Enlèvement de Florence Aubenas - Florence Aubenas kidnapping
Au fil de l'info - Ces dépêches ou retranscriptions proviennent de AP, Reuters, AFP, de radios ou de sites web.
du 5 février au 4 mars 2005 - du 5 mars au 11 juin 2005 - à partir du 12 juin 2005

 

Retour en haut de page / Back to top of this page 4 mars 21h21 – Reuters

L'annonce de la libération de Giuliana Sgrena a fait renaître l'espoir d'une issue prochaine pour Florence Aubenas et son guide-interprète, Hussein Hanoun, enlevés il y a 58 jours en Irak. "Cela me donne beaucoup d'espoir et surtout ça me donne une très grande satisfaction de voir que les choses bougent", a déclaré le père de la journaliste française, Benoît Aubenas, sur France 2. "J'y vois aussi un signe extrêmement positif pour la libération prochaine de Florence et de son guide", a-t-il ajouté. La libération de la journaliste italienne "nous émeut et nous fait redoubler d'espoir quant à la libération" de Florence Aubenas, a souligné Marie-Ange Rodeaud, présidente du "comité de soutien à Florence et Hussein".
"Nous répétons, au gouvernement français, à toutes les personnes qui travaillent à la libération de Florence et Hussein, ainsi qu'aux personnes qui les détiennent qu'ils doivent prendre soin d'eux et les libérer au plus vite", a-t-elle ajouté dans un communiqué. Le comité de soutien "appuie" la mère de Florence Aubenas, qui a refusé cette semaine que la journaliste de Libération et son guide deviennent des "doubles otages entre les mains de leurs ravisseurs, toujours officiellement inconnus à ce jour et celles de négociateurs de quelque bord soient-ils".
De son côté, le ministère des Affaires étrangères s'est réjoui de savoir Giuliana Sgrena libre, appelant de nouveau à la libération "dans les plus brefs délais" de Florence Aubenas. "Nous saluons la libération de Giuliana Sgrena intervenue ce soir en Irak. Nous partageons la joie de sa famille et de ses proches qui ont traversé des moments difficiles jusqu'à ce soir et celle de tous les Italiens", déclare le porte-parole du Quai d'Orsay, Hervé Ladsous, dans un communiqué.

Après deux mois de silence, l'envoyée spéciale de Libération a appelé à l'aide dans une cassette-vidéo diffusée mardi. Elle apparaît seule sur les images, très amaigrie, et dit être en mauvaise santé physique et psychologique. En anglais, elle demande l'aide de Didier Julia, auteur en septembre d'une tentative rocambolesque de libération de Georges Malbrunot et Christian Chesnot.
Après avoir mis en demeure le député UMP de fournir toutes les informations qui pourraient conduire à la libération de Florence Aubenas, Jean-Pierre Raffarin l'a écarté jeudi, récusant toute "diplomatie parallèle" et s'adressant directement aux ravisseurs de la journaliste.
"Après tout le tohu-bohu qui a suivi la diffusion de la vidéo de Florence, enfin une bonne nouvelle", s'est réjoui le secrétaire général de Reporters sans frontières, Robert Ménard. "Nous voulons voir dans cette libération un signe d'espoir pour Florence Aubenas et Hussein Hanoun. Nous sommes profondément heureux et émus. Les efforts de chacun, en particulier de la presse et du gouvernement italien, ont finalement payé". Depuis l'annonce de l'enlèvement de la journaliste italienne, il y a exactement un mois, RSF avait affiché son portrait à côté de ceux de Florence Aubenas et Hussein Hanoun place de la République. Il sera décroché lundi à 15h, fait savoir l'organisation qui a reporté la balade en rollers qu'elle comptait organiser vendredi soir en soutien à Florence Aubenas à cause des intempéries. Elle aura finalement lieu le 25 mars.

Retour en haut de page / Back to top of this page 4 mars 08h20 – France-Inter
"Question directe"
de Pierre Weill. Invité: Jean-François Coppé, porte-parole du gouvernement.

P. Weill: Alors, un jour, c’est la main tendue à Didier Julia devant l’Assemblée Nationale. Le lendemain, on lui dit "non merci, on se passera de vos services". Jean-Pierre Raffarin dit hier devant les représentants des partis politiques qu’il recevait : "Julia ne sait rien et Juila ne sert à rien". Alors on se demande pourquoi Jean-Pierre Raffarin a d’abord réhabilité Julia en s’adressant à lui directement devant l’Assemblée Nationale mercredi, Didier Julia qui avait quand même traité votre collègue Barnier de "nul" lors de l’affaire Chesnot-Malbrunot. Est-ce que notre diplomatie ne sort pas de tout cela, disons "chahutée", "ridiculisée", je prends des… des termes lus dans la presse, ce matin?
J-F. Coppé: C’est évidemment des termes que je ne partage pas. Moi, je voudrais rappeler qu’il y a comme toujours dans toutes ces affaires difficiles et douloureuses, il y a les… ceux qui commentent, ce qui est normal, et puis il y a ceux qui agissent et qui sont en responsabilité. Pardon, mais il faut bien qu’il y ait quelqu’un qui, sur votre antenne, le dise. Le… la disparition de Florence Aubenas a conduit l’ensemble de nos services, vous le savez, à une mobilisation totale… totale pour la retrouver. La dernière cassette qui a été diffusée montre Florence Aubenas vivante. Chacun évidemment a ressenti avec l’émotion que l’on sait… cette image mais aussi chacun a entendu le fait qu’elle a fait appel à Didier Julia. Il était donc du devoir du gouvernement et des services d’entendre Didier Julia et c’est très exactement ce qui a été fait, sachant que…
P. Weill: ça pouvait se faire discrètement, peut-être, non?
J-F. Coppé: Pourquoi…
P. Weill: cet appel de Jean-Pierre Raffarin devant tout l’hémicycle…
J-F. Coppé: Je ne comprends pas…
P. Weill: à Didier Julia…
J-F. Coppé: Excusez-moi, mais je ne comprends pas…
P. Weill: On connaît le personnage quand même…
J-F. Coppé: Cela veut dire quoi "tout l’hémicycle" ou "pas tout l’hémicycle"? Je rappelle quand même que la cassette a été diffusée à l’ensemble de nos compatriotes. C’est l’ensemble des Français et des Françaises qui a vu cette cassette et qui sont en droit de savoir comment nous travaillons. Il était donc tout à fait légitime que le Premier ministre, euh… prenne à ce moment-là ses responsabilités et dise : "très bien, je demande aux services de…, de…, de rencontrer Didier Julia et de savoir s’il a des informations"…
P. Weill: Jean-François Coppé…
J-F. Coppé: il est sorti de tout cela qu’il n’en avait pas!
P. Weill: Didier Julia, pour vous, c’est un mythomane?
J-F. Coppé: Je ne rentre pas dans ces qualificatifs. Après tout, tous ceux qui commentent tout cela… ont le choix des mots dans ce domaine. Je dirai que de ce point de vue, ce n’est pas mon travail. Ce que chacun doit bien comprendre, c’est que nous agissons en responsabilité et qu’à partir du moment où cet appel avait été lancé à Didier Julia , il était tout à fait normal que les services interrogent Didier Julia. Y’a pas d’information nouvelle et surtout il n’y a pas de diplomatie parallèle.
P. Weill: Didier Julia a rencontré le patron de la DGSE hier. Vous confirmez que tout ce qu’il a dit n’a aucun intérêt?
J-F. Coppé: Ben écoutez, c’est en tout cas ce qu’est ressorti de… des conclusions tirées par le directeur de la Direction générale de la sécurité extérieure.

Retour en haut de page / Back to top of this page 4 mars 08h15 – France-Inter – "Géopolitique" / Emmanuel Leclerc

Retour sur ce qu’il faut bien appeler cette deuxième affaire Julia avec depuis hier ce bras de fer avec le gouvernement, Didier Julia qui tente de revenir dans la négociation pour obtenir la libération de Florence Aubenas. Eh bien, tout cela a tourné court avec les nouvelles déclarations de Jean-Pierre Raffarin.

Il y avait comme un flottement à l’issue du discours de Jean-Pierre Raffarin avant-hier devant les députés, un problème d’interprétation qui est apparu y compris dans les dépêches d’agences de presse, ce qui est assez rare. Comme un malaise également, on l’a vu, dans les rangs des députés. Alors, injonction, sommation ou réhabilitation publique du député pestiféré de la majorité?
Eh bien, depuis hier, on est fixé : il est hors de question de voir Didier Julia repartir avec ses acolytes du côté de Bagdad ou de Damas. Jean-Pierre Raffarin a donc mis de la clarté dans ses intentions après avoir soigneusement attendu la visite de la DGSE à Didier Julia, un huit clos d’une heure trente tout de même, mais visiblement le député n’avait qu’une idée en tête: oui, il est prêt à collaborer totalement avec le gouvernement mais à ses seules conditions. On le sait, il a besoin de ses collaborateurs pour qu’ils aillent, dit-il débroussailler le terrain avant que lui-même éventuellement n’intervienne. Des «mini dominici» pour l’instant sous contrôle judiciaire strict qui reviendraient par la grande porte. Scénario idéal mais la porte semble avoir claqué très fort avec ces mots du Ministre : inacceptable!
Porte qui claque très fort donc, mais alors pourquoi l’avoir entrouverte ces derniers jours? Est-ce que cela veut dire qu’en 72 heures sur le terrain, il s’est déjà passé beaucoup de choses et que l’on n’a plus besoin des services d’un trio que la DGSE n’avait de toutes façons jamais voulu revoir dans la partie? Un proche de l’Elysée nous disait hier qu’il n’y avait là rien de vraiment surprenant ni de la part de Julia –souvenez-vous quand même à qui on a à faire- ni de la part du gouvernement d’ailleurs : trop de passif, trop de méfiance pour dire : «Mais bien sûr, Monsieur Julia, allez-y ! Feu vert pour un plan B mais cette fois avec les appuis officiels qu’il vous faut. Peut-être un avion, aussi ? pas besoin de celui de Gbagbo…».
Mais non, il n’y aura pas d’aller-retour pour Bagdad ou Damas. Damas, la Syrie, son éventuel rôle dans cette affaire, «cette hypothèse légitime » confiait un diplomate hier soir. Est-ce que cela veut dire qu’en 72 heures sur le terrain, il s’est déjà vraiment passé beaucoup de choses ? Ce qui serait un signe positif en vue d’une libération prochaine de Florence Aubenas et d’Hussein Hanoun.
A regarder les grandes manœuvres autour de la Syrie en ce moment où la France est très impliquée, les négociations en cours sur l’Irak et le Liban, il y a des liens naturels que pas mal d’observateurs de la région ont déjà fait. Des liens, à défaut de certitudes, sur tout ce qui pourrait maintenant aboutir à une libération rapide car depuis 72 heures, depuis que l’on sait que Florence Aubenas est en vie, qu’y a-t-il de plus sur le fond ? Rien. Sur la forme en revanche, tout a changé. Pendant plus de 50 jours le gouvernement n’avait rien dit ou presque. Depuis l’irruption des vidéos et de ce nom fantôme, si réel, Julia, là c’est un déluge comme si depuis que les premiers d’otages ont décidé d’aller sur le terrain médiatique, Matignon et le Quai d’Orsay avaient choisi la même option. Les ravisseurs se servent de Julia à leur façon, Paris aussi. Ce sont les règles du jeu qui ont changé depuis 72 heures et c’est toujours aussi difficile à suivre.

Retour en haut de page / Back to top of this page 4 mars - Didier Julia interrogé par Renaud Bernard – France Inter 08h05

"Si le Premier ministre fait cette déclaration, je suppose que c’est que les services sont en train de libérer Florence Aubenas et par conséquent, qu’il n’a donc pas besoin de moi et c’est pas un problème pour moi ! Et j’en suis,… j’en suis d’avance très heureux pour Florence Aubenas. Simplement on va voir les choses comme elles vont se passer et bien entendu s’il arrive malheur à Florence Aubenas, je confirme que j’étais engagé à 100% pour utiliser tous mes contacts afin de la sortir de là!"

Retour en haut de page / Back to top of this page 3 mars, 20h07 - AFP

Julia: "Je n'ai jamais exigé de travailler seul" dans l'affaire Aubenas
Le député UMP Didier Julia a affirmé jeudi soir à l'AFP qu'il n'avait "jamais exigé de travailler seul" dans l'affaire de l'enlèvement en Irak de la journaliste Florence Aubenas, en réponse à des accusations portées peu auparavant par le Premier ministre. A l'issue d'une rencontre avec les responsables politiques, Jean-Pierre Raffarin a déclaré que M. Julia avait demandé à "agir de manière indépendante, avec ses propres moyens, en parallèle, ce qui est inacceptable". Répondant à ces propos, M. Julia a déclaré que cette "polémique n'a pas lieu d'être".
"Ou bien Jean-Pierre Raffarin est en train de faire sortir Florence Aubenas par les services, auquel cas il n'a absolument pas besoin de moi et je suis le premier à m'en féliciter, ou bien il va mettre Florence Aubenas dans une situation extrêmement difficile", a accusé à son tour M. Julia. "J'ai dit que je collaborais avec les autorités françaises" et "je l'ai fait", a ajouté M. Julia, en affirmant qu'il avait "amené un ensemble d'informations suffisamment intéressantes" pour que l'entretien qu'il a eu dans la matinée avec le directeur général de la sécurité extérieure (DGSE), Pierre Brochand, "dure une heure".
M. Raffarin a au contraire affirmé qu'il n'y avait "pas d'élément nouveau, concret" apporté par M. Julia "qui puisse permettre d'envisager une solution efficace", lors de cette audition. "J'ai confirmé que je ne ferai rien en dehors des autorités françaises" et "je n'ai jamais exigé de travailler seul", a assuré le député de Seine-et-Marne à l'AFP, en réaffirmant toutefois qu'il avait "besoin de ses deux collaborateurs (Philippe Brett et Philippe Evanno) pour approfondir les contacts". Dans la matinée, M. Julia avait demandé "instamment" à la justice "la levée du contrôle judiciaire" auquel sont soumis MM. Brett et Evanno, qui ont été mis en examen en décembre 2004 pour "intelligence avec une puissance ou une organisation étrangère (...) de nature à porter atteinte aux intérêts fondamentaux de la Nation".
"Si Jean-Pierre Raffarin estime que je n'ai aucune utilité dans l'affaire, très bien", a poursuivi M. Julia. "Mais ce qui est ennuyeux, c'est que les ravisseurs ont demandé comme médiateur Didier Julia, c'est leur seule exigence", a poursuivi le député, en se référant à l'appel lancé sous la contrainte par la journaliste de Libération.
Sur la chaîne parlementaire LCP-Assemblée Nationale, le député s'est d'autre part exprimé sur le fond du dossier. "J'imagine que lors de la sortie des deux otages français (Georges Malbrunot et Christian Chesnot, ndlr), il y avait un engagement à publier un message politique, or ils se sont sentis maltraités", a-t-il dit. "Je pense qu'il y a un besoin de reconnaissance de la part des forces de la résistance irakienne", a-t-il ajouté, estimant que "dans cette affaire Aubenas la Syrie ne joue strictement aucun rôle et qu'il faut arrêter les imaginations et les élucubrations sur ce sujet".

Retour en haut de page / Back to top of this page 3 mars, 19h32 - AFP

Aubenas: Raffarin écarte Julia et s'adresse directement aux ravisseurs, par Frédéric Dumoulin
Jean-Pierre Raffarin a écarté jeudi Didier Julia, qui ne possède, selon lui, aucun "élément nouveau ni concret" sur l'enlèvement de Florence Aubenas, et a lancé pour la première fois un appel à ses ravisseurs pour qu'ils la libèrent rapidement et passent par les seuls canaux officiels français.
"Je veux dire aux ravisseurs, s'ils m'entendent, que la France demande la libération rapide" de la journaliste de Libération et de son guide irakien, enlevés en Irak le 5 janvier, a lancé le Premier ministre sur un ton solennel à l'issue d'une réunion à Matignon avec les responsables politiques. "Si les ravisseurs", qui ne se sont encore jamais officiellement manifestés, "veulent engager des discussions, qu'ils s'adressent aux seuls services officiels de la France", a-t-il insisté. Il a justifié sa demande -formulée la veille à l'Assemblée- au député UMP de coopérer avec les services de renseignements par le fait que la journaliste avait "introduit son nom dans le dossier".
"Je me devais de tenir compte de ce message. Je souhaite vraiment que (Florence Aubenas) sache que, quelles que soient les circonstances de son message, nous sommes très attentifs à tout ce qu'elle exprime par sa voix mais aussi par son image", a-t-il fait valoir alors que certains hommes politiques lui ont reproché d'avoir ramené le député de Seine-et-Marne dans le jeu, malgré le fiasco de son équipée pour libérer Christian Chesnot et Georges Malbrunot, à l'automne dernier. M. Raffarin a également jugé "inacceptable" la demande de M. Julia "à agir de manière indépendante, avec ses propres moyens, en parallèle".
D'autant que, selon les premiers compte-rendus de l'audition du député, jeudi matin, par la DGSE, le Premier ministre "constate qu'il n'y a pas d'élément nouveau, concret qui puisse nous permettre d'envisager une solution efficace". A l'issue de cette audition, M. Julia avait posé comme préalable "absolument nécessaire" à sa coopération et à la réactivation des contacts dont il affirme disposer au Proche-Orient "la levée du contrôle judiciaire" touchant ses collaborateurs Philippe Brett et Philippe Evanno qui l'avaient aidé dans sa tentative avortée de libérer MM. Chesnot et Malbrunot.
"La France est mobilisée pour obtenir la libération" de Florence Aubenas et de son guide. "Ce sont les services officiels français qui sont les seuls habilités à mener les contacts nécessaires. Il n'y a aucune diplomatie parallèle. Aucune officine n'est autorisée à parler sur ce dossier comme sur les autres au nom de la France", a poursuivi le chef du gouvernement.
"A tous ceux qui, en France comme en Irak, estiment avoir des informations utiles pour la libération des otages, je leur dis: +adressez-vous aux services officiels français, donnez-nous les informations+ (...) Les portes des services français restent ouvertes, à chaque instant, pour chaque information nouvelle. Nous sommes disponibles jour et nuit", a ajouté M. Raffarin, en saluant "l'unité nationale" sur cette affaire. A l'issue de la réunion à Matignon, les responsables politiques se sont refusé à tout commentaire, à l'exception du numéro un socialiste François Hollande qui a lui aussi souhaité jeudi qu'il n'y ait "aucun intermédiaire" entre les autorités françaises et les ravisseurs.
"Avec les socialistes, je considère qu'il ne faut pas ouvrir de polémique tant que Florence Aubenas et Hussein sont détenus", a-t-il souligné en mettant en avant la nécessaire "cohésion nationale". "Lorsque l'on sait que M. Julia est UMP, il faudrait peut-être que l'UMP fasse de l'ordre dans ses propres rangs", a-t-il toutefois ajouté.
De son côté, le ministère de la Défense a fait savoir dans la journée que l'analyse des deux cassettes contenant des appels de la journaliste Florence Aubenas "est difficile" et se poursuit à la DGSE sans avoir "encore permis d'établir des conclusions certaines".
Jacqueline Aubenas, mère de la journaliste, a dit être en proie "à un sentiment absolu d'urgence" face aux images de sa fille.

