Enlèvement de Florence Aubenas - Florence Aubenas kidnapping
Au fil de l'info via les dépêches, les articles, les émissions ou les sites web.

 

Retour en haut de page / Back to top of this page Dimanche 22 mai à 19h12 - AFP

Barnier : la libération des journalistes est encourageante
La libération des trois journalistes roumains qui étaient retenus comme otages en Irak est encourageante pour les efforts déployés par la France pour obtenir que soient à leur tour libérés Florence Aubenas et son guide Hussein Hanoun, a déclaré dimanche à Bruxelles le ministre française des Affaires étrangères Michel Barnier.
"Très sincèrement, nous sommes heureux de la libération des trois journalistes roumains et de leur accompagnateur irakien. En effet, nous sommes encouragés par cette libération à poursuivre nos efforts pour obtenir la libération de Florence Aubenas et Hussein Hanoun" al-Saadi, a indiqué M. Barnier à son arrivée à Bruxelles, où il participe au conclave des ministres des Affaires étrangères européens sur le futur budget de l'Union européenne.
"Nous poursuivrons nos efforts jusqu'à leur libération. Nous sommes totalement mobilisés pour cela depuis le premier jour de leur enlèvement, et à Bagdad, et à Paris", a ajouté le ministre.
Bucarest a annoncé dimanche la libération des trois journalistes et de leur accompagnateur qui étaient détenus depuis le 28 mars par un groupe qui exigeait le retrait des troupes roumaines d'Irak.

Retour en haut de page / Back to top of this page Mardi 10 mai, 14h19 - AFP

Cannes déroule son tapis rouge devant George Lucas et le cinéma d'auteur
(...) L'actualité n'est pas absente du festival : les portraits de la journaliste Florence Aubenas et de son guide Hussein Hanoun, otages en Irak, ainsi que celui d'Ingrid Betancourt, otage en Colombie, surplombent la montée des marches.

Retour en haut de page / Back to top of this page Mardi 10 mai, 11h36 - AFP

Les jurés du Prix Albert Londres solidaires
Le Prix Albert Londres de la presse écrite a été décerné mardi à Istanbul à la journaliste Nathalie Nougayrède, du quotidien français Le Monde. Le Prix audiovisuel a été attribué à Grégoire Deniau et Guillaume Martin pour leur reportage "Traversée clandestine", diffusé sur la chaine de tv France 2.
Le jury de ce prix francophone a choisi de récompenser pour cette 67e édition le "courage" des journalistes, qui "exercent quelquefois un métier dangereux", a déclaré son président, l'homme de presse et écrivain français Henri Amouroux, lors de la remise des Prix au lycée Pierre Loti d'Istanbul. (...)
Les jurés du Prix Albert Londres ont par ailleurs affirmé leur solidarité avec leur consoeur Florence Aubenas, journaliste française du quotidien Libération détenue en Irak avec son guide Hussein Hannoun Al-Saadi depuis 125 jours.

Retour en haut de page / Back to top of this page Vendredi 6 mai 2005, Jour de souffrance, par Didier Daeninckx sur amnestia.net Haut de page

Ce matin, j'ai traversé le jardin et je me suis arrêté un instant devant l'arbuste dont j'avais récupéré la pousse dans l'appartement normand de mon père quand il avait fallu faire le tri de ce qu'on gardait, mes sœurs et moi. Il s'est acclimaté à la banlieue, et la vigne vierge a fait un détour, sur le mur, pour qu'il y porte son ombre.
En face, les bourgeons du lilas ont éclaté, libérant de minuscules grains sombres serrés qui n'attendent plus que le soleil pour s'épanouir en odeurs mauves. Je l'ai installé dans un coin pour que son feuillage cache un "jour de souffrance", ces petites fenêtres ouvertes sur une façade jusque là aveugle, et derrière laquelle un voisin peut jeter un œil sur le secret de mon refuge.
Je me protège de l'indiscrétion avec la complicité naturelle du lilas. A côté, les rosiers grimpants s'épaississent et on voit déjà poindre les centaines de roses qui embaumeront la rue et feront lever la tête des passants.
La tortue baptisée Tatakoukouze, (il paraît que ça voudrait dire "Ma chérie" en berbère…) sort de son trou et s'intéresse à une feuille d'endive. Les merles et les merlettes vont se cacher sous la haie de forsythias à mon approche, tandis que des volées de moineaux piaillent dans les troènes. De temps en temps, d'autres oiseaux, aux reflets fauves, les font fuir. J'ai essayé de savoir qui ils étaient, de retrouver leur profil, leurs pattes échassières dans des encyclopédies.
On m'a simplement dit qu'ils nichaient près des retenues d'eau du parc de La Courneuve qui s'étend à cinq minutes du jardin, à vol d'oiseau. On sonne à la porte. Ma fille vient prendre son scooter qu'elle remise dans le garage. Son baiser furtif sur mon front. Au passage, elle mange la moitié du croissant destiné à sa mère.
Je regarde le "jour de souffrance" et les barreaux rouillés qui le strient... Je pense à vous Florence, je pense à vous Hussein.

Retour en haut de page / Back to top of this page Jeudi 5 mai 2005, AFP à 15h52

La mobilisation en faveur de F. Aubenas, otage depuis 4 mois, ne faiblit pas
La mobilisation en faveur de la journaliste de Libération Florence Aubenas et de son guide Hussein Hanoun Al-Saadi, otages en Irak depuis exactement quatre mois, ne faiblit pas, tant chez les journalistes qu'au plus niveau de l'Etat.
"Quatre mois, c'est immensément long", a déclaré jeudi sur RTL le patron de Libération Serge July. "Lundi prochain, on en sera au 124e jour (...) On est dans de très longues durées. C'est quelque chose qui est évidemment terrible pour elle et pour lui", a-t-il ajouté. Les initiatives se sont multipliées cette semaine, culminant avec la réception mardi par le Premier ministre Jean-Pierre Raffarin d'une trentaine de directeurs de rédaction de médias français au sujet des deux otages.
M. Raffarin a dit que le gouvernement avait de "très bonnes raisons de penser" que la journaliste de Libération était vivante, ajoutant que les contacts pour la libération des deux otages étaient "alternatifs, longs, interrompus par de longues périodes de silence mais à chaque fois rétablis". "L'ensemble des services de l'Etat sont mobilisés. Plus de cent personnes, aujourd'hui, sont mobilisées pour la libération de Florence et d'Hussein. Elles ont stabilisé des contacts", a indiqué le Premier ministre. Il a aussi laissé entendre que les ravisseurs étaient divisés, leurs identité et leur motivation toujours inconnues et que la détention des deux otages était susceptible de durer longtemps.
Mardi encore, Jacqueline Aubenas, mère de Florence Aubenas, s'est dite convaincue que "Florence est vivante quelque part" et "protégée" par la solidarité. Jeudi, M. July a formulé plusieurs hypothèses sur les auteurs de l'enlèvement: "La première, c'est qu'on est face à un groupe criminel, ce qui est vraisemblable mais peut-être pas l'hypothèse la plus certaine". "Ou on est face à un groupe politique issu de la résistance irakienne, qui veut cacher son identité, et qui a d'énormes problèmes de financement, comme toutes les organisations dites +de résistance+ en Irak (...) qui doivent nourrir des combattants, faire des acquisitions d'armes", a-t-il dit. "Et puis on ne peut pas exclure qu'il y ait une main, ce qu'on appelle une main étrangère, c'est à dire d'un Etat voisin qui veut agir, peut-être en s'adressant à la France d'une manière particulière", a-t-il estimé.
M. July et le secrétaire général de Reporters sans frontières (RSF), Robert Ménard, doivent se rendre à Amman (Jordanie) le 15 mai pour rencontrer les médias arabes. Cette rencontre internationale porte sur la protection des journalistes en temps de crise, mais elle sera surtout l'occasion pour ces deux personnalités d'évoquer devant l'ensemble des médias arabes le sort de Florence Aubenas.
Par ailleurs, Reporters sans frontières a annoncé mercredi que 198 médias de toute l'Europe avaient signé la Déclaration de Bruxelles, un appel lancé aux institutions européennes le 22 mars par les directeurs de rédaction de médias européens d'information. Dans ce texte, les directeurs rappellent qu'il "n'y a pas de liberté sans liberté d'informer, partout et tous lieux" et lancent un appel aux pays membres de l'Union pour qu'ils multiplient les initiatives en faveur des cinq otages". Cet appel associe Marie-Jeanne Ion, Sorin Dumitru Miscoci, respectivement journaliste et cameraman de la chaîne de télévision roumaine Prima TV et Eduard Ovidiu Ohanesian, du quotidien privé Romania Libera.
Enfin, mardi prochain, 125e jour de détention de Florence Aubenas et Hussein Hanoun, Place de la Concorde à Paris, les portraits de Florence et Hanoun seront projetés sur deux écrans de 40m2.

