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La transcription suivante provient
d’une émission diffusée par la chaîne
Al-Iraqiya, le 24 février 2005. Il s’agit d’un
interrogatoire de deux policiers irakiens, Shuqair Farishi et
Hussein Sheikhu, qui sont accusés d’avoir rejoint
un groupe terroriste et d’avoir tué des Irakiens.
Il ne s’agit pas de la diffusion d’un procès
mais bien d’un journaliste qui interroge deux prisonniers,
dans le cadre d’une émission sur plateau. Le journaliste
a un ton très agressif, parfois hurlant, parfois insultant
envers les deux "accusés". Quant à l’insistance
à accuser la Syrie, elle est proprement stupéfiante.
Sans faire de l’antiaméricanisme primaire, je précise
que la chaîne Al-Iraqiya est financée par les Etats-Unis.
La chaîne n’a pas souhaité fournir le fichier
vidéo afin qu’il soit téléchargeable
ici, mais j’en ai extrait certaines images afin de visualiser
la séquence. A noter que l’interviewer n’apparaît
jamais à l’écran et qu’il s’agit
d’un plan fixe.
Un article du Washington
Times en 2004: "Al-Iraqiya
propose une vision différente".

Dès le début de l'interview, un des spectateurs
dort déjà (à gauche)...
Interviewer: Quel est votre nom?
Shuqair Al-Farishi: Premier lieutenant Shuqair Al-Farishi.
Interviewer: De quelle tribu?
SAF: Badrani.
Interviewer: Premier lieutenant Shuqair, vous et votre groupe
terroriste avez mené des opérations terroristes
à Mossoul. Parlez-nous en!
SAF: Monsieur, nous avons commis des meurtres.
Interviewer: Où travaillez-vous?
SAF: Dans les forces de sécurité.
Interviewer: Sur quel secteur?
SAF: A Wadi Hajar.
Interviewer: Quel était votre poste?
SAF: J’étais lieutenant…
Interviewer: Quel était votre poste dans l’administration?
SAF: Officier de patrouille.
Interviewer: Officier de patrouille?
SAF: Oui monsieur.
Interviewer: Avec quel groupe de terroriste avez vous travaillé?

A noter qu'à cet instant
2 auditeurs (au fond) dorment!
SAF: Avec Hussein, monsieur.
Interviewer: Hussein Shikhu?
SAF: Oui monsieur.
Interviewer: Hussein, avec quel groupe travaillez-vous? Etes-vous
aussi policier?
Hussein Sheikhu: Oui, monsieur, un officier de police.
Interviewer: Quel est votre grade?
HS: Policier.
Interviewer: Où avez-vous tué Ahmad Jum'a?
HS: Nous l’avons enlevé.
Interviewer: Qui l’a tué?
HS: Je l’ai tué, monsieur.
Interviewer: Shuqair était-il avec vous?
HS: Il l’était, monsieur. Il a participé à
toutes les opérations
Interviewer: A toutes les opérations?
HS: Il était avec nous.
Interviewer: Qui d’autre avez-vous tué?
HS: J’ai tué ces Chrétiens.
Interviewer: Qui étaient-ils?
HS: Aiman Ishu, Boutros.
Interviewer: Pourquoi?
HS: C’était des collaborateurs. (NDT,
terme employé en Irak pour désigner ceux qui travaillent
avec les Américains)
Interviewer: Et vous-mêmes, n’êtes-vous pas
des collaborateurs?
HS: Bien sûr que si, Monsieur.
Interviewer: Ne collaboriez-vous pas avec la Syrie?
HS: Bien sûr, monsieur.
Interviewer: Travailliez-vous pour un Irakien ou pour un Syrien?
SAF: Un Irakien et un Syrien.
Interviewer: Un Irakien et un Syrien. Qui vous payait?
SAF: L’Irakien.
Interviewer: Vous a t’il dit que vous travaillerez pour
un Syrien
SAF: Il a dit que j’aurai à travailler pour le Syrien.
Interviewer: Alors vous êtes un collaborateur ou vous n’en
êtes pas un?!
SAF: Mais monsieur, j’ai reçu de l’argent d’un
Irakien. C’est l’Irakien qui donnait l’argent.
Interviewer: Vous êtes idiot ou vous faites semblant?
SAF: Non, monsieur.