Retour en haut de page / Back to top of this page 3 mars, 18h22 - AFP

Aubenas: Raffarin demande aux ravisseurs de s'adresser aux services officiels
Jean-Pierre Raffarin a demandé jeudi aux ravisseurs de Florence Aubenas, "s'ils (l')entendent", la "libération rapide" de la journaliste en les appelant à s'adresser "aux seuls services officiels" français.
Sur un ton solennel, le Premier ministre a déclaré, à l'issue d'une rencontre avec les responsables politiques, que la demande du député UMP Didier Julia d'agir "de manière indépendante, avec ses propres moyens, en parallèle" pour la libération de la journaliste Florence Aubenas était "inacceptable". "Le parlementaire demande à agir de manière indépendante, avec ses propres moyens, en parallèle, ce qui est inacceptable", a-t-il insisté.
M. Raffarin a affirmé qu'il n'y avait "pas d'élément nouveau, concret" apporté par M. Julia "qui puisse permettre d'envisager une solution efficace", lors de son audition dans la matinée par les services de renseignements dans cette affaire.
S'adressant pour la première fois aux ravisseurs de Florence Aubenas, enlevée en Irak le 5 janvier avec son guide irakien Hussein Hanoun Al-Saadi, il a lancé: "je veux (leur) dire, s'ils m'entendent, que la France demande la libération rapide de Florence Aubenas et de Hussein Hanoun". "Nous voulons les revoir dans notre pays rapidement (...) Si les ravisseurs veulent engager des discussions, qu'ils s'adressent aux seuls services officiels de la France", a-t-il insisté.
"La France est mobilisée pour obtenir (leur) libération. Ce sont les services officiels français qui sont les seuls habilités à mener les contacts nécessaires. Il n'y a aucune diplomatie parallèle. Aucune officine n'est autorisée à parler sur ce dossier comme sur les autres au nom de la France", a poursuivi le chef du gouvernement.
"A tous ceux qui, en France comme en Irak, estiment avoir des informations utiles pour la libération des otages, je leur dis: "adressez-vous aux services officiels français, donnez-nous les informations" (...) Les portes des services français restent ouvertes, à chaque instant, pour chaque information nouvelle. Nous sommes disponibles jour et nuit", a ajouté M. Raffarin. "La France est mobilisée, le gouvernement est mobilisé, je suis mobilisé pour la libération" des otages. "Je souhaite que nous puissions, dans l'unité nationale, obtenir cette libération. J'ai constaté que tous les partis politiques sont aujourd'hui rassemblés derrière l'action du gouvernement", a-t-il conclu.

Retour en haut de page / Back to top of this page 3 mars, 16h03 - AFP

Le PE appelle à la libération immédiate des otages en Irak
Le Parlement européen (PE) a appelé jeudi à la libération des journalistes enlevés en Irak, demandant aux institutions européennes de se mobiliser en faveur de la Française Florence Aubenas, de son guide Hussein Hanoun al-Saadi et de l'Italienne Giuliana Sgrena.
Dans une déclaration écrite, les présidents des groupes politiques au PE ont appelé à "la libération immédiate de tous les journalistes enlevés en Irak ainsi qu'à celle de tous les otages". Ils demandent en outre "à toutes les institutions européennes, à tous les gouvernements et à toutes les collectivités territoriales de se mobiliser en faveur de Giuliana Sgrena, de Florence Aubenas et de son guide interprète Hussen Hanoun al-Saadi". "Tous les moyens doivent être mis en oeuvre pour que les médias puissent remplir leurs tâches partout dans le monde", poursuivent les présidents de groupe, qui ont décidé d'apposer les portraits des deux journalistes et du guide interprète dans les locaux du PE.
De son côté, le président du PE, Josep Borrell, a estimé "fondamental de poursuivre sans relâche la mobilisation autour des otages afin de faire pression sur les auteurs de ces rapts odieux". Florence Aubenas, du quotidien Libération, a disparu le 5 janvier à Bagdad avec son guide. Giuliana Sgrena, envoyée spéciale du journal Il Manifesto en Irak, a de son côté été enlevée le 4 février.
La Commission européenne "partage l'émotion de tout le monde face à l'enlèvement des journalistes quels qu'ils soient. C'est bien sûr une douleur pour les familles et pour la personne en question que nous partageons totalement", avait un peu plus tôt indiqué la porte-parole de l'exécutif européen devant la presse. Interrogée sur l'absence de réaction de Bruxelles jusqu'ici dans cette affaire, la porte-parole, Françoise Le Bail, a simplement expliqué que "la pratique de la Commission n'est pas de réagir chaque fois qu'il y a des enlèvements".
En soutien aux otages, un rassemblement est par ailleurs organisé mardi soir à l'Atomium de Bruxelles par l'association qui gère l'édifice construit pour l'exposition universelle de 1958, en collaboration avec Libération, Il Manifesto, l'association Reporters sans Frontières et le Comité de soutien pour Florence Aubenas et Hussein Hanoun.

Retour en haut de page / Back to top of this page 3 mars, 14h15 - AFP

Aubenas: l'analyse des cassettes "est difficile" et se poursuit (Défense)
L'analyse des deux cassettes contenant des appels de la journaliste Florence Aubenas "est difficile" et se poursuit à la DGSE sans avoir "encore permis d'établir des conclusions certaines", a déclaré jeudi le porte-parole du ministère de la Défense Jean-François Bureau.
"Le travail d'expertise, d'analyse de ces cassettes, de ces documents, se poursuit. Il est difficile", a souligné M. Bureau lors du point de presse hebdomadaire du ministère. "A ce jour, il n'a pas encore permis d'établir des conclusions certaines, notamment de pouvoir cerner plus précisément l'écart éventuel qui existe entre le moment où ces cassettes nous sont parvenues et le moment où elles ont été enregistrées", a-t-il indiqué. Selon le porte-parole, "ce sont les services de la DGSE (Direction générale de la sécurité extérieure) qui sont chargés d'expertiser ces documents, avec les difficultés que cela représente et la mobilisation des moyens que l'on connaît".
M. Bureau a par ailleurs confirmé que des "contacts ont été pris" entre la DGSE et Didier Julia jeudi matin, au lendemain de la déclaration du Premier ministre Jean-Pierre Raffarin informant l'Assemblée qu'il avait demandé au directeur général de la sécurité extérieure Pierre Brochand de "prendre contact" avec le député UMP.
Le porte-parole a précisé par ailleurs que "l'ensemble des moyens, qui était mobilisé pour la libération de Chesnot et Malbrunot, n'a jamais cessé sa marche", en raison du calendrier très bref entre la libération des deux journalistes et la disparition de Florence Aubenas. "Les choses sont restées en l'état. Les équipes qui étaient mobilisées sur la libération des journalistes à la fin de l'année ont continué de travailler", a-t-il dit.
Selon le ministère de la Défense, l'opération en vue d'obtenir la libération de Christian Chesnot et Georges Malbrunot avait "mobilisé constamment 100 personnes et également une quinzaine de postes à l'étranger" et "plusieurs dizaines de milliers de communications avaient été interceptées, réalisées et analysées".

Retour en haut de page / Back to top of this page 3 mars, 13h22 - AFP

Aubenas: Julia s'est entretenu avec les services français mais pose ses conditions, par Lucie Peytermann
Sollicité mercredi par Jean-Pierre Raffarin, le député UMP Didier Julia s'est entretenu jeudi avec les services français en vue de la libération de Florence Aubenas, mais a posé des conditions en demandant "instamment" à la justice la levée du contrôle judiciaire sur ses collaborateurs.
Mercredi à l'Assemblée, le Premier ministre avait sommé le député de coopérer avec les services de renseignement français pour la libération de la journaliste, tout en soulignant qu'il ne pouvait y avoir de "diplomatie parallèle". Jeudi matin, Didier Julia a affirmé à l'AFP s'être entretenu à l'Assemblée pendant une heure avec le directeur général de la sécurité extérieure (DGSE), Pierre Brochand. Il n'a donné aucune indication sur la teneur de cet entretien. Dans un communiqué transmis à l'AFP un peu plus tôt, le député assurait qu'"aujourd'hui comme hier", il était "à la disposition des autorités françaises afin de faire tout ce qui sera en (son) pouvoir pour obtenir la libération de Florence Aubenas".
Dans une vidéo diffusée mardi, la journaliste, enlevée le 5 janvier à Bagdad, a lancé un appel à l'aide à M. Julia. "J'en appelle particulièrement à Monsieur Didier Julia, le député français. S'il vous plaît M. Julia, aidez-moi. C'est urgent", déclare-t-elle notamment.
Dans son communiqué, le député se dit "extrêmement choqué par l'état de totale détresse et de grande faiblesse" de Florence Aubenas. Mais "pour permettre ce travail", M. Julia oppose un préalable "absolument nécessaire": la "levée du contrôle judiciaire" sur ses collaborateurs Philippe Brett et Philippe Evanno. Les deux hommes, qui avaient participé à l'automne dernier à une tentative avortée de libération des ex-otages en Irak Christian Chesnot et Georges Malbrunot, ont été mis en examen le 29 décembre pour "intelligence avec une puissance ou une organisation étrangère". Sous contrôle judiciaire, ils ont interdiction de quitter le territoire français.
"Je demande instamment une levée du contrôle judiciaire qui les empêche de communiquer avec moi et leur interdit également d'entrer en relation avec certaines personnalités irakiennes incontournables dans cette affaire", assure M. Julia. MM. Brett et Evanno "connaissent tous mes contacts en Irak et disposent en outre, eux-mêmes, de nombreuses autres relations dans ce pays qui sont absolument indispensables à la médiation sollicitée", poursuit-il. Didier Julia a précisé à l'AFP que les membres de la DGSE venus le rencontrer à l'Assemblée étaient "au courant" de sa demande de levée du contrôle judiciaire de ses deux collaborateurs. Le député conclut son communiqué en affirmant que la libération de Florence Aubenas "ne peut être la conséquence que d'une mobilisation de tous, sans dissensions ni polémiques stériles et dangereuses, afin de faire prévaloir le respect de la personne humaine".
Dans une déclaration à l'AFP mercredi, la direction de Libération s'est interrogée sur le rôle du député. "Didier Julia prétend qu'il connaît les ravisseurs et que les ravisseurs le connaissent, pourquoi n'a-t-il pas lancé un appel en faveur de Florence et utilisé ses prétendues influences", a déclaré Patrick Sabatier, directeur adjoint de la rédaction. "Quand le journal l'a approché en ce sens, il s'est refusé à le faire", a ajouté M. Sabatier, qui s'est demandé pourquoi M. Julia, "puisqu'il prétend savoir, n'a pas informé les services secrets et nous-mêmes".

Retour en haut de page / Back to top of this page 3 mars - 08h00 - Journal de France-Inter - Gaétan Force, député PS de la Nièvre, au micro de Frédéric Pommier.

"Je dois dire que l’on a été, je crois, sur les bancs, assez stupéfaits effectivement de la démarche entreprise par le Premier ministre dans la mesure où ce genre d’interpellations appelle plutôt au contraire une explication, j’imagine entre le gouvernement et le député qui appartient à la majorité, sur les informations qu’il détient plutôt qu’une interpellation politique de cette nature. On a le sentiment, c’est vrai, que cette déclaration était un tout petit peu déplacée, mais enfin, ce qui compte maintenant c’est que toutes les informations soient réunies pour trouver une solution à la situation dramatique dans laquelle se trouve Florence Aubenas et que le temps n’est pas à la polémique, même si je vous le dit, il y a une sorte de stupéfaction à avoir entendu le Premier ministre s’exprimer d’une façon inhabituelle dans l’hémicycle à l’égard d’un parlementaire avec lequel il peut normalement entretenir, à travers les responsabilités qui sont les siennes, des relations directes, surtout sur un sujet de cette gravité."

Retour en haut de page / Back to top of this page 3 mars – C’est dans le journal - Jean-Yves Chaperon - RTL Matin

Il y a deux jours encore, on le croyait aux oubliettes de l'actualité, le voilà qui fait son retour fracassant à la Une. Il est "Le Recours", pour le Républicain Lorrain en première page : "Raffarin appelle Julia à la rescousse", titre à la Une de la Nouvelle République. Mais la sollicitation du Premier ministre hier devant l'Assemblée est aussi perçue dans le Figaro, davantage comme une avertissement qu'un retour en grâce : "Raffarin met Julia en garde", c'est le titre ce matin du Figaro.
Il n'empêche, dans le journal, on prend ça comme une sacré volte-face
Oui, "enterré, vilipendé, discrédité en décembre, le voilà bon pour reprendre du service en mars. Didier Julia, le pied nickelé de la République est donc de nouveau fréquentable. Quelle revanche ! Le gouvernement abat la carte Julia. Il n'a visiblement pas d'autre choix. Pour prendre le chemin de Damas, le Premier ministre est contraint d'aller à Canossa", c'est le jugement dans la Nouvelle République d'Hervé Cannet.
"Pestiféré hier, fréquentable aujourd'hui. Didier Julia savoure le plaisir de croire que sans lui, la France est incapable de nouer le moindre contact avec les ravisseurs. Le gouvernement a t'il cette fois vraiment besoin de lui ? Auquel cas c'est un aveu de faiblesse", c'est écrit là dans l'Est Républicain par Pierre Taribo. Dans le Républicain Lorrain, Philippe Waucampt trouve que "la réintroduction de ce Mister Bean de la diplomatie parallèle a quelque chose de tellement pathétique que c'en serait risible si des vies n'étaient encore une fois en jeu". Voilà, pour ce retour, l'accueil n'est pas franchement chaleureux dans le journal, autant en ce qui concerne le personnage Julia proprement dit, que la décision de le remettre en selle.
Dans Libération, on lit aussi que le journal a offert hier à Didier Julia de lancer dans ses colonnes un appel solennel aux ravisseurs pour qu'ils libèrent leurs otages, mais il a décliné l'invitation et a préféré aller s'exprimer sur la chaîne Al Jazeera. (…)

Retour en haut de page / Back to top of this page 3 mars – C’est juste mon avis – Jeanine Perrimond / RTL Matin

Que faut-il faire avec les vidéos de Florence Aubenas enregistrées sous la contrainte par ses ravisseurs ?
Les chaînes de télé ont fait preuve de rigueur professionnelle et de pudeur aussi, en ne diffusant pas la vidéo de Florence Aubenas. Juste une photo, c'était bien suffisant pour comprendre. Pas la peine de montrer plus longuement quelqu'un qui souffre, à ce point. Puis aussi, c'est un principe. On évite, dans la mesure du possible, de donner de l'écho aux propos enregistrés sous contrainte. On sait bien que cette cassette, ce sont des terroristes qui l'ont donné aux médias, pour en faire un instrument de pression. Pour nous terroriser. C'est exactement ce qu'ils cherchent. Donc diffuser des vidéos de ce genre revient un peu à faire leur jeu. Cela dit, des journaux, très respectables, ont mis cette cassette en ligne, sur leur site Internet. Et, surprise, les proches de Florence Aubenas, son comité de soutien aussi, n'y voient pas d'inconvénient. Même la plupart d'entre eux approuvent. "Il faut montrer la vérité, ce que vit Florence", disent-ils. "Si ça bouleverse l'opinion publique, tant mieux .Il est nécessaire que tout le monde soit mobilisé. Ca ne pourra qu'aider les négociateurs".

Or, on en est à la deuxième affaire de journalistes-otages. Les gens savent ce qui se passe. Mais savoir et voir n'est pas la même chose, comme a dit une auditrice. C'est vrai qu'avec cette vidéo, on réalise ce que veulent dire ces mots un peu abstraits, Florence et Hussein, 57ème jour de captivité. Que fait-on subir à Florence Aubenas, connue pour son courage, pour qu'elle soit dans cet état ? Alors diffuser ou pas diffuser... De toutes façons, l'heure n'est pas aux débats. C'est de solidarité dont ont besoin les otages. Enfin, c'est juste mon avis.

Retour en haut de page / Back to top of this page 2 mars, 21h20 - AFP

S. July (Libération): la cassette est un soulagement et un espoir
La cassette vidéo diffusée mardi concernant Florence Aubenas expose la souffrance de la journaliste de Libération enlevée en Irak mais elle apporte le soulagement de la savoir vivante et l'espoir qu'une solution positive puisse être trouvée, a affirmé mercredi soir à Bruxelles Serge July, le directeur du quotidien français.
Si Florence Aubenas, comme la journaliste otage italienne Giuliana Sgrena "sont vivantes, on peut penser qu'une issue positive peut être trouvée", a expliqué M. July après une rencontre avec le président du Parlement européen Josep Borrell. Il était accompagné notamment par Carla Casalini, chef du service européen du quotidien Il Manifesto, journal de Mme Sgrena, apparue elle-même sur une cassette vidéo diffusée le 16 février dernier.
"En tout cas, il n'y a pas de menace dans la cassette concernant Florence. J'y vois plutôt la forme d'un espoir", a-t-il expliqué. Mais si ce document répond à une question, en indiquant que Florence Aubenas était en vie "à une date déterminée", "on peut penser que cela pose énormément de questions auxquelles nous n'avons pas de réponse", a ajouté le directeur de Libération.
"Nous sommes tous touchés par la cassette que nous venons de voir", a indiqué Josep Borrell. "L'Europe doit se mobiliser", a-t-il poursuivi, en promettant l'appui du Parlement européen à toutes les initiatives prises pour obtenir la libération des otages. Il annoncé une déclaration solennelle de la présidence à l'ouverture de la prochaine session du PE. François d'Orcival, directeur de la publication de Valeurs Actuelles et président de la Fédération de la presse française, ainsi que des membres de l'association Reporters sans Frontières, accompagnaient Serge July et Carla Casalini. "L'information est une matière précieuse et rare. Il faut la sauvegarder", a affirmé Mme Casalini.
Evoquant "les 29 confrères irakiens" tués en Irak l'an dernier, Serge July a affirmé qu'il ne s'agissait pas d'une affaire française ou italienne. "La liberté de circuler, d'informer, partout, en tous lieux, à tout moment, sont au coeur du projet européen, de notre civilisation, de notre conception générale de la démocratie", a-t-il expliqué.
Disparue depuis le 5 janvier en compagnie de son guide irakien Hussein Hanoun Al-Saadi, Florence Aubenas lancé, dans la cassette non datée diffusée mardi, un appel au secours adressé en particulier au député français Didier Julia. Pour un membre de la délégation reçue à Bruxelles par le président du Parlement européen, cette cassette est une indication que les ravisseurs cherchent un contact avec les autorités françaises. "Les liens de Didier Julia sont en Syrie", ajoute-t-il, en estimant que cet appel, à l'évidence dicté, au parlementaire UMP (droite) peut être perçu aussi bien comme une ouverture que comme une menace de la part de ceux qui détiennent Florance Aubenas.