Retour en haut de page / Back to top of this page Jeudi 5 mai 2005 : 4e mois de détention pour Florence Aubenas et Hussein Hanoun en Irak. Les médias européens se mobilisent (communiqué de RSF)

Le jeudi 5 mai marquera le quatrième mois de détention de Florence Aubenas et Hussein Hanoun en Irak. A ce jour, 198 médias de toute l'Europe ont signé la Déclaration de Bruxelles, un appel lancé aux institutions européennes le 22 mars dernier par les directeurs de rédaction de médias européens. Plusieurs dizaines de journaux européens (The Times, Die Welt, El País,…) publieront jeudi 5 mai le texte de la déclaration dans leurs pages. (voir la déclaration publiée par Le Matin en Suisse ici)
Dans ce texte, les directeurs de rédactions rappellent "qu'il n'y a pas de liberté sans liberté d'informer, partout et en tous lieux". Ils lancent également un appel "aux pays membres de l'Union pour qu'ils multiplient les initiatives en faveur des cinq otages". Depuis le 28 mars, cet appel fait également référence à la prise en otages des trois journalistes roumains Marie-Jeanne Ion, Sorin Dumitru Miscoci et Eduard Ovidiu Ohanesian. Tous les pays membres de l'Union européenne, à l'exception de Chypre et de Malte, sont représentés dans la liste des signataires. Face au phénomène des prises d'otages de journalistes en Irak, les médias européens réagissent ainsi de manière collective à une menace sur la liberté d'informer qui concerne toutes les rédactions. Les pays les mieux représentés dans cette liste de signataires sont la France (89 médias signataires), la Belgique (15), l'Allemagne (14), les Pays-Bas (10) et l'Espagne (8). Des médias de pays comme la Bulgarie ou la Roumanie, qui ne sont pas encore membres de l'Union européenne, se sont également associés à cette initiative. Les médias européens qui souhaiteraient signer et publier cette déclaration peuvent télécharger le texte sur le site de Reporters sans frontières www.rsf.org.
Le quotidien Libération, l'Association Mondiale des Journaux, l'Union européenne de Radio-Télévision, le World Editor Forum et Reporters sans frontières sont à l'initiative de cette mobilisation.

Retour en haut de page / Back to top of this page 5 mai - France 2 à 16h02

Les ravisseurs de Florence Aubenas et de Hussein Hanoun "agissent comme s'ils avaient le temps pour eux"
C'est ce qu'a déclaré jeudi sur RTL Serge July, le patron de Libération. Avec Robert Ménard de Reporters sans frontières (RSF), il rencontrera le 15 mai les médias arabes à Amman en Jordanie.
Tous deux évoqueront avec la presse arabe le sort de Florence Aubenas, journaliste à Libération, qui entame jeudi son 120e jour et 4e mois de détention. "Ils ne sont absolument pas pressés", a déclaré Serge July sur RTL, évoquant deux pistes - l'une criminelle et l'autre politique - quatre mois après l'enlèvement de Florence Aubenas et de Hussein Hanoun à Bagdad. Pour lui, la piste d'"un petit groupe de criminels" est "vraisemblable" mais "peut-être pas la plus certaine".
"On est face à un groupe politique issu de la résistance irakienne qui veut cacher son identité et a d'énormes problèmes de financement (...) Quand il y a plus d'une centaine d'attentats par jour, on peut imaginer que les problèmes d'intendance, d'équipement sont gigantesques", a-t-il poursuivi. "Et puis, a-t-il ajouté, on ne peut pas exclure qu'il y ait une main, ce qu'on appelle 'une main étrangère', (...) un Etat voisin qui veut agir, peut-être en s'adressant à la France d'une manière particulière".
Le Premier ministre, Jean-Pierre Raffarin, avait affirmé mardi que les contacts étaient "stabilisés" dans le processus de négociation pour la libération des otages.

A la veille du 4e mois de détention: 198 médias de toute l'Europe, a annoncé mercredi RSF, ont signé la Déclaration de Bruxelles, un appel lancé aux institutions européennes le 22 mars dernier par les directeurs de rédaction de médias européens d'information.
Cet appel a d'ores et déjà été publié dans L'International Herald Tribune, dans le Wall Street Journal, le 3 mai dans The Times. Il le sera mercredi et jeudi notamment dans El Pais, Die Welt, The Irish Times, Aftenposten, Politiken (Danemark), Le Matin (Suisse), Tageblatt (Luxembourg).
"Il n'y a pas de liberté sans liberté d'informer, partout et tous lieux" et lancent un appel aux pays membres de l'Union pour qu'ils multiplient les initiatives en faveur des cinq otages", rappellent les directeurs dans ce texte.
Cet appel associe Marie-Jeanne Ion, Sorin Dumitru Miscoci, respectivement journaliste et cameraman de la chaîne de télévision roumaine Prima TV et Eduard Ovidiu Ohanesian, du quotidien privé Romania Libera.

Retour en haut de page / Back to top of this page 4 mai 2005 - "Être seule comme Aubenas c’est le cauchemar absolu"
Article de Pierre Meyer paru dans la Tribune de Genève du 4 mai 2005.

La journaliste française Florence Aubenas a été enlevée il y a quatre mois - ce sera demain jour pour jour - avec son guide irakien Hussein Hanoun.
Depuis les nouvelles sont rares. Les autorités françaises estiment pourtant qu'ils sont tous deux vivants. Ce qu'atteste l'engagement quotidien, mais discret, des services de l'Etat français chargés d'obtenir leur libération.
Une prise d'otage est un drame humain, autant qu'une terrible et souvent longue partie d'échecs entre des ravisseurs méfiants et des libérateurs impatients. Deux ex-otages français, les journalistes Christian Chesnot - notre ancien correspondant - et Georges Malbrunot font paraître aujourd'hui en France leurs Mémoires d'otages. La lecture de leur passionnant ouvrage permet de mieux comprendre les enjeux humains et politiques d'une telle épreuve. Et de saisir ce que vit Florence Aubenas au quotidien, même si - ce que Christian Chesnot souligne volontiers - les situations n'ont rien de comparable, ne serait-ce que parce qu'elle est probablement seule.
L'ouvrage des deux ex-otages [Mémoires d'otages, Christian Chesnot et Georges Malbrunot, Calman-Lévy, Paris, 2005, 258 pages], qui évoque leurs 124 jours de détention (du 20 août 2004 au 21 décembre 2004), est un témoignage à la fois très professionnel et très émouvant. Christian Chesnot, qui a sillonné pendant des années le Proche-Orient et l'Irak pour la Tribune de Genève, a accepté de répondre à quelques questions.

Votre livre relate le constant dialogue que vous aviez avec Georges Malbrunot. Un échange semble-t-il précieux, dont Florence Aubenas serait privée....
C'était tout simplement essentiel. Avec Georges, nous avons passé notre temps à analyser la situation, à tenter de la rationaliser. Avec le recul, il est clair que c'était une stratégie de survie. Nos conditions de détention ont été parfois très dures psychologiquement, en particulier pendant quelques jours, mi-novembre, lorsque nous pensions être exécutés, mais nous n'avons jamais été maltraités. Etre seul, comme Florence Aubenas, c'est le cauchemar absolu.

Le recours fréquent à la prière, que vous évoquez dans le livre, fait-il aussi partie de cette stratégie de survie?
Je la pratiquais avant, ce qui n'était pas le cas de Georges. Dans la situation extrême dans laquelle nous nous trouvions, la prière nous apaisait, nous rassurait. C'est la dernière chose qui te relie à l'humanité et une forme de communication précieuse avec la famille et les amis. Notre Internet à nous, en quelque sorte.

Faut-il ou non médiatiser les prises d'otage?
Il ne fait aucun doute que le battage médiatique est très important, notamment au début. Cela permet aux ravisseurs, qui s'informent en temps réel, de vérifier qui sont leurs otages, assimilés a priori à des espions. La pression qui pèse par ricochet sur les autorités contraint par ailleurs l'Etat à prendre les ravisseurs au sérieux. Rien de pire que le silence ou une fin de non-recevoir. Notre collègue italien Enzo Baldoni l'a payé de sa vie.

Comment qualifier les moyens engagés par la France pour vous libérer ou pour secourir Aubenas?
Sur fond d'union sacrée, ils ont été tout à fait exceptionnels. Plusieurs centaines de personnes - ministres, diplomates, fonctionnaires et membres des services secrets - ont été mobilisées pendant quatre mois, ce qui est sans précédent. Même s'il est moins visible, un ­scénario identique est à l'œuvre en faveur de Florence Aubenas, dans un contexte pourtant différent, car il semble s'agir d'un enlèvement à la fois politique et crapuleux. Mais il y a une constante: établir les contacts est toujours lent, difficile, fastidieux.
Dans notre affaire - fait également sans précédent -, la négociation a eu lieu tout simplement via des... mails. Le dialogue s'est effectivement instauré sur Internet, en milieu ouvert!

