzo Baldoni, 56 ans, avait été enlevé le
20 août sur la route entre Bagdad et Najaf. Son exécution
a été filmée et revendiquée le 26
août par l'Armée islamique en Irak.
Deux Italiennes, travaillant pour des organisations humanitaires
en Irak, avaient également été prises en
otage pendant trois semaines en septembre, mais ont été
relâchées saines et sauves.