Retour en haut de page / Back to top of this page 2 mars 2005 - Journal de 19h00France-Inter

Jean-Pierre Raffarin demande à Didier Julia de coopérer avec les services secrets français, c’est le revirement surprenant de cette affaire d’enlèvement en Irak.
(…)
Elle (Florence Aubenas, ndt) appelle à l’aide le député français UMP Didier Julia dont la tentative en solo de libérer deux autres otages Chesnot et Malbrunot avait été qualifiée «d’équipée rocambolesque». Le député UMP dont l’action avait probablement gêné le gouvernement français fait l’objet d’une information judiciaire. Pourtant, aujourd’hui, à l’Assemblée, c’est vers lui que le Premier ministre s’est tourné:
"Florence Aubenas a lancé un appel à un parlementaire français qui a déclaré connaître probablement les ravisseurs. J’ai demandé au Directeur général de la Sécurité extérieure de prendre contact avec lui, de prendre contact avec vous, Mr le Député, pour recueillir toutes les informations qui pourraient être nécessaires pour que les services de notre république puissent agir, pour que nous puissions faire en sorte que la République agisse dans une seule direction, sous une seule autorité, sans accepter aucune diplomatie parallèle."
A l’Assemblée, Jean Pierre Raffarin a également annoncé qu’il reprendrait demain à Matignon ses réunions d’information avec les partis politiques pour faire le point sur la situation de Florence Aubenas et de son guide Hussein Hannoun Al Saadi.
Et hier, Didier Julia demandait à la justice de lui rendre sa liberté d’action. Il se disait prêt à collaborer avec le gouvernement. Il déclarait également qu’il connaissait depuis un mois le lieu de détention de Florence Aubenas ainsi que l’identité de ses ravisseurs. Hier qualifié de «Pied Nickelé», il revient donc aujourd’hui sur le devant de la scène, au moins comme un intermédiaire possible. Le député UMP Lionel Lucas ne comprend pas l’attitude du Premier ministre cet après-midi. Il le dit à Frédéric Pommier :
"On peut quand même regretter que l’on donne des signes publics vis-à-vis de tel ou tel que tout le monde connaît. Je pense que l’on serait peut-être mieux inspiré de continuer la discrétion ; que de tous les cotés on évite ce qui peut, pour le public, être un spectacle. Peut-être dans un bureau, c’était mieux que de le faire publiquement. Moi, en tant que parlementaire, j’ai mal vécu cette façon de faire. Le Premier ministre, c’est le Premier ministre de la France et il s’adresse à tous. Et pas spécialement à des noms jetés en pâture par des gens pas fréquentables. Et puis si on a des choses à dire à des parlementaires ou à des gens qui sont en prise peut-être… là, ça se fait dans un bureau et pas en séance. Et je ne vois vraiment pas en quoi ça peut amener quelque chose de positif ; ça ne peut qu’empirer une situation qui a l’air déjà bien compliquée. Je me demande ce que nos concitoyens ont pu penser de cette scène."

Cette vidéo de Florence Aubenas, seule sans son guide, nous donne effectivement les premières nouvelles de la journaliste depuis son enlèvement il y a 56 jours maintenant. La vidéo jette également le trouble car elle pose plus de questions qu’elle n’apporte de réponses, d’abord sur la santé de la journaliste de Libération, mais aussi sur l’action du gouvernement français pour la libérer et sur le rôle que pourrait jouer Didier Julia. Et il faut bien le dire, ce soir, Françoise Degoix, on a du mal à y voir clair.
«Oui, c’est un euphémisme. D’un côté, Jean-Pierre Raffarin, vous venez de l’entendre, théâtralise son appel à Didier Julia, lequel d’ailleurs est assis en face de lui sur les bancs de l’Assemblée et reste de marbre. Julia voué aux gémonies à l’automne, critiqué par la quasi-totalité des parlementaires et par le ministre des affaires étrangères Michel Barnier, voilà donc ce député pestiféré réhabilité en quelque sorte par le Premier ministre cet après-midi. Pourquoi ? D’abord il est évident que Jean-Pierre Raffarin ne veut pas insulter l’avenir et ne ferme aucune porte, pas même celle de Julia, au risque, vous l’avez entendu, de se faire critiquer par sa majorité. Critiqué aussi, Jean-Pierre Raffarin, par Didier Julia lui-même.
Nous l’avons joint il y a quelques minutes au téléphone, et il est très en colère. "J’aurais préféré que Monsieur Raffarin me téléphone pour me prévenir au lieu de faire ce cinéma ridicule" dit-il. Il affirme n’avoir aucun contact téléphonique avec personne sauf Edouard Balladur, une seule fois, et attend que le patron de la DGSE l’appelle pour lui donner ses informations. Par ailleurs, il a nié avoir rallumé ses contacts sur l’affaire Aubenas en février, mais confie en revanche qu’il a réactivé ses réseaux en Irak depuis hier. Alors entre la peur de mettre en danger la vie de Florence Aubenas, les coups de billards à 18 bandes et les mensonges patentés, la séquence aujourd’hui est impossible à décrypter dans sa totalité.

Retour en haut de page / Back to top of this page 2 mars, 19h02 - AFP

Aubenas: Raffarin somme Julia de livrer les informations dont il disposerait, par Valérie Leroux et Frédéric Dumoulin
Au lendemain de la diffusion d'une vidéo de Florence Aubenas en appelant à Didier Julia, Jean-Pierre Raffarin a mis en demeure mercredi le député UMP de livrer les informations dont il affirme disposer au risque, en sollicitant sa coopération, de le remettre en selle. La journaliste de Libération, disparue le 5 janvier en Irak avec son guide irakien, "a lancé un appel à un parlementaire français qui a déclaré connaître probablement les ravisseurs", a déclaré le Premier ministre à l'Assemblée.
"J'ai demandé au directeur général de la sécurité extérieure (Pierre Brochand) de prendre contact avec lui, de prendre contact avec vous, M. le député", a-t-il insisté en s'adressant à M. Julia, présent dans l'hémicycle, sans jamais le citer nommément. Une façon de mettre devant ses responsabilités ce parlementaire, voué aux gémonies par les milieux politico-médiatiques depuis son équipée malheureuse en Syrie, fin septembre, visant à libérer deux autres journalistes otages en Irak, Christian Chesnot et Georges Malbrunot.
Il ne s'agit pas d'un appel à collaboration, mais plutôt de s'assurer avec les services de renseignements si M. Julia dispose ou non d'informations, a fait valoir l'entourage de M. Raffarin. M. Julia s'est dit mardi prêt à se mettre "à la disposition" du gouvernement car il "connaît probablement les ravisseurs" et "peut rallumer les contacts" qu'il dit avoir dans la région. "Toute personne qui croirait détenir des informations sérieuses a le devoir de les porter immédiatement et sans condition à la connaissance des autorités", a averti M. Raffarin.
Le Premier ministre a surtout mis l'accent sur la nécessité "d'agir sous une seule autorité", celle de son gouvernement, en excluant "toute diplomatie parallèle" qui avait été reprochée à M. Julia à l'automne dernier.
"Nous souhaitons obtenir cette libération par l'action de la France, par l'action de ses services", a-t-il martelé dans un discours que le député de Seine-et-Marne n'a pas applaudi.
Signe que le ton a changé à l'égard de M. Julia, le ministre des Affaires étrangères Michel Barnier, qui avait reproché à Didier Julia d'avoir "manqué d'esprit civique" au moment de l'échec de son opération pour Chesnot et Malbrunot, a déclaré au Monde qu'il "faut tirer tous les fils possibles et explorer toutes les pistes".
"Aucune porte ne doit être fermée", a renchéri le député UMP Alain Marsaud, ancien juge antiterroriste, en soulignant que M. Julia avait "prouvé qu'il avait de l'entregent sur place".
La gauche, qui avait l'an dernier dénoncé "l'opération pieds nickelés" de M. Julia, s'est elle aussi refusé, par la voix de Jean-Marc Ayrault (PS), à toute "polémique".
Mercredi, le gouvernement semblait n'avoir pas d'explication sur le sens à donner à l'appel à l'aide de Florence Aubenas à Didier Julia. Soulignant qu'il ne pouvait "pas encore déterminer les dates exactes des cassettes" montrant la journaliste -une autre ayant été montrée à la famille Aubenas le 24 février- M. Raffarin a même lancé: "ou les images sont vraies et elles sont insupportables ou ces images sont fabriquées et elles sont inacceptables". Il a par ailleurs confirmé qu'"aucune revendication" n'avait été formulée ni "aucun dialogue" établi "avec des ravisseurs authentifiés".
Mercredi, la presse française évoquait un éventuel rôle de la Syrie -de plus en plus sous pression depuis l'assassinat récent de l'ancien Premier ministre libanais Rafic Hariri- après l'appel à l'aide adressé à M. Julia.
Une hypothèse reprise par le député Marsaud qui parle "d'une énorme manipulation de la Syrie". De son côté, le directeur de Libération, Serge July, voit dans le "retour" de M. Julia, que la journaliste ne connaissait pas, un message à la France pour montrer qu'il y a "un lien avec l'affaire précédente" Chesnot-Malbrunot.
Enfin, répondant à la demande, notamment, du président de l'UDF François Bayrou et du numéro un socialiste François Hollande, M. Raffarin recevra jeudi à Matignon l'ensemble des responsables politiques représentés au Parlement pour les informer des développements de l'affaire Aubenas.

Retour en haut de page / Back to top of this page 2 mars, 18h36 - AFP

Le président italien appelle à la libération de Florence et Giuliana
Le président de la République italienne, Carlo Azeglio Ciampi, a appelé mercredi à la libération de la journaliste italienne Giuliana Sgrena et de sa consoeur française Florence Aubenas enlevées en Irak.
"Nous demandons avec force que Giuliana Sgrena et Florence Aubenas soient libérées. Leur libération serait une bonne chose pour tous et plus particulièrement pour l'avenir de l'Irak", a-t-il dit au cours d'une cérémonie à Rome en présence de nombreux journalistes. "Quand des journalistes perdent la vie pour avoir voulu faire leur travail ou qu'ils sont l'objet de violence, je pense naturellement à Giuliana Sgrena et Florence Aubenas, choisies par leurs ravisseurs pour avoir exercé avec passion leur métier de chroniqueur, alors nous nous sentons tous blessés", a poursuivi le chef de l'Etat.
M. Ciampi s'exprimait en présence des organisateurs et des participants à un concours italien de journalisme, le "Prix du chroniqueur - Piero Passetti
La journaliste française Florence Aubenas, disparue à Bagdad le 5 janvier, a lancé un appel à l'aide urgent dans une cassette-vidéo diffusée mardi. Son homologue Giuliana Sgrena a été enlevée le 4 février et une cassette vidéo de la journaliste italienne a été diffusée le 16 février.
Mme Sgrena demande elle aussi de l'aide et réclame le retrait des troupes italiennes d'Irak.
En Italie, des responsables religieux, politiques et associatifs observent à tour de rôle une grève de la faim pour demander la libération des journalistes pris en otage en Irak et s'opposer à la guerre dans ce pays. L'initiative, baptisée "Combien de jours avant l'aube?", est destinée à obtenir la "libération de Giuliana Sgrena, Florence Aubenas et Hussein Hanoun al-Saadi (le guide de Mme Aubenas) ainsi que des autres personnes enlevées et de tout le peuple irakien", a indiqué l'un des participants.

Retour en haut de page / Back to top of this page 2 mars – 13h00 France Inter – Interview de François Loncle, député socialiste, membre de la Commission des Affaires étrangères à l’Assemblée.

France-Inter : "Etes-vous de ceux qui pensent que la Syrie peut être impliquée ?
F.Loncle.: "C’est la mode, si j’ose dire… C’est que maintenant la Syrie est responsable de tout, de tous les attentas, de toutes les prises d’otages… Je crois qu’il faut être très prudent, là-dessus. Il est possible que… il y ait quelques fils, quelques liens mais de là à mettre ça sur le dos de la Syrie, je crois que c’est un peu facile. Et moi, je fais confiance au Ministère des Affaires étrangères, à l’ambassadeur Bagelet à Baghdad, à la DGSE pour… exploiter les informations que nous… nous avons reçu avec ces cassettes en particulier."

France-Inter : "Je sais qu’il est difficile de parler de ce genre de choses parce que la sécurité de notre consoeur est en jeu, mais quelle vous paraît être l’hypothèse la plus crédible et quelle est l’hypothèse privilégiée comme piste de travail pour le gouvernement notamment?"
F.L.: "Eh bien, je crois qu’il faut faire exactement ce qui avait été tenté dans une deuxième phase, lors de la prise d’otages de Chesnot et Malbrunot, et c’est le Ministère des Affaires étrangères et la DGSE qui s’en étaient occupés. Il faut évidemment localiser et identifier les preneurs d’otages. Je ne sais pas si la première ou la deuxième cassette vont être suffisantes pour cette identification qui est indispensable. Il y a eu des intermédiaires. Serge July l’a dit dans l’interview qu’il vous accordé et donc c’est avec ces intermédiaires qu’il faut traiter. Je crois qu’il faut être à la fois minutieux, prudent et très actif, y compris d’ailleurs dans la reprise d’un dialogue avec la Syrie parce que les relations avec la Syrie sont très mauvaises, extrêmement mauvaises depuis quelques semaines et je crois qu’il faut avoir le courage de dialoguer dans ces cas-là."
France-Inter: "Alors, il n’y a pas de revendication, ce n’est pas un hasard, c’est une stratégie. Comment l’expliquez-vous ? Est-ce qu’il s’agit de débuter une sorte…"
F.Loncle.: "Eh bien, écoutez… Au départ, on a déclaré qu’il s’agissait d’un enlèvement crapuleux,… Maintenant, si on arrive à localiser, à identifier un tant soit peu avec les cassettes qui sont parvenues,… eh bien peut-être que cela va se transformer dans une prise d’otages avec des considérations politiques. Mais vous savez, c’est un tel désordre là-bas qu’on ne peut pas certainement… … arriver rapidement à une conclusion certaine. En tout cas,… en tout cas, c’est vrai que Florence Aubenas a, comme tous les otages, a été manipulée par ses preneurs, par ses ravisseurs et… et son deuxième témoignage en fait foi. Visiblement, c’est… c’est triste, c’est pénible, mais cet appel à Didier Julia montre bien qu’il y a derrière cela une manipulation des ravisseurs."

France-Inter: "Une bonne connaissance également de la politique française?"
F. Loncle: "Oui, enfin, vous savez… il suffisait de lire les titres des journaux, il y a quelques semaines, mais évidemment il faut se garder de… de… de laisser, comme la dernière fois… mon collègue Julia libre de ses mouvements. Il faut que le gouvernement une fois pour toutes le contrôle et évite de l’utiliser."

France-Inter: "Alors le fait qu’on n’ait pas de nouvelles du guide et interprète de Florence, est-ce quelque chose pour vous qui est porteur d’inquiétudes, pour lui d’abord, pour Florence Aubenas également ??"
F. Loncle : "Très certainement pour lui. Très certainement pour lui, mais… cela n’a pas de conséquence directe sur les espoirs que l’on peut formuler à juste titre sur Florence Aubenas. Quelle…"
France-Inter: "Mais…
F. Loncle: "Quelle que soit évidemment la… la difficulté qu’elle ressent et ça s’est bien vu dans la deuxième cassette."

France-Inter: "François Loncle, un mot sur ces deux vidéos car il y en a 2, hein ? Celle que nous avons découverte hier. Il y a celle qui a été envoyée à la famille de Florence, le 24. Elle a été enregistrée le 23. On n’en a jamais entendu parler jusqu’à hier. Pourquoi ce silence?"
F. Loncle: "Je pense que le gouvernement, Monsieur Barnier a raison de privilégier la famille, privilégier aussi Libération et Serge July en particulier et que l’information rendue publique… ça n’est pas ce qu’il y a de plus important. Je… Je crois que c’est la famille qui doit recevoir les premières informations. Notamment, c’est la première fois que l’on voyait Florence Aubenas. C’est la première fois qu’on avait des nouvelles car cet enlèvement est d’autant plus tragique que voilà des semaines que nous n’avions strictement aucune nouvelle."

Retour en haut de page / Back to top of this page 2 mars – 13 h00 France Inter
Interview de Bernard Acoyer, président du groupe UMP à l’Assemblée nationale
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"C’est au gouvernement de travailler s’il le faut avec Didier Julia. C’est cela l’essentiel et je ne vais pas encore une fois faire des suppositions. La situation est trop grave.
Les pouvoirs publics, le gouvernement, les services exploreront certainement toutes les voies et pourquoi pas celle-ci bien entendu. Dans une situation comme celle-ci, ce qui prévaut encore une fois, c’est l’essentiel. Et l’essentiel, c’est la prudence, c’est la cohésion. N’allons pas chercher des polémiques, des interprétations. Je me suis entretenu hier avec Edouard Balladur, Président de la commission des Affaires étrangères, qui a lui, eu lui-même un contact avec Didier Julia et dans ce contact, il a été précisé par Edouard Balladur, il a été précisé à Didier Julia qu’il devait se tenir à la disposition du gouvernement et que les initiatives personnelles n’étaient pas souhaitables."

Retour en haut de page / Back to top of this page 2 mars – 13 h00 France Inter – Interview de Serge July

"Il y a deux cassettes. Il y a une cassette qui a été montrée à la famille, le jeudi dernier, qui est datée du 23. C’est-à-dire que les ravisseurs ont fait en sorte… qu’ils ont fait une mise en scène, il y a la date du 23 en anglais. Cette cassette est intéressante comparée à celle dont nous avons pris connaissance hier. D’abord celle-là est passée par les services de l’Ambassade à Baghdad. Elle a été remise par un intermédiaire qui cherchait à crédibiliser son statut d’intermédiaire dans une éventuelles négociation en remettant cette preuve de vie. Dans cette cassette, Florence apparaît… fatiguée, mais… ce n’est pas le visage de la femme qu’on voit dans la deuxième cassette. Le texte lui-même est au début un peu différent puisqu’elle parle de son état psychologique mais elle ne le décrit pas comme aussi mauvais qu’ elle le décrit dans la deuxième. Et puis surtout, il y a une différence fondamentale: elle ne parle pas du tout de Julia. Or ça a été filmé sans doute dans le même lieu, dans les mêmes conditions, pas le même jour puisque les vêtements ne sont pas exactement les mêmes et surtout l’état physique de Florence Aubenas n’est pas le même."