Vous avez côtoyé de près vos ravisseurs engagés dans la lutte contre la présence américaine en Irak. Pensez-vous que l'avènement d'un nouveau gouvernement irakien est de nature à calmer les choses?
Je constate que la violence n'a pas cessé depuis les élections de janvier. En dépit du nouveau gouvernement, le risque de voir l'Irak céder à la division confessionnelle est fort. Ce serait un retour à l'âge de la pierre, avec son cortège de violence intercommunautaire. A court terme, je ne suis donc guère optimiste.
Pour ce qui est de la résistance irakienne - et notamment de l'Armée islamique en Irak (AII) qui a revendiqué notre enlèvement -, elle est constituée essentiellement d'anciens fidèles de Saddam Hussein. Mais la greffe religieuse est en train de prendre avec une présence non négligeable d'islamistes et de partisans de ben ­Laden. En Irak, aujourd'hui, la religion a nettement le vent en poupe.

Florence Aubenas  en Une de la Tribune de Genève, un des rares quotidien européens à afficher en Une à propos de la Journée mondiale de la Liberté de la presse

Retour en haut de page / Back to top of this page 3 mai, 15h23

Aubenas: contacts parfois "interrompus", "à chaque fois rétablis" (Raffarin)
Jean-Pierre Raffarin a déclaré mardi que les contacts des services français pour la libération de la journaliste Florence Aubenas et son guide irakien Hussein Hanoun sont "alternatifs, longs, interrompus par de longues périodes de silence mais à chaque fois rétablis". "L'ensemble des services de l'Etat sont mobilisés. Plus de 100 personnes, aujourd'hui, sont mobilisées pour la libération de Florence et d'Hussein. Elles ont stabilisé des contacts", a dit le Premier ministre à l'Assemblée nationale à l'ouverture de la séance des questions au gouvernement.
M. Raffarin a fait état de "contacts stabilisés mais alternatifs, longs, interrompus par de longues périodes de silence mais à chaque fois rétablis" et d'un "dialogue difficile dans une situation particulièrement dangereuse".
"Mais je veux croire que tant que ce dialogue est établi, il y a de l'espoir", a-t-il souligné.

Retour en haut de page / Back to top of this page 3 mai - AFP à 12h40

Une centaine de journalistes à Toulouse pour Florence Aubenas et Hussein Hanoun
Une centaine de personnes, membres des médias toulousains (presse écrite, radios, télévisions, agences de presse et élèves de l'école de journalisme de Toulouse) ont pris part mardi à un rassemblement sur la place du Capitole, pour apporter leur soutien à leur consoeur Florence Aubenas et son guide irakien Hussein Hanoun, a constaté un journaliste de l'AFP.
En présence du maire de Toulouse Jean-Luc Moudenc, de Nordine Benyoub représentant de la communauté musulmane et de Jean-Paul Cluzel président de Radio France, les participants au visage baillonné ont fait un sitting rythmé par un djembe. "Je ne pouvais pas être à Toulouse (pour une visite aux journalistes de la radio le Mouv') sans être présent à ce rassemblement. Nous avons été en première ligne avec Christian Chesnot lors de la précédente prise d'otages de journalistes français, c'était un minimum de solidarité de venir ici", a déclaré Mr Cluzel.

Retour en haut de page / Back to top of this page 1 mai - AFP à 12h02

Les portraits géants des reporters disparus en Irak déployés à Waterloo
Des portraits géants du caméraman français Fred Nerac, de la journaliste de Libération Florence Aubenas et de son guide Hussein Hanoun, tous trois disparus en Irak, sont déployés depuis samedi sur une façade à l'entrée de Waterloo, la commune belge où vivait Fred Nerac.
A quelques centaines de mètres de la Butte du lion qui marque l'endroit de la célèbre bataille qui mis un fin à l'aventure napoléonienne, les trois posters ont été déployés sur le coin d'un ancien bâtiment de la gendarmerie, situé au carrefour de l'un des principaux axes de pénétration dans Bruxelles. Si le sort de Florence Aubenas et de Hussein Hanoun, tous deux enlevés le 5 janvier 2005 à Bagdad, a fait l'objet d'une médiatisation exceptionnelle, la disparition de Fred Nerac dans le sud de l'Irak le 22 mars 2003 est restée moins connue du grand public.
Aujourd'hui, la famille de ce Français vivant avec sa femme et ses deux enfants depuis 12 ans à Waterloo, à une quinzaine de kilomètres au sud de Bruxelles et qui travaillait pour la chaîne de télévision britannique ITN, souhaite que son nom soit associé à ceux des autres journalistes disparus en Irak. "Je continue à y croire. Mon père était quelqu'un de très courageux. Il n'aurait jamais accepté qu'on se laisse abattre", a déclaré samedi Alexandre Nerac, 19 ans, étudiant dans une école bruxelloise qui forme des cinéastes et des photographes.
Fred Nerac a disparu dans les premiers jours de la guerre. Alors que deux véhicules de son équipe se dirigeait vers Bassorah (sud), ils se sont retrouvés au milieu de tirs croisés entre Américains et Irakiens. Des quatre membres de l'équipe, le journaliste anglais Terry Lloyd est décédé, un des caméramen a pu s'échapper. Fred Nerac et son guide libanais ont, eux, disparu.
Les investigations menées par les Américains et les Britanniques n'ayant rien donné, l'enquête a été récemment reprise par les autorités françaises. "Je suis persuadé que Frédéric n'est pas décédé sur place", a déclaré son épouse, Fabienne, en réclamant que certains témoins irakiens de la scène, faits prisonniers par les Américains, puissent être entendus. "Mon espoir, c'est celui de savoir: tant qu'il y a des pistes inexplorées, des portes qui n'ont pas été fermées, il faut continuer", a-t-elle ajouté.
Jacqueline Aubenas, la mère de la journaliste de Libération, qui vit elle aussi en Belgique, était également présente samedi à Waterloo. "Nous sommes convaincus que nos enfant et mari n'étaient pas des aventuriers du scoop mais des grands professionnels de l'info. Ils se sont trouvés là où nous avions besoin qu'ils soient pour apporter une information différente de celle apportée par une armée ou un gouvernement", a dit Jacqueline Aubenas.

Retour en haut de page / Back to top of this page 17 avril - L'Alsace - Chronique "Rapportages" par Armelle Bohn

Il n'est jamais trop tard pour bien faire:
Hier, au 107e jour de la détention de Florence Aubenas et Hussein Hanoun, en Irak, leur double portrait a été accroché sur la façade de l'Hôtel du Département, à Colmar. Une dizaine de personnes étaient présentes, dont le président Charles Buttner, qui a précisé qu'il s'agissait du premier conseil général en France à afficher de la sorte son soutien à la journaliste de Libération et à son guide, enlevés le 5 janvier à Bagdad.