A cet instant, deux auditeurs dorment
et un autre (à droite) somnole!
Interviewer: Un Irakien vous met en relation avec un Syrien
et vous dit que vous allez travailler pour les services syriens,
et alors que vous êtes un officier, vous ne comprenez pas
?
SAF: Si monsieur.
Interviewer: Et vous dites que vous étiez payé par
l’Irakien.
SAF: J’ai reçu l’argent de l’Irakien.
Interviewer: Et d’où venez cet argent?
SAF: L’Irakien le recevait du Syrien.
Interviewer: Hussein, j’aimerai vous posez une question
: combien vous et votre sale groupe de terroristes avez-vous tué
de gens?
HS: Trente-six, en comptant les femmes, monsieur.
Interviewer: En incluant les femmes?
HS: Oui monsieur.
Interviewer: Combien de femmes?
HS: Dix, monsieur.
Interviewer: Vous avez tué dix femmes. Vous les avez enlevées
et vous les avez tuées
HS: Oui, nous les avons enlevées et tuées.
Interviewer: Elles étaient toutes célibataires ou
quoi ?
HS: Célibataires, mais certaines étaient mariées.
C’était des étudiantes.
Interviewer: On reviendra là-dessus plus tard, on approfondira.
Trente-six personnes donc. Etaient-elles de la police?
HS: De la police, de la Garde nationale, et des collaborateurs,
monsieur.
Interviewer: Si ce sont des collaborateurs, qu’êtes-vous
donc? Ne dites pas « collaborateurs ». Vous êtes
un collaborateur.
HS: Bien, monsieur.
Interviewer: Appellez-les des martyrs. Vous êtes un collaborateur.
Vous êtes une personne méprisable.
HS: Oui monsieur.
Interviewer: Pourquoi les appelez-vous des collaborateurs? Par
quelle fatwa ou quelle loi sont-ils des collaborateurs? Vous êtes
officier de police et vous êtes officier de patrouille.
Vous tirez des avantages de vos situations avec des voitures de
fonction et des armes. Les avez-vous tuées avec des armes
fournies par l’Etat?
HS: Oui, monsieur.
Interviewer: Alors, qui sont les collaborateurs? Et avec quels
moyens?
HS: …
Interviewer: D’où vient l’argent?
HS: De Syrie.
Interviewer: De Syrie, et vous me dites qu’ils sont collaborateurs?
Alors qu’êtes-vous? Ne dites pas “collaborateurs”,
dites “martyrs”.
HS: Puisque vous le dites, monsieur.
Interviewer: Vous êtes les collaborateurs.
HS: Oui monsieur, ce sont des martyrs monsieur. Nous avons tué
sept femmes et kidnappé trois, soit dix en tout.
Interviewer: Vous en avez tué sept et kidnappé trois…
HS: Monsieur, nous les avons kidnappé et tué.
Interviewer: Nous parlons bien de dix personnes?
HS: Oui monsieur.
Interviewer: Vous dites que vous en avez tué sept mais
kidnappé trios?
HS: Oui.
Interviewer: Shuqair était-il avec vous durant ces opérations?
HS: Oui monsieur, il était avec nous.
Interviewer: Et pour les personnes que vous avez tuées,
les martyrs, Shuqair était-il aussi avec vous?
HS: Oui monsieur.
Interviewer: Shuqair, qu’avez-vous à dire?
SAF: Oui monsieur.
Interviewer: Oui monsieur?! Puisse Allah vous écrasez les
côtes ! Informiez-vous le Syrien de toutes vos actions?
Vous l’a t’il demandé ? Avez-vous tué
des Américains?
HS: Non monsieur.
Interviewer: Avez-vous attaqué l’occupant?
HS: Non monsieur, nous le l’avons pas fait.
Interviewer: Vous vous êtes juste attaqués aux Arabes?
HS: Oui monsieur.
Interviewer: Ces instructions provenaient de Syrie?
HS: Oui monsieur.
Interviewer: Combien en avez-vous enlevées?
HS: Trois monsieur.
Interviewer: Vous en avez enlevées trois. Ah oui, c’est
réellement rien! Et combien d’étudiantes avez-vous
enlevées?
HS: Je ne kidnappais pas les étudiantes, monsieur.
Interviewer: Alors d’où venaient les trois que vous
aviez enlevées?
HS: C’étaient d’autres filles.
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