Retour en haut de page / Back to top of this page 2 mars 08h32 - AFP

Disparue le 5 janvier à Bagdad où elle était partie en reportage, la journaliste de Libération a appelé au secours dans une cassette vidéo diffusée mardi, où elle apparaît très éprouvée physiquement et moralement.
"Je lance un appel au député français Didier Julia. S'il vous plaît, M. Julia, aidez-moi. C'est urgent, aidez-moi", a-t-elle ajouté. Aucune revendication n'accompagnait cette cassette, ni le nom du groupe qui la détient, ni non plus d'indice permettant de dater l'enregistrement. Aucune mention n'a été faite de son guide irakien, Hussein Hanoun Al-Saadi.
Cet appel au député Julia (UMP, droite) a beaucoup surpris dans la mesure où ce dernier semblait largement discrédité à la suite du fiasco qui a entouré son initiative visant à la libération des journalistes français Christian Chesnot et Georges Malbrunot. Ils ont été finalement libérés le 21 décembre, après quatre mois de captivité en Irak. Deux collaborateurs de M. Julia ont été mis en examen pour "intelligence avec une puissance étrangère" et une information judiciaire a été ouverte à son encontre.
Le directeur de Libération, Serge July, tout comme le secrétaire général de Reporters sans frontières, Robert Ménard, ont estimé qu'"on" avait demandé à Florence Aubenas de lancer cet appel à M. Julia. "On ne peut pas imaginer que le nom de (Didier) Julia ne lui a pas été dicté par les ravisseurs", a estimé M. Ménard.
Les services de renseignement français analysent l'enregistrement vidéo, selon une source proche de la DGSE (renseignements français), sans pour autant avancer encore de réponse sur la raison de cet appel à M. Julia.
"C'est beaucoup de questions, beaucoup d'hypothèses", a-t-on précisé, ajoutant que cette cassette "est étudiée sous tous ses aspects, technique, linguistique". Parmi les hypothèses retenues, certains avancent une action syrienne pour mettre à mal la diplomatie française, qui s'oppose de plus en plus fermement à la présence de Damas au Liban.
Le ministre des Affaires étrangères français Michel Barnier n'a pas écarté de recourir à Didier Julia, en déclarant: "S'agissant d'un parlementaire qui a été cité, je crois qu'il a lui-même dit qu'il était à la disposition des autorités françaises. Nous allons, après avoir analysé cette vidéo, prendre les décisions les plus utiles". Sur TF1, le député français a estimé mardi soir que les ravisseurs étaient probablement des gens qui le connaissent et qu'il connaît.
"Ce sont les ravisseurs qui la détiennent, qui lui ont demandé de citer mon nom", a déclaré M. Julia.
"J'ai la certitude qu'il faut aller vite, que Florence est fatiguée, physiquement et peut-être psychologiquement", a déclaré pour sa part à Toulouse (sud-ouest de la France), Jacqueline Aubenas, la mère de la journaliste de Libération.
Plus d'un millier de personnes se sont rassemblées mardi soir dans une salle de concert de Toulouse en soutien à la journaliste française et à son guide irakien.

Retour en haut de page / Back to top of this page 2 mars – C’est dans le journal - Jean-Yves Chaperon - RTL Matin

Cette photo, d'abord, presque partout à la Une, du Parisien au Berry républicain, de la Dépêche du Midi à l'Humanité, la photo de ce visage de Florence Aubenas marqué par la fatigue et le découragement. Dans son éditorial de La Croix, Bruno Frappat explique pourquoi son journal s'est même refusé quant à lui a publier cette photo. Ce serait, pour reprendre son expression, "faire la courte échelle aux ravisseurs". Il a suffi déjà, du point de vue des maîtres chanteurs qu'ils aient pu faire savoir à la France entière que cette jeune femme appelait au secours, qu'elle souffrait, qu'elle était mal en point. Un extrait de l'éditorial d'Antoine de Gaudemar de Libération, "pourtant, il faut voir dans ces images bouleversantes un réconfort, un encouragement. D'abord parce que c'est le signe de vie tant attendu : Florence est vivante, Florence parle. Ensuite parce que cette vidéo signifie peut-être l'amorce d'une négociation entre ravisseurs et autorités françaises. Enfin, parce que plus que jamais, il faut maintenir la mobilisation."
Beaucoup de mystères aussi, relevés dans le journal, autour de l'appel formulé par Florence Aubenas au député Didier Julia.
"Les questions se bousculent. Pourquoi un message aussi bref? Pourquoi aujourd'hui seulement ? Que signifie l'appel appuyé à Didier Julia, à coup sûr dicté par les ravisseurs?" C'est Patrick Apel-Muller qui se le demande dans l'Humanité. Et quelle considération faut-il porter dès lors au personnage Julia ? Le gouvernement doit-il le laisser tenter quelque chose ? "Qui mettrait ses espoirs dans un tel homme ?", demande Bernard Revel dans l'Indépendant du Midi, "Didier Julia, ce turlupin, mâtiné barbouze", pour reprendre les épithètes choisis par Jean-François Montémont dans le Courrier Picard mais voilà cette autre question posée par Patrick Berthomeau dans Sud-Ouest : "Si vraiment cet homme, à travers des réseaux d'officines aux intérêts plus ou moins recommandables, détient les clefs de la situation, faut-il se priver de son secours?" Même réflexion dans Le Progrès, dont Jean-Philippe Mestre écrit que "la nécessité urgente est de sauver la journaliste de Libération, au besoin en laissant de côté toute question d'amour propre".

Retour en haut de page / Back to top of this page 2 mars – Interview de Didier Julia – France Inter / Journal de 08h00

"Ce sont les ravisseurs qui la détiennent qui lui ont demandé de citer mon nom. Ce sont des gens qui me connaissent et probablement que je connais. Il faut vous dire que depuis 40 ans que je fréquente l’Irak, je connais beaucoup de monde mais depuis le 23 décembre, c’est-à-dire depuis la sortie de Chesnot et Malbrunot, j’ai interrompu tout contact avec eux et par conséquent les circuits sont éteints. J’ai éteint les circuits du fait qu’il y avait une instruction judiciaire, qu’on était considérés comme des traîtres à la patrie parce qu’on était venu au secours de Français en danger à l’étranger, par conséquents les circuits sont éteints. Mais… si le gouvernement, qui en ce moment expertise la cassette, si le gouvernement me demande de participer à la recherche et de renouer des contacts, je peux rallumer ces contacts et remettre les circuits en fonction. Ceci dit, j’attends que le gouvernement me le demande. J’ai donc dit que j’étais à la disposition du gouvernement pour toute action, toute initiative qui serait susceptible de sortir Florence Aubenas de sa situation."

Retour en haut de page / Back to top of this page 2 mars - 08h20 - Géopolitique avec Bernard Guetta sur France Inter

Pourquoi cette insistance ? Pourquoi Florence Aubenas, à la fin de cette courte et terrible vidéo par laquelle elle vient d’appeler à l’aide prononce-t-elle trois fois de suite le nom de Didier Julia ?
Ecoutons-la : "J’en appelle particulièrement à Monsieur Didier Julia, le député français". "S’il vous plait, Monsieur Julia, aidez-moi". "C’est urgent. Monsieur Julia, aidez-moi".
Florence Aubenas a beaucoup couvert l’Irak. Elle a naturellement en tête l’affaire de Christian Chesnot et Georges Malbrunot, l’intervention du député, son voyage à Damas et sa certitude, malheureusement démentie, d’être sur le point d’obtenir leur libération grâce à ses contacts en Syrie et dans les milieux du Baath, le parti sur lequel s’appuyait le régime de Saddam Hussein.
Elle sait ainsi que Didier Julia n’est pas tout puissant, que son initiative avait été dénoncée par les autorités françaises même si elles n’avaient pas voulu l’empêcher de la prendre, bref que cet appel direct et pressant à cet homme ne peut que créer une affaire dans son affaire. Plus frappant encore, elle ne dit rien ni de son journal, Libération, ni du gouvernement, ni du Président de la République, de personne sauf Didier Julia qui seul semble compter à ses yeux. La conclusion s’impose. En martelant ce nom, Florence Aubenas fait évidemment passer un message. Elle dit en langage codée une chose que ses ravisseurs soit ne l’auraient pas laissé dire soit ne voulaient pas la laisser directement dire mais laquelle ?
Il n’y a plus, là, de certitude mais, en revanche, une hypothèse que l’on ne saurait écarter. Julia cela ne peut vouloir dire, en l’occurrence, ni vieux gaulliste ni figure solitaire et plutôt excentrique mais cela peut parfaitement signifier deux choses, Syrie et Baas, car Didier Julia appartient à cette frange du gaullisme qui fut très liée au monde arabe et tout particulièrement à la Syrie et à l’ancien appareil de Saddam. Dans ces milieux, Didier Julia a des liens anciens, étroits, des relations de confiance et, s’il y a une connotation attachée à son nom, c’est bien celle-là.
Florence Aubenas le sait et il est très possible, pour ne pas dire probable, qu’elle ait voulu faire savoir, en martelant ainsi ce nom, que ni les services syriens, ou partie d’entre eux, ni ces pans de l’appareil baassiste qui ont basculé dans l’action armée contre la présence américaine en Irak n’étaient étrangers à son enlèvement.
C’est une lecture, c’est une hypothèse, ce n’est pas une information ni même une certitude, mais le fait est que le régime syrien joue la carte d’un soutien aux mouvements clandestins irakiens dans l’espoir d’avoir quelque chose à monnayer avec les Américains, qu’il y a des liens entre les deux et que la Syrie a toutes les raisons d’en vouloir à la France à cause de son soutien à l’indépendance libanaise. Il est surtout frappant que ce soit au moment même où les choses se précipitent au Liban, où le régime syrien est dos au mur, où il a besoin de pouvoir utiliser toutes ses armes vis-à-vis de la France, qu’on entende, pour la première fois depuis son enlèvement, parler de Florence Aubenas.

Retour en haut de page / Back to top of this page 1 mars 2005 - France Inter
Interview de Serge July, le directeur de Libération, joint par Grégory Philipps pour France Inter.

"C’est une preuve de vie, donc… Si elle souffre, c’est qu’elle est vivante. Tous les messages de… mettant en scène des gens privés de liberté sont toujours douloureux à voir, donc il y a à la fois une source d’espoir : elle est vivante, très vraisemblablement vivante même parce qu’on ne sait pas quand ça a été tourné, et en même temps, c’est douloureux à voir, quelqu’un qui souffre, c’est toujours douloureux quand il est privé de liberté. Et puis ça pose énormément de questions auxquelles nous n’avons pas de réponse. Pourquoi Hussein n’est-il pas là ? On est évidemment très inquiet de ne pas le voir. Y’a pas de revendications. Pas de demande de rançon. Vous savez que ce document a été remis à Reuters à Baghdad et en l’occurrence, c’est une cassette vidéo et il n’y avait rien d’autre dans le paquet qui a été remis à Reuters que cette intervention. Voilà… Donc je… La mention de Julia, évidemment personne ne peut imaginer que Florence Aubenas ait pu parler librement de Didier Julia, à qui Chesnot et Malbrunot doivent d’avoir été en captivité trois mois de plus, donc le fait qu’il soit mentionné, est-ce une provocation ? une manipulation ou une… Je ne sais pas. Ce sont des questions sans réponse en tout cas, et… On est évidemment à un tournant. Comme vous le savez les preuves de vie, ça sert à authentifier ou en tout cas à construire un canal de négociation qui prouve que l’interlocuteur qui l’amène… est bon, ou en tout cas est fiable puisqu’ils sont vivants. Quelle est l’intention maligne derrière le fait d’évoquer Julia dans cette affaire ? Ce n’est pas pour autant la preuve que c’est politique mais en tout cas, on ne peut pas ne pas se poser la question."
Question de Grégory Philipps : "Pour vous Libération, c’est le premier signe de vie que vous recevez?"
Serge July: "Oui, c’est le premier. On sait qu’il y a eu une cassette que la famille a vu la semaine dernière mais qui était de nature différente."

Retour en haut de page / Back to top of this page 1 mars 2005 - Communiqué de presse de RSF, suite à la diffusion de la vidéo de Florence.

La vidéo diffusée ce mardi et montrant Florence Aubenas, enlevée le 5 janvier dernier à Bagdad en compagnie de son guide Hussein Hanoun Al-Saadi, est déterminante : malgré la brutalité du document, Florence est vivante.
Ce premier signe de vie est essentiel car il succède à 55 jours de silence. Cependant, il reste beaucoup de questions en suspens : la vidéo n'est Pas datée, Florence y apparaît digne mais épuisée moralement et physiquement. Aucune mention n'est faite d'Hussein Hanoun. Il n'y a aucune revendication ni indication sur l'identité des ravisseurs.
Nous, Comité de soutien, exigeons plus que jamais du gouvernement et des pouvoirs publics qu'ils mettent tout oeuvre pour les faire libérer au plus tôt. Il est nécessaire d'identifier les ravisseurs à partir de la vidéo, de localiser Florence et Hussein, et de les rendre à leurs proches.
Chaque heure, chaque jour compte.
Il y a urgence. Leur liberté, c'est la nôtre.

Retour en haut de page / Back to top of this page 1 mars - Michel Barnier, de Londres, sur France Inter

"Nous allons étudier cette vidéo avec beaucoup de précision, notamment vérifier sa chronologie. Il y a dans cet appel un élément important, c’est qu’elle est en vie. Nous avions reçu nous-mêmes, il y a plusieurs jours… une autre preuve de vie de Florence Aubenas, que j’avais communiqué et fait voir à sa famille. Nous avons besoin maintenant de vérifier la chronologie, le contenu de cet appel pour bien l’utiliser. Et s’agissant d’un parlementaire qui a été cité, je crois même qu’il a dit qu’il était à la disposition des autorités françaises et nous allons, après avoir analysé cette vidéo, prendre les décisions les plus utiles. Je veux vous dire que la seule priorité pour moi, comme dans d’autres cas, pour les autorités françaises, pour le Président, pour le ministre français, c’est la sécurité de Florence Aubenas et de Hussein Hannoun".

Retour en haut de page / Back to top of this page 1 mars, 11h24 - AFP

La journaliste française appelle à l'aide dans une cassette-vidéo
La journaliste française Florence Aubenas, disparue à Bagdad le 5 janvier, a lancé un appel à l'aide urgent dans une cassette-vidéo diffusée mardi par la chaîne d'information Sky-Italia.
"Mon nom est Florence Aubenas. Je suis journaliste française. Je suis journaliste de Libération. Je suis en mauvaise santé et je suis en mauvaise santé psychologique aussi", a-t-elle dit, en anglais. "Je lance un appel au député français Didier Julia. S'il vous plait M. Julia, aidez-moi. C'est urgent, aidez-moi", a-t-elle ajouté dans cette vidéo très brève.
Florence Aubenas est apparue très éprouvée, les traits creusés et les cheveux tombant dans les yeux. Elle portait un T-shirt qui semblait sale et elle avait des traces grises sur le visage.

Retour en haut de page / Back to top of this page 1 mars - les propos de Florence Aubenas sur la vidéo diffusée par Sky-Italia

"My name is Florence Aubenas. I'm French. I'm journalist in Liberation. Please help me. My health is very bad. I'm very bad psychologically also. Please it's urgent now. Help me. I ask especially Mr Didier Julia, the French deputy. Please Mr Julia, help me, it's urgent. Mr Julia, help me."
voir la vidéo (fichier Windows Media Player 9Mo)

Retour en haut de page / Back to top of this page 1 mars 2005, 06h10 - Reuters à Baghdad

Kidnapped French journalist Florence Aubenas, seized in the Iraqi capital Baghdad more than seven weeks ago, made a desperate appeal for help in a video tape released by insurgents on Tuesday.
It was thought to be the first tape of Aubenas to be released and would be the first confirmation that the 43-year-old is still alive since her abduction on Jan. 5.

"My name is Florence Aubenas. I'm French. I'm a journalist with Liberation" she said in English on the undated tape, looking distraught and with her hair bedraggled. She was dressed in a gray sweatshirt and black trousers. "My health is very bad. I'm very bad psychologically also" she said, staring intently at the camera as she held her knees up to her chest in front of a dark red background.
Aubenas is believed to have been snatched from her car as she was driving near her hotel in central Baghdad. She was taken along with her Iraqi driver, Hussein Hanun al-Saadi. On the tape, she made an appeal to a French parliamentarian. "I ask particularly for the help of the French deputy Didier Julia. Help me Mr Julia, help me. It's urgent" she says.
Julia, a member of the lower house of parliament from President Jacques Chirac's conservative UMP party, came to Iraq last September on a freelance effort to try to secure the release of two other kidnapped French journalists. The effort failed and the government denied it had approved his intervention. When the journalists, Christian Chesnot and Georges Malbrunot, were finally released in December after four months in captivity, they criticized Julia's mission.
The French embassy in Baghdad and the Foreign Ministry in Paris had no immediate comment on the tape of Aubenas. The foreign editor of Liberation, Francois Sergent, said: "It is both what we feared and what we hoped for" explaining that he had not seen the video. "It is a sign that they are alive, of course, but we also feared this because the hostages are being held in conditions that make the pictures terrible to see." The driver is not however shown on the tape.

Retour en haut de page / Back to top of this page 24 février, 20h54 - AFP

(...) au chapitre otages, au 50ème jour de l'enlèvement à Bagdad de la journaliste française Florence Aubenas, envoyée spéciale du quotidien Libération et de son guide irakien, Hussein Hanoun Al-Saadi, le secrétaire général de l'organisation Reporters sans frontières (RSF), Robert Ménard, a laissé entendre qu'ils étaient "toujours vivants".
Le directeur de Libération, Serge July, a pour sa part affirmé jeudi que selon les autorités françaises, "beaucoup de communications indirectes permettent de penser qu'ils sont effectivement vivants".