Photo publiée le 17 avril dans le quotidien l'Alsace

Retour en haut de page / Back to top of this page 13 avril, 14h57 - AFP

Les journalistes irakiens solidaires de Florence Aubenas, par Salwan Binni.
Les journalistes irakiens se disent solidaires de leur consoeur française Florence Aubenas, dont la détention aura duré 100 jours vendredi, mais certains déplorent le peu de cas fait de ceux, nombreux parmi eux, qui payent un lourd tribut à la violence.
"Je suis prêt à prendre la place de n'importe quel journaliste étranger en captivité en Irak qui aurait fait son métier avec objectivité", affirme à l'AFP Jabbar Sattar Machhadani, rédacteur en chef du quotidien Al-Charqia.
M. Machhadani, également correspondant de la télévision koweïtienne, juge plus que jamais nécessaire la présence des correspondants étrangers en Irak, estimant qu'ils contribuent "plus que la presse irakienne à informer le monde de la souffrance des Irakiens".
"Je suis profondément triste à chaque fois que j'apprends qu'un journaliste étranger a été pris pour cible ou enlevé", assure ce professionnel, qui dit avoir été arrêté à trois reprises par la Force multinationale, dont une fois sur ordre du ministère de la Défense et une fois par une milice qu'il ne veut pas nommer.
Ahmed Saleh, correspondant de la chaîne de télévision Al-Arabiya basée à Dubaï, trouve "tout à fait normal que les médias étrangers fassent autant de bruit sur leurs correspondants enlevés en Irak", en référence à la campagne autour de la correspondante du quotidien de gauche français Libération, enlevée le 5 janvier à Bagdad, avec son assistant irakien Hussein Hanoun.
La presse locale, comme celle du reste du monde, donne une bonne place aux informations sur les enlèvements de correspondants étrangers, mais elle ne fait paradoxalement que rarement état des violences et des pressions que subissent ses propres employés.
Et pourtant, au vu des statistiques, ce sont les journalistes irakiens qui ont payé le plus lourd tribut depuis l'invasion américano-britannique de leur pays en mars 2003.
Sur les 23 journalistes tués en 2004 en Irak, l'écrasante majorité est constituée d'Irakiens travaillant pour les médias locaux ou étrangers, selon un décompte de l'Institut international de la presse (IPI) publié le 22 mars
L'Irak d'après-guerre "demeure l'endroit le plus meurtrier au monde pour la pratique du journalisme" avec quatre victimes de plus qu'en 2003, année de l'invasion américaine, a relevé l'IPI qui a passé au crible 191 pays.
Fondé en 1950 aux Etats-Unis, l'IPI est présent dans 115 pays.
"S'il est vrai que le journalisme est un métier à risque, l'environnement irakien échappe à toute norme et les protagonistes du conflit voient dans les correspondants des parties prenantes de ce conflit", relève M. Machhadani.
"Je pense que c'est pour cette raison qu'on s'en prend à des journalistes dont les pays sont impliqués dans le conflit", dit-il en référence aux Italiens dont le pays fait partie de la Force multinationale, dont l'un, Enzo Baldoni, a été exécuté par ses ravisseurs.
Mais cette analyse ne s'applique pas à Florence Aubenas, ni à Georges Malbrunot (Le Figaro) et Christian Chesnot (RFI) qui ont passé 124 jours de captivité en Irak avant d'être libérés le 21 décembre en dépit de l'opposition de leur pays, la France, à la guerre en Irak.
Parmi les journalistes irakiens, certains reprochent amèrement aux organismes professionnels locaux et régionaux de ne pas s'intéresser au sort des leurs lorsqu'ils sont enlevés.
"Quand un journaliste étranger est enlevé, des campagnes s'organisent, des diplomates se mobilisent et des rançons se paient alors que, quand il s'agit d'un journaliste irakien, ni l'Union des journalistes arabes ni le syndicat des journalistes locaux ne bougent le petit doigt", regrette Qaïs al-Dahi, secrétaire de rédaction de la revue hebdomadaire sportive Hala relevant du ministère de la Jeunesse.

Retour en haut de page / Back to top of this page 13 avril, 13h31 - AFP

Le père de Florence Aubenas "confiant" dans "une issue favorable"
Benoît Aubenas, père de la journaliste Florence Aubenas enlevée en Irak le 5 janvier avec son assistant irakien Hussein Hanoun, s'est montré "confiant qu'une issue favorable va se dessiner très très rapidement", dans un entretien mercredi avec l'AFP.
"Nous sommes confiants qu'une issue favorable va se dessiner, je l'espère, très, très rapidement", malgré la durée "absolument insuportable" de sa détention qui dure depuis plus de trois mois, a déclaré M. Aubenas, soulignant cependant qu'il ne disposait d'aucun élément concret pour étayer cette conviction. "Ma conviction intime est que cela va se dénouer, mais je n'ai pas d'élément pour dire: voilà pourquoi je le pense", a encore indiqué M. Aubenas. Interrogé sur la dernière fois où il avait eu des nouvelles de sa fille, M. Aubenas a évoqué la cassette qu'il avait vue au début du mois de mars "où elle était vivante et où elle parlait, même dans une condition un peu déplorable".
"Avec un peu de recul, souligne-t-il, on sait qu'il y a une mise en scène. Il s'agit d'impressionner les gens, puisque c'est une cassette remise à une agence de presse. Il s'agit de dramatiser les choses à l'excès. Bien qu'on soit très, très impressionné par cela, on sait qu'il faut le prendre avec recul".
M. Aubenas évoque aussi la déclaration du Premier ministre Jean-Pierre Raffarin le 29 mars, dans laquelle ce dernier indiquait qu'il y avait "un certain nombre de contacts sécurisés, c'est-à-dire identifiés comme réels et sûrs avec des ravisseurs, par l'intermédiaire de plusieurs personnes". "Depuis lors, poursuit-il, nous n'avons pas d'autres informations, sauf que ces contacts sont maintenus et qu'il n'y a pas eu de rupture, comme cela avait été le cas avec Christian Chesnot et Georges Malbrunot, à la fin de l'année dernière". Pour M. Aubenas, la durée de sa détention de Florence reste "un mystère". "Dans un enlèvement crapuleux, ajoute-t-il, on pourrait penser que les gens veulent très rapidement avoir de l'argent".
Selon lui, toutes les hypothèses sont bonnes: dissension entre les ravisseurs, discussion sur le montant. "A partir du moment -cela a été vérifié par Serge July (patron de Libération, le journal pour lequel travaille Florence Aubenas) sur place- où il ne semble pas que les auteurs de l'enlèvement soient des politiques ou des religieux, pourquoi est-ce que cela traîne comme cela", s'interroge le père de la journaliste.
Enfin M. Aubenas se félicite de la mobilisation en France en faveur de sa fille, à l'occasion du centième jour de détention.
"Les manifestations, c'est une chose extrêmement importante: le pire qui pouvait arriver, c'était de tomber dans la routine et dans l'oubli", dit-il. "Il y a une mobilisation continuelle qui se fait. C'est une espèce de spirale. Beaucoup de villes se mobilisent. Je suis très touché", ajoute Benoît Aubenas, qui s'apprête à partir pour Montpellier pour des actions de soutien.
Depuis l'enlèvement de sa fille, Benoît Aubenas, diplomate en retraite, s'est montré très actif pour la soutenir. Il a notamment pris la parole début avril pour défendre la liberté de la presse devant les représentants des 53 pays membres de la Commission des droits de l'homme des Nations unies réunis à Genève.
"La notion du temps est une chose très relative. En Occident on est toujours très pressé: il faut que ça roule. Dans d'autre pays, le temps, c'est infini. Mais nous, nous commençons à le trouver infini aussi", conclut-il.

Retour en haut de page / Back to top of this page 13 avril, 13h27 - AFP

Florence Aubenas, la plume et le rire réduits au silence depuis bientôt 100 jours,
par Chantal Vallette
.
Florence Aubenas, la journaliste de Libération unanimement louée pour ses qualités professionnelles et humaines, est privée de sa liberté et de sa plume depuis le 5 janvier -- soit 100 jours vendredi -- , depuis qu'elle a été prise en otage en Irak.
Depuis cette date, pas de nouvelles de Florence Aubenas, disparue en même temps que son guide-interprète Hussein Hanoun Al-Saadi, sauf deux cassettes vidéo, dont une de moins d'une minute diffusée le 1er mars par la chaîne italienne Sky-Italia. La journaliste âgée de 44 ans y apparaît pâle et amaigrie, demandant de l'aide d'une voix mécanique.
Ces images furtives, dont les télévisions françaises n'ont retransmis qu'un plan fixe, tranchent avec la description que font ses confrères et ses amis de Florence Aubenas. "Sympa", "bosseuse", "drôle", "hyper-professionnelle", les qualificatifs élogieux se bousculent pour décrire Florence Aubenas.
Une de ses proches amies parle de "la fille la plus drôle" qu'elle connaisse, très caustique, qui s'intéresse aux gens et qui "bosse à fond" ses reportages. Elle a un rire très reconnaissable et c'est aussi une "empêcheuse de tourner en rond", plutôt "grande gueule" qui n'hésite pas à dire franchement ce qu'elle pense, notamment dans la rédaction. Plusieurs de ses confrères rapportent que dans ses reportages, elle "sait faire parler longuement les gens, prendre du recul et qu'en plus, elle a un vrai talent d'écriture". Pour eux, elle est à la fois "un des piliers" de la rédaction de Libération et une de ses meilleures plumes. Chacun y va de son anecdote sur les préparatifs de ses reportages et notamment sur la couverture du procès des accusés de pédophilie d'Outreau. Pour la circonstance, elle est allée passer une semaine dans un cabinet d'avocats afin de décrypter le dossier. Elle y avait trouvé de nombreuses incohérences. Elle projetait d'écrire un livre à paraître en mai au moment du procès en appel. Ses confrères de la presse judiciaire avaient "unanimement apprécié" sa couverture de ce procès peu commun.
Florence Aubenas a le même souci de savoir et de comprendre dans ses reportages à l'étranger, souvent dans des zones difficiles. Elle a travaillé en Algérie, au Rwanda, au Kosovo, en Bosnie, en Afghanistan et en Irak.
Née en février 1961 en Belgique, de nationalité française, Florence Aubenas est diplômée du Centre de Formation des Journalistes (CFJ), promotion 1984. Elle a travaillé pour Le Matin, Le Nouvel Economiste, avant d'entrer en 1986 au quotidien créé par Serge July.
"Elle est une grande professionnelle, habituée des zones à risques", a commenté le directeur de la rédaction de Libération, Antoine de Gaudemar. "Elle a un talent immense, elle aime partir en reportage, n'a pas froid aux yeux, mais n'a rien d'une tête brûlée", renchérit une de ses collègues.
Florence Aubenas a écrit plusieurs livres, notamment avec le philosophe et psychanalyste Miguel Benasayag "Résister, c'est créer" (2003) sur l'altermondialisme, et "La Fabrication de l'information : les journalistes et l'idéologie de la communication" (1999) et avec la Tunisienne Sihem Bensedrine, "Lettre à une amie irakienne (disparue)" (2003). Elle a également raconté son expérience au Rwanda dans "On a deux yeux de trop" (1995).
Quand elle ne travaille pas, cette célibataire réputée très indépendante fait du sport (gym et natation) aime les dîners entre copains mais aussi la solitude et la lecture. Selon un de ses proches, "quand elle part en vacances, elle emporte 10 kg de livres et s'installe à l'ombre pour lire huit heures par jour".
Depuis que Florence a disparu, les messages de soutien et les témoignages se succèdent dans les pages de Libération et sur le site de son comité de soutien. Ils viennent d'horizons divers, journalistes, écrivains, cinéastes, et parlent de liberté.

Retour en haut de page / Back to top of this page 5 avril – Libération, par Y.D. et A.R.
Une allure familière sur les murs

Sur les murs de Paris, une silhouette familière a fait son apparition depuis une dizaine de jours. Ces pochoirs de Florence Aubenas, sourire aux lèvres sur fond sépia, signés Blek le rat, un des pères de l'art urbain en France, rappellent à l'attention des passants qu'une journaliste a été enlevée en Irak, il y a quatre-vingt-dix jours. «J'ai représenté Florence en pied dans les parages du journal Libération, car c'est une façon virtuelle de la faire revenir dans des lieux qui lui sont familiers», explique le pochoiriste, qui officie dans la rue depuis 1981. Combien d'affiches Blek a-t-il collées sur les murs de Paris ? Une quinzaine assurément, à Montparnasse (l'Express a aussitôt nettoyé ses murs...), à République (Libération), aux Halles, dans le quartier de la Bourse (le Nouvel Observateur, l'AFP), ou près des lieux de pouvoir telle la mairie de Paris. «Ce n'est pas beaucoup, dit Blek, mais une affiche, c'est environ dix mille personnes qui la voient. Si j'ai pu faire quelque chose de positif pour sa libération, c'est tout ce que je demande.»

Lien vers le site du graphiste Blek - Photo de Sybille Metze Prou

Fondateur du pochoirisme en France, Blek le rat, qui tira son pseudo de la BD Blek le rock, «le trappeur qui luttait contre les tuniques rouges, mais le rat s'est transformé en son anagramme "art"», s'est fait connaître en exhumant cette technique ­ ancêtre de la sérigraphie ­ utilisée par les groupes d'extrême droite en Italie avant guerre. Ses liens avec Libération sont anciens, puisqu'en 1983 le jeune diplômé en gravure et architecture des Beaux-Arts de Paris avait découpé la «photo d'un vieil homme portant une casquette, prise en Irlande du Nord», pour la transformer, dans une dizaine de villes, en silhouette à taille humaine, ici appelée Buster Keaton, là Charlot ou le Vieux. «Elle prit une dimension que je n'avais pas prévue au départ», raconte Blek. Pour Florence, il a choisi un portrait de Philippe Matsas paru dans Paris-Match, puis a fait poser sa femme pour la silhouette : «J'imagine Florence Aubenas ayant un peu cette allure.» Il ne s'est guère trompé.

Retour en haut de page / Back to top of this page 5 avril - L'absence du reporter
par Hervé Brusini, directeur de l’information de France 3, dans Libération du 5 avril 2005.

Il se passe réellement quelque chose d’exceptionnel. Presque en temps réel, l’enjeu d’une absence dépasse ses victimes, Florence Aubenas et Hussein Hanoun. L’ombre portée de ses insupportables semaines d’attente pour les familles et les amis touche aux questions fondamentales du journalisme. Sur la planète info, où les ego, les intérêts, les convictions s’entrechoquent, l’absence du reporter provoque des réunions, des initiatives. A Bruxelles, dans les régions de France, dans les salles de spectacle… on parle «journalisme».
Certes, nous ne sommes pas encore frappés par la grâce d’une sorte d’état général de béatitude mais des moments de trêve intelligente rassemblent les rédactions. Cette petite «entente collective» a la chance de ne pas se vivre dans l’autarcie d’une corporation. Des journalistes entre eux qui se raconteraient de tristes histoires de journalistes.
Nos concitoyens sont eux aussi attentifs. Ils sont présents dans les manifestations, ils écrivent leur solidarité. Les raisons de cet élan sont très certainement multiples. Et certains resteront très critiques sur la considération qu’ils portent aux journalistes pris en otages. Mais, insensiblement, lecteurs, auditeurs, téléspectateurs, se sont rapprochés des fabricants de l’information. L’absence incarnée du reporter a souligné le caractère indispensable de sa fonction. L’enjeu est crucial car il ne s’agit pas –seulement– du libre exercice de l’information rappelé dans toutes les pétitions. La nécessité du reportage sous-tend très précisément cette liberté.
Aujourd’hui, on peut informer sans faire «du reportage». Les circuits mondiaux de données, de sons et d’images permettent la mise sous perfusion éditoriale. L’ère du remix est ouverte et avec elle la sédentarisation du professionnel de l’info. L’absence du reporter rappelle qu’un témoignage écrit ou audiovisuel n’en vaut pas un autre. Il est toujours singulier. Il est le fruit d’un travail qui peut à tout moment s’interrompre brutalement ou pas. Le remix, lui, dit l’info sans l’avoir vécu. En deuxième, troisième ou quatrième main, il peut être source de clichés, rumeurs et approximations les plus redoutables. Gare à la faute de rigueur et bonjour Timisoara ! L’absence du reporter survient enfin au moment même où toute une profession présente de nombreux signes de crise. L’économie générale de l’info est à la peine, le rapport de confiance avec les usagers du journalisme est loin d’être restauré; dans le traitement de dossiers récents, nos erreurs furent manifestes. La prise d’otage en Irak agit de façon diffuse comme un catalyseur de ces questions sourdes et profondes. Elle oblige à redéfinir les fondamentaux de la profession, à les valoriser. Quelle est la fonction du reportage ? En quoi s’inscrit-elle dans un ensemble de pratiques professionnelles ? Quel est notre niveau de considération pour le mot, l’image ? Au fil des semaines, les discours des uns et des autres, que ce soient les journalistes ou ceux qui ont eu affaire à eux, affirment en creux leurs aspirations, leurs attentes.
Frappé dans sa liberté, le reporter retrouve et recompose la mémoire de son rôle. C’est qu’il l’a en partie perdue. Bien souvent devenu celui qui confirme et illustre une connaissance préétablie avant même d’avoir été y voir, le reporter se fait plus le commentateur du réel que son témoin. Il s’est mis en écriture ou voix off. Il cultive le malentendu d’un omniscient qui ne peut avoir droit à l’erreur puisqu’il n’a plus d’existence physique, puisque son regard est celui de cette vidéo mondiale qui scrute la planète apparemment sans équipe de reportage.
Il faut l’extrême d’un enjeu de vie ou de mort – grandes catastrophes, guerre…– pour qu’à nouveau il raconte. Mais, hélas, en restant souvent muet sur ce «comment diable fait-il pour être là, au cœur de l’action?», bref, sur les circonstances de production de son papier, de ses images.
La cruauté d’un enlèvement porte un coup d’arrêt salutaire à la banalisation du reportage et de ses artisans. On découvre où ils furent capturés, que leur hôtel n’a rien à voir avec un club de vacances, qu’il faut un guide affûté dans sa connaissance des gens et des lieux. Tout un contexte habituellement passé sous silence.
Un travail est mis à jour, des personnes émergent. Quel qu’il soit, le témoignage est ainsi restauré dans sa difficulté concrète. Un fondement du journalisme retrouve droit de cité… politique. Alors, pour notre démocratie, pour l’enjeu que représente l’information, l’absence du reporter ne peut pas, ne doit pas être inutile.