Retour en haut de page / Back to top of this page 24 février, 17h30 - AFP

Florence Aubenas et Hussein Hanoun, disparus depuis 50 jours, par Christine Pouget
"Disparus depuis cinquante jours". Libération place jeudi en Une ce décompte laconique, au côté des photos de sa journaliste Florence Aubenas et de son guide Hussein Hanoun, disparus à Bagdad le 5 janvier, alors que RSF évoque des "éléments tangibles" selon lesquels "ils sont toujours vivants".
Robert Ménard, secrétaire général de l'organisation Reporters sans frontières (RSF), interrogé jeudi par l'AFP au 50ème jour de la disparition, a affirmé: "Selon les informations qui nous ont été communiquées, il y a des éléments tangibles qui permettent de penser qu'ils sont toujours vivants".
Et de préciser qu'ils "seraient retenus en dehors de Bagdad. A l'heure qu'il est, ils seraient détenus par un groupe peu structuré et non identifié". "Aucune revendication n'aurait été communiquée et il n'y aurait aucun intermédiaire stabilisé", a encore affirmé M. Ménard. Le matin même, le patron de Libération, Serge July avait reconnu sur France Info qu'on était dans un cas de figure assez inédit pour les journalistes, marqué par une absence de revendication. M. July, se faisant l'écho de la "communication gouvernementale", a précisé : "ils ont beaucoup de communications indirectes qui leur permettent de penser qu'ils sont effectivement vivants".
Au cinquantième jour, c'est peu. Mais, comme l'avait rappelé Jean-Paul Kauffmann, ancien otage au Liban, le 31 janvier au Théâtre du Rond-Point: "la mobilisation doit agir comme un aiguillon sur le gouvernement. C'est le gouvernement qui négocie. La négociation réclame le silence, la coulisse, le secret. Nous c'est le contraire".
La mobilisation n'a pas faibli. Après la soirée de soutien le 14 février dans un Olympia comble avec une pléiade de chanteurs français, francophones ou arabes, les portraits de la journaliste et de son guide ont fleuri au fronton des mairies ou lieux emblématiques, en France et à l'étranger. A Rome, ils ont été accrochés au côté de celui de la journaliste italienne Giuliana Sgrena, otage en Irak depuis le 4 février, et associés à la manifestation en sa faveur qui a rassemblé le 19 février 100.000 personnes.
En France, leurs portraits sont exposés à Bayeux, Strasbourg, Lyon, Lille, Besançon, Belfort, Nancy, Caen... Mais aussi au siège de L'Humanité, sur la façade du Parti radical. Des soirées de soutien ont eu lieu à Tulle, Lille. Une "chronique de l'attente" est publiée chaque semaine dans Télérama et une vingtaine de quotidiens régionaux.
D'autres rendez-vous sont prévus: une délégation de directeurs de rédaction français rencontrera le président du Parlement européen, Josep Borrel le 2 mars à Bruxelles. Ces responsables avaient été reçus le 16 février par Jean-Pierre Raffarin, Premier ministre. Parmi les initiatives, on relève une manifestation de soutien le 2 mars à Bondy, à Nice le 2 février, une soirée le mardi 1er mars à Toulouse, à la Halle aux grains...
A destination des jeunes et des sportifs parisiens, la traditionnelle "rando rollers" du vendredi soir dans la capitale organisée par Pari Roller, sera dédiée le 4 mars (départ : 22h00 Montparnasse), avec le soutien de la région Ile-de-France, à Florence Aubenas, Hussein Hanoun et la journaliste italienne. Les participants porteront un tee-shirt "Ils sont partis pour nous. Ils rentreront grâce à nous". Un écho à la phrase publiée jeudi dans Libération qui résume le sens de la mobilisation: "L'indifférence peut causer l'irréparable".

Retour en haut de page / Back to top of this page 24 février, 12h48 - AFP

F. Aubenas et H. Hanoun seraient "toujours vivants"
Robert Ménard, secrétaire général de Reporters sans frontières (RSF), a affirmé jeudi à l'AFP que, "selon les informations qui (leur) ont été communiquées", "des éléments tangibles permettent de penser" que Florence Aubenas et son guide Hussein Hanoun "sont toujours vivants".
Alors que la journaliste Florence Aubenas et son guide Hussein Hanoun, ont été enlevés le 5 janvier à Bagdad, Robert Ménard, interrogé par l'AFP au 50ème jour de leur disparition, a affirmé: "Selon les informations qui nous ont été communiquées, il y a des éléments tangibles qui permettent de penser qu'ils sont toujours vivants".
"Ils seraient retenus en dehors de Bagdad. A l'heure qu'il est, ils seraient détenus par un groupe peu structuré et non identifié", a poursuivi M. Menard. "Aucune revendication n'aurait été communiquée et il n'y aurait aucun intermédiaire stabilisé", a-t-il encore affirmé.

Retour en haut de page / Back to top of this page 24 février, 13h20 - France-Inter

Cinquante jours qu’on est sans nouvelles d’eux : Florence Aubenas et son guide interprète irakien, Hussein Hanoun al Saadi. Eh bien, ils seraient toujours vivants; c’est du moins ce qu’annonce Reporters-sans-Frontières, des "éléments tangibles permettent de le penser" explique le secrétaire général de Reporters-sans-Frontières, Robert Ménard.
Ecoutez :
"On n’a pas d’informations nouvelles. Toutes les informations qu’on a vont dans le même sens, c’est-à-dire que pour l’instant… Florence et Hussein seraient… entre les mains d’un groupe qui est peu structuré, qui est… un groupe plus mafieux qu’un groupe politique et elle serait, et ils seraient en bonne santé, pas en danger pour l’immédiat. C’est que qu’on veut retenir de tout… de tout ce qu’on nous dit. Maintenant, malheureusement, cela ne veut pas dire qu’il y a des négociations. Pour l’instant, il n’y a pas, il n’y aurait toujours pas de revendications qui ont été formulées et pas encore dans ce qu’on appelle un jargon… le jargon des prises d’otages d’intermédiaires stabilisé, c’est-à-dire des gens qui vous amènent des preuves indiscutables de la vie des otages."

Retour en haut de page / Back to top of this page 23 février - Journal de bord de Maud Fontenoy

Mes pensées aujourd’hui vont particulièrement à Ingrid Bétancourt, otage en Colombie depuis trois ans, ainsi qu’à Florence Aubenas prisonnière en Irak ; je vous en prie, ne les oublions pas.

Retour en haut de page / Back to top of this page 19 février, 23h00 - RFI

Interview réalisée par Anne Lenir, RFI Rome, d'Antoine de Gaudemar, suite à sa présence à la manifestation organisée à Rome par Il Manifesto pour Giuliana Sgrena :
"C'est pas la même forme de mobilisation en France. C'est plus des meetings, des soirées de soutien. C'est une solidarité beaucoup plus éclatée à Paris et dans les villes de province. Ce n'est pas comme ici, mais le fait que l'Italie soit impliquée en Irak rend les choses différentes de la situation française. Je découvre et je comprends qu'en Italie les deux choses soient liées: la demande de la libération de Giuliana Sgrena et la demande de la paix en Irak et du retrait des troupes."

Retour en haut de page / Back to top of this page 19 février, 21h18 - Reuters

La veille (le 18 février NDA), Michel Barnier, chef de la diplomatie française, avait déclaré que Paris gardait l'espoir quant au sort de la journaliste de Libération, Florence Aubenas, et de son guide irakien Hussein Hanoun, dont on est sans nouvelles depuis le 5 janvier. "Nous avons eu depuis plusieurs semaines, dès le moment où ils ont disparu, des indications indirectes qui nous donnent l'espoir qu'ils sont en vie et que nous pourrons les ramener à la maison", a déclaré le ministre des Affaires étrangères.

Retour en haut de page / Back to top of this page 19 février, 15h10 - AFP

Forte participation à la manifestation pour libérer Giuliana Sgrena
(...) La manifestation est également en faveur de Florence Aubenas, journaliste du quotidien français Libération, et de son guide-interprête, Hussein Hanoun, disparus depuis le 5 janvier. Le journal parisien est représenté à ce défilé par son chef de rédaction Antoine de Gaudemar.

Retour en haut de page / Back to top of this page 18 février, 21h11 - AFP

On est toujours sans nouvelles de la journaliste française Florence Aubenas disparue en Irak et de sa consoeur italienne Giuliana Sgrena, pour laquelle le le Vatican a tenté en vain de trouver un contact avec ses ravisseurs, a-t-il indiqué vendredi.

Retour en haut de page / Back to top of this page 18 février - AFP

Les portraits de journalistes disparus en Irak et en Côte d'Ivoire, Florence Aubenas et son guide, Fred Nérac et Guy-André Kieffer, sont affichés depuis vendredi, à l'entrée de la maison des avocats, à Lyon, a-t-on appris auprès du barreau de Lyon.
"Si le journaliste perd sa liberté, nous sommes tous condamnés à ne plus pouvoir émettre le moindre son, qu'il s'agisse d'un rire ou d'une plainte", écrit le barreau dans un communiqué.
Fred Nérac, caméraman indépendant, a été perdu de vue en Irak le 22 mars 2003. Guy-André Kieffer, journaliste indépendant, qui se trouvait en Côte d'Ivoire, n'a plus donné de nouvelles depuis le 16 avril 2004. Florence Aubenas et son interprète ont disparu le 5 janvier 2005 à Bagdad.

Retour en haut de page / Back to top of this page18 février, 16h47 - AFP

Portraits de F. Aubenas et H.Hanoun au Conseil régional de Basse-Normandie
Les portraits de la journaliste Florence Aubenas et de son guide-interprète Hussein Hanoun al-Saadi, disparus en Irak depuis 43 jours, ont été affichés vendredi sur les grilles du Conseil régional de Basse-Normandie à Caen, a constaté une journaliste de l'AFP.
Florence Aubenas, journaliste de Libération, et Hussein Hanoun al-Saadi, ont disparu le 5 janvier en Irak.

Retour en haut de page / Back to top of this page 18 février, 08h39 - AFP

La correspondante du quotidien français Libération Florence Aubenas et son guide irakien Hussein Hanoun ont disparu le 5 janvier à Bagdad, sans donner la moindre nouvelle depuis, aucune revendication d'un éventuel enlèvement n'ayant été faite depuis cette date.

Retour en haut de page / Back to top of this page17 février, 20h52 - AFP

500 personnes réunis en soutien à Florence Aubenas à Lille
Près de 500 personnes ont assisté jeudi, au Théâtre du Nord à Lille, à une soirée de soutien aux journalistes Florence Aubenas et Giuliana Sgrena, et à l'interprète Hussein Hanoun, enlevés en Irak, a constaté une journaliste de l'AFP.
Le journaliste François Reynaert et l'écrivain Marie Desplechin ont expliqué qu'il était important de se mobiliser "pour faire pression sur le gouvernement" et montrer aux ravisseurs comment ses otages sont "précieux".
Avant la soirée, la mère de la journaliste de Libération, Jacqueline Aubenas, avait déclaré que "toute cette mobilisation, ce soutien lui permettait d'avoir autant de courage que sa fille".
Anna Maria Merlo-Poli, la correspondante à Paris d'Il Manifesto, pour lequel travaillait Giuliana Sgrena, a souligné que la rédaction de son journal était "sous le choc" après la diffusion, mercredi, d'une vidéo montrant la reporter italienne. "Elle semblait avoir pris 20 ans", a-t-elle ajouté.
Le patron de Libération Serge July, la maire de Lille Martine Aubry et le secrétaire général de Reporters sans frontières (RSF) Robert Ménard ont également pris la parole au cours de la soirée, notamment pour défendre la liberté de la presse, de même que Roselyne Godard, une des accusés du procès d'Outreau, qui a rendu hommage au travail de Florence Aubenas.

Retour en haut de page / Back to top of this page 17 février - Journal de 13h00 - France Inter.

Extraits d'Inter 13.
(...) Quant au sort de Florence Aubenas, disparue depuis 43 jours maintenant en Irak, avec son guide irakien Hussein Hannoun, les informations que donnent pour l'instant le gouvernement sont très laconiques, voire légèrement différentes selon qu'il s'agisse de Michel Barnier ou de Jean-Pierre Raffarin.
Le ministre des Affaires étrangères affirme qu'il a des indications donnant l'espoir que notre consoeur revienne un jour avec son guide. Jean-Pierre Raffarin, lui, explique que le gouvernement n'a pas de preuves de la vie des deux otages.
C'est ce que confirme le président de Reporters-sans-Frontières, Robert Ménard, au micro de Florence Paracouelos: "Hier, j'ai trouvé Jean-Pierre Raffarin très pessimiste. Très très pessimiste. Honnêtement, on était abattus en sortant. Quand on lui parle : "Mais est-ce que vous avez vraiment la certitude qu'ils sont en vie?" il vous dit: "non, non, dans les premiers jours, peut-être, mais aujourd'hui, je ne peux absolument pas vous dire qu'ils sont en vie". Quand on lui demande: "mais, ça va être court? ça va durer?" il répond: "... ça peut durer six mois..." Evidemment, moi j'ai été absourdi. On a tous été abasourdis parce qu'il y avait une cinquantaine de patrons de presse et c'est vrai qu'il y a un vrai décalage avec les déclarations de Monsieur Barnier. Mais j'ai vu Monsieur Barnier il y a quelques jours et que j'avais trouvé déjà plus optimiste. Alors est-ce que c'est une différence de tempérament? ... Est-ce que chacun ne retient que les éléments qui vont dans le bon sens? ou au contraire les éléments qui sont inquiétants... Je sais pas. J'ai envie de croire Monsieur Barnier mais Monsieur Raffarin, il était convaincant hier quand il disait tout son pessimisme."

Retour en haut de page / Back to top of this page 16 février, 20h40 - AFP

Florence Aubenas: "pas de preuves de vie", selon Serge July
Le patron de Libération Serge July a déclaré mercredi que le gouvernement n'avait "pas de preuves de vie" de la journaliste Florence Aubenas et de son guide Hussein Hanoun, disparus en Irak, à l'issue d'une réunion avec Jean-Pierre Raffarin à Matignon.
Auparavant, le ministre des Affaires étrangères, Michel Barnier s'était montré plus optimiste, déclarant mercredi en fin de journée sur France Inter : "Nous avons eu des indications qui nous donnent l'espoir qu'ils puissent revenir un jour". (cf. transcription de toute l'interview ci-dessous dans le texte suivant)
"Ce que nous a dit le Premier ministre, (sans) trahir sa pensée, c'est qu'il n'y avait pas d'éléments permettant de dire si, au jour d'aujourd'hui, ils sont vivants ou non", a déclaré M. July sur le perron de Matignon. "De toute évidence, ils ont des informations mais ils n'ont pas quelque chose qu'on a connu dans des situations antérieures, des preuves de vie qui sont transmissibles", a-t-il ajouté.
M. Raffarin a réuni une quarantaine de responsables de la presse française pendant plus d'une heure sur le sort de la journaliste de Libération et de son guide-interprète, disparus en Irak depuis le 5 janvier. "Nous sommes plutôt dans quelque chose de précaire (...) Il n'y a jamais eu de vidéo", a ajouté M. July. Selon les participants, M. Raffarin a par ailleurs jugé "pas opportun" l'envoi en Irak d'une délégation de responsables de presse français. "Jamais 40 responsables des médias français ne se sont retrouvés ici. D'ailleurs le fait même de se réunir en soi est un événement", a ajouté le patron de Libération.
La réunion a également permis de faire part d'une "préoccupation générale", quant aux "enlèvements de journalistes français, pas simplement en Irak mais aussi au Pakistan, en Afghanistan, en Tchétchénie...", a-t-il dit. "On a comme préoccupation tous d'optimiser les moyens de sécurité", a souligné M. July.
M. Barnier avait également indiqué que "les autorités françaises, nos services, nos diplomates, à Bagdad et à Paris, sont mobilisés", ajoutant : "Nous travaillons pour qu'ils reviennent à la maison le plus vite possible".

Retour en haut de page / Back to top of this page 16 février - 19h24 - France Inter

Michel Barnier est l'invité de l'émission de Pierre Le Marc sur France Inter. La disparition de Florence Aubenas est abordée par les journalistes:
Question d'Hélène Jouan (France-Inter): "On a pu voir une vidéo de l'otage italienne Giuliana Sgrena (...). Est-ce que vous, vous avez des signes de vie de Florence Aubenas et de son guide?"
Réponse du ministre:"... Florence Aubenas et ... Hussein Hannoun ont disparu maintenant il y a plusieurs semaines. Je veux dire d'abord... Je trouve... formidable... la dignité, ... le courage de leur famille. Je trouve formidable la mobilisation permanente de Libération, ... son journal, ... de vous tous, ses confrères...
Cette mobilisation est très importante pour ... maintenir cette vigilance, pour dire... que vous êtes, que nous sommes très attachés à la démocratie au coeur de laquelle il y a la liberté de s'exprimer, de commenter, la liberté de rendre compte... y compris des situations les plus dangereuses et ...
Sachez simplement, puisque votre question manifeste une inquiétude, que les autorités françaises, nos services, nos diplomates, à Bagdad et à Paris sont mobilisés. Nous le sommes exactement comme nous l'avons été pour Christian Chesnot et Georges Malbrunot depuis le premier jour. Nous travaillons pour qu'ils reviennent à la maison le plus rapidement possible. Voilà ce que je peux dire.
"

Question de Luc Lemonnier (France-Inter):"Monsieur le ministre, vous êtes rass... vous êtes assurés qu'ils sont vivants?"
Réponse du ministre:"... ... Nous avons eu des indications ... euh... qui nous donnent l'espoir... qu'ils puissent revenir un jour. Voilà ce que je peux dire."

Question de Michel Felten (L'Express): "Il y a une autre otage française dans une autre région du monde, Monsieur Barnier, dont on va célébrer, si j'ose dire, les trois ans de captivité dans quelques jours, c'est Madame Bettancourt. Avez-vous des nouvelles à nous donner à son propos?"
Réponse du ministre:"Vous savez, nous parlons de Florence Aubenas et je vous ai dit notre détermination pour qu'ils reviennent le plus vite possible à la maison... Je parle de Florence Aubenas et Hussein Hannoun... Nous sommes mobilisés de la même manière dans tous ces cas...
Par exemple, Fred Nérac dont nous n'avons toujours pas de nouvelles et pour lequel nous voulons la vérité; nous la demandons aux autorités irakiennes. Et naturellement Ingrid Bettancourt que je connais, que j'avais rencontré à Bruxelles avant son enlèvement. Là aussi nous travaillons. Ce sont des circonstances difficiles: ni en Irak, ni partout ailleurs dans le monde, ces situations se ressemblent. Les raisons de ces enlèvements, de ces disparitions ne sont pas les mêmes. Les raisons de ceux qui provoquent de telles disparitions ne sont pas les mêmes et donc... la manière de traiter, de dialoguer, de nouer des fils est forcément différente. Elle l'est en Irak. On voit bien que les situations ne sont pas les mêmes et elle l'est naturellement quand il s'agit d'un pays d'Amérique du Sud."

Retour en haut de page / Back to top of this page 16 février, 18h37 - AFP

Portraits de Florence Aubenas et de son guide sur la mairie de Nancy
Les portraits de la journaliste Florence Aubenas et de son guide, Hussein Hanoun al-Saadi, tous deux disparus en Irak ont été installés mercredi sur la façade de l'hôtel de ville de Nancy, a annoncé la mairie dans un communiqué.
Florence Aubenas, journaliste de Libération, et Hussein Hanoun al-Saadi, ont disparu le 5 janvier en Irak.