Retour en haut de page / Back to top of this page 4 avril - Comité de soutien

Un contact avec les ravisseurs, selon Benoit Aubenas
Le gouvernement français a réussi à prendre contact avec les ravisseurs de Florence etHussein, a annoncé lundi à Genève le père de Florence, Benoit Aubenas. «Depuis dix jours, le gouvernement français a des pistes sérieuses pour engager un dialogue», a-t-il déclaré. Il a estimé que les ravisseurs pourraient être un groupe crapuleux ou mafieux avec des renvendications financières. A la différence de l'enlèvement des deux autres orages français Christian Chesnot et Georges Malbrunot, les ravisseurs n'ont fait connaître en effet aucune revendication politique, a fait remarquer Benoit Aubenas. Benoît Aubenas a lancé un appel à la Commission des droits de l'homme.

Retour en haut de page / Back to top of this page 4 avril, 15h55 - AFP

Florence Aubenas, otage en Irak depuis trois mois : espoir et mobilisation
Trois mois après l'enlèvement de la journaliste de Libération Florence Aubenas et de son guide irakien Hussein Hanoun en Irak le 5 janvier, la mobilisation demeure soutenue en France, dans un climat relativement plus optimiste.
Depuis la cassette vidéo du 1er mars, montrant une Florence Aubenas amaigrie, cheveux épars, il n'y a pas eu de de nouvelle preuve de vie rendue publique, pourtant le gouvernement se montre plus confiant.
Le Premier ministre Jean-Pierre Raffarin a indiqué le 29 mars, à l'Assemblée nationale, que la France avait "maintenant des contacts qui semblent stabilisés, ce qui nous permet d'avoir quelque espoir" et disposait d'"informations rassurantes".
Sans en dire plus sur ces discussions car "la prudence reste notre règle".
Vendredi, Robert Ménard, secrétaire général de Reporters sans frontières (RSF), a estimé que "malheureusement (le député UMP) Didier Julia et ses amis continuent à jouer un rôle" dans cette affaire. "On ne peut estimer les conséquences qu'ils ont encore aujourd'hui sur les négociations", a-t-il ajouté.
Libération consacrera mardi une double page à ces 3 mois, évoquant la mobilisation en France, le comité de soutien... Mais il n'y a "aucune actualité", déplore le directeur de la rédaction du quotidien, Antoine de Gaudemar.
"On est toujours confiant bien sûr, car on a le sentiment que des contacts sont établis entre les ravisseurs et les autorités françaises. C'est la seule information tangible répétée", a-t-il dit à l'AFP, ajoutant : "on a l'espoir mais on n'a pas d'éléments tangibles qui font croire que l'affaire est en voie de résolution rapide".
Officiellement, il n'y a pas de revendication. Enlèvement crapuleux? politique? Pour M. de Gaudemar, "le balancement entre les deux hypothèses existe" et "une troisième hypothèse mélange les deux".
Tous les jours, à Libé, "on évoque Florence en comité de rédaction" et une "petite" cellule de crise suit le dossier. "La mobilisation continue mais il ne faudrait pas qu'elle marque le pas. Il peut y avoir un phénomène d'usure", dit-il.
Robert Ménard, lui, a "le sentiment qu'on est dans une vraie dynamique, que les choses avancent, mais cela peut prendre du temps et on n'est jamais à l'abri d'un accident dans les négociations".
L'idée est maintenant d'"internationaliser la mobilisation", affirme M. Ménard. Avant, "il y avait deux otages. Maintenant il y en a cinq, avec les journalistes roumains otages, Sorin Dumitru Miscoci, Marie Jeanne Ion et Eduard Ovidiu Ohanesian".
"Aujourd'hui, aucun média présent à Bagdad n'est à l'abri de la tragédie que vit Libération (...) Ce doit être une mobilisation de tous, la mobilisation internationale est nécessaire", martèle M. Ménard.
Mardi, une déclaration signée par plus de cent responsables de rédaction de médias européens sera remise à Paris au président du Parlement européen, Josep Borrell. Ce texte lance un appel "à toutes les institutions européennes et aux pays membres de l'Union pour qu'ils multiplient les initiatives en faveur des otages".
Simultanément, Benoît Aubenas, père de Florence, s'exprimera mardi matin devant la Commission des droits de l'Homme des Nations unies qui siège actuellement à Genève.
Dans ce même esprit, MM. Ménard et de Gaudemar se rendront à Bucarest mercredi, pour rencontrer les familles des journalistes otages, les rédactions de Prima TV et de Romania Libera, des représentants des principaux médias roumains et des responsables politiques.

Retour en haut de page / Back to top of this page 3 avril - Comité de soutien

Le comité de soutien à Florence et Hussein fait circuler une pétition dans la perspective de leurs cent jours de captivité en Irak : «Le 15 avril, il y aura cent jours que Florence Aubenas et son guide Hussein Hanoun ont été enlevés. Cent jours de détention. Cent jours d'attente. Cent jours d'angoisse. Cent jours, c'est cent jours de trop. Aujourd'hui, nous sommes plus que jamais solidaires de Florence et de Hussein. Nous sommes de plus en plus nombreux à exiger leur retour. Loin d'être entamée par le temps, notre mobilisation est chaque jour plus déterminée. Elle se maintiendra jusqu'à leur libération. Nous attendons des autorités françaises une issue rapide. Leur liberté c'est la nôtre.»
Cette pétition sera remise au président, Jacques Chirac, au Premier ministre, Jean-Pierre Raffarin, et au ministre des Affaires étrangères, Michel Barnier.
Comité de soutien Florence et Hussein, mairie du Xe, 72, rue du Faubourg-Saint-Martin, 75010 Paris.
www.pourflorenceethussein.com. La pétition au format PDF peut aussi être téléchargée ici.

Retour en haut de page / Back to top of this page 2 avril - 19h14 - AFP

Soutien des scientifiques à Florence Aubenas et Hussein Hanoun
Un groupe de "scientifiques pour Florence et Hussein" a lancé un appel à signatures publié samedi dans Libération auprès des "nombreux scientifiques qui, dans l'exercice de leur métier, défendent comme les journalistes, la circulation des idées et la liberté d'informer". L'appel en faveur de la journaliste de Libération Florence Aubenas et de son guide Hussein Hanoun al Saadi, retenus en otages en Irak depuis bientôt 3 mois, est signé par une douzaine de scientifiques pour qui "l'information, le respect des personnes et leur libre circulation sont des facteurs essentiels pour développer les conaissances".
Les scientifiques sont appelés à cliquer sur l'adresse internet suivante:
scientifiquespourflorenceethussein@liberation.fr

Retour en haut de page / Back to top of this page 1 avril - Le Monde avec l'AFP

Selon RSF, Didier Julia continue à jouer un rôle
Le secrétaire général de RSF, Robert Ménard, a estimé vendredi 1er avril que "malheureusement, Didier Julia et ses amis continuent à jouer un rôle" dans l'affaire de l'enlèvement de la journaliste Florence Aubenas.
"On ne peut sous-estimer les conséquences qu'ils ont encore aujourd'hui sur les négociations", a-t-il poursuivi. Interrogé par l'AFP en marge d'une conférence de presse à Paris sur les trois journalistes otages roumains en Irak, M. Ménard a affirmé : "On n'a jamais eu autant de raisons d'être optimiste, même si il y a plein de questions qui restent en suspens et pour lesquelles on n'a pas de réponses". Parmi ces questions, M. Ménard a cité "le rôle aujourd'hui de M. Julia et de ses amis ou un éventuel rôle de la Syrie".

Retour en haut de page / Back to top of this page 1 avril - 17h37 - Le Monde avec Reuters

Le ministre des affaires étrangères français affirme, dans une interview réalisée pour l'émission télévisée "Vivement dimanche" (diffusée sur France 2 le dimanche 3 avril), avoir des "preuves de vie" concernant la journaliste Florence Aubenas et son guide irakien Hussein Hanoun, enlevés en Irak il y a 86 jours. Il ne précise cependant pas la nature de ces preuves de vie.
"Dans une affaire aussi compliquée, dans un pays aussi dangereux, moi je pense à une seule chose, c'est à leur sécurité et au moment où ils sortiront tous les deux de là où ils sont, explique-t-il. C'est pour ça qu'on est obligé d'être discret." Le premier ministre, Jean-Pierre Raffarin, avait pour sa part fait état, mardi 29 mars, d'informations "rassurantes" sur le sort de la journaliste de Libération et de son guide irakien.
"Depuis l'appel que nous avions lancé pour que les ravisseurs s'adressent aux services officiels de notre pays, les services officiels français ont aujourd'hui des informations rassurantes", avait-il dit aux députés.
Cet appel avait été lancé début mars après la diffusion d'une cassette vidéo dans laquelle Florence Aubenas, visiblement très éprouvée, lançait un appel à l'aide au député UMP Didier Julia, dont les milieux politiques français ont largement condamné, fin 2004, la tentative avortée de faire libérer les journalistes Christian Chesnot et Georges Malbrunot. Ces deux journalistes français avaient été libérés juste avant Noël, après quatre mois aux mains de militants islamistes irakiens.
Dans l'interview enregistrée pour "Vivement dimanche", Michel Barnier explique que Florence Aubenas et Hussein Hanoun sont dans une situation différente.
"Il ne s'agit pas de la même situation, dit-il. Ces enlèvements, ces disparitions ne correspondent malheureusement pas, ou heureusement, au même réseau, aux mêmes raisons. Donc, comme nous l'avons fait dans l'autre affaire, nous traitons cette question avec beaucoup de discrétion."

Retour en haut de page / Back to top of this page 30 mars, 14h01 - AFP

Aubenas: manifestation de soutien des parlementaires au Trocadéro
Quelque 300 parlementaires de toutes tendances, députés et sénateurs mêlés, se sont rassemblés mercredi matin sur le parvis des Droits de l'Homme du Trocadéro à Paris pour manifester leur soutien à Florence Aubenas et Hussein Hanoun, détenus en otages en Irak depuis le 5 janvier.
Entourant les présidents des deux assemblées, Christian Poncelet (Sénat) et Jean-Louis Debré (Assemblée nationale), la foule des parlementaires, en majorité ceints de leur écharpe tricolore, comprenait la plupart des présidents de groupe et de commission, ainsi que les leaders de l'UMP et du PS, Nicolas Sarkozy et François Hollande. "Trois mots trottent dans nos têtes: solidarité, union et mobilisation", a lancé M. Debré, en insistant sur le désir des parlementaires de montrer leur "volonté de défendre la liberté". La détention des deux otages est "un drame humain, une atteinte à notre humanité, une violation de notre conception de la démocratie, la négation de nos valeurs", a déclaré M. Poncelet. Présent à leurs côtés, le ministre de la Culture, Renaud Donnedieu de Vabres, est venu "témoigner du soutien" du gouvernement, réuni au même moment en Conseil des ministres, à l'Elysée.
Serge July, PDG du journal Libération, à la rédaction duquel appartient Florence Aubenas, a souligné le caractère "exceptionnel" de ce rassemblement, qu'il a qualifié de "corps législatif réuni en congrès de la liberté", et affirmé que ce "message solennel sera entendu par tout le peuple irakien". Le père de la journaliste, Benoît Aubenas, a évoqué l'aspect "irremplaçable" de ce "soutien de toute la nation", alors que Georges Malbrunot et Christian Chesnot se sont exprimés au nom des 17 journalistes français qui ont été pris en otages et lu un message de leur consoeur italienne Giuliana Sgrena, libérée au début du mois.
A l'initiative de ce rassemblement avec Libération, Robert Ménard, secrétaire général de Reporters sans frontières, a rappelé que "les choses avancent à petits pas", au lendemain des déclarations du Premier ministre Jean-Pierre Raffarin selon lesquelles le gouvernement a des "contacts stabilisés" avec les ravisseurs et des "informations rassurantes" sur le sort de la journaliste. La manifestation s'est achevée par le lâcher de quelque centaines de ballons violets, sur lesquels était simplement écrit "Florence et Hussein".

Retour en haut de page / Back to top of this page 29 mars, 15h19 - AFP

Aubenas: "contacts stabilisés" et "informations rassurantes" (Raffarin)
Jean-Pierre Raffarin a déclaré mardi à l'Assemblée nationale que le gouvernement avait "des contacts stabilisés" avec les ravisseurs de la journaliste Florence Aubenas et disposait "d'informations rassurantes" sur son sort.
"Nous avons maintenant des contacts qui semblent stabilisés, ce qui nous permet d'avoir quelque espoir", a indiqué le Premier ministre en réponse à une question posée, au nom de l'ensemble des députés, par le président de l'Assemblée nationale Jean-Louis Debré. "Depuis l'appel que nous avions lancé pour que les ravisseurs s'adressent aux services officiels de notre pays", le 3 mars, "les services officiels français ont aujourd'hui des informations rassurantes" sur le sort de la journaliste de Libération, enlevée le 5 janvier à Bagdad avec son guide irakien Hussein Hanoun Al Saadi, a-t-il dit. "Vous comprendrez que je dois garder le secret sur ces discussions. La prudence reste notre règle", a poursuivi M. Raffarin.

Retour en haut de page / Back to top of this page 24 mars - Le Monde
Les médias européens réunis pour les otages

Les directeurs de rédaction d'une cinquantaine de médias européens se sont réunis, mardi 22 mars, à Bruxelles, pour appeler les institutions européennes et les Etats membres à «multiplier les initiatives en faveur des deux otages» Florence Aubenas et Hussein Hanoun, enlevés en Irak le 5 janvier. Cette rencontre, initiée par Reporters sans frontières (RSF) et le journal Libération, s'est tenue au Parlement européen, peu avant l'ouverture du sommet européen, en présence de Jacqueline Aubenas, la mère de la journaliste.
Serge July, directeur de Libération, a rappelé que les deux otages avaient été «enlevés par un groupe sans nom et pour l'heure sans revendication». Le président de RSF, Robert Ménard, a souligné que «107 journalistes sont emprisonnés dans le monde aujourd'hui». Les journalistes européens ont signé un appel rappelant qu'«il n'y a pas de liberté sans liberté d'informer».

Retour en haut de page / Back to top of this page 24 mars, 15h34 - AFP

Pour les otages, tout signe de l'extérieur est un "soutien extraordinaire", par Edouard Guihaire
Dix journalistes français, tous anciens otages, ont insisté jeudi sur l'importance de poursuivre la mobilisation pour Florence Aubenas et son guide Hussein Hanoun, car dans les "geôles" des ravisseurs, le moindre signe de l'extérieur est "un soutien extraordinaire".
Jeudi matin à Paris, ils se sont réunis pour la première fois, à l'initiative de RSF, pour demander la libération de la journaliste de Libération Florence Aubenas et de son guide irakien Hussein Hanoun, enlevés le 5 janvier à Bagdad. Etaient présents Jean-Paul Kauffmann, Georges Hansen, Jean-Louis Normandin, Roger Auque, Michelle Ray-Gavras, Jean-Jacques Le Garrec, Roland Madura, Ivan Cereix, Jérôme Bony et Eric Giet, soit 10 des 17 journalistes français pris en otage dans l'exercice de leur métier. Une déclaration commune a été lue, sous une pluie battante, sur le parvis des Droits de l'Homme, au Trocadéro. Un texte court, poignant, évoquant leurs expériences, écrit par Georges Malbrunot, ancien otage avec Christian Chesnot en Irak (qui n'ont pu être présents), en collaboration avec les journalistes Jean-Paul Kauffmann et Jean-Louis Normandin (ex-otages au Liban).
"Nous, anciens otages français réunis aujourd'hui à Paris, lançons un appel aux ravisseurs de Florence et de Hussein pour qu'ils sortent de leur silence et trouvent rapidement une issue permettant la libération de nos deux amis", a lu, sobrement, Jean-Jacques Le Garrec, qui portait, comme les autres journalistes, un bracelet et un badge "Florence & Hussein". "Nous savons par expérience combien est destructrice l'injustice de cette détention, l'absence de nouvelles, l'incertitude du lendemain et la sensation d'abandon (...) la mobilisation est essentielle", a-t-il poursuivi, le visage grave.
"Aucun geste n'est dérisoire", a-t-il souligné, en écho aux témoignages des journalistes qui ont expliqué l'impact que peuvent avoir pour un otage les manifestations extérieures de soutien. "Dans notre un petit coin de jungle, j'ai su à un moment qu'il y avait du monde à l'extérieur qui pensait à nous. C'était un soutien extraordinaire, nécessaire pour ne pas craquer", s'est souvenu Roland Madura, preneur de son à France 2, otage à Jolo (Philippines) avec son confrère Jean-Jacques Le Garrec pendant plus deux mois en 2000. C'est pour cette raison qu'"il faut continuer à se mobiliser. Pour que chaque jour qui passe Florence et Hussein sachent qu'on est avec eux", a-t-il insisté.
Jean-Paul Kauffmann était journaliste à l'Evénement du jeudi lorsqu'il a été pris en otage au Liban, de mai 1985 à mai 1988. "50 fois ma femme a tenté de me lancer un message et ce n'est que la 51ème que je l'ai reçu", a-t-il dit, expliquant que ce contact avait permis de "rompre le silence". Pour Jean-Paul Kauffmann "ce qui caractérise la prise d'otage, c'est le silence. Le silence des geôles, le silence des ravisseurs, qui ne disent rien, qui entretiennent un doute affreux. Le silence est un moyen d'intimidation et de terreur". Et "rompre ce silence, c'est important", a-t-il souligné.