Retour en haut de page / Back to top of this page 16 février, 13h54 - AFP

(...) Une grande manifestation nationale pour la libération de Giuliana Sgrena est prévue à Rome le samedi 19 février. Les manifestants réclameront également celle de Florence Aubenas, la journaliste du quotidien français Libération, disparue en Irak depuis le 5 janvier.

Retour en haut de page / Back to top of this page 15 février, 16h07 - AFP

Portraits de Florence Aubenas, Hussein Hanoun et Giuliana Sgrena à Belfort
Les portraits des journalistes Giuliana Sgrena, Florence Aubenas et du guide de cette dernière, Hussein Hanoun al-Saadi, tous trois disparus en Irak, ont été installés mardi sur la façade de l'Hôtel de Ville de Belfort, a-t-on appris auprès de la mairie.
L'envoyée spéciale de Libération et son guide ont disparu depuis le 5 janvier dernier, la reporter du quotidien italien Il Manifesto, depuis le 4 février.

Retour en haut de page / Back to top of this page 15 février, 08h59 - AFP

A Paris, la chanson française, francophone ou arabe s'est réunie lundi soir à l'Olympia, pour un concert de soutien à la journaliste Florence Aubenas et à son guide Hussein Hanoun disparus le 5 janvier à Bagdad.
Le concert, avec la participation de Charles Aznavour, Patrick Bruel, Bernard Lavilliers, Alain Souchon et Cheb Mami, était également dédié à la journaliste italienne Giuliana Sgrena, envoyée spéciale du journal Il Manifesto en Irak, enlevée le 4 février.

Retour en haut de page / Back to top of this page 12 février, 18h06 - AFP

Soutien à Florence Aubenas, Hussein Hanoun et Giuliana Sgrena à Besançon
Les portraits des journalistes Giuliana Sgrena, Florence Aubenas et du guide de cette dernière, Hussein Hanoun al-Saadi, tous trois disparus en Irak, ont été installés samedi sur la façade de l'Hôtel de Ville de Besançon, a constaté une journaliste de l'AFP.
Une cinquantaine de personnes se sont rassemblées à cette occasion pour manifester leur soutien à l'envoyée spéciale de Libération et son guide, disparus depuis le 5 janvier ainsi qu'à la reporter du quotidien italien Il Manifesto, enlevée le 4 février. "Un rassemblement à Besançon, loin de Paris, si loin de Bagdad cela peut paraître vain, inutile. Mais plus il y aura de rassemblements comme tous ceux qui ont été déjà organisés dans de nombreuses villes de France, mieux cela sera", a déclaré Joël Mamet, journaliste à l'Est Républicain, devant les représentants de la presse écrite et audiovisuelle bisontine qui avaient appelé à cette manifestation.
Par ailleurs, le responsable d'un petit journal mensuel distribué gratuitement à Ribeauvillé, une localité de 5.000 habitants proche de Colmar (Haut-Rhin), Fabien Becker, a fait placarder des portraits des deux disparus sur les vitrines des commerçants de cette bourgade alsacienne. Il projette, grâce à des sponsors, de faire imprimer 140.000 tracts pour appeler à ne "pas les oublier".

Retour en haut de page / Back to top of this page 12 février, 12h26 - www.elkechfa.com

Nous envisageons forcément le pire pour sauver la vie de Florence!
par Iskander Debbache, journaliste en exil

J'ai personnellement connu Florence Aubenas en 2002 à mon retour d'Argentine après le torpillage de mon défunt journal "Perspectives Latino-Africaines" par l'ambassade d'Algérie à Buenos Aires...

Elle m'a été présentée par François Gèze des éditions "La Découverte". Je devais rencontrer d'abord la journaliste de Libération José Garçon. Nous nous sommes vus sur la terrasse-cafétéria du journal avec vue époustouflante sur Paris. Nous devions préparer la couverture du procès qui s'annonçait du "général" autoproclamé Khaled Nezzar contre le sous-lieutenant Habib Souaïdia. Elle me parlait d'une voix calme presque timide de ses missions en Kabylie et de la crise récente dans cette partie de l'Algérie de l'Argentine et sa vraie-fausse crise économique concoctée par les Péronistes contre l'homme de l'église: le président De La Rua... Elle-même mariée à un Argentin, elle évoquait ce pays avec une lueur dans les yeux un pays qui l'a adoptée et qu'elle a adopté. Pendant son récent séjour en Irak, elle soupçonnait déjà des relents de manipulation grossière affectant la "prise d'otage" des deux premiers journalistes Français relachés la veille de Noël dans une forme resplendissante de jeunes touristes par un groupe terroriste Islamiste en guerre. Florence cette fois ci c'en est une autre que je crois d'autant plus dramatique qu'elle prend les contours d'un règlement de comptes. Le cas Algérien a fait école et des pays ont appris à éliminer leurs journalistes indésirables sous la couverture d'un crime Islamiste.
Dans l'un de ses articles consacrés à l'affaire des moines de Tibéhirine, Florence Aubenas avait déclaré un jour qu'en Latin, le mot "martyr" signifiait également témoin. A ce propos justement si elle n'aurait su décrire en si peu de mots et à bon entendeur les dessous et les objectifs inavoués d'un crime aussi abject, elle était par contre loin d'en soupçonner l'aspect prémonitoire quant à ce qui lui arrive aujourd'hui et pour cause, Florence enquêtait en plus de la précédente prise d'otages Français en Irak Georges Chesnot et Christian Malbrunot, non seulement sur le rôle violemment contesté de Didier Julia et de la polémique qui en avaient suivi mais également sur le comportement interlope et très peu convaincant du ministre français des affaires étrangères Michel Barnier à l'égard de Didier Julia voire, de sa récente et somme toute étrange déclaration à la presse où il persiste ne pas reconnaitre le possible enlèvement et la prise en otage de Florence ( Libération du Mercredi 12 Janvier 2005 ). D'un autre côté, la presse Française a étrangement observé un silence radio inquiétant sur les suites et les retombées de l'affaire Didier Julia ainsi que de la plainte supposée du chauffeur Syrien Mohamed El Joundi contre les forces armées U.S. pour actes barbares et de tortures. Faut il que Florence ait touché à quelque chose qu'elle n'aurait jamais dû savoir? Ou alors s'agirait-il d'une des malheureuses retombées quant à une mauvaise gestion de l'affaire Julia qui se plaignait récemment d'une intrusion dans son bureau d'où des do*****ents compromettant le gouvernement dans cette affaire auraient disparu?
Les assassins n'ont plus aucune retenue. Florence était trop engagée en Algérie avec l'affaire des massacres et des disparus en Algérie pour espérer s'en tirer à si bon compte! Comme pour Tahar Djaout, Ismaïl Yefsah, Saïd Mekbel et bien d'autres assassinés par le D.R.S. pour infiniment moins que ça, elle paie aujourd'hui son engagement auprès des rescapés de massacres ceux de Raïs, de Bentalha, de Zââtria, de Beni-Messous et de bien d'autres villages martyrs voire, des manifestants de Kabylie. C'est elle qui écrivait que dans l'antiquité et à propos de l'ignoble assassinat des moines Sisterciens de Tibéhirine, le mot martyr signifiait également témoin et c'est de cela justement qu'il s'agit! Ses assassins ou tout simplement les criminels qui l'auraient enlevée, ne seraient motivés en plus d'un très fort désir de vengeance, que par le besoin d'éliminer le témoin de l'un des crimes de masse les plus parfaits du 20°siècle et de la pire compromission parceque née d'une alliance contre nature, celle du crime au service de la prétendue raison d'état. On imagine mal aujourd'hui les services Irakiens de Iyad Allaoui refuser ce "service" aux amis de leurs amis Américains en Algérie. Si cela venait à se confirmer, cela voudrait surtout dire que le monde aura beau être aussi vaste que Dieu l'a créé, les journalistes ne seront plus jamais en sécurité nulle part sur la terre. Cela voudrait également dire que la nouvelle guerre d'Algérie avec ses massacres de civils et autres assassinats ciblés de journalistes et les têtes pensantes pour un état de droit aurait été payante tant pour ses commanditaires que pour leurs "généraux" inconditionnels affidés. S'acharnerait-on tout simplement à nous faire croire que les journalistes Français seraient réellement visés par la mouvance supposée d'El Quaïda auquel cas, si tant est que cette dernière organisation méritait la comparaison avec les G.I.A. montés par le D.R.S Algérien, nous aurons alors tout lieu de craindre l'avenir et de trembler pour Florence Aubenas tant la France aurait profité de ses relations privilégiées avec la junte militaire et criminelle d'Alger et donc retenu la leçon qui consiste à éliminer ses journalistes indésirables sous couvert de crimes Islamistes?
Va t-on retrouver bientôt le cadavre de Florence Aubenas? Fort de notre expérience passée et récente du journalisme en Algérie, j'en suis même persuadé, j'espère seulement me tromper et Dieu fasse que je me trompe!

Retour en haut de page / Back to top of this page 10 février, 17h31 - AFP

(...) A Rome, la rédaction d'Il Manifesto a fait savoir qu'elle était toujours sans nouvelle de sa journaliste, Giuliana Sgrena.
Même situation en France où plusieurs manifestations ont eu lieu en signe de soutien à la journaliste de Libération, Florence Aubenas, et à son guide syrien, Hussein Hanoun Al-Saadi, disparus depuis 36 jours.

Retour en haut de page / Back to top of this page 9 février, 10h10 - AFP

(...) D'autre part, par la voix du ministre des Affaires étrangères Michel Barnier, les autorités françaises ont indiqué qu'elles faisaient tout leur possible pour obtenir la libération de la journaliste du quotidien français Libération Florence Aubenas et de son guide Hussein Hanoun Al-Saadi, disparus depuis le 5 janvier en Irak.

Retour en haut de page / Back to top of this page 8 février, 08h34 - AFP

(...) Le Quai d'Orsay a rappelé que "la France reste naturellement mobilisée pour retrouver Florence Aubenas (journaliste du quotidien de gauche Libération) et son accompagnateur (irakien), Hussein Hannoun", disparus le 5 janvier.

Retour en haut de page / Back to top of this page 7 février, 17h18 - AFP

La Ligue arabe et la chaîne de télévision Al-Jazira ont appelé lundi à la libération des journalistes italienne Giuliana Sgrena, et française Florence Aubenas, dont on est sans nouvelles depuis sa disparition le 5 janvier.(...)
La France a demandé la libération "immédiate" de la journaliste italienne. Le Quai d'Orsay rappelle que "la France reste naturellement mobilisée pour retrouver Florence Aubenas et son accompagnateur (irakien), Hussein Hannoun".

Retour en haut de page / Back to top of this page 7 février, 15h04 - AFP

M. July insiste sur la conviction que F. Aubenas et son guide sont vivants
Le patron de Libération Serge July a insisté lundi, à l'issue d'une réunion avec les directeurs de rédaction de la presse française, sur la conviction exprimée par le gouvernement selon laquelle la journaliste Florence Aubenas et son guide Hussein Hanoun "étaient vivants".
"Nous avons noté dans la communication gouvernementale une précision en ce qui concerne Florence et Hussein", a-t-il dit devant la presse, à l'issue de la réunion au Centre d'accueil de la presse étrangère, à la Maison de la Radio, à Paris.
Evoquant les interventions à ce sujet du Premier ministre Jean-Pierre Raffarin et de la ministre de la Défense Michèle Alliot-Marie, M. July a relevé qu'avec "des implicites accentués", "tous ont dit d'une manière ou d'une autre leur conviction qu'ils étaient vivants. C'est un élément important car depuis le 5 janvier, nous étions dans la situation où ils étaient des disparus".
M. July a annoncé également qu'il allait solliciter pour ses confrères et lui-même une entrevue avec le Premier ministre. Il s'agissait de la deuxième réunion des directeurs de rédaction, après celle du 24 janvier, sur la situation des journalistes en Irak et plus particulièrement sur Florence Aubenas et Hussein Hanoun, dont on est sans nouvelles depuis le 5 janvier. Une cinquantaine de représentants de médias (agences, audiovisuel, radios, presse écrite) étaient présents. "Nous appelons tous, nous les directeurs de rédaction, à une soirée de solidarité le 14 février à l'Olympia, avec la participation de nombreux chanteurs français, arabes", a déclaré Serge July.
Il a été également question d'une campagne de sensibilisation "dans plusieurs journaux du monde arabe", notamment irakiens, et de l'envoi d'une délégation à Bagdad. Sur ce dernier point, a indiqué le patron de Libération, "la question est ouverte" et "des points de vue divergents peuvent s'exprimer".
La mobilisation vise à faire libérer Florence Aubenas, Hussein Hanoun, mais aussi la journaliste italienne Giulana Sgrena, enlevée vendredi à Bagdad, ainsi qu'à "développer l'idée que la liberté, c'est la liberté d'informer". Une prochaine réunion dont la date n'est pas fixée, est prévue.
Robert Ménard, secrétaire général de Reporters sans frontières (RSF), a souligné que la soirée à l'Olympia serait un "temps fort de la mobilisation". De Bernard Lavilliers à Alain Souchon, la soirée accueillera également "des vedettes du monde arabe, pour bien montrer qu'on pense aux deux", a souligné M. Ménard. Outre des dirigeants de la presse française, seront invités des représentants du Manifesto, quotidien italien où travaille Giulana Sgrena. Le nom de la journaliste italienne sera associé à toutes les manifestations et son portrait va être installé sur la place de la République, aux côtés de ceux de Florence Aubenas et Hussein Hanoun.

Retour en haut de page / Back to top of this page 7 février, 09h56 - AFP

Effrayés et paralysés, les journalistes étrangers déterminés à rester, par Salwan Binni
L'enlèvement de la journaliste italienne Giuliana Sgrena a créé un nouveau choc parmi les journalistes étrangers en Irak qui demeurent pourtant déterminés à rester malgré leur appréhension et les restrictions drastiques sur leurs mouvements.
"Nous avons peur de sortir, non par crainte des bombes mais parce que nous ne savons plus à qui nous fier", explique Luc Walpot, chef du bureau de la chaîne allemande ZDF à Bagdad. Près de deux ans après la chute du régime de Saddam Hussein, il est impossible de connaître les quartiers sûrs. "Sous l'ancien régime, nous pouvions circuler presque partout. Maintenant, nous sommes confinés au bureau et dans quelques endroits de Bagdad. Le reste nous est interdit", ajoute ce journaliste qui doit quitter le pays dans deux semaines.
Certains correspondants, envoyés pour les élections du 30 janvier, comptent les jours pour partir. "Bien que je sois reçue chaleureusement quand les gens savent que je suis Allemande, je suis effrayée et ne quitte plus l'hôtel", confie Christine Buck du quotidien allemand Die Welt. Mais ce sentiment n'est pas partagé.
"J'ai l'impression de ne pas être la bienvenue", estime Barbara Schiavulli, journaliste italienne indépendante qui partageait la chambre de Mme Sgrena. Face à ce qu'elle considère comme une xénophobie ambiante, elle espère que les Irakiens comprendront que la réelle raison de la présence de journalistes étrangers est de décrire la vie quotidienne des habitants et non de glorifier les troupes étrangères. "Notre boulot c'est de couvrir les évènements heureux ou tristes. Nous sommes ici pour raconter la souffrance des Irakiens, pour écrire des histoires et non pour être un acteur de l'histoire", explique Mme Schiavulli.
Vendredi, Giuliana Sgrena, envoyée spéciale du quotidien de gauche Il Manifesto a été enlevée après un reportage sur les réfugiés de Falloujah, installés sous des tentes près d'une mosquée dans l'université de Bagdad.
Un groupe armé islamiste a revendiqué le rapt et menacé de la tuer si les 3.000 soldats italiens ne se retiraient pas d'Irak. Les collègues de la journaliste doutent que leur pays cède aux menaces. "Je ne crois pas que le rapt de Giuliana modifiera la politique de Rome. Même la gauche, mouvance à laquelle appartient le quotidien de Giulana, refuse l'intimidation", explique Roberto DiCaro, de l'hebdomadaire Espresso. Pour lui, les ravisseurs ont voulu se venger du camouflet subi avec la forte participation des Irakiens aux élections. "Les élections ont été une défaite politique pour l'insurrection et ils ont kidnappé Giuliana pour se venger des médias qui ont montré ce qui s'était passé", ajoute M. DiCaro.
Certains journalistes changent leur apparence. "Tant que je suis ici, je garde ma moustache et me cache le visage avec une keffieh quand je sors avec un chauffeur", confie Luciano Gulli, d'Il Giornale. Pour réduire les risques, d'autres médias s'appuient sur leur personnel local. "Depuis avril, quand les terroristes ont commencé la chasse aux journalistes, nous nous remettons entièrement aux cameramen locaux", reconnaît Fabio Chivcconi, de la RAI2 TV.
Le camp abritant les réfugiés de Falloujah est devenu une "zone rouge". Il y a deux semaines, un reporter occidental a échappé miraculeusement à un rapt après un reportage à cet endroit et, le 5 janvier, la journaliste française Florence Aubenas a disparu avec son traducteur Hussein Hannoun, après s'y être rendue.
Franco Pagetti, photographe italien travaillant pour l'hebdomadaire américain Time Magazine, était vendredi avec Mme Sgrena mais il a décliné le déjeuner offert sur place car ses gardes irakiens lui ont conseillé de quitter les lieux. "Chacun était gentil avec moi. J'ai été ici plusieurs fois et je connais le cheikh qui est très hospitalier. Je ne sais pas ce qui est arrivé à Giuliana", dit-il.

Retour en haut de page / Back to top of this page 5 février, 17h12 - AFP

(...) Une consoeur française de Mme Sgrena, Florence Aubenas, a disparu avec son guide à Bagdad il y a un mois et leur sort reste inconnu. (...)

Retour en haut de page / Back to top of this page 5 février, 10h51 - AFP

Portraits de F. Aubenas et de son guide sur l'hôtel de ville de Strasbourg
Une affiche avec les portraits de la journaliste de Libération Florence Aubenas et de son guide Hussein Hanoun al-Saadi, disparus depuis un mois en Irak, a été installée samedi matin sur la façade de l'hôtel de ville de Strasbourg, a constaté une journaliste de l'AFP. "La presse est fille de liberté", "Libérez les otages", est-il écrit sur cette affiche qui montre côte à côte les photos des deux disparus.
Le maire de Strasbourg Fabienne Keller (UMP) et le président de la Communauté urbaine de Strasbourg Robert Grossmann (UMP) "affirment leur solidarité à Florence Aubenas et Hussein Hanoun al-Saadi au nom de l'ensemble des Strasbourgeois", a indiqué dans un communiqué la ville de Strasbourg, qui a "toujours défendu la liberté de la presse". "Cette liberté reste fragile et toujours menacée dans de nombreux pays, l'Irak en est aujourd'hui le symbole le plus dramatique avec l'enlèvement et l'assassinat de nombreux journalistes", a ajouté ce communiqué.