Retour en haut de page / Back to top of this page 24 mars, 10h48 - AFP

Top 16 : soutien à Florence Aubenas sur le maillot des joueurs d'Auch
Les joueurs d'Auch vont jouer leur prochain match du Top 16 de rugby contre Montpellier avec un maillot affichant leur soutien à Florence Aubenas et son guide Hussein Hanoun enlevés en Irak le 5 janvier par la mention "le Gers pour Florence et Hussein", a indiqué le conseil général dans un communiqué.
"Le conseil général du Gers a décidé de renoncer à figurer sur le maillot au profit de la campagne de soutien à Florence Aubenas et Hussein Hanoun al-Saadi" à l'occasion du match de la 23e journée du Top 16 entre le FC Auch Gers et le RC Montpellier Hérault qui aura lieu le 26 mars à Auch, a expliqué le conseil général.

Retour en haut de page / Back to top of this page 24 mars - Libération et RSF

Reporters sans frontières (RSF) propose un «ruban-bracelet» à nouer à son poignet et à ne défaire qu'à la libération de Florence et Hussein. On peut se le procurer auprès de : RSF, 5, rue Geoffroy-Marie, 75009 Paris, ou à Libération, 11, rue Béranger, 75003 Paris.

Retour en haut de page / Back to top of this page 21 mars, 21h58 - AFP

Soirée de soutien à Lyon pour Florence Aubenas et son guide
Près de 2.000 personnes ont assisté lundi soir à Lyon à une soirée de soutien à Florence Aubenas et son guide Hussein Hanoun, enlevés en Irak, ainsi qu'à deux journalistes disparus en Irak et en Côte d'Ivoire, Fred Nérac et Guy-André Kieffer, a constaté un journaliste de l'AFP.
Le chanteur Kent et des groupes comme les Têtes raides, le Peuple de l'herbe ou Gnawa diffusion, étaient à l'affiche de cette soirée qui s'est tenue au Transbordeur. La totalité des billets s'étant vendus en trois jours, un écran géant avait été installé sur une place du centre de Lyon pour permettre à un public plus large de suivre l'événement en direct. Des témoignages de proches de Florence Aubenas, journaliste à Libération, et de son guide-interprète Hussein Hanoun, pris en otages en Irak depuis le 5 janvier, ont été diffusés en début de soirée. Puis des messages de soutien, envoyés par courriel ou recueillis parmi les spectateurs, ont défilé sur un écran derrière la scène.
"Le soutien et la mobilisation sont absolument indispensables aux familles, plus le temps passe", a déclaré à l'AFP le père de Florence Aubenas, Benoît Aubenas. Eric Kieffer, frère de Guy-André Kieffer, journaliste franco-canadien disparu le 16 avril 2004 à Abidjan, a indiqué être "enthousiasmé par la mobilisation".
"Le fait qu'il y ait beaucoup de monde ce soir prouve l'attachement à la liberté de la presse et à la liberté d'expression", a-t-il estimé, se félicitant également de l'installation lundi devant la mairie de Grenoble des portraits des trois journalistes et du guide-interprète. Des membres de la famille de Fred Nérac, disparu le 22 mars 2003 en Irak, étaient présents à cette soirée de soutien, à laquelle assistaient aussi notamment le maire de Lyon Gérard Collomb et le président du conseil régional Jean-Jack Queyranne.

Retour en haut de page / Back to top of this page 21 mars, 15h09 - AFP

Soirée de soutien à Florence Aubenas au collectif Mix'Art Myrys de Toulouse
Le collectif artistique Mix'Art Myrys de Toulouse organise lundi une soirée de soutien à la journaliste de Libération Florence Aubenas et à son guide Hussein Hanoun Al-Saadi, a-t-on appris lundi auprès des organisateurs.
Pour la soirée organisée dans les locaux de l'ancienne préfecture, toujours occupés illégalement par le collectif d'artistes, des textes de la journaliste ont été affichés sur les murs et d'autres seront lus par des participants. La chorale toulousaine "Le cri du choeur" participera à ce rassemblement au cours duquel une interview-vidéo de Florence Aubenas, réalisée lors d'une visite à Mix'Art Myrys il y a deux ans, sera diffusée.
"Florence était venue nous voir (...), nous avions rencontré une personne très accessible, attentive aux autres, toute simple. Nous avions aussi rencontré l'auteur d'articles et de livres qui développent une réflexion neuve et profonde sur l'engagement, le journalisme et le monde qui nous entoure", ont expliqué les organisateurs.
Florence Aubenas et son guide sont retenus en otage en Irak depuis le 5 janvier.

Retour en haut de page / Back to top of this page 20 mars - Comité de soutien à Florence et Hussein

Le foot et le rugby jouent pour Florence et Hussein et tous les otages
Après les musiciens de l'opération " 1000 fanfares ", ce sont les sportifs français qui se mobilisent à l'appel du Comité de soutien à Florence Aubenas et Hussein Hanoun, enlevés en Irak depuis le 5 janvier.
Samedi, lors de la demi-heure d'échauffement avant le dernier match du Tournoi des VI Nations, à Rome, les rugbymen du XV de France et du XV d'Italie porteront tous un tee-shirt avec le slogan " Leur liberté, c'est la notre " imprimé sous les photos de Florence et Hussein. La mobilisation des rugbymen, qui s'était déjà manifestée par un message de Jo Maso, le manager du XV de France, sur France 2 avant le premier match du Tournoi, reste solide. Jo Maso avait dit " Un mois, c'est trop long ", en commentant le triste anniversaire de 30 jours de détention. Nous en sommes à plus de deux mois d'absence, et Jo Maso apporte une nouvelle fois un chaleureux message de soutien, au nom de tous les joueurs et du président de la Fédération française de rugby Bernard Lapasset. En Italie, c'est le président de la Fédération Giancarlo Dondi qui n'a pas mis une seconde à répondre à notre appel : " sans hésitation, c'est oui, a-t-il déclaré au Comité de soutien. Fédération et joueurs, nous sommes avec vous ".
Par ailleurs, les joueurs d'Auch vont jouer leur prochain match du Top 16 de rugby contre Montpellier avec un maillot affichant leur soutien à Florence et Hussein par la mention "le Gers pour Florence et Hussein", a indiqué le conseil général dans un communiqué. "Le conseil général du Gers a décidé de renoncer à figurer sur le maillot au profit de la campagne de soutien à Florence Aubenas et Hussein Hanoun al-Saadi" à l'occasion du match de la 23e journée du Top 16 entre le FC Auch Gers et le RC Montpellier Hérault qui aura lieu le 26 mars à Auch, a expliqué le conseil général.
Samedi et dimanche, sur les terrains de football, la Ligue professionnelle s'associe elle aussi avec enthousiasme au soutien grandissant à Florence et Hussein : mercredi matin, son président, Frédéric Thiriez, a reçu l'aval du bureau dirigeant pour que tous les joueurs de Ligue 1 engagés dans la 30ème journée de championnat, entrent sur les pelouses en portant le tee-shirt Florence et Hussein. " Nous sommes heureux de participer " a déclaré le directeur général adjoint de la LNF, Jacques Thébault. Le Comité a ainsi expédié près de 500 tee-shirts, imprimés gracieusement par Goéland Production, dans les 10 clubs hôtes du week-end (Bastia, Caen, Istres, Lens, Monaco, Nantes, PSG, Saint-Etienne, Strasbourg et Toulouse).
Enfin, des clips enregistrés grâce au soutien de L'Equipe TV et de Folamour Production sont en court de montage. Patrick Vieira, Robert Pirès et Emmanuel Petit, champions du monde 1998, y prennent la parole. Ces messages seront diffusés à partir de la semaine prochaine, sur les télévisions et les radios françaises, mais aussi à l'étranger et au Moyen-Orient grâce à des versions doublées en anglais et en arabe.
Ces actions des rugbymen et des footballeurs sont très importantes : il y a dix jours, à peine rentrée d'1 mois de détention à Bagdad, la journaliste italienne Giuliana Sgrena a témoigné combien un de ses ravisseurs avait été stupéfié de voir à la télévision son idole, Francesco Totti, porter un tee-shirt siglé " Libérez Giuliana " !
Elles montrent aussi la large adhésion des sportifs français et au delà, du grand public, au message du Comité de soutien, porté jusqu'à Bagdad vers les ravisseurs, et à Paris vers les pouvoirs publics en charge d'une négociation : Florence et Hussein nous sont précieux. Ils doivent être libérés au plus vite. LEUR LIBERTE, C'EST LA NOTRE.

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