Retour en haut de page / Back to top of this page Samedi 5 février - Libération

Le ministre des Affaires étrangères «garde l'espoir», par Patrick Sabatier.
«Les indications et les recoupements les plus récents dont nous disposons nous permettent de garder l'espoir.» Recevant Libération au quai d'Orsay vendredi après-midi, Michel Barnier, ministre des Affaires étrangères, s'est voulu ­ un mois jour pour jour après la disparition à Bagdad de Florence Aubenas et Hussein Hanoun al-Saadi ­ à la fois rassurant et très circonspect. Le choix, prudent, des mots n'en confirme pas moins ce qui était déjà implicite dans la déclaration du Premier ministre Jean-Pierre Raffarin devant l'Assemblée nationale le 1er février (Libération du 2 février) : Florence et Hussein sont vivants. Leur situation, insiste le ministre, «ne ressemble pas à d'autres. Nous nous trouvons dans une situation très sensiblement différente du cas de Christian Chesnot et Georges Malbrunot. Les circonstances, les raisons de ces disparitions ne sont pas comparables». On peut penser que les autorités françaises disposent, pour faire cette évaluation, d'indices ou d'informations qu'elles ne souhaitent pas rendre publics. «La règle obligatoire, dans de telles situations, c'est la discrétion», rappelle Michel Barnier, «pour préserver la sécurité» des disparus. La confidentialité la plus totale fait souvent partie des exigences des ravisseurs, qui cherchent à assurer ainsi leur propre sécurité. Sauf, en particulier quand il s'agit d'un rapt à motivations politiques, s'ils estiment pouvoir profiter d'une médiatisation propagandiste de l'affaire, qu'ils assurent eux-mêmes par la diffusion de vidéos à la télévision ou via l'Internet.
«Les autorités françaises, nos services, nos diplomates, à Bagdad et à Paris, font ce qu'ils peuvent et ce qu'ils doivent pour que [Florence et Hussein] reviennent à la maison le plus vite possible», assure le ministre. Jean-Pierre Raffarin avait déjà assuré que le gouvernement a mis en place «un dispositif qui nous permet de suivre en permanence la situation et de prendre toutes les dispositions appropriées». Mais il est clair, après un mois d'efforts, que la résolution de la crise est aussi lente que difficile.
«Plus que jamais, note le ministre, la situation [à Bagdad] est dangereuse, comme on le voit encore aujourd'hui avec l'enlèvement de votre consoeur italienne, Giuliana Sgrena. Il y a un vrai danger pour ceux qui font le travail d'informer, de rendre compte.» Les autorités françaises rejettent néanmoins l'idée que les Français soient particulièrement visés. «L'enlèvement de votre consoeur italienne est la preuve que non, remarque Michel Barnier, ajoutant qu'en Irak, il y a des enlèvements tout le temps, de différentes natures. On voit bien qu'il y a dans certaines parties de l'Irak une forme de chaos.»

Les déclarations officielles ne permettent donc de spéculer ni sur l'existence d'éventuels contacts avec les ravisseurs, ni sur leurs motivations, même si, confortées par d'autres indices et informations fragmentaires, elles incitent à écarter la piste d'une prise d'otages politique. L'hypothèse d'un rapt crapuleux, aux fins d'obtenir une rançon, paraît à ce jour la plus vraisemblable. Mais à Bagdad pas plus qu'ailleurs dans le monde, les kidnappeurs n'opèrent dans un vide politique. Ils peuvent agir en hommes de main. Et des considérations politiques aident ­ ou bloquent ­ fréquemment la résolution de situations d'otages. C'est pourquoi «la mobilisation de tous ceux qui s'expriment, témoignent, manifestent pour Florence et Hussein [et demain pour Giuliana, ndlr] reste très importante», reconnaît Michel Barnier.

Retour en haut de page / Back to top of this page 5 février, 05h14 - AFP

Aubenas et al-Saadi: un mois après leur disparition M. Barnier "garde l'espoir"
Un mois jour pour jour après la disparition en Irak de la journaliste de Libération Florence Aubenas et de son guide Hussein Hanoun al-Saadi, le ministre des Affaires étrangères Michel Barnier "garde l'espoir", a-t-il déclaré vendredi en recevant des représentants du journal au quai d'Orsay.
"Les indications et les recoupements les plus récents dont nous disposons nous permettent de garder l'espoir", a déclaré le ministre cité samedi par Libération. L'article affirme que le chef de la diplomatie française s'est montré "à la fois rassurant et très circonspect". "Nous nous trouvons dans une situation très sensiblement différente du cas de Christian Chesnot et Georges Malbrunot", a poursuivi M. Bernier, "les circonstances, les raisons de ces disparitions ne sont pas comparables". Pour Libération, "le choix, prudent, des mots n'en confirme pas moins ce qui était déjà implicite dans la déclatation du Premier ministre Jean-Pierre Raffarin devant l'Assemblée nationale le 1er février: Florence et Hussein sont vivants".
Comme son ministre des Affaires étrangères, M. Raffarin avait déjà noté devant les députés que la journaliste et son guide se trouvaient "dans une situation très sensiblement différente" de celle des deux ex-otages français en Irak. Les journalistes français Christian Chesnot et Georges Malbrunot, enlevés le 20 août 2004, avaient été libérés à Bagdad le 21 décembre, après 124 jours de captivité. Libération estime également qu'"on peut penser que les autorités françaises disposent, pour faire cette évaluation, d'indices ou d'évaluations qu'elles ne veulent pas rendre publics". "L'hypothèse d'un rapt crapuleux, aux fins d'obtenir une rançon, paraît à ce jour la plus vraisemblable", ajoute le quotidien.
Vendredi, les députés ont appelé, toutes tendances politiques confondues, à la libération de Florence Aubenas et de Hussein Hanoun Al-Saadi, exprimant leur "très vive inquiétude" quant à leur sort. Reporters sans frontières (RSF) a estimé pour sa part qu'il fallait "garder espoir" et qu'"aucune hypothèse ne peut être exclue".

Retour en haut de page / Back to top of this page 4 février, 18h07 - AFP

Florence et Giuliana, deux journalistes dans le piège de Bagdad, par Sammy Ketz
La Française Florence Aubenas et sa consoeur italienne Giuliana Sgrena, qui sont tombées dans la trappe de Bagdad, étaient des journalistes de terrain n'hésitant pas à prendre des risques pour aller chercher une histoire en zone de conflit.
Toutes les deux ont eu la même idée à un mois d'intervalle. La première, travaillant depuis 1986 pour le quotidien français de gauche Libération, avait affirmé à ses confrères peu avant sa disparition qu'elle voulait faire un reportage sur les déplacés du bastion sunnite de Falloujah ayant trouvé refuge près d'une mosquée dans l'université de Bagdad.
La seconde, employée depuis 1988 pour le quotidien italien de gauche indépendant Il Manifesto, a été enlevée vendredi peu après avoir rencontré les mêmes personnes. Fuyant l'offensive américaine en novembre 2004 contre leur ville devenue une place forte de l'insurrection, 17 familles, soit 1.033 personnes, vivent depuis trois mois sous des tentes autour de la mosquée sunnite al-Moustafa de cette université du centre de Bagdad.
Toutes les deux célibataires, elles s'étaient rendues dans des zones difficiles. Agée de 43 ans, Florence Aubenas, qui est née en Belgique, a ainsi travaillé en Algérie, au Rwanda, au Kosovo, en Bosnie, en Afghanistan et bien sûr en Irak. "Elle est une grande professionnelle, habituée des zones à risques", commente le directeur de la rédaction de Libération Antoine de Gaudemar.
Spécialiste du Moyen-Orient, Giuliana Sgrena, 56 ans, originaire du Piémont dans le nord-ouest de l'Italie, était venue plusieurs fois en Irak, a travaillé en Afghanistan et avait étudié l'arabe.
"Elle a des rapports très solides à Bagdad, a des bons rapports avec les oulémas, est engagée contre la guerre, comme c'est la ligne d'Il Manifesto. Elle est tout sauf "embedded", faisant des reportages très personnels et documentés", a indiqué à l'AFP, le chef des pages reportage, Loris Campetti.
Brunes, les cheveux châtains et mi-courts, elles étaient de caractères différents. Giuliana était petite et réservée alors que Florence était plutôt grande et avait le rire facile.
Leur point commun est qu'elles circulaient sans peur dans cette ville, livrée à l'anarchie, aux enlèvements politiques et crapuleux et aux meurtres. "Cela nous fait avoir quelques doutes sur le fait qu'il puisse s'agir d'un enlèvement politique", a ajouté M. Campetti. C'est exactement le même sentiment qu'ont les autorités françaises concernant la disparition de Florence Aubenas.

Retour en haut de page / Back to top of this page 4 février, 13h47 - AFP

Appel commun des députés français pour la libération de F. Aubenas
Les députés français ont lancé vendredi un appel commun en vue d'obtenir la libération de la journaliste Florence Aubenas et de son assistant irakien Hussein Hanoun Al-Saadi, et exprimé leur "très vive inquiétude" quant à leur sort.
Dans un communiqué commun, les quatre présidents des groupes UMP, UDF, PS et PCF de l'Assemblée déclarent que le sort de Florence Aubenas et Hussein Hanoun Al-Saadi, disparus à Bagdad depuis le 5 janvier, "doit unir l'ensemble de la communauté internationale". "Nous, députés français, exprimons notre très vive inquiétude et appelons les autorités politiques à tout mettre en oeuvre pour rassembler toutes informations utiles" sur leur situation et leur état de santé, ajoute le communiqué.
Cet appel intervient alors qu'une journaliste italienne a été enlevée vendredi à Bagdad.

Retour en haut de page / Back to top of this page 1 février, 17h35 - AFP

Nouvelles initiatives de mobilisation autour de F. Aubenas et de son guide
Plusieurs nouveaux rendez-vous sont prévus pour nourrir la mobilisation autour de Florence Aubenas et de son guide irakien Hussein Hanoun, notamment une soirée le 14 février à l'Olympia à Paris, a indiqué mardi Reporters sans frontières (RSF).
Ce soir-là, 12 journalistes français ex-otages devraient se retrouver pour l'occasion. "On veut demander à tous les patrons de presse d'appeler à cette soirée", a précisé à l'AFP Robert Ménard, secrétaire général de RSF. Chanteurs et comédiens seraient également présents. Une précédente soirée de mobilisation, lundi soir au Théâtre du Rond-Point à Paris, a été un succès avec un millier de participants.
Une campagne d'affichage dans le métro est par ailleurs prévue à partir du 7 février, avec les portraits de Florence Aubenas et Hussein Hanoun.
Une maison de production, Folamour Productions, a proposé des clips pour la télévision et des spots pour les radios. Une version arabe devrait être diffusée auprès des médias arabes, a-t-on appris de même source. Un appel aux maires de France a été lancé pour qu'ils apposent des affiches devant leurs mairies. Grenoble, Montpellier, Lille, Marseille, Villeneuve d'Ascq (Nord) et Tours ont déjà répondu favorablement. RSF a également envoyé à tous les journaux un petit encadré pour qu'ils placent le portrait de Florence Aubenas et de Hussein Hanoun et inscrivent le nombre de jours depuis le 5 janvier, jour de leur disparition à Bagdad.
Enfin plusieurs chefs de rédaction doivent se retrouver mercredi à 17h00 chez le ministre des Affaires Etrangères Michel Barnier, à la suite d'une réunion de patrons de presse le 24 janvier à Libération au cours de laquelle avait été évoquée l'idée d'envoyer une délégation symbolique à Bagdad. M. Barnier doit recevoir ainsi mercredi Arlette Chabot (France 2), Claude Carré (TF1), Alain Genestar (Paris Match), Bruno Frappat (La Croix), Hervé Chabalier (Capa), Antoine de Gaudemar (Libération) et Robert Ménard. Il s'agit selon ce dernier de "discuter de l'éventualité et des modalités possibles pour faire cette délégation".

Retour en haut de page / Back to top of this page 1 février, 16h39 - AFP

20.000 autocollants en Seine-Saint-Denis pour soutenir Florence Aubenas
20.000 autocollants avec les photos de Florence Aubenas et de son interprète irakien seront diffusés mercredi par solidarité dans les services du conseil général de Seine-Saint-Denis par solidarité, a annoncé mardi le conseil général.
Florence Aubenas, 43 ans, grand reporter à Libération, et Hussein Hanoun Al-Saadi, 44 ans, son assistant irakien, ont disparu depuis le mercredi 5 janvier à Bagdad.
"A l'initiative d'Hervé Bramy, président du conseil général, le département a décidé d'affirmer sa solidarité avec Florence Aubenas et Hussein Al-Saadi (...) avec l'édition d'un petit autocollant où figurent leur photo et la mention +Solidaires+", a annoncé le conseil général dans un communiqué. Les 6.000 agents du conseil général "sont invités à l'apposer sur les enveloppes des courriers au départ de la collectivité, soit plusieurs milliers par jour", a ajouté le conseil général. Au total 20.000 autocollants "seront dès le mercredi 2 février diffusés dans les directions et services du conseil général et tenus à disposition des agents". Par ailleurs, "Hervé Bramy a adressé une lettre à Serge July, directeur de Libération, pour l'informer de cette démarche et s'associer à l'appel pour la liberté de la presse, lancé le 24 janvier par 40 directeurs de rédaction".

Retour en haut de page / Back to top of this page 31 janvier, 21h02 - AFP

Grande affluence pour la soirée de solidarité avec Florence Aubenas et son accompagnateur
Des centaines de personnes se presssaient lundi soir au Théâtre du Rond-Point pour la soirée de soutien à la journaliste de Libération Florence Aubenas et son interprète irakien Hussein Hanoun, dont on est sans nouvelles depuis le 5 janvier, a constaté l'AFP.
Une grande banderole est déployée au dessus de la scène avec en gros caractères arabes et la traduction en français "Nous informer c'est leur métier, les sauver c'est notre devoir". Deux portrait sgéants de Florence et d'Hussein sont également suspendus aux cintres. Un écran géant a été installé à l'extérieur du théâtre pour que les nombreuses personnes qui n'ont pu rentrer suivent la soirée.
Serge July, le patron de Libération, a déclaré que c'est "une soirée de témoignages et de rassemblement, c'est une rumeur autour de Florence et Hussein pour dire à leurs éventuels et probables ravisseurs le prix immense qui est le leur". Le témoignage de notre soutien est pour eux une sorte d'"assurance-vie" (...) "Plus nous nous mobilisons en France, en Europe et en Irak, et plus nous renforçons notre protection" (...) "Sans eux, nous serions aveugles", a-t-il ajouté. "Officiellement, nous sommes sans la moindre nouvelle, a-t-il poursuivi, et nous ne pouvons nommer avec certitude la violence qu'ils subissent". "Même si l'enlèvement crapuleux parait l'hypothèse la plus crédible, la plus conforme, c'est cette hypothèse que semblent privilégier les autorités françaises qui doivent disposer d'élements de naturee plus objective".
Le père de Florence, Benoit Aubenas, très ému a dit "nous, sa famille, nous ne vivons que d'attente et d'espérances" (...) "nous avions confiance dans sa force d'âme" pour gérer la situation". "Florence, nous attendons", a-t-il conclu la voix brisée.
Jean-Michel Ribes, le patron du Théâtre du Rond Point, a dit en ouverture de la soirée "nous voulons être solidaires et manifester notre soutien, notre amour pour que Florence et Hussein. Florence est en vie, elle va revenir grâce à vous", a-t-il ajouté. La mère et la soeur de Florence sont également dans la salle, ainsi que le ministre de la Culture et de la Communication Renaud Donnedieu de Vabres, l'ancien otage au Liban Jean-Paul Kauffmann, Christian Chesnot et son chauffeur Mophammed Al-Joundi, l'ancien ministre Jack Lang, l'actrice Catherine Deneuve, le sécrétaire du PS François Hollande, le maire de Paris Bertrand Delanoë, etc.
La soirée est organisée par RSF et le quotidien Libération et elle est retransmise en direct par France-Culture. Parmi les comédiens qui viendront lire des textes de solidarité, sont annoncés Charles Berling, Dominique Blanc, Claude Brasseur, Catherine Deneuve, Michel Aumont, Emmanuelle Devos, Hippolyte Girardot, Jérôme Deschamps, Tcheky Karyo, Judith Magre, Tonie Marshall, François Marthouret et Ludmila Mikaël. Parmi les chanteurs et musiciens qui ont annoncé leur participation: Alain Bashung, Bénabar, Idir, Manu Dibango, Alain Bashung, Vincent Delerm.

Retour en haut de page / Back to top of this page 24 janvier, 17h14 - AFP

A Paris, les directeurs des rédactions d'agences, de la presse écrite et de l'audiovisuel ont lancé lundi un appel à la solidarité avec la journaliste française Florence Aubenas et son interprète irakien Hussein Hanoun et à la défense de la "liberté des journalistes".
La journaliste du quotidien français Libération, qui a disparu à Bagdad depuis le 5 janvier, n'a pas donné signe de vie depuis.

Retour en haut de page / Back to top of this page 18 janvier, 08h42 - AFP

Près de deux semaines après sa disparition avec son interprète irakien, Florence Aubenas, envoyée spéciale de Libération, n'a donné aucun signe de vie.
Le gouvernement n'a "pas d'information confirmée" concernant le sort de Florence Aubenas et de son guide, a déclaré lundi le ministre des Affaires étrangères Michel Barnier. "Au moment où je vous parle, nous n'avons pas d'information confirmée sur leur sort", a déclaré à la presse M. Barnier.

Retour en haut de page / Back to top of this page 17 janvier, 02h34 - AFP

Disparition Aubenas: al-Yaouar écarte l'éventualité d'un rapt politique
Le président irakien par intérim Ghazi al-Yaouar a estimé sur la télévision al-Arabiya qu'aucune partie politique en Irak n'avait intérêt à enlever la journaliste française Florence Aubenas et que cette affaire pourrait être liée à une demande de rançon.
"Je ne pense pas qu'il y ait une partie politique (en Irak) qui aurait intérêt à enlever un Français. Je pense que l'affaire (Aubenas) pourrait être liée à une rançon ou quelque chose de ce genre", a déclaré M. Yaouar dans une interview à la chaîne à capitaux notamment saoudiens, basée à Dubaï. "Mais ils (les ravisseurs éventuels) essayent d'accroître la tension avant de poser leurs conditions", a poursuivi M. Yaouar qui vient d'effectuer une visite à Paris durant laquelle les autorités françaises ont réaffirmé leur soutien à la reconstruction de son pays en proie au chaos, à deux semaines des élections générales. "Jusqu'à présent, il n'y a pas d'informations sur la journaliste. Dans ce genre de cas, il y a en général un mutisme total (observé par les ravisseurs) pendant une semaine ou deux, après lequel les informations commencent à filtrer", a-t-il ajouté.
M. Yaouar a affirmé avoir évoqué la disparition de Florence Aubenas avec les responsables français qu'il a rencontrés à Paris. "Je leur ai exprimé notre tristesse et notre souffrance en Irak concernant l'enlèvement ou la disparition de cette dame. Nous leur avons dit que le gouvernement irakien ne ménagera aucun effort, selon nos moyens dans la situation sécuritaire actuelle, pour élucider cette affaire et parvenir à un dénouement heureux de cette tragédie", a-t-il dit. "Nous avons expliqué aux Français que le terrorisme aveugle ne fait pas de distinction entre les nationalités, les religions, les sexes ou les fonctions (...). C'est cela le terrorisme contre lequel le monde entier doit se dresser. Je ne pense pas que quiconque peut prétendre mener la résistance, la résistance noble, et ensuite oser enlever un innocent", a-t-il ajouté.
Florence Aubenas, envoyée spéciale du quotidien Libération, et son accompagnateur irakien Hussein Hanoun Al Saadi ont disparu il y a neuf jours à Bagdad.

Retour en haut de page / Back to top of this page 14 janvier, 21h58 - AFP

(...) Enfin, le Premier ministre français Jean-Pierre Raffarin a déclaré qu'"aucune information" concernant la journaliste Florence Aubenas, disparue depuis neuf jours en Irak, "n'est aujourd'hui confirmée", dans un entretien à paraître samedi dans le quotidien Libération.

Retour en haut de page / Back to top of this page 12 janvier, 09h22 - AFP

Les autorités françaises ont de nouveau demandé aux dirigeants de la presse française de ne pas envoyer de reporter en Irak en raison des risques encourus, alors que la disparition à Bagdad de la journaliste Florence Aubenas et de son interprète irakien Hussein Hanoun Al Saadi restait entourée de mystère.

Retour en haut de page / Back to top of this page 11 janvier, 08h54 - AFP

Concernant la disparition depuis mercredi de la journaliste française Florence Aubenas et de son guide irakien Hussein Hanoun Al-Saadi, le ministre français des Affaires étrangères Michel Barnier a indiqué n'avoir toujours "pas de certitude" sur les raisons de cette disparition.

Retour en haut de page / Back to top of this page 10 janvier, 21h26 - AFP

A Paris, le ministre français des Affaires étrangères Michel Barnier a indiqué ne pas avoir "de certitude" sur les raisons de la disparition en Irak depuis mercredi de la journaliste Florence Aubenas et de son guide irakien Hussein Hanoun Al Saadi. "L'Etat (français) mobilise tous ses moyens pour retrouver Florence Aubenas", grand reporter au quotidien Libération, a assuré le Premier ministre Jean-Pierre Raffarin.
A son tour, le ministère italien des Affaires étrangères a déconseillé lundi aux journalistes de se rendre en Irak, où les conditions de sécurité demeurent "très critiques".

Retour en haut de page / Back to top of this page 10 janvier, 21h14 - AFP

Concernant la disparition depuis mercredi de la journaliste française Florence Aubenas et de son guide irakien Hussein Hanoun Al-Saadi, le ministre français des Affaires étrangères Michel Barnier a indiqué n'avoir toujours "pas de certitude" sur les raisons de cette disparition.

Retour en haut de page / Back to top of this page 10 janvier, 09h50 - AFP

Sur le dossier des otages, le Conseil des démocrates musulmans de France (CDMF) a réclamé "que toute la lumière soit faite sur le sort" de la journaliste du quotidien français Libération, Florence Aubenas, disparue avec son interprète en Irak. "Attristé et inquiet, le CDMF se mobilise afin d'obtenir des nouvelles de la journaliste Florence Aubenas comme il l'avait fait pour Christian Chesnot et Georges Malbrunot, heureusement libérés", a déclaré son président, Abderrahmane Dahmane, dans un communiqué.
Plusieurs écrivains mondialement connus, dont trois prix Nobel de littérature, ont appelé dimanche "ceux qui en ont le pouvoir" à rendre sa liberté à la journaliste, disparue depuis mercredi en Irak.

Retour en haut de page / Back to top of this page 9 janvier, 09h32 - AFP

(...) Enfin, la direction du quotidien français Libération a accueilli samedi avec prudence des informations en provenance de Bagdad selon lesquelles son envoyée spéciale en Irak Florence Aubenas et son interprète irakien, disparus depuis mercredi matin, seraient "en bonne santé".
Ces informations ont été données vendredi soir par trois hommes cagoulés à deux reporters irakiens, dont un de l'AFP, dans la ville de Balad (75 km au nord de Bagdad).

Retour en haut de page / Back to top of this page 8 janvier, 21h43 - AFP

Dans la localité rebelle de Balad, à 75 km au nord de la capitale, trois hommes cagoulés ont affirmé vendredi soir à deux reporters irakiens, dont un de de l'AFP, que la journaliste française de Libération et son interprète irakien étaient "en bonne santé". Les trois hommes n'ont pas explicitement mentionné le nom de la journaliste et de son interprète. Selon toute vraisemblance, il s'agit de l'envoyée spéciale du journal Libération à Bagdad, Florence Aubenas, et de son interprète irakien Hussein Hanoun Al-Saadi, disparus depuis mercredi, ont estimé les deux reporters irakiens sans en avoir de preuves définitives.
Le journaliste de l'AFP a raconté qu'il s'était rendu de Samarra à Balad pour enquêter sur le rapt de deux membres de l'armée irakienne. A 23h00 (20h00 , une voiture blanche de fabrication japonaise a intercepté sa voiture. Un homme cagoulé est sorti du véhicule, alors que le chauffeur et un autre sur la banquette arrière étaient restés dans la voiture. Un autre homme armé d'une mitrailleuse lourde était en position dans la rue.
"Il a demandé ce que nous faisions ici et nous lui avons répondu que nous étions journalistes", a indiqué le correspondant de l'AFP. "Il nous a dit:+La journaliste et la personne qui l'accompagne sont en bonne santé+", a-t-il ajouté.
Florence Aubenas, 43 ans, grand reporter au quotidien Libération, a disparu mercredi matin alors qu'en compagnie de son interprète elle était en reportage sur place depuis le 16 décembre, enquêtant notamment sur les femmes candidates aux élections irakiennes du 30 janvier.

Retour en haut de page / Back to top of this page 8 janvier, 21h26 - AFP

Les nouvelles de la journaliste Florence Aubenas ont été données par trois hommes cagoulés, qui ont affirmé vendredi soir à deux reporters irakiens, dont un de l'AFP, dans la ville de Balad (75 km au nord de Bagdad), qu'elle était "en bonne santé", tout comme son interprète. Florence Aubenas, 43 ans, a disparu mercredi alors qu'elle enquêtait notamment sur les femmes candidates aux élections.
Ces informations ont toutefois été accueillies avec prudence par la direction du journal à Paris, et le ministère français des Affaires étrangères n'a pas souhaité les commenter.

Retour en haut de page / Back to top of this page 8 janvier, 21h24 - AFP

Par ailleurs, l'envoyée spéciale du quotidien français Libération, Florence Aubenas, et son interprète irakien, disparus depuis mercredi matin, seraient "en bonne santé", selon des informations recueillies en Irak.

Retour en haut de page / Back to top of this page 8 janvier, 14h09 - AFP

Dans la localité de Balad, à 75 km au nord de Bagdad, trois hommes cagoulés ont affirmé vendredi soir à deux reporters irakiens, dont celui de l'AFP, que la journaliste française de Libération et son interprète irakien étaient "en bonne santé". Les trois hommes n'ont pas explicitement mentionné le nom de la journaliste et de son interprète. Selon toute vraisemblance, il s'agit de l'envoyée spéciale du journal Libération à Bagdad, Florence Aubenas, et de son interprète irakien Hussein Hanoun Al-Saadi, disparus depuis mercredi, ont estimé les deux reporters irakiens sans en avoir de preuves définitives.
Le journaliste de l'AFP a raconté qu'il s'était rendu de Samarra à Balad pour enquêter sur le rapt de deux membres de l'armée irakienne. A 23h00 locales (20h00 GMT), une voiture blanche de fabrication japonaise a stoppé sa voiture. Un homme cagoulé est sorti du véhicule, alors que le chauffeur et un autre sur la banquette arrière étaient restés dans la voiture. Un autre homme armé d'une mitrailleuse lourde était en position dans la rue. "Il a demandé ce que nous faisions ici et nous lui avons répondu que nous étions journalistes", a indiqué le correspondant de l'AFP. "Il nous a dit:+La journaliste et la personne qui l'accompagne sont en bonne santé+", a-t-il ajouté.
Balad est une localité rebelle où se produisent de nombreuses attaques contre les militaires américains et les forces de sécurité irakiennes.
Florence Aubenas, 43 ans, grand reporter au quotidien Libération (gauche), a disparu mercredi matin alors qu'en compagnie de son interprète elle était en reportage sur place depuis le 16 décembre, enquêtant notamment sur les femmes candidates aux élections irakiennes du 30 janvier.

Retour en haut de page / Back to top of this page 8 janvier, 10h11 - AFP

(...) Par ailleurs, le président français Jacques Chirac a "formellement" déconseillé l'envoi de journalistes français en Irak, après la disparition mercredi à Bagdad de l'envoyée spéciale du quotidien Libération, Florence Aubenas, et de son interprète irakien.
Cette disparition provoque une forte inquiétude en France, quelques jours seulement après la libération, le 21 décembre, des deux journalistes Georges Malbrunot et Christian Chesnot, retenus en otages durant quatre mois en Irak.

Retour en haut de page / Back to top of this page Samedi 08 janvier 2005 - éditorial de Libération, par Serge July
Un témoignage indispensable

Faut-il aller en Irak ? Libération a déjà répondu à cette question : nous sommes actuellement en Irak, avec Florence Aubenas, journaliste de Libération depuis dix-neuf ans, grand reporter que nos lecteurs connaissent bien et qu'ils ont pu lire récemment sur le procès d'Outreau, après le Rwanda, l'Algérie, l'Afghanistan ou l'Irak. Jeudi matin, nous avons publié une longue enquête de Florence sur la campagne électorale irakienne. Il suffit de la relire : Florence incarne à bien des égards les valeurs et les qualités de notre journal, et de l'équipe qui le réalise tous les jours. Florence n'est pas une touriste mais un témoin professionnel, un de ces artisans de l'information qui justement ne sont pas, ne peuvent pas être, ne seront jamais agents de communication.
Florence a disparu depuis mercredi matin et avec elle son guide dans la société irakienne, à la fois interprète et accompagnateur, Hussein Hanoun al-Saadi, qui collabore avec Libération depuis dix-huit mois et qui est un élément important de notre dispositif en Irak, sans lequel notre «couverture» des événements ne serait pas ce qu'elle est.
Elle s'est rendue à Bagdad le 16 décembre, moins d'une semaine avant que nos deux confrères Georges Malbrunot et Christian Chesnot soient libérés. Parmi toutes les raisons de s'y rendre, évidemment cette campagne électorale, mais aussi le fait que nous étions toujours sans nouvelles des deux journalistes français et qu'il nous paraissait utile à leur défense et à leur protection que justement d'autres confrères opèrent sur place. Florence a naturellement rendu compte de leur libération et des conditions dans lesquelles celle-ci s'est opérée.
L'Irak est un pays en guerre à la veille d'une échéance électorale qui, pour être brinquebalante, n'en est pas moins un processus de légitimation. Guerre américaine et multiples résistances, guerres civiles évidemment, terrorismes et brigandages de tous ordres, toutes ces guerres sont meurtrières pour les Irakiens, pour les soldats de la coalition, mais aussi pour les journalistes, pour ces encombrants témoins, d'autant plus encombrants qu'ils dérangent à peu près tous les acteurs de cette tragédie politique, qui souhaitent les uns et les autres leur départ d'Irak. Le jour où il n'y aura plus de journalistes à Bagdad, Donald Rumsfeld, le secrétaire américain à la Défense, et le représentant d'Al-Qaeda en Irak, Abou Moussab al-Zarkaoui, seront les principales sources d'information. Si des portes restent entrebâillées, nous le devons à des poignées de journalistes sans lesquels ce pays deviendrait un territoire aveugle.
Toutes les guerres sont dangereuses à couvrir. Aucune ne se ressemble et pourtant les risques s'y répètent inlassablement. Avec ses victimes, ses blessures. Libération a les siennes. A chaque guerre, les mêmes questions, les mêmes inquiétudes, les mêmes réponses sur l'incontournable devoir d'informer. Il est possible de limiter, de raisonner les risques, pas de les éliminer. Guerres d'hier, d'aujourd'hui et de demain.
Quelles que soient les précautions, chaque instant est une épreuve, un acte de courage. Mais aussi un témoignage indispensable sans lequel notre vision du monde se réduirait à des communiqués officiels. Il n'y a pas de débat, de réflexion, de vie sociale et démocratique, sans ces dizaines de milliers d'actes individuels ici et ailleurs, par tous les temps et en tous lieux.
A chaque départ pour la capitale irakienne, nous nous interrogeons sur les risques, sur l'optimisation des sécurités, sur les procédures à renforcer. A chaque départ, le même questionnement, sur le moment, l'opportunité, la météo de la guerre, nos conditions de sécurité. La réponse doit être à chaque fois adaptée. En Côte-d'Ivoire par exemple, en janvier 2004, nous avions pris la décision, avec RFI, de retirer notre correspondante, Virginie Gomez, parce qu'elle était directement menacée par les «patriotes» et nous avons alors pratiqué la politique éditoriale des sauts de puce sur place.
Nous attendons tous la réapparition de Florence et Hussein, le coeur étreint et le souffle court.

Retour en haut de page / Back to top of this page 7 janvier, 09h25 - AFP

(...) Par ailleurs, Paris était toujours sans nouvelles d'une journaliste française du quotidien Libération, Florence Aubenas, portée disparue depuis mercredi matin en Irak.
"Nous ne savons pas de quoi il s'agit. Nous partageons l'inquiétude" de la rédaction de Libération, a indiqué le ministre français des Affaires étrangères Michel Barnier sur la chaîne d'information en continu LCI, ajoutant que "nous avons des inquiétudes mais pas de certitudes" et que "plusieurs hypothèses" sont possibles. Le quotidien français Libération a annoncé jeudi être "depuis plus de 24 heures sans nouvelles de Florence Aubenas", son envoyée spéciale à Bagdad où elle était arrivée le 16 décembre, ainsi que de son assistant irakien.
Florence Aubenas et Hussein Hanoun Al-Saadi n'ont plus été vus depuis qu'ils sont sortis de leur hôtel à Bagdad mercredi matin, a précisé Libération dans un communiqué.
Deux journalistes français, Christian Chesnot et Georges Malbrunot, ont été pris en otages par l'Armée islamique en Irak et retenus pendant plus de quatre mois avant d'être libérés le 21 décembre.
La pratique des enlèvements frappant indistinctement les ressortissants des différents pays a fait son apparition en Irak au mois d'avril dernier. Une trentaine d'otages sur plusieurs centaines ont été exécutés.
Parmi eux, un journaliste italien, Enzo Baldoni, tué fin août par l'Armée islamique en Irak qui réclamait le retrait des troupes italiennes d'Irak.

07 janvier 2005 - liberation.fr - Antoine de Gaudemar
Pourquoi nous avons choisi d'être à Bagdad

Libération est depuis plus de quarante-huit heures sans nouvelles de Florence Aubenas, notre envoyée spéciale à Bagdad, où elle est arrivée le 16 décembre 2004. Florence était accompagnée de son guide et interprète irakien, Hussein Hanoun al-Saadi, qui collabore avec les envoyés spéciaux de Libération depuis presque deux ans. Florence Aubenas et Hussein Hanoun al-Saadi n'ont plus été vus depuis qu'ils sont sortis de leur hôtel au centre de Bagdad, mercredi matin. Nous n'avons eu depuis ce moment aucun contact avec eux, délai suffisamment important pour déclencher l'alerte. Et rendre publique notre inquiétude.
Antoine de Gaudemar, directeur de la rédaction, répond aux questions de Libération.fr.

Faut-il arrêter d'envoyer des journalistes en Irak?
Nous sommes en Irak depuis deux ans, nous avons choisi d'y être avant, pendant et après l'enlèvement de Christian Chesnot et Georges Malbrunot, au point que c'est précisément Florence Aubenas qui a couvert depuis Bagdad la libération des deux otages français. Nous avons eu plusieurs discussions sur l'opportunité de maintenir notre présence dans ce pays et nous avons toujours considéré, avec nos envoyés spéciaux, que la couverture médiatique était possible. Florence n'est pas une tête brûlée, nous non plus. La meilleure preuve, c'est que quand notre correspondante en Côte-d'Ivoire a reçu des menaces, nous lui avons demandé de quitter le pays. La question d'envoyer ou non un reporter dépasse le cadre de l'Irak, elle est aussi vieille que le journalisme de guerre.

Comment travaillent les journalistes envoyés en Irak?
Ils prennent un maximum de précautions, nous préviennent de leurs sorties, des rendez-vous qu'ils prennent. Florence nous appelait deux fois par jour et son interprète appelait sa femme toutes les deux ou trois heures. Nous avions décidé que les envoyés spéciaux ne devaient plus sortir de Bagdad.

Sur quoi repose la décision de rester, malgré les risques?
Nous pensons que la mission du journaliste est de ne pas laisser la parole à ceux qui, dans tous les camps, ont intérêt à manipuler la vérité. Comme nous, d'autres équipes de presse sont présentes en Irak pour éviter de laisser le champ libre à la propagande de guerre. La télévision italienne, la RAI, a toujours des journalistes à Bagdad alors qu'un des leurs a été tué dans le pays. C'est facile de venir nous dire «vous êtes fous d'y aller», mais c'est exactement ce que cherchent les gens qui ne veulent plus d'information, qui préfèrent les communiqués de propagande sur l'Internet. Mais notre métier ne se fait pas que dans un fauteuil, derrière un ordinateur.

Chirac et deux ministres demandent que la presse française n'aille plus en Irak...
On les entend. Nous déconseiller d'aller en Irak, c'est leur boulot, ils sont dans leur rôle, tout comme lorsque le Quai d'Orsay demande aux touristes de ne pas se rendre dans tel ou tel pays en guerre. Les politiques ont des problèmes de sécurité à résoudre. Mais si on les écoutait, il n'y aurait plus aucun journaliste dans les zones de guerre et des pans entiers de la planète deviendraient aveugles, faute de témoins. Couvrir les guerres, envoyer des journalistes raconter ce qu'ils voient, c'est défendre le rôle des médias dans la démocratie.

Mais un journaliste enlevé n'est plus un témoin.
C'est une contradiction difficile à résoudre et une question qu'on n'a pas fini de